Entraînées dans les remous de la mondialisation, les démocraties sont visiblement à la peine et placées devant le défi d'avoir à se réinventer. Que pouvons-nous espérer, que devons-nous faire, dans le cadre qui est aujourd'hui le nôtre : une France en partie sclérosée, une Europe momentanément en panne ? Ce que l'on pourrait faire, on le sait. L'analyse est posée. Les solutions existent. La vague arrive. Et pourtant, sur la plage, rien ne bouge…
Accepter la mobilité, partager les risques de la précarité
La mondialisation n'est pas un mythe, ni un mauvais rêve. Le monde, tel qu'il est - et surtout qu'il change - nous donne l'échelle et le rythme, bien réels, de l'univers dans lequel nous devons désormais évoluer. Dans un tel contexte, on ne peut chercher son salut dans l'immobilisme. La précarité est notre lot. Il faut l'assumer. C'est-à-dire, si l'on est démocrate, en partager les risques. Ainsi, de mon point de vue, on ne peut instaurer le CPE, sans accepter de questionner le CDI lui-même. Au nom de quoi, en effet, peut-on imposer aux jeunes de supporter a priori le risque de la précarité de l'emploi - mais également du financement des retraites et du remboursement de la dette - sans que les moins jeunes et mieux lotis acceptent également de remettre en cause leurs statuts et acquis ?
On sait parfaitement aujourd'hui qu'il faut chercher la sécurité du côté de l'employabilité, plutôt que du côté de l'emploi. On sait que la mobilité professionnelle et la formation tout au long de la vie sont les bons horizons. Et l'on possède tous les outils théoriques et pratiques nécessaires, contenus notamment dans la fameuse Réforme de
Et pourtant, rien ne bouge…
Réinventer la démocratie et l'économie de proximité
La mondialisation et la médiatisation croissantes créent un effet d'optique et de fascination qui égare. Dans une société du spectacle, de la sur information et de l'hyper communication, dominée par l'argent roi, l'ordinaire est dévalorisé au profit de l'extraordinaire, le proche vidé de son intérêt au profit du lointain. La richesse de la relation humaine est pourtant faite de proximité. Elle s'inscrit et se construit dans une durée, dans un être et un faire ensemble au quotidien. Elle ne se délocalise pas, ne "se zappe" pas. Sinon, elle s'évapore. Certes, la proximité n'est pas, en soi, gage d'efficacité et de cohérence. Elle ne l'est que dans le cadre d'un projet partagé. Cependant, quand elle ne produit plus rien, c'est la logique des camps, des citadelles, de l'auto-justification et du dénigrement qui s'impose. Il semble bien que nous en soyons là. Et à grande échelle.
Réinventer la démocratie et l'économie de proximité, c'est possible. On sait très bien comment faire.
On le sait. Et pourtant, rien ne bouge…
Promouvoir une Europe de projet, inventive et généreuse
L'Europe est en panne, parce qu'elle est sans projet. On le sait. On sait aussi qu'elle pourrait très bien s'en forger un… De quoi rêvent les européens? De paix et d'équilibre planétaire, de respect de la vie et de l'environnement, d'enrichissement mutuel par considération, mais aussi brassage des différences. L'Europe est riche de ses cultures, de ses traditions et de ses terroirs. L'Europe est très peuplée, possède peu d'énergies fossiles, mais elle ne manque pas de matière grise. Dès, lors, la voie à promouvoir est-elle pas évidente ? L'Europe pourrait devenir, pour son plus grand profit, le chantre et l'ingénieur mondial du développement durable. La santé, l'agroalimentaire, l'énergie, l'habitat, les transports conçus dans cette perspective constituent, pour elle, de larges et profondes réserves de créativité, de technologies et de "valeurs ajoutées", tant économiques qu'humaines.
Si
Là encore, statuts et acquis, de souverainetés ou de lobbies, doivent être remis en cause.
On le sait. Et pourtant, rien ne bouge…
Jean-Paul Lahaye
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