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Election Présidentielle

Mardi 9 mai 2006 2 09 /05 /2006 14:38

Gabriel Cohn-Bendit m’a adressé le texte original de sa  tribune consacrée à Ségolène Royal, publiée ce matin 9 mai,  avec un autre titre et quelques omissions  par Libération.  C’est ce texte original que je vous propose en espérant qu’il alimentera de nombreux commentaires…

 

 

 

 

 

 

 

 

La candidature à la candidature présidentielle de Ségolène Royal a surpris tout le monde, moi comme tous les autres ; même le très averti Alain Duhamel s’est laissé surprendre, son livre sur les présidentiables ne parle pas d’elle. La surprise a été encore plus grande de la voire caracoler en tête des sondages.

Ségolène est sans doute la seule à gauche à pouvoir battre Sarkozy, et c’est là, pour moi, la priorité absolue. Car Sarkozy serait, s’il était élu, le président le plus réactionnaire de la 5ème République. Il est le représentant d’une droite ultra-libérale et sécuritaire, « sûre d’elle-même et dominatrice » comme aurait dit le Général De Gaulle auquel tant par sa stature morale que par sa présence physique il ne peut en rien être comparé. Il y avait des « gaullistes de gauche » mais il n’y aura jamais des « sarkozystes de gauche ». Sarkozy n’a d’alliés que sur sa droite, Philippe de Villiers se ralliera au deuxième tour et quoiqu’en dise Le Pen son électorat votera Sarkozy.  

Ecoutez les barrir les éléphants du PS : Ségolène ne serait qu’une création des média, les sondages ne prouveraient rien, on ne saurait même pas ce qu’elle pense et enfin la présidence de la république mérite quand même plus qu’une simple femme.

Dans nos démocraties les médias jouent un rôle incontestable et  c’est valable pour tous les candidats Mais la défaite de Berlusconi nous prouve aussi que les médias ne peuvent pas tout. Les médias ! Lang crache dessus et les fuit comme la peste c’est connu ; si Strauss Kahn se fait refaire les yeux  c’est pour  sa chère Anne Sinclair, quant à Fabius s’il se montre avec un chapeau à la Mitterrand, c’est par pure piété filiale…

Basta tout cela est minable.

 Arlette et Besancenot eux aussi ne doivent leur succès qu’aux médias. Qui sait ce qu’ils sont vraiment nos petits trotskistes ?

Ils se réclament de Trotski et voudraient nous faire croire qu’avec lui la Russie révolutionnaire aurait suivi un autre cours qu’avec Staline. Sait-on que Trotsky ne fut que le précurseur de Staline. Trotski a été au pouvoir de 1917 à 1921 alors que Staline ne jouait que les seconds rôles. Et c’est lui et non Staline qui  a dit :

 

 

 

 «  Les masses travailleuses ne peuvent errer dans toute la Russie. …Il faut former des contingents punitifs et mettre dans des camps de concentration ceux qui désertent le travail » (IXe  Congrès du parti bolchevick avril 1920)

 « Les syndicats doivent soumettrent les ouvriers à une discipline et leur apprendre à considérer les intérêts de la production  avant leurs propres besoins » (IIIème Congrès panrusse des Syndicats. 1920)

« Le parti est contraint de maintenir sa dictature sans tenir compte des flottements provisoires dans la réaction spontanée des masses, ni même des hésitations momentanées de la classe ouvrière…La dictature ne repose pas à chaque moment sur le principe formel de la démocratie ouvrière » (Xème Congrès du parti bolchevick 1921)

 

 

 

Hélas, mille fois hélas, tout le monde se fout de cela, ce qui intéresse c’est l’image, l’icône de Sainte Arlette et le bon sourire de Besancenot. C’est à eux que Fabius fait les yeux doux,  comme Strauss Kahn,  et nos médias les trouvent certes un peu utopiques  mais si sincères, si purs...

