Cet article comprenait des shémas qui le rendaient plus parlant...Je n'ai pas réussi à les reproduire, mais même sans eux l'article me paraît clair et intéressant....
Sur fond d’augmentation du prix du baril du pétrole et de commémoration de la catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl, il peut être utile de rappeler certains chiffres clés sur la consommation et la production d’énergie en France et de proposer quelques pistes qui pourraient être suivies à ce sujet au niveau national (les mesures au niveau européen en matière de politique de l’énergie sont primordiales, mais ne font pas partie de ce papier).
Le niveau global de la consommation d’énergie en France est en augmentation minime depuis les années 1990 et s’élève en 2004 à 276 Mtep pour l’énergie primaire et à 161 Mtep pour l’énergie finale. Cette relative stagnation cache une évolution de la répartition par type d’énergie et par secteur avec, depuis 1973 une forte baisse de la part du charbon (passant de 15% à 5%) et du pétrole (passant de 67 à 34 %, mais quais stagne en volume depuis 2000), une baisse de la part des énergies renouvelables, dont le volume reste presque constant depuis quelques années, un doublement de la part du gaz et une multiplication par 10 de la part de l’énergie électrique à production nucléaire ! Si l’on regarde la consommation par secteur et son évolution de puis 1973 on peut constater que :
· l’industrie génère les économies de consommation les plus importantes depuis le premier choc pétrolier, notamment sur la période 1999-2003 et son niveau de consommation atteint 39,1 Mtep en 2005. La consommation d’énergie de l’industrie (y compris sidérurgie) représente 27,7 % de la consommation d’énergie finale par secteur (corrigée du climat).
· la part de la consommation de l’agriculture est restée relativement stable et représente un peu moins de 2% de la consommation totale.
· la part du secteur du bâtiment et du tertiaire est restée stable mais a augmenté en volume atteignant la valeur de 70 Mtep en 2004, faisant de ce secteur le secteur le plus important consommateur en énergie, notamment en matière d’électricité.
· le secteur du transport est de loin celui dont la consommation a le plus augmentée, que ce soit en volume ou en part, passant de 20% en 1973 à 31 % en 2004, pour atteindre 51 Mtep en 2004. Le secteur du transport est le principal responsable de la consommation de pétrole En ce qui concerne la répartition par mode de transport, les transports routiers comptaient, en 2000, pour 78 % du total de la consommation d'énergie du secteur, les transports ferroviaires et urbains 5 %, le transport aérien 11 %, les transports maritimes et fluviaux 6 %. Il n’est pas étonnant alors que la consommation de produits pétroliers du secteur a augmenté de 91 % entre 1973 et 2001, quand on sait en outre que le parc des véhicules particuliers ne cesse de croître : + 94 % entre 1973 et 2000 et 11 % entre 1995 et 2000.
Source : Observatoire de l’Énergie
Si l’on regarde maintenant du côté de la production (138 Mtep en 2004), on ne sera pas étonné, étant donnés les choix fait par
Source : Observatoire de l’Énergie
Au niveau de la facture énergétique, il apparaît évident que le pétrole
Source : Observatoire de l’Énergie
Alors que faire ? J’aimerais évoquer ici deux pistes :
1. Augmenter la part des énergies renouvelables dans la production, cela devient une évidence, mais malheureusement aucun gouvernement n’a pour l’instant réellement réussi a lancer de vaste programme à ce niveau. Pourtant un tel programme dépasse le cadre de la politique énergétique, il incite à l’innovation et à la recherche et permet de créer de l’emploi (pour du personnel demandant moins de qualification que l’énergie nucléaire). En Allemagne, ce sont actuellement 170 000 personnes qui travaillent dans ce secteur, avec une augmentation constante et une prévision de 300 000 en 2020(http://www.erneuerbare-energien.de/inhalt/36863/5466/). Sans compter que le marché des énergies renouvelables est en pleine expansion dans le monde entier et représente un marché à forte croissance avec des perspectives d’exportation importantes. À ce niveau il faut rappeler que les énergies renouvelables sont nettement moins exigeantes en terme de capital que l’énergie nucléaire
2. Continuer à prendre des mesures pour diminuer la consommation d’énergie, notamment dans le secteur du bâtiment et du transport. Cela implique des politiques de construction, d’aménagement du territoire et de politique de la ville plus soucieuse de la consommation en énergie. Mais, en prenant par exemple le cas du transport, malgré une série de lois qui allaient dans ce sens (loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie, lois de finances, programmes de recherche, le programme national d'amélioration de l'efficacité énergétique, le nouveau programme national de lutte contre l'effet de serre), l’État a pris une série de mesures qui va à l’encontre de ces principes :
- suppression des subventions aux collectivités locales pour le financement des Transport en Commun en Site Propre ainsi que pour la mise en place des Plans de Déplacement Urbains, qui permettent d’assurer la cohérence de la politique de transport à l’échelle d’une agglomération dans le but d’augmenter la part des transports « propres » dans les déplacements ;
- autorisation de l’augmentation des péages par RFF avec un mode de calcul qui pénalise les services TER. Cette mesure est à associer au manque d’investissement flagrant dans le réseau ferroviaire classique qui est une raison de son mauvais état actuel laissant présager une baisse du niveau de desserte et des fermetures de lignes dans les prochaines années si rien n’est fait ;
- suppression de la vignette automobile.
Il apparaît important de rétablir les aides, notamment en matière de transport public, secteur qui demande de forts investissements, et est presque toujours déficitaire. Il n’est pas possible actuellement, étant donné les coûts du pétrole, de mener une politique qui continue à favoriser l’utilisation de l’automobile. Il importe d’offrir une alternative de transport crédible aux citoyens. Les aides nouvelles aux collectivités, aux autorités organisatrices de transport, aux exploitants pourraient donc être associées à une évaluation de leur efficacité au regard des objectifs de la loi (LOTI, Loi sur l’air, accessibilité) et couplées à des incitations pour une meilleure maîtrise des coûts et la recherche des gains de productivité (et il en existe beaucoup), en relation avec une meilleure qualité de service et de desserte pour les usagers.
Laurent PY
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