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Relations Internationales

Samedi 25 février 2006 6 25 /02 /2006 21:37

Thérèse Delpech, dans son remarquable opuscule consacré à La Politique du Chaos

 

(Seuil, 2002) remarque que “ ce que montrent les attentats du 11 septembre 2001, c’est, encore une fois, on avait tendance à l’oublier, que les être humains continuent de se battre et de mourir pour des idées. Si cette vérité nous revient sous une forme aussi effroyable, c’est peut-être le signe que la lutte est à conduire de ce côté, et non sur le seul terrain militaire ou policier.”

 

J’ajouterai que ces attentats ont aussi démontré l’asymétrie du message de ‘Justice’ qui semble ne plus avoir la même signification selon que l’on se place sur les bords opposés du rubicon de la Loi , entre civilisation et barbarie.

 

Aujourd’hui, l’agenda international est en grande partie gouverné par la chose religieuse ou par des groupes qui utilisent le fait religieux comme moyen ou comme alibi. Pour s’en convaincre, il suffit de compter le pourcentage du temps du ‘JT’ qui lui est consacré (57% du temps des News sur Sky News dans la semaine du 20 au 24 Février, par exemple). Le rapport entre le respect de la diversité des formes du Sacré et la liberté d’expression protégée par la constitution, est définitivement de nature non linéaire, c’est à dire sans relation directe de cause à effet. Ni un discours rationnel ni l’approche laïque ne semblent pouvoir résoudre cette problématique complexe.

 

Théorie des systèmes complexes :

 

Nous savons aujourd’hui un peu mieux ce que sont et comment fonctionnent les systèmes complexes, dits chaotiques. Ce sont des systèmes constitués de composantes nombreuses, de natures différentes, en interactions permanentes, et gouvernés par des processus non linéaires qui engendrent des dynamiques d’allures variées et pouvant présenter des changements qualitatifs et quantitatifs rapides (appelés bifurcations par les experts).

 

Application de cette théorie au terrorisme :

 

Les évènements violents  d’origine islamiste, tournés soit vers l’occident, soit vers les musulmans eux-mêmes, et les différentes conceptions du « djihad » semblent confirmer la nature complexe du système de l’Islam fondamentaliste. Les composantes sunnites et chiites, par exemple, en interaction plus ou moins violente dans tout le Moyen-Orient, sont à l’origine de vives réactions qui peuvent aboutir à l’établissement de structures politiques plus ou moins tournées vers la violence ouvertement affichée.

 

Les bifurcations que suivent ces structures sont souvent  imprévisibles et sont donc la source de bien des soucis pour les pouvoirs en place, par exemple dans les « zones tampon bifaciales », à la fois trop occidentalisées pour les musulmans et trop islamisées au goût du monde occidental comme l’Egypte ou l’Arabie Saoudite.

 

La formule initiale du désordre:

 

Les fractales – ces figures fascinantes dont la forme et les détails expriment graphiquement la complexité et la répétition de formules mathématiques en boucle – illustrent parfaitement la dynamique des figures mouvantes du terrorisme islamiste international. Celle-ci est l’expression fidèle des caractéristiques des groupuscules organisés selon des lois extrêmement rigoureuses et répétitives. La ‘formule terroriste’ initiale est entièrement encapsulée dans l’entretien de Ben Laden avec un journaliste de Time magazine, le 11 janvier 1999:

 

Le Time magazine: «  Les Américains affirment que vous essayez d’acquérir des armes chimiques et nucléaires. »

 

Ousama Ben Laden : « L’acquisition d’armes pour la défense des musulmans est un devoir religieux. Si j’ai effectivement acquis ces armes alors je remercie Dieu pour me le permettre. Et si je cherche à les acquérir, c’est mon devoir. Ce serait un péché pour les musulmans de ne pas essayer d’acquérir ce type d’armes afin d’éviter que les infidèles ne nuisent aux musulmans. »]

 

 Le système des réseaux :

 

Contrairement aux systèmes hiérarchisés, il existe ici une différence majeure qui distingue les groupes islamistes éparses héritiers de cette mission de protection du monde musulman. Leur organisation se fait en réseaux composés de connections flexibles et rapides, ou évoluent des groupes autonomes et sans cesse mobiles. Leur mode d’action locale est intuitivement en phase avec le plan stratégique global du système avec l’aide évidente de moyens de communication sophistiqués.

 

Toute opération militaire ou policière directe contre une partie du réseau apporte certes un effet contraignant sur l’ensemble de la ‘toile’ mais relativement inefficace. L’onde de choc de l’impact est en effet absorbée par le système qui utilise cette énergie hostile pour générer sans cesse davantage de liens.

 

Il apparaît comme fondamental de tenir compte de la nature complexe des systèmes islamiques fondamentalistes qui pourrait se trouver en dormance parmi les 15 millions de musulmans européens. Il importe aussi d’évaluer avec précision les différents niveaux de radicalisation au sein de la sphère islamique globale grace à l’appui de l’analyse des services du renseignement et de la prospective.

 

La recherche de solution :

 

La lutte contre les éléments islamistes les plus radicaux qui utilisent la terreur, qu’elle soit matérielle, sociale, morale ou sprirituelle, doit aussi comporter une branche idéologie, voire même, pourquoi pas, et ce serait un service exceptionnel que pourrait nous procurer l’Islam aujourd’hui, une action politique globale puisant sa source dans la Justice , qu’elle soit, elle aussi, matérielle, sociale, morale ou spirituelle. Justice pour une Palestine autonome, pour la sécurité d’Israel. Justice encore pour le développement des pays du Maghreb, l’approvisionnement énergétique indépendant de l’Iran et la démocratie en Irak.

 

Ainsi que le signale Thérèse Delpech: “ Une des plus graves menace auxquelles le monde est confronté à l’aube de ce siècle résulte du décalage croissant entre les progrès des moyens de destruction et la médiocre qualité des hommes et des idées politiques.”

 

Avant de tirer à hue et à dia toutes les cordes de notre évantail militaro-industriel contre le radicalisme islamique, il est aussi efficace d’étudier les lois qui régissent la complexité de son système et de puiser dans sa structure même les éléments qui permettront d’élaborer l’antidote politique.  Son effet curatif sera à la fois local et global.