Après les médias coupables d’avoir créé Ségolène à partir de rien ou presque, voila que les éléphants qui se réveillent tous les matins en regardant où ils se situent dans les sondages, barrissent haut et fort que ces sondages ne veulent rien dire et leurs partisans déclarent même « On ne se laissera pas imposer Ségolène par les sondages ». Prenant leur désir pour des réalités ils ajoutent « De toute façon d’ici un an cela a le temps de changer » ils espèrent que la parole du Christ « les  premiers seront les derniers » deviendra vérité électorale.

Bien sûr que tout peut changer, une mauvaise campagne comme celle de Jospin en 2002 peut donner des résultats bien différents. Mais au lieu de râler, pourquoi ne pas penser à ce que pourrait être une bonne campagne et surtout cesser de se dénigrer entre « petits camarades. « Ségolène charge toi de tes adversaires nous nous chargerons de tes amis ».

Et tes amis seront bien obliger de tenir compte des sondages s’ils veulent revenir au pouvoir. Mais ils peuvent aussi prendre exemple sur leur partenaire vert et mettre la machine à perdre en marche.

 

 

 

Autre reproche éléphantesque : Ségolène ne dirait rien. Et pourtant moi  je l’ai entendu dire que Blair ne serait pas le diable (ce que pense aussi Strauss-Kahn qui lui n’ose pas le dire…)

A propos du combat qui est le mien depuis quarante ans, celui de l’école, elle a dit que le rôle des enseignants n’était pas seulement d’instruire mais aussi d’éduquer et qu’il faudrait reposer la question du temps de présence des enseignants dans les établissements scolaires. Quand on est de gauche et qu’on vise la présidence voila un courage dont je ne suis pas sûr que Jack Lang, avec qui j’ai pourtant bien travaillé quand il était ministre de l’éducation Nationale, soit capable en période électorale.

Ségolène se situe au centre gauche et j’en suis fort aise. J’espère que le programme du PS, contrairement à la motion signée par tous à leur dernier congrès ira dans ce sens.

 

 

 

Enfin pour en terminer avec les éléphants, quand je vois les Fabius, Strauss-Kahn, Lang et Jospin rouler des mécaniques pour montrer qu’eux ont la stature de chefs d’Etat, alors que la petite Ségolène elle… Là la moutarde me monte au nez.

 Dans nos démocratie il y a incontestablement une énorme contradiction entre les qualités nécessaires pour être désigné  candidat par son parti, celles qu’il faut pour faire une bonne campagne et enfin celles nécessaires pour exécuter les fonctions pour lesquelles on a été élu.

Chirac et Bush ont été de « bons » candidats et de bien piètres présidents. Jospin aurait pu, peut-être, faire un bon président mais a été hélas un bien piètre candidat.

 

 

 

Alors ce que je demande à Ségolène c’est de gagner les élections présidentielles et de ne pas jouer ensuite un rôle « Royal ». Il faut en finir avec la fonction monarchique de la présidence de la république. Qu’elle se montre capable dès aujourd’hui d’avoir une équipe dont demain, après la lutte interne du PS, les Lang et Strauss-Kahn feront partie, qu’elle pille de suite et sans vergogne leurs meilleures propositions, les idées justes ne sont la propriété de personne. Qu’elle fasse de même avec les idées des verts responsables, (ils existent même si c’est une denrée rare) et de bien d’autres encartés ou non.

Et si des passerelles pouvaient dès aujourd’hui être faites avec l’UDF de Bayrou, qui s’est courageusement démarqué de la droite, la France entrerait dans une nouvelle ère politique.

 

 

 

Pour être cohérent et faire en sorte que Ségolène soit désignée comme candidate, je vais, à 70 ans, signer un Contrat Nouvel Encartement (CNE) au PS, Contrat à Durée (très) Déterminé (CDD). Bien sûr ce texte voudrait donner à d’autres l’envie de faire de même, et si je ne peux pas, à mon âge et après 50 ans de vie politique et de multiples encartements, signer un Contrat Premier Encartement (CPE), j’appelle les jeunes à le faire.

Je dois dire que je serais particulièrement heureux qu’un de mes derniers combats politiques permette l’accession d’une femme à la présidence de la République Française , qui reste encore très « machiste ».

 

 

 

Gabriel Cohn Bendit

 

 

Par Gabriel Cohn-Bendit - Publié dans : Election Présidentielle
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Mercredi 10 mai 2006 3 10 /05 /2006 13:25

Cher Gaby,

 

 Dans l’excellent article que tu as bien voulu nous adresser, tu manifestes ton soutien à Ségolène Royal pour l’élection présidentielle, et tu accompagnes ce soutien d’arguments qui ne peuvent que me toucher et toucher, je pense, nos amis d’IES.

Bien entendu, comme toi je suis sensible  à l’annonce de renouvellement que semble apporter Ségolène Royal.

Renouvellement d’abord parce que cela nous change des éternels éléphants, de Lang à DSK, de Jospin à  Fabius qui, depuis plus de  vingt ans, monopolisent la parole et les interventions au PS.

Renouvellement dans la démarche basée en grande partie et d’abord sur l’écoute, sur l’attention aux questions concrètes de la vie de nos concitoyens, sur la démocratie et la participation citoyenne.

Renouvellement aussi dans le discours, et ce que tu rappelles à propos de  son jugement sur  la politique de Tony Blair, sur l’école, on pourrait y ajouter aussi ce qu’elle dit sur les 35 heures, ne peut que nous réjouir et nous intéresser….Oui Ségolène Royal nous intéresse et nous ne sommes pas indifférents à ce qu’elle apporte ou semble apporter de neuf. 

 

 Et pourtant, je ne me sens pas prêt, aujourd’hui en tous cas, à soutenir sa candidature.

 

D’abord parce que quelques phrases agréables ne font pas une politique ou un programme. A ce propos justement, elle a déclaré que son programme serait « socialiste » et serait celui du PS……Or, et tu le sais parfaitement, tout laisse à penser que le programme ou le « projet »  socialiste sera conforme à la « synthèse du Mans » encore aggravée par le désir de se concilier le PC et de ne pas s’aliéner l’extrême gauche…Un programme qui sans tourner le dos à l’Europe donnera sur l’essentiel satisfaction aux tenants du « NON » du 29 mai, qui prévoit l’abrogation pure et simple des lois Fillon sur l’école et les retraites (par quoi les remplacer ?), qui ne prévoit aucune des  réformes  de structure nécessaires, qui n’envisage aucune réduction des dépenses publiques seul moyen de limiter nos déficits et la dette abyssale qui est la nôtre, qui prévoit au contraire d’augmenter encore ces dépenses, un projet qui n’a rien appris de la réalité en ce qui concerne des sujets comme la sécurité….

 

 Quels que soient ses idées ou ses souhaits j’ai bien peur que Ségolène Royal, encore moins que d’autres peut-être, ne puisse s’affranchir du programme de son parti, comme avait su le faire à une certaine époque un François Mitterrand… Incapable de s’affranchir  non plus de ses alliances qui lui lient les mains….Tu aimerais bien y croire…. Mais penses-tu vraiment qu’elle sera capable de cette ouverture conditionnelle vers l’UDF et d’autres mouvements proches du centre   que tu souhaites et qui est au cœur de la stratégie qui est la nôtre (nous avons co-signé l’article « Oui au Centre », le premier publié par ce blog…) ?

 Pour ma part, aujourd’hui, j’ai le sentiment qu’elle ne pourra s’émanciper de  son parti et donc que son éventuelle élection n’apporterait rien de plus que celle d’un autre éléphant.  Reste sa capacité, plus grande que celle des autres, penses-tu,  à battre le candidat de droite….Attendons de voir les premiers débats  et les premiers coups durs…

 

 Voilà cher Gaby, je ne veux pas ignorer et certainement pas rejeter  ce que tu, écris, mais, à ce jour,  je trouve plus utile de  m’engager pour faire avancer les idées et les objectifs qui sont les nôtres, et chercher à favoriser l’existence et le développement d’un centre gauche réaliste, novateur et ambitieux, à favoriser l’émergence d’une candidature qui pourrait l’exprimer …. C’est le combat des mois qui viennent…

 A toi.

Marc d’Héré     

 

 

 

 

Par marc dHERE - Publié dans : Election Présidentielle
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Mardi 5 septembre 2006 2 05 /09 /2006 12:49

 

 

 

La pré-campagne présidentielle qui, à ce jour, oppose Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy, présente une particularité que bien peu de commentateurs soulignent, celle de mettre aux prises deux candidats que leur style et leur langage opposent mais que leurs analyses ou leurs propositions rapprochent étrangement.

                                   

Sur la sécurité, la conception de Ségolène Royal d’un ordre juste et le souci de l’ordre de Sarkozy diffèrent d’autant moins que les mesures qu’ils préconisent, notamment pour lutter contre la délinquance des jeunes,  sont pratiquement identiques. Sur l’immigration, même proximité, que Ségolène Royal vient de confirmer en utilisant pour les régularisations de sans-papiers, les mots mêmes de Sarkozy : « régularisations au cas par cas ». Seule différence ( ?) Ségolène Royal, évoque le co-développement, quand Sarkozy affiche (et pratique) sa volonté de coopération avec les pays sources d’immigration…

Les deux candidats se retrouvent sur d’autres sujets :

- L’école où, entre autres propositions,   leur commune volonté d’assouplir la carte scolaire, de donner plus d’autonomie aux établissements et de permettre une plus grande présence des professeurs dans les locaux, les rapproche.

- La politique de Blair à laquelle ils trouvent l’un et l’autre  bien des atouts, notamment sur l’emploi, la réhabilitation assumée de la valeur travail, la critique de la manière dont ont été appliquées les 35 heures ou  d’une politique salariale focalisée sur le SMIC,   le fait de vouloir traiter les problèmes autrement qu’en ajoutant des moyens supplémentaires,  le service civil pour les jeunes qu’ils préconisent tous les deux, ou la prise en compte de l’environnement, comme politique transversale. Sur l’Europe, rien ne les sépare.

Et quand ils s’opposent, on a le sentiment qu’ils ne sont pourtant pas si éloignés que cela :

Sur l’économie, on a du mal à croire que Ségolène Royal souhaite véritablement la renationalisation à 100% d’EDF ou qu’elle trouve judicieux d’abroger purement et simplement la loi Fillon sur les retraites. Sur un sujet de société comme le mariage homosexuel et l’adoption par des couples homosexuels, la différence est-elle si grande entre  Ségolène Royal qui l’a accepté du bout des lèvres, en y étant sans  doute opposée, et  Sarkozy, qui l’a refusé tout en préconisant des droits nouveaux pour les couples de même sexe ?

 

 

 

Bien sûr, la campagne ne fait que commencer, tous les points n’ont pas été abordés et des clivages plus ou moins importants, plus ou moins artificiels vont certainement se faire jour….Et puis de nouveaux candidats vont peut-être se montrer (comment ne pas souhaiter la candidature de Bernard Kouchner), diversifiant les approches et les propositions.

 Il n’en reste pas moins vrai qu’à ce jour les deux principaux candidats semblent, dans le fond,  bien proches l’un de l’autre. Seule différence, tout laisse à penser que Nicolas Sarkozy, s’il est élu, appliquera ses propositions, alors que Ségolène Royal, prisonnière de son parti, toujours aussi archaïque et de ses alliances, devra, hélas,   s’en tenir au « Projet socialiste ».

Marc d’Héré

Par marc dHERE - Publié dans : Election Présidentielle
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Samedi 23 septembre 2006 6 23 /09 /2006 22:11

Tous trois étudiants en droit, dans notre vingtaine, nous avons une sensibilité politique évidemment très pro européenne et de gauche centrale. Comme beaucoup, nous observons le débat public français pour essayer d’adopter une position intelligente en vue des échéances de 2007. Le débat, entre nous, tourne notamment autour de Ségo / Sarko.

D’un côté, notre cher Président de l’UMP nous donne l’impression d’un affreux populiste cherchant à racoler sur les terres de Jean-Marie. Ses déclarations fracassantes sur le karcher dans les banlieues, ses sorties sur la magistrature nous semblent évidemment inacceptables. Qu’il justifie ses propos outranciers en expliquant que « son juge, ce sont les Français », voilà qui pour nous, révèle beaucoup (trop) du personnage.

Cependant, voilà qu’il nous surprend aussi lorsqu’il va à Bruxelles et se déclare en faveur d’un « Mini Traité » reprenant substantiellement les innovations institutionnelles du traité sur la Constitution Européenne. Sans entrer dans la polémique sur le TCE, il  nous apparaît que l’arrangement institutionnel actuel est à bout de souffle, ainsi que le démontrent amplement les revendications polonaises actuelles sur le mode de calcul des votes au sein de Conseil Européen pour les procédures soumises à majorité qualifiée, pour ne prendre qu’un exemple.

En face, la réaction de Ségo est affligeante : prenant le contre pied exact du discours européen de Sarko, voilà qu’elle propose d’attendre que l’Europe fasse ses preuves avant tout changement institutionnel. Qu’elle évite de s’aliéner les forces nonistes du PS (Fabius dénonçant quant à lui le mini traité comme une « maxi imposture ») est compréhensible, mais on ne connaît que trop bien les conséquences de tels discours « euro-timides ». Nous ne pouvons donc que condamner son manque de courage face aux questions européennes.

Du moins son anti Sarkozisme de rigueur a-t-il eu une conséquence positive : elle a refusé d’exclure l’entrée de la Turquie dans l’UE de façon dogmatique (sans toutes fois préciser les contours du partenariat qu’elle semble proposer).

Le dilemme reste donc entier : « Sarko quasi facho » ou « Ségo anti euro » ? Ségo saura-t-elle se montrer europhile ?

Etienne Chassaing, Anne-Gaëlle Denier, Guillaume Fabre

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Dimanche 24 septembre 2006 7 24 /09 /2006 14:39

Il est de bon ton de se plaindre du duel annoncé (et déjà lancé) entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, de regretter un  second tour  qui serait amené à les opposer….Et pourtant,  un second tour entre ces deux candidats serait sans doute une chance pour la France et la démocratie.

            Ce serait déjà un progrès immense par rapport au second tour de 2002, qui a opposé Chirac à Le Pen !

            Ce serait pour la première fois, un second tour qui opposerait deux candidats qui le seraient tous les deux pour la première fois, relativement jeunes et que l’on ne peut accuser d’être mêlés à aucune « affaire » …Un changement bienvenu et rafraîchissant après les ères Mitterrand et Chirac.

            Ce sont l’un et l’autre des candidats de renouvellement. On voit bien à quel point ils sont attaqués par les « conservateurs » de leurs camps respectifs (Villepin, Debré, pour l’un, Jospin, Fabius pour l’autre). L’un et l’autre avancent des propositions qui sortent des sentiers battus, qui montrent une écoute nouvelle des Français et une plus grande proxmité avec leurs préoccupations. Tous deux manifestent   une volonté d’entrer (chacun à sa manière) dans la modernité.

Si Ségolène Royal reste fidèle pour l’essentiel au « projet socialiste » qu’elle a voté,  elle veut courageusement et lucidement le faire évoluer sur certains points : immigration, intégration, sécurité, école, travail, démocratie participative. Nicolas Sarkozy pour sa part, sans renier  l’action gouvernementale, annonce sur bien des points une rupture ou une évolution : immigration (sa conception d’une immigration concertée, concrétisée par l’accord avec le Sénégal, mérite mieux que les insultes socialistes), école, retraite, économie, services publics et même politique étrangère.

S’ils sont souvent amenés à rapprocher leurs points de vue, les différences de philosophie politique, de priorités,  de mesures concrètes et d’alliances, devrait conduire à un débat d’autant plus clair que l’un et l’autre refusent la langue de bois comme le discours convenu et qu’ils ont montré l’un et l’autre- à des degrés certes divers-  dans leur vie politique qu’ils avaient tendance à faire ce qu’ils disaient.

 

 

 

Alors, certes on peut espérer qu’un troisième  candidat viendra apporter d’autres réflexions et d’autres propositions…Certains d’entre nous souhaitent  que ce soit Bayