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Energie, transports

Mardi 25 avril 2006 2 25 /04 /2006 23:19

Cet article comprenait des shémas qui le rendaient plus parlant...Je n'ai pas réussi à les reproduire, mais même sans eux l'article me paraît clair et intéressant....

Sur fond d’augmentation du prix du baril du pétrole et de commémoration de la catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl, il peut être utile de rappeler certains chiffres clés sur la consommation et la production d’énergie en France et de proposer quelques pistes qui pourraient être suivies à ce sujet au niveau national (les mesures au niveau européen en matière de politique de l’énergie sont primordiales, mais ne font pas partie de ce papier).

 

Le niveau global de la consommation d’énergie en France est en augmentation minime depuis les années 1990 et s’élève en 2004 à 276 Mtep pour l’énergie primaire et à 161 Mtep pour l’énergie finale. Cette relative stagnation cache une évolution de la répartition par type d’énergie et par secteur avec, depuis 1973 une forte baisse de la part du charbon (passant de 15% à 5%) et du pétrole (passant de 67 à 34 %, mais quais stagne en volume depuis 2000), une baisse de la part des énergies renouvelables, dont le volume reste presque constant depuis quelques années, un doublement de la part du gaz et une multiplication par 10 de la part de l’énergie électrique à production nucléaire ! Si l’on regarde la consommation par secteur et son évolution de puis 1973 on peut constater que :

 

·         l’industrie génère les économies de consommation les plus importantes depuis le premier choc pétrolier, notamment sur la période 1999-2003 et son niveau de consommation atteint 39,1 Mtep en 2005. La consommation d’énergie de l’industrie (y compris sidérurgie) représente 27,7 % de la consommation d’énergie finale par secteur (corrigée du climat).

 

·         la part de la consommation de l’agriculture est restée relativement stable et représente un peu moins de 2% de la consommation totale.

 

·         la part du secteur du bâtiment et du tertiaire est restée stable mais a augmenté en volume atteignant la valeur de 70 Mtep en 2004, faisant de ce secteur le secteur le plus important consommateur en énergie, notamment en matière d’électricité.

 

·         le secteur du transport est de loin celui dont la consommation a le plus augmentée, que ce soit en volume ou en part, passant de 20% en 1973 à 31 % en 2004, pour atteindre 51 Mtep en 2004. Le secteur du transport est le principal responsable de la consommation de pétrole En ce qui concerne la répartition par mode de transport, les transports routiers comptaient, en 2000, pour 78 % du total de la consommation d'énergie du secteur, les transports ferroviaires et urbains 5 %, le transport aérien 11 %, les transports maritimes et fluviaux 6 %. Il n’est pas étonnant alors que la consommation de produits pétroliers du secteur a augmenté de 91 % entre 1973 et 2001, quand on sait en outre que le parc des véhicules particuliers ne cesse de croître : + 94 % entre 1973 et 2000 et 11 % entre 1995 et 2000.

 

 

 

Source : Observatoire de l’Énergie

 

 

 

Si l’on regarde maintenant du côté de la production (138 Mtep en 2004), on ne sera pas étonné, étant donnés les choix fait par la France en matière de politique énergétique, de voir l’énergie électrique par production nucléaire au premier rang avec 117 Mtep en 2004, soit près de 85% de l’ensemble de l’énergie primaire produite en France. Associée à l’énergie électrique d’origine thermique (6 Mtep), il n’est pas sans dire que les autres formes d’énergies que sont le charbon (négligeable), le pétrole (1 Mtep) , le gaz naturel Mtep) ne jouent qu’un rôle minime. Seule la production d’énergies renouvelables dont la part est de 9,4 % atteint plus de 10 Mtep, mais il faut dire que cette part était de 22,7 % en 1973 et que l’évolution de la production en volume a été plus que lente.

 

 

Source : Observatoire de l’Énergie

 

 

Au niveau de la facture énergétique, il apparaît évident que le pétrole

 

 

 

Source : Observatoire de l’Énergie

 

 

 

 

Alors que faire ? J’aimerais évoquer ici deux pistes :

 

 

1. Augmenter la part des énergies renouvelables dans la production, cela devient une évidence, mais malheureusement aucun gouvernement n’a pour l’instant réellement réussi a lancer de vaste programme à ce niveau. Pourtant un tel programme dépasse le cadre de la politique énergétique, il incite à l’innovation et à la recherche et permet de créer de l’emploi (pour du personnel demandant moins de qualification que l’énergie nucléaire). En Allemagne, ce sont actuellement 170 000 personnes qui travaillent dans ce secteur, avec une augmentation constante et une prévision de 300 000 en 2020(http://www.erneuerbare-energien.de/inhalt/36863/5466/). Sans compter que le marché des énergies renouvelables est en pleine expansion dans le monde entier et représente un marché à forte croissance avec des perspectives d’exportation importantes. À ce niveau il faut rappeler que les énergies renouvelables sont nettement moins exigeantes en terme de capital que l’énergie nucléaire

 

 

2. Continuer à prendre des mesures pour diminuer la consommation d’énergie, notamment dans le secteur du bâtiment et du transport. Cela implique des politiques de construction, d’aménagement du territoire et de politique de la ville plus soucieuse de la consommation en énergie. Mais, en prenant par exemple le cas du transport, malgré une série de lois qui allaient dans ce sens (loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie, lois de finances, programmes de recherche, le programme national d'amélioration de l'efficacité énergétique, le nouveau programme national de lutte contre l'effet de serre), l’État a pris une série de mesures qui va à l’encontre de ces principes :

 

-          suppression des subventions aux collectivités locales pour le financement des Transport en Commun en Site Propre ainsi que pour la mise en place des Plans de Déplacement Urbains, qui permettent d’assurer la cohérence de la politique de transport à l’échelle d’une agglomération dans le but d’augmenter la part des transports « propres » dans les déplacements ;

 

-          autorisation de l’augmentation des péages par RFF avec un mode de calcul qui pénalise les services TER. Cette mesure est à associer au manque d’investissement flagrant dans le réseau ferroviaire classique qui est une raison de son mauvais état actuel laissant présager une baisse du niveau de desserte et des fermetures de lignes dans les prochaines années si rien n’est fait ;

 

-          suppression de la vignette automobile.

 

 

Il apparaît important de rétablir les aides, notamment en matière de transport public, secteur qui demande de forts investissements, et est presque toujours déficitaire. Il n’est pas possible actuellement, étant donné les coûts du pétrole, de mener une politique qui continue à favoriser l’utilisation de l’automobile. Il importe d’offrir une alternative de transport crédible aux citoyens. Les aides nouvelles aux collectivités, aux autorités organisatrices de transport, aux exploitants pourraient donc être associées à une évaluation de leur efficacité au regard des objectifs de la loi (LOTI, Loi sur l’air, accessibilité) et couplées à des incitations pour une meilleure maîtrise des coûts et la recherche des gains de productivité (et il en existe beaucoup), en relation avec une meilleure qualité de service et de desserte pour les usagers.

Laurent PY

 

Par Laurent PY - Publié dans : Energie, transports
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Dimanche 19 novembre 2006 7 19 /11 /2006 17:47

Quelques pistes de propositions pour une politique des transports plus équitable et plus respectueuse de l’environnement

 

La mobilité est devenue une composante essentielle de nos sociétés : certains spécialistes vont même jusqu’à parler de frénésie de mobilité et le bon fonctionnement du transport est essentiel à nos économies. Pourtant la mobilité est également une source d’inégalité : les populations les plus aisées sont celles qui ont le plus de facilité à se déplacer. Ce sont elles qui sont le plus souvent libres de choisir leur mode de transport, alors que certains territoires ne sont pas ou peu desservis par les infrastructures de base. D’autre part la frénésie de mobilité et le fonctionnement de nos économies basé sur le transport ne sont pas sans conséquence sur l’environnement. Le transport, on le sait, est l’un des secteurs qui émet le plus de dioxyde de carbone. Les infrastructures sont coûteuses en espace, et certains modes de transport ont des effets négatifs sur notre cadre de vie (bruit, congestion, etc.). C’est donc sur fond de limitation en ressources énergétiques naturelles, de respect de l’environnement, de nécessaire amélioration du cadre de vie, de dette budgétaire et de maintien de l’activité économique, qu’il devient essentiel de développer une nouvelle politique des transports, répondant mieux aux enjeux de notre époque.

 

Or la politique de transport souffre d’un manque de cohérence lié au très grand nombre d’acteurs. Elle souffre également d’un manque de moyens d’action. Les outils de régulation dont disposent les collectivités sont souvent impuissants à influer les choix modaux ou les trafics et à encourager le développement quantitatif ou qualitatif des modes doux, tels que le fluvial ou le rail, que ce soit pour le transport de personnes ou le transport de marchandises. C’est le développement des modes de transport alternatifs à la route, accessibles à chacun, allié à la responsabilisation environnementale de chacun, transporteurs et consommateurs, qui permettront de préserver le niveau de mobilité de manière équitable et de garantir le fonctionnement des économies, tout en limitant l’engorgement et les émissions de gaz carbonique.

 

Il faut mettre en place une politique européenne en matière de transport de marchandises qui fasse une large place au ferroutage, développer et utiliser pleinement les moyens à disposition (réglementation sur les vitesses, tarification, internalisation des coûts externes, choix d’implantation des activités, etc.) à tous les niveaux pour augmenter l’efficacité et l’attractivité des modes doux et inciter ainsi à leur utilisation sans pour autant faire porter une charge financière supplémentaire à la collectivité par la subvention inconditionnelle. Les taxes qui pèsent sur le transport répondent souvent à des objectifs divers et ne sont allouées ni à la construction ou à l’entretien des infrastructures, ni à une politique volontariste d’incitation en termes de choix modal. Il faut réformer le système de taxation pour plus de clarté et utiliser les recettes pour développer les modes « propres ». Au niveau national, il apparaît opportun, par exemple, d’introduire une tarification au kilomètre pour les poids lourds qui remplacerait les péages, TIPP, taxes à l’essieu et qui deviendrait un véritable outil de régulation. Mais cela ne suffit pas : il importe également d’harmoniser la base de calcul de ces taxes entre les différents pays de l’UE, au risque de créer des reports de trafics sur certains territoires qui n’auraient plus de moyens d’agir. C’est l’Europe également qui doit pouvoir favoriser le développement de technologies nouvelles plus respectueuses de l’environnement, notamment dans le secteur de l’industrie automobile (moteurs hybrides, etc.) par une politique d’incitation forte à leur usage. Elle doit veiller à l’interopérabilité des réseaux ferrés nationaux et promouvoir le transport ferroviaire. C’est au niveau européen également, que pourra s’élaborer une politique du transport aérien qui harmonisera la nécessaire mise en place d’une taxation des émissions polluantes des avions.

 

Au niveau local, il est nécessaire d’instaurer des autorités organisatrices uniques couvrant les pays ou les agglomérations (intégrant les bassins d’emploi et de déplacements) englobant les transports urbains, périphériques et, le cas échéant, interurbains. L’effort engagé par de nombreuses agglomérations pour favoriser l’utilisation des modes doux au détriment de l’utilisation de la voiture particulière doit être soutenu tout en encourageant à la mise en oeuvre de réseaux de transport publics efficaces et tendant à l’équilibre financier.

 

Au niveau régional il faut poursuivre la régionalisation ferroviaire et encourager les gains de productivité des opérateurs de transport par des exigences fortes en termes de qualité et de gains de productivité, contractualisées par les conventions passées entre autorités organisatrices (Conseil Régionaux) et les opérateurs.

 

Au niveau national, de manière générale, il est bon de rappeler que les infrastructures de transport ne sont pas une condition suffisante pour le développement économique des territoires desservis. La desserte de transport n’induit pas l’activité économique, mais elle l’accompagne et éventuellement peut l’amplifier. Une mauvaise politique de transport peut, par contre, avoir des effets néfastes sur l’activité économique en la ralentissant, par exemple par manque d’accompagnement, en pénalisant des modes pour lesquels il n’existe pas d’alternative, ou en faisant porter à la collectivité les coûts de maintien ou de construction d’infrastructures et de services fortement déficitaires au détriment de choix judicieux d’investissement permettant de tendre vers l’autofinancement. L’Etat doit continuer à jouer un rôle majeur dans le financement des grandes infrastructures de transport, notamment pour le fer, le fluvial et les modes « doux », tout en incitant à l’utilisation des infrastructures existantes pour la route, en laissant une large place aux financements privés et en pratiquant systématiquement l’évaluation des projets.

 

Le transport a un coût et les politiques de transport doivent inciter les opérateurs à tendre vers l’équilibre financier plutôt que de pratiquer la subvention inconditionnelle, elles doivent soutenir et inciter à l’amélioration de la qualité des services pour garantir la mobilité et permettre le choix des usagers plutôt que d’imposer, éventuellement par le laisser faire, un mode ou un opérateur de transport au détriment d’un autre. L’État doit veiller à la mise en place et au fonctionnement d’instances de régulation et de contrôle, que ce soit dans le domaine routier, aérien ou surtout ferroviaire. En matière de transport de marchandises la fiscalité doit encourager la responsabilité environnementale des transporteurs en internalisant les coûts externes, mais également des pollueurs (celui qui passe la commande) en leur faisant porter une partie des coûts externes. En instaurant une fiscalité avantageuse pour les véhicules automobiles moins pollueurs, l’État pourra inciter à un renouvellement du parc plus écologique et au développement de technologies plus soucieuses de l’environnement.

 

IES Alsace

 

Par IES Alsace - Publié dans : Energie, transports
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