 

 

 

Patrick Papougnot 

 

Par Patrick Papougnot - Publié dans : Relations Internationales
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Mardi 25 avril 2006 2 25 /04 /2006 08:00

En commentaires d'un article paru il y a quelques mois sur le blog, Charles André et Jean-Pierre Airut ont entamé une controverse .....Il m'a paru intéressant de publier en "Article" le  dernier commentaire  envoyé par Jean-Pierre, particulièrement long (trop sans doute) et fouillé. Ce texte, comme tout texte publié sur  ce blog,  n'engage  que son auteur . Il peut être largement critiqué et débattu.

Charles,

1.- Merci pour ta dernière lettre à laquelle je n’ai pas pu répondre plus tôt, car je voulais me donner le temps de rouvrir quelques livres d'histoire, preuve du sérieux avec lequel je conçois nos échanges.
Pour moi, leur intérêt n'est pas mince : outre qu’ils m’obligent à clairfier mes positions, ils m’aident à comprendre comment la gauche-qui-au-Proche-Orient-cherche-sincèrement-à-se-poser-en-arbitre-équitable en arrive à envenimer le conflit et à faire le jeu des extrémistes —palestiniens d’abord et israéliens ensuite (ou l’inverse)— malgré ses bonnes intentions.
Pour les « pro-arabes » de la gauche radicale, les choses sont faciles à comprendre : leur intérêt est de souffler sur la braise qu’ils instrumentalisent à des fins de politique intérieure : salir le camp « capitaliste » incarné par l’Etat colonial juif et son allié les Etats-Unis ; s’enraciner dans le « prolétariat » d’origine musulmane.
Pour les « pro-arabes » de la droite gaulliste ou bien d’affaires, les choses sont également aisées à comprendre : il leur importe peu, pour eux, que la France perpétue le conflit dès lors que sa politique lui permet de flatter le camp arabe dont ils attendent surcroît d’influence internationale et « gros contrats » (pour ne pas parler des « commissions » : Cf. le programme de l’ONU « nourriture contre pétrole » où certains de nos responsables pourraient s’être illustrés).
2. – Je me suis sans doute trop attardé sur l’expression « péché originel ». Si je l’ai fait, c’est pour trois raisons :
— Ce n’est pas la première fois que je relève cette expression dans le discours anti-sioniste ou pro-palestinien.
— Il me semblait que toutes tes positions ou presque découlaient de ce que tu ramenais, fût-ce métaphoriquement, l’origine du problème du Proche-Orient à ce concept d’origine biblique mais essentiellement chrétien.
— Plus je fréquente la gauche radicale et plus je crois que ses inconséquences naissent de ce qu’elle ne parvient pas à isoler, dans son héritage, la part des idées qu’elle doit à la critique rationnelle des sociétés, de celles qui lui viennent de la tradition pré-socialiste, qui est, chez nous, plus évangélique que libérale et davantage spiritualiste que matérialiste : sitgmatisation de ce mal que serait toujours l’égoïsme ; dépréciation de « l’argent » et de l’attachement aux biens matériels ; recherche de la paix par l’oubli des offenses et l’auto-humiliation.
Pour ne pas se contenter de laïciser la morale chère à la religion qui a dominé et domine encore chez nous, la gauche radicale devrait confronter son bagage aux règles de l’esprit scientifique mais aussi au droit naturel sans lequel elle ne peut espérer échapper ni au holisme des marxistes, ni aux contradictions du corpo-individualisme des anarcho-syndicalistes.
Or, pour se libérer de son passé catholique, il ne suffit pas de bouffer du curé en criant « Laïcité, laïcité, laïcité ! » : est-ce un hasard si c’est dans les pays de tradition protestante que le marxisme s’est le moins implanté et la social-démocratie le plus vite modernisée ?
3. - Sauf erreur, on peut résumer ton propos ainsi : « A défaut de « péché originel », Israël souffre d’un « vice originel » —ses origines colonialistes— qui devrait l’inciter, pour se faire accepter par les habitants de la région, à mener une politique d’accommodement plutôt que de confrontation ».
Cette politique n’est pertinente qu’à deux conditions préalables.
a) Il faut que l’expression « vice originel » —que tu emploies à deux reprises— ne soit pas une simple laïcisation de la notion de « péché originel », puisque c’est en des termes aussi religieux qu’insolubles que le problème du Proche-Orient serait alors encore et toujours posé (Cf. ma précédente lettre).
Et, pour que l’expression « vice religieux » ne recycle pas le concept chrétien de « péché originel », elle doit signifier autre chose que « faute irréparable et transmissible de génération en génération parce que trop grave pour qu’on l’amnistie et parce que, pour la réparer, le droit international devrait revenir sur le droit à l’existence de l’Etat d’Israël, ce qu’il ne saurait faire puisque que c’est lui qui l’a reconnu et que le remède serait de toute façon pire que le mal ».
b) Il faut ensuite que l’Etat d’Israël souffre bien du « vice originel » que tu lui prêtes, à savoir être né de « la colonisation », ce dont on peut douter quand on analyse le sens de ce terme et qu’on le confronte aux faits qu’il prétend qualifier.
Sous la plume du commun des journalistes si ce n’est des historiens, ce mot désigne l’action des Juifs en Palestine avant, pendant et après la création de l’Etat d’Israël en 1947-48.
1° S’agissant de leur action d’avant 1947, elle se résume, dans les faits, à une immigration de peuplement aussi légale que légitime.
* Une immigration de peuplement légale : avant que d’être autorisée par les autorités britannico-chrétiennes, l’immigration l’a été par les autorités turco-musulmanes qui régnaient sur la Palestine depuis 1517. S’il y eut des clandestins, ce fut surtout à la fin du mandat britannique.
A l’expulsion des Juifs d’Espagne, la Sublime  Porte  avait déjà autorisé l’immigration de Juifs sur son territoire au risque de susciter, déjà, des tensions avec les populations que les nouveaux venus concurrenceraient.
A la révocation de l’Edit de Nantes, la Prusse et les Pays-Bas, pour ne parler que d’eux, avaient, de leur côté, accueilli des Protestants français.
* Une immigration de peuplement légitime : les terres que les immigrés juifs mettent en valeur sont achetées aux Autochtones et non confisquées au terme d’une expropriation de facto ou de jure comme cela a trop souvent été le cas en Amérique ou en Afrique.
Ce n’est pas parce que les Français, les Espagnols ou les Britanniques se sont mal conduits en leur Empire que les Juifs d’avant 1947 se sont mal conduits dans celui des Ottomans ou des Britanniques.
Depuis 1947, lsraël s'est certes approprié des terres par la violence. Mais ce n’est que postérieurement à l’origine de leur Etat qui nous intéresse ici et au terme seulement des guerres nées du refus —le plus souvent violent— de leurs voisins d’accepter son existence…
En immigrant dans la Palestine d’avant 1947, les Juifs ne se comportaient donc, au fond, ni plus ni moins que comme les Arabes, les Africains ou les Asiatiques qui, arrivant aujourd’hui chez nous avec un titre de séjour, reprennent les petits commerces des Français qui n’en veulent plus ou comme les Britanniques qui, dans le Périgord notamment, achètent des maisons et des terres en assez grand nombre pour irriter les Indigènes (Voir le livre —plutôt anglophile— de Alain-José Fralon Au secours, les Anglais nous envahissent ! qui vient de paraître chez Michalon).
* A moins de ne trouver bénéfique et légitime que l’immigration des peuples du tiers monde en terre occidentale, on ne peut pas déclarer maléfique et illégitime celle des Juifs dans la Palestine mulsulmano-chrétienne d’avant 1917 et d’avant 1947 pour la seule raison qu’elle est le fait d’Européens, surtout si l’on se souvient que les dits Européens provenaient souvent du quart monde quand ils n’étaient pas aussi des « réfugiés politiques » tentant d’échapper aux discriminations sociales ou aux pogroms…
Faudrait-il exempter le monde arabe de toute obligation en matière de solidarité internationale et d’accueil des réfugiés politiques et, si oui, au nom de quoi ? Je te le demande.
* En utilisant le terme « colonisation » pour évoquer tout ce qui précède la création de l’Etat d’Israël, les médias ne créent cependant pas seulement un amalgame entre invasion et immigration légale ; ils s’évitent aussi d’employer le terme d’« immigration » grâce auquel les opinions percevraient pourtant mieux les rapports qui, par delà leurs différences, unissent l’immigration juive en Palestine d’avant 1947 à celle des peuples du tiers monde dans l’Occident d’après 1947…
— S’agissant de l’action des Juifs de Palestine en 1947, elle se résume, cette fois, à l’institution de l’Etat d’Israël qui, pas plus que l’immigration d’avant 1947, ne relève du concept de « colonisation », du moins au sens tiers-mondiste que tu lui prêtes.
* L’Etat d’Israël ne naît pas, en effet, d’une action unilatérale des populations immigrées juives (du type de celle que les Rhodésiens, par exemple, mènent au moment de la décolonisation), mais du vote de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies.
Outre que l’ONU est la source la plus haute du droit international, elle est, à l’époque, la seule source de droit légitime sur le sujet.
Comme c’est de la première organisation de la communauté internationale (la SDN) que le Royaume-Uni détenait ses droits sur la Palestine, il était normal que, en butte à l’hostilité des populations placées sous son mandat, il rétrocédât le droit de décider de l’avenir du territoire à la nouvelle organisation de la communauté internationale plutôt qu’à ses anciens détenteurs —toujours survivants (Turcs ou Juifs) ou bien disparus (Mamelouks turco-circassiens, Seljoukides iranisés de la mer d’Aral, Ayyoubides égypto-syriens, Fatimides de l’actuelle Tunisie, Seldjoukides turcs, Etats latins d’Orient, Abbassides iraniens, Omméyades syriens, Byzantins, Romains, Séleucides macédoniens, Babyloniens perses, Assyriens, Philistins originaires de « la mer », Pharaons d’Egypte, etc.).
* Le vote de l’ONU en faveur de la création de l’Etat d’Israël n’est pas illégitime au motif qu’il aurait permis à la civilisation chrétienne de solder ses comptes avec les Juifs sur le dos des Musulmans en général et des Arabes en particulier.
A ce vote ont en effet participé plus d’un Etat non européen ou non chrétien.
L’antisémitisme n’était pas, de surcroît, l’apanage de l’Europe chrétienne : outre qu’il était celui de l’Europe nazie et de l’Europe communiste, il était celui du monde musulman où les Juifs ne bénéficiaient pas plus que les Chrétiens de l’égalité de droit et étaient soumis à un impôt punitif sur leur religion.
En créant l’Etat d’Israël, la communauté internationale réglait un problème qui concernait aussi le monde musulman et qui le concernait d’autant plus qu’il s’était trouvé des partis et des régimes arabes pour s’allier avec les Nazis avant la guerre comme pendant et après (négationnisme, notamment).
L’antisémitisme n’aurait-il été, par hypothèse, que chrétien (ce qu’il n’est pas, on l’a vu), une partie du Proche-Orient ottoman était chrétienne et sinon antisémite du moins anti-judaïque.
Contrairement à la thèse que les « pro-arabes » s’efforcent d’accréditer, l’Etat juif de Palestine n’a pas, enfin et surtout, été conçu par la communauté internationale afin de dédommager les Juifs de la Shoa.
La création d’un « foyer national » est, tout d’abord, prévue dès 1917, c’est-à-dire avant que Hitler n’ait conçu son projet d’extermination des Juifs !
La création de ce « foyer national » —envisagée par l’Empire britannique (Déclaration de Lord Balfour du 2 novembre 1917) après seulement que la France l’eut elle-même envisagée (Déclaration de Jules Cambon du 4 juin 1917 sur « la renaissance de la nationalité juive sur cette terre d’où le peuple d’Israël a été chassé il y a tant de siècles »)— visait, compte tenu des circonstances, à rétribuer la participation de la Légion juive aux combats contre les Ottomans mais surtout le lobbying de la communauté juive américaine auprès du gouvernement des Etats-Unis afin que ces derniers s’engagent aux côtés du Royaume-Uni et de la France en dépit de l’image antisémite qui colle, à l’époque, à la Russie tsariste, leur alliée.
De même que les Alliés doivent leur victoire au soulèvement des tribus arabes, de même Musulmans et Chrétiens des pays arabes doivent leur émancipation du joug ottoman à l’action de la Légion juive et à l’entregent du lobby juif américain…
Pour tenter de retourner le lobby juif américain en sa faveur, l’Allemagne impériale « envisage [elle aussi] avec faveur les aspirations des minorités juives quant au développement de leur culture et de leurs caractères spécifiques dans les pays où les Juifs ont développé une vie nationale propre » (Déclaration du sous-secrétaire d’Etat Hilmar von dem Bussche du 5 mai 1918) et elle tentera, avec des bonheurs divers, de convaincre la Porte Sublime de donner des gages au parti sioniste !
Le droit des Juifs à créer leur Etat est avalisé par l’ensemble de la communauté internationale de l’époque (Etats-Unis et Japon compris) à l’occasion du traité de San Remo (avril 1922) que corrobore le Traité de Sèvres signé quelques mois plus tard : or, même ici, la cause de la reconnaissance du droit à un foyer national en Palestine n’est pas l’antisémitisme mais les « droits historiques » [sic] que les Juifs détiennent sur la région…
Si « vice originel » il y a, est-il dans la création « coloniale » de l’Etat d’Israël ou dans la manière dont les « anti-colonialistes » se la représentent et nous la présentent ?
A occulter que la nation juive a des droits légitimes sur une partie des terres où s’est refondé l’Etat d’Israël, la vieille gauche comme la vieille droite n’incitent-elles pas les ad-versaires arabes de la paix à persévérer dans leur refus, les partisans arabes de la paix à se sentir des traîtres à la « cause arabe » et les extrémistes israéliens à faire valoir auprès de tous les modérés qu’il n’y a pas de partenaires palestiniens pour la paix ?
Pour oeuvrer au rapprochement des peuples israélien et palestinien, l’Europe ne peut se contenter de son numéro équilibrisme compassionnel : appuyer le camp qui, en fonction des circonstances, apparaît le plus « victimé » à son opinion, à savoir les Israéliens au lendemain d’un attentat terroriste et les Palestiniens les autres jours !
L’Europe que tu voudrais voir davantage à la manœuvre, pense œuvrer au rapprochement des peuples palestinien et israélien en pratiquant une politique d’équilibre. Son juste milieu est cependant plus compassionnel que juridique dans la mesure où son principal souci est d’appuyer le camp qui, en fonction des circonstances, apparaît le plus « victimé » à l’opinion, à savoir le camp israélien au lendemain d’un attentat terroriste et le camp palestinien les autres jours !
Le numéro d’équilibrisme auquel l’Union européenne se livre ainsi ne tardera plus à frustrer les Palestiniens aussi bien que les Israéliens.
Si l’U.E. veut œuvrer pour la paix et non se convaincre égoïstement de son impartialité, elle doit expliquer à ses partenaires arabes avec autant d’intelligence que d’amitié et de patience, en quoi ils ont intellectuellement, politiquement et moralement tort de ne pas reconnaître la légitimité —et pas seulement la légalité— du droit à l’existence de l’Etat d’Israël.
Les Israéliens seront d’autant plus nombreux à vouloir négocier, rendre ou échanger les territoires occupés et coopérer économiquement avec leurs voisins qu’ils seront moins inquiets pour leur sécurité ; et ils seront d’autant moins inquiets pour leur sécurité que leurs voisins et leurs soi-disant « amis » européens seront nombreux à reconnaître la légitimité de leur Etat.
La gauche réformiste en général et l’IES en particulier doivent-elles se borner à tempérer la politique pro-arabe de la gauche radicale et de la droite d’affaires (comme le fait le PS dans ses bons jours) ou bien promouvoir une authentique politique pro-paix impliquant la reconnaissance de la légitimité originelle et inconditionnelle de l’Etat d’Israël par tous y compris, y compris et d’abord les Européens ?

Par Jean-Pierre Airut - Publié dans : Relations Internationales
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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /2006 16:08

Sur fond de mondialisation, dans une relative indifférence des opinions
publiques occidentales, les discussions sur l'appropriation de l'arme nucléaire
par l'Iran se poursuivent entre les Nations Unies et l'Iran avec une forte
pression des Etats Unis.

Tout a été dit sur les aspects techniques des avancées
iraniennes en matière nucléaire ; de même, le bras de fer, à la fois
diplomatique (côté O.N.U.) et "vociférant" (côté IRAN) est intéressant mais sans
nouveauté particulière. Par contre,une question de fond est posée à nouveau par
cette affaire : qui a le droit de possèder l'arme nucléaire en dehors de ceux
(les Etats) qui font déjà partie du club des puissances nucléaires. De toute
évidence, l'avis unanime des membres du club, c'est de n'accepter aucun membre
supplémentaire pour limiter autant que faire se peut le risque quasi probable du
recours à l'arme nucléaire dans des conflits armés actuellement règlés par
l'emploi de l'armement classique. Nous ne nous apesantirons pas sur les
conditions dans lesquelles les actuelles puissances nucléaires ont acquis le feu
nucléaire : il y aurait beaucoup à dire mais ce n'est pas le sens de notre
propos. Néanmoins,selon que le candidat à l'arme nucléaire est une puissance
grande, moyenne ou petite,l'attitude des Nations Unies ... et des Etats Unis
sera-t-elle la même ?

Quoiqu'il en soit, l'O.N.U peut-elle avoir une autre
politique que de limiter sans exception l'accès des Etats non détenteurs au feu
nucléaire! S'il est vrai que les membres du club n'ont pas demandé au reste du
monde l'autorisation de mettre en oeuvre cette arme nucléaire, il n'en reste pas
moins que l'intérêt général de l'humanité justifie de fait et de droit la
mission impérative des Nations Unies de limiter de manière absolue une telle
.prolifération. Alors, bien sûr, quid du nucléaire civil ? Il ne peut être
question d'interdire à quelque Etat que ce soit de développer l'utilisation du
nucléaire civil. Dans ce domaine là,il faudra réfléchir sur les conditions dans
lesquelles le nucléaire civil peut être développé par les Etats sans qu'il y ait
une suspicion systématique relative à une fabrication dissimulée de l'arme
nucléaire; il faut que les Nations Unies y travaillent dans une indépendance
réelle.

En annexe à cet article, une question d'histoire n'a pas,
semble-t-il, de réponse explicite à ce jour. Lors d'un débat sur France Inter
entre 7 et 9 heures, le 28 Avril, à la question de savoir qui avait donné le
mode de fabrication de l'arme atomique à Israël, même si officiellement Israël
ne la possède pas,la réponse du spécialiste invité à France Inter a été nette et
précise : c'est la France,dans les années 50 ! On peut s'interroger ! Outre
l'acteur israelien connu, Shimon Peres, quels furent les acteurs français de
cette opération et dans quel cadre institutionnel français, cette même opération
a-t-elle été validée ?

Claude BODIN

Par Claude Bodin - Publié dans : Relations Internationales
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Vendredi 12 mai 2006 5 12 /05 /2006 12:53

Jeune militant gaulliste de gauche puis du parti socialiste avec Michel Rocard, dès mon plus jeune age, j'ai toujours combattu toutes les menaces liberticides. Mon adhésion à la Gauche libérale européenne n'a fait que renforcer cette conviction.

            Un loi reconnaissant le génocide arménien avait été adoptée. Sur le principe - non sur le fond - elle était déjà discutable, mais elle a été adoptée et a pu frapper les esprits en provoquant un débat salutaire sur une part dramatique de l’histoire turque.  Le Parlement européen lui-même a eu à en débattre. Mais condamner par avance ceux qui ne partagent pas cet avis constitue une dangereuse menace.

Si la double proposition de loi socialiste/UMP (symptôme significatif d’un certain électoralisme déjà observé lors du referendum ?) est adoptée, alors pourquoi ne pas poursuivre et interdire tout débat sur la réalité du génocide qu’auraient constitué l'esclavage et la colonisation, et puis le Cambodge, Rwanda et la Bosnie, sans oublier les massacres vendéens et tellement d’autres…  Il ne s’agit pas ici de la reconnaissance ou non d’un fait à l’appréciation des historiens et politiques, mais de la seule  liberté de pouvoir émettre un avis différent de la vérité officielle.

 

Ainsi, par exemple, les signataires de la pétition refusant la censure faite à Peter Handke (ou par ricoché éventuel de l’histoire, les signataires de la contre pétition) et les 700 signataires de l’appel lancé par l’association « Liberté pour l’histoire » créée pour refuser d’enjoindre aux enseignants d’évoquer dans leurs cours  le rôle positif de la présence française outre-mer, pourront être condamnés.

 

Les députés socialistes, alors interpellés sur ce dernier sujet, avaient du faire finalement machine arrière (dès le départ plusieurs s’étaient désolidarisés)  et avaient logiquement et de manière plus réaliste refusé au Parlement le droit de légiférer sur l'Histoire de la colonisation.

 

Alors deux poids, deux mesures ?

            Cette nouvelle double proposition PS-UMP qui vise à condamner tout "négationnisme" sur le sujet  risque pourtant d'ouvrir grande la boite de Pandore et une certaine banalisation du négationnisme n'est pas loin.

            De telles initiatives ne sont pas pour améliorer l’image de la France comme « patrie de droits de l’homme et de la liberté »  à l'étranger, et pas seulement en Turquie.   Notre pays est il actuellement  le mieux  placé pour donner de leçons de démocratie au monde ?

            Ceux qui connaissent la Turquie moderne, forte de sa diversité culturelle et savent les efforts considérables effectués ces dernières années en dépit de nombreux obstacles et aiment ce pays, comme ils aiment l'Arménie,  et dont certains avaient approuvé la reconnaissance, par la loi française, du génocide arménien, sont atterrés.  (cf l’appel lancé par les intellectuels démocrates turcs, dans Libération en date du 10 mai 2006)

 

            Qu’au moins, un large débat puisse s’ouvrir sur l'opportunité d'un telle proposition de loi avant qu’elle ne soit soumise au Parlement, car elle dépasse largement son objet par les menaces qu’elle fait peser sur les libertés fondamentales.

 

            Ce n’est évidement pas la volonté de ses promoteurs, à l’UMP comme au PS, qui ont tenté de répondre à la douleur toujours présente des familles arméniennes en France.  IL ne s’agit pas de caricaturer qui que ce soit, mais simplement de prendre conscience des graves  risques évoqués… qui n’ont pas à voir avec le sujet.

 

            Cette réaction n’est pas celle d’un extrémiste, pas plus que celle, plus clairvoyante, de Luc Ferry dans Le Monde de ce vendredi 12 mai. J’espère que d’autres se manifesterons aussi à gauche dans le même sens.

 

Octave Lostie

Les notes jointes à cet article seront publiées en commentaires

Par Octave Lostie - Publié dans : Relations Internationales
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Samedi 20 mai 2006 6 20 /05 /2006 17:25

Un premier article sur la question de l'immigration....

Aujourd'hui nul ne peut ignorer vraiment ce qui se passe sur l'ensemble de notre planète : l'information comme l'économie est mondialisée.
Nous assistons ainsi,quasiment en léger différé , aux évènements médiatisés du monde entier.Pour rester à l'écart du brouhaha du monde,se réfugier dans notre tour d'ivoire,il faudrait jeter aux oubliettes radio,télévision et journaux
Ce n'est pas là le choix de la plupart de nos concitoyens.
Ainsi deux phénomènes ordinaires de l'actualité de nos médias sont quotidiennement à la une médiatique de notre information : l'Immigration et les aléas du PPM ou Paysage Politique du Monde .

Sur l'Immigration,on a tout dit,tout distingué, l'immigration sauvage,clandes-tine,choisie,accueillie,rejetée,transportée,etc...mais pour faire court,disons que ,pour beaucoup de candidats à l'immigration,extérieurs à l'Union Européenne,il s'agit d'hommes,de femmes et d'enfants qui fuient la misère,la faim,l'insécurité totale sous toutes ses formes,les massacres.Ce n'est certes pas nouveau mais là aussi c'est devenu maintenant une immigration mondialisée !

Face à une telle situation,il y a l'accueil dans nos sociétés relativement privilégiées avec tous les aléas socio-politiques que cet accueil fait naître et les risques réels de fragilisation et de déstabilisation encourus par nos pays développés ;il y a aussi quelques " aventureux " politiques courageux et non conformistes qui essaient de promouvoir l'idée que la solution est plutôt d'aider les immigrés potentiels à rester chez eux, en finançant des programmes de développement économique dans leurs pays d'origine .
A partir de cette idée,un certain nombre d'actions ont été initiées : aide financière au retour pour les immigrés ,aides financières aux pays d'origine concernés pour développer leur économie et les emplois .
L'échec a été plus souvent au rendez vous que le succès : il n'y a pas à chercher bien loin pour en découvrir les raisons.

La cause principale réside dans la réalité de la situation d'une grande partie des pays d'origine de l'immigration,pays qui n'ont qu'une apparence d'Etat et n'en réunissent pas les conditions institutionnelles ,les caractères de puissance publique,d'autorité de l'Etat présente de manière égale sur l'ensemble des territoires,d'égalité des populations devant la loi : ce sont là quelques conditions a minima qui font d'un pays,un Etat ;quant aux aides économiques versées par des Etats développés et des organismes internationaux,la corruption et les détournements de ces aides financières au profit de gouvernements oligarchiques corrompus sont devenus des faits habituels qui ne surprennent plus grand monde !
Abstaction est faite ici des choix idéologiques des majorités politiques ou des oligarchies qui se trouvent à la tête de ces Etats " fantômes ".Bref ,sur notre planète,il y a des pays qui sont réellement des Etats et d'autres qui n'en sont pas ou n'en sont plus.

Que devons nous faire ? Continuer à gérer les flux d'immigration au jour le jour,tant bien que mal,plutôt mal que bien,assister impuissants ou indifférents aux désordres abyssaux de pays que fuient par tous les moyens leurs populations !

Je ne crois pas que l'on puisse encore longtemps rester dans cette expectative.
Bernard KOUCHNER a été et reste un ardent défenseur du devoir d'ingérence humanitaire,égratignant ainsi la sacro-sainte règle de droit international,le principe de souveraineté des Etats,encore faut-il qu'il y ait réellement des Etats !

La difficulté est de reconnaître,de décider à partir d'un certain nombre de critères la nature réelle d'un espace territorial : seules les Nations Unies peuvent le déterminer en établissant ces critères ;elles demeurent une sorte de label pour un pays qui,devenant membre des Nations Unies,est de facto et de jure reconnu comme un Etat.Ainsi,le rôle des Nations Unies,un " machin " incontournable aujourd'hui, s'avère central dans la gestion et la solution des problèmes internationaux.

Bernard KOUCHNER,toujours lui,a été plus loin que le simple devoir d'ingérence humanitaire en s'engageant plus politiquement et en assumant,au nom des Nations Unies,la responsabilité d'une sorte de mandat international sur le KOSOVO .

Je crois que la réponse à mon questionnement sur l'immigration mondialisée est là en puisant dans le sac à solutions de la Société des Nations,prédécesseur des Nations Unies et dans le gros sac des expériences accumulées de ces dernières depuis sa création en 1945 ( casques bleus,blancs,forces PRONU,mandat sur le KOSOVO,etc... ).
Il faut que les Nations Unies évoluent,s'affirment en restaurant,avec d'autres règles,les mandats internationaux.

Après un inventaire ( il existe sans doute déjà ) des " Etats " en quasi déshérence,inventaire qui n'exclue pas la prise en compte d'une sorte d'échelle des situations institutionnelles des pays inventoriés,les Nations Unies doivent pouvoir décider de prendre en charge des pays qui ne réunissent plus ou pas encore les conditions a minima qui font d'un pays un Etat.A ce titre,compte tenu des désordres et de la disparition de la puissance publique au sens du droit international,compte tenu aussi des flux d'émigration qui en découlent,le pays concerné devrait être placé autoritairement sous le mandat international d'un Etat capable d'assumer ce mandat,là aussi en fonction d'un certain nombre de critères à définir par les Nations Unies ;en particulier,l'Etat ou la Communauté d'Etats mandataire doit être reconnue capable de respecter les conditions du Cahier des Charges de l'O.N.U et de conduire le pays sous mandat à une situation institutionnelle,sociale,
Economique et politique conforme aux objectifs fixés par le Cahier des Charges.Ce dernier fixerait la durée du mandat avec possibilité de le réduire ou de le proroger,les modalités du contrôle périodique opéré par les Nations Unies sur le respect et l'état d'avancement des clauses du Cahier des Charges,etc...
C'est alors que,dans le cadre de ces mandats internationaux,une aide économique réelle et contrôlée ,y compris à l'encontre du mandataire,pourra être apportée au pays sous mandat,aide provenant d'un certain nombre d'Etats développés via des organismes internationaux économiques et financiers déjà existants ( BIRD,FMI,etc...) .On peut espérer alors limiter très sensiblement les " déperditions "en ligne des aides ,développer réellement l'économie des pays sous mandat et les emplois qui permettent de réduire les flux d'émigration vers les pays développés.

Qu'en pense,au premier chef,Bernard KOUCHNER ?
Qu'en pensent tous ceux qui ne cessent,comme moi-même,de s'interroger sur l'état du PPM ( Paysage Politique du Monde ) et sur les malheurs de ces populations terrorisées,affamées,poussées à l'immigration par une nécessité vitale ?
Qu'en pensent aussi tous ceux qui sont auprès des Immigrés pour les aider,les assister et qui,pour un certain nombre,voient plus loin que la revendication franco-française de l'accueil tous azimuts et sans limites ?
Qu'en pensent enfin les Evêques de France,tout émus du projet de loi Sarkozy,mais que je ne crois avoir lu ou entendu sur une perspective plus large relative à l'Immigration ?

Claude BODIN.

Par Claude Bodin - Publié dans : Relations Internationales
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Mardi 4 juillet 2006 2 04 /07 /2006 13:00

Par IES - Publié dans : Relations Internationales
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Vendredi 28 juillet 2006 5 28 /07 /2006 09:30

On le constate dans toutes les pages de courrier des lecteurs : l’opinion se lasse de la guerre (voir extrait pièce jointe Le monde on line). Les français croulent sous le poids de la mauvaise conscience et du ressentiment. Ils semblent regretter d’être issus de ce monde occidental qui a colonisé un jour le Moyen-Orient, créé Israël, et qui génère aujourd’hui « le capitalisme financier, la pauvreté du tiers-monde, l’impérialisme culturel, l’individualisme, la destruction de l’environnement… etc. ».

 Nous ne comprenons pas, en France, que juifs et américains veuillent défendre ce monde « pourri » et cela jusqu’à en mener une guerre ! Il nous parait donc invraisemblable qu’ils s’acharnent sur ce pauvre Liban. Ce petit pays transformé en piège mortel par des combattants nationalistes-islamistes (le Hezbollah) qui, sur fond de justes revendications palestiniennes, essayent de ressusciter l’unité arabe en embrasant la région.

 Aujourd’hui les libanais et arabes de toutes confessions connaissent le sentiment de culpabilité occidental, ils regardent nos télévisions et lisent nos journaux ! Ils pensent avoir UNE chance à travers leur sacrifice : que l’opinion mondiale soit avec eux contre « l’américano-sionisme » et l’injustice !…Ont-ils raison ? Ils semblent avoir oublié qu’il faudrait en passer d’abord par un chaos sans aucune garantie de l’emporter (voir 1948, 1956, 1973, 1982, 1993).

 En revanche la violence a, quoi qu’il advienne, un bel avenir car la différence entre une victoire et une défaite israélienne résiderait dans la nature de l’escalade qui y succéderait. La progression qualitative, inévitable, serait de deux natures :

 - soit de nature militaire en cas de « victoire » diplomatico-militaire arabe (après le succès de la roquette Katiousha on passerait au missile Frog et Scud puis, enfin, au balistique iranien). Simples armes de dissuasion ? Ahmadinedjah jure que non !

- soit de nature terroriste en cas de défaite du Hezbollah.

 Quand aux alternatives voici les différentes idées actuellement proposées par J. Chirac, F. Siniora ou K. Annan :

 -laisser l’armée libanaise désarmer le Hezbollah (utopique !)

-envoyer des casques bleus (ridicule !)

-ne pas impliquer l’OTAN bras armé de l’occident (seule issue pourtant !)

-condamner Israël pour sa riposte démesurée sur des civils ( ?)

-demander préalablement à Israël de céder face à la force montante (mais où ? territoires occupés ? Gaza ? Jérusalem ? Golan ? Exode des juifs ?)

-négocier avec la Syrie qui, depuis quelques mois, fait assassiner les hommes forts du Liban (Hariri, etc)

-faire partir les armées occidentales du Moyen-Orient (Irak)

-adoucir l’iranien Ahmadinedjah pour qu’il ne finisse pas son programme nucléaire dont il dit vouloir se servir pour « raser Israël » (octobre 2005)

-contenter enfin notre lobby franco-arabe qui, mine de rien, commence à peser de tout son poids…

 Enfin je ne vous fait pas un dessin pour vous dire à quoi ressemblerait un Etat palestinien créé en 2006!

Eric Ascensi 

Par Eric Ascensi - Publié dans : Relations Internationales
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Mercredi 30 août 2006 3 30 /08 /2006 13:00

La composition de la FINUL renforcée, qui se met en place au Liban, est unique dans l’histoire de l’ONU, du moins dans une configuration de « maintien de la paix » ou « d’interposition ». La comparaison n’étant évidemment pas à faire avec les guerres conduites sous mandat de l’ONU.

  Dans ce cadre seulement le déploiement actuel est sans précédent : les casques bleus disposeront, grâce à la France surtout, de chars lourds (notamment chars Leclerc), de blindés de l’infanterie mécanisée (AMX 10) d’artillerie lourde automotrice de 155mm (déjà utilisée en Bosnie sur ordre de Chirac, contre les Serbes, mais par une « Force d’action rapide » ad hoc). Au total l’ONU, au Liban, disposera d’une force de combat réellement dissuasive et efficace ! Je ne vous cache pas ma surprise, pour ne pas dire ma stupéfaction, et j’en donne crédit au président de la République dont je ne suis pourtant pas un chaud partisan (doux euphémisme!).

 Il reste à savoir dans quelle mesure ce dispositif impressionnant sera utilisable dans le contexte libanais. Théoriquement, un tir de roquettes ou de missiles venant d’où que ce soit au Liban pourrait-être stoppé en quelques minutes par un feu de contre batterie de l’artillerie française, dont les moyens d’action seraient garantis par une observation précise du « champ de bataille » (moyens électroniques embarqués, aériens, satellitaires, ou grâce à des observateurs sur le terrain). L’un des paradoxes de cette situation consiste cependant à confier la mission de pacification principale à l’armée la plus impuissante –celle du Liban- en « surfant » dans un décor politique particulièrement complexe !  

 Pour conclure, grâce à l’effort significatif entrepris avec nos alliés italiens et espagnols, la mission au Liban pourrait être un acte fondateur de la coopération militaire européenne (le précédent commandement « EUFOR » en Bosnie n’étant qu’une transformation de la « SFOR »-OTAN) et sera peut-être une avancée notable pour l’ONU, si toutefois cela ne débouche pas sur un fiasco dans un pays où les milices et les terroristes ont pris la mauvaise habitude de « faire la loi ».

 Eric Ascensi

 deux infos dont je viens de prendre connaissance et qui complètent le sujet :

 1. Lundi 13h40 : Au premier jour de sa tournée au Proche-Orient, tandis qu'il visitait les ruines d'un des quartiers chiites du sud de Beyrouth, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, s'est trouvé encerclé par une foule en colère de partisans du Hezbollah et a dû être rapidement évacué par les services de sécurité.

 2. Le premier ministre libanais, Fouad Siniora, a annoncé, lundi 28 août, que l'armée libanaise avait commencé à saisir "des armes sérieuses" au Hezbollah.

Par Eric Ascensi - Publié dans : Relations Internationales
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Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /2006 16:12

Une suite à la réflexion sur la justice….

 

 

Une société se juge aussi  à la manière dont elle traite ceux qu’elle enferme ? Il est temps de

 corriger des conditions de détention non conformes aux droits de l’Homme, niant le caractère

 citoyen du détenu, et sources de récidive. Tout comme  la droite, les socialistes n’ont montré

 qu’un faible intérêt  à  ce sujet[1], il est vrai peu porteur sur le plan électoral, pendant leurs cinq

 années de gouvernement.

 

Aujourd’hui, avec plus de 60.000 prisonniers nos prisons sont sur occupées  - le taux moyen

 d’occupation est de 113 %, mais des taux de 300% sont constatés -  dans des conditions

 d’hygiène scandaleuses et  avec un abandon sanitaire et psychologique  ne préparant en rien à la

 réinsertion qui demeure l’objectif. Les souffrances physiques et morales s’ajoutent comme une

seconde peine à la privation de liberté. Le taux de suicide est particulièrement  élevé et cette « peine

 de mort »   touche  chaque année plusieurs dizaines de personnes,  les plus faibles, les plus

démunies, les plus isolées. Chacun d’eux qui relève d’un défaut de surveillance devrait être suivi

 d’enquêtes publiques se traduisant, s’il y a lieu, par des recours judiciaires et des sanctions. En

 contradiction avec la loi Kouchner de mars 2002, des malades en fin de vie ou gravement atteints

 sont maintenus en prison.

 

Une  autre politique pénitentiaire s’impose. La volonté de créer de nouvelles places  est bonne car 

 on doit se fixer comme objectif de parvenir, dans un délai de quelques années, à appliquer le

 principe d’un détenu par cellule. Mais on doit aussi réexaminer les conditions du recours à

l’enfermement et  mieux contrôler l’utilisation abusive faite de la détention provisoire ou

préventive - 35% des détenus sont des prévenus- qui devrait laisser place, chaque fois que

possible, au contrôle judiciaire[2]. 

 

 Il est urgent de  développer, même si cela exige des moyens, et cela en exigera, les peines

substitutives à la prison: travail d’intérêt général, surveillance électronique, sursis avec mise à

l’épreuve, amendes proportionnelles aux revenus. Notamment pour les mineurs non récidivistes, et

 pour les délits les moins graves  les peines d’enfermement devront être remplacées par des

 activités contraintes d’intérêt général  ayant un rôle pédagogique et le plus souvent une finalité de

réparation.  La privation complète de liberté ne doit toucher que ceux qui représentent un danger

pour la société ou les délinquants récidivistes.

 

Le temps de la prison ne  doit pas  être un temps perdu ou  aggravant pour  la situation du détenu.

On doit en faire  une période  utile pour la réinsertion, pour une nouvelle chance. Les primo

 délinquants doivent être séparés des récidivistes, aucun détenu ne devrait séjourner en prison

 sans que lui soit fourni une formation ou  une activité rémunérée. Les « appartements familiaux »

 doivent se multiplier permettant aux détenus d’avoir, dans certaines conditions,  des contacts plus

 intimes avec leurs conjoints ou d’une manière plus large leur famille. Des traitements

 psychologiques doivent  être assurés pour ceux qui en ont besoin – on évoque des prisons

hôpital composées de petites unités-   un accompagnement préparatoire au retour à la liberté pour

 les détenus en fin de peine, un suivi, ou un contrôle prolongé  après leur sortie dans certains cas

 extrêmes. Il faut également mettre en place autour du juge d’application des peines des procédures

 d’accompagnement et de réinsertion des personnes sortant de prison.  Mais n’attendons pas cela

 des pouvoirs publics, qui ne disposent ni des moyens humains ni des capacités financières pour le

 réaliser. Des organismes privés ou, mieux encore des associations pourraient être largement

 incitées à  prendre en charge cette double  responsabilité et aidées à la remplir. Si la liberté

conditionnelle, à laquelle correspondront des mesures d’assistance et de contrôle  doit être une

procédure largement utilisée, les remises de peine ne devraient avoir aucun caractère

 d’automaticité, mais dépendre du comportement  du condamné, des  efforts de réadaptation sociale

qu’il manifeste,   de ses capacités de réinsertion. Enfin, supprimons la diffusion du   casier

judiciaire, qui n’a comme seul effet  que de rendre plus difficile la réinsertion.

 



[1] La France est le seul pays européen où le budget des services pénitentiaires est (nettement) inférieur à 20% du budget de la justice.

 

[2] L’accélération des procédures doit également  diminuer la détention préventive

 

Par marc dHERE - Publié dans : Relations Internationales
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Samedi 7 octobre 2006 6 07 /10 /2006 13:46

La Confédération étudiante, la Cé, nous adresse ce communiqué....ce peut être une contribution au débat, que nous avons lancé sur l'Université à partir d'un article de Fred, du Blog "Et Maintenant"

Lors de la consultation sur l’« orientation active » par le Ministère de l’enseignement supérieur la Cé a posé ses conditions.

Un avis négatif pour s’inscrire ne donnera pas plus d’indication à un lycéen sur la filière qui lui correspond le mieux ! Se contenter de dissuader certains étudiants de s’inscrire dans une filière s’apparente plus à de la « sélection implicite » qu’à de l’orientation. Le renforcement de l’orientation dans le lycée est indissociable de la mise en place de ce dispositif.

 Ce dispositif peut être un levier d’amélioration de l’orientation uniquement si 3 conditions sont réunies :

 
Conditions n°1 : Pas de sélection à l’université

-          c’est à l’étudiant que doit appartenir le choix, au final, de s’inscrire ou non dans la filière et l’université de son choix

-          l’inscription à l’université ne pourra en aucun cas se fonder sur « l’avis rendu à l’étudiant » par l’université à l’issue de la préinscription

 
Condition n°2 : Une « commission d’aide à l’orientation pour les terminales »

 La Cé propose la mise en place d’une commission d’aide à l’orientation pour les terminales au sein des lycées

-          composition : enseignants, professionnels de l’orientation, représentants des universités…

-          une première session de la commission pour préparer les vœux des lycées aux universités au mois de janvier

-          une deuxième session pour prendre en compte les avis rendus aux lycéens par les universités et construire avec eux un choix d’orientation qui corresponde à leurs envies et à leurs aptitudes

 
Condition n°3 : Observatoire de la réussite et de l’insertion professionnelle des étudiants dans toutes les filières universitaires

-          Dans chaque université et pour toutes les filières, des données précises sur le devenir des étudiants doivent être transmises aux lycées :

o        taux de réussite par bac d’origine, par année

o        taux d’insertion professionnelle par domaine d’activité et niveau de rémunération

 
C’est uniquement à ces 3 conditions que la Cé acceptera la mise en place de ce dispositif !

Contact : Julie Coudry – Présidente

Par marc dHERE - Publié dans : Relations Internationales
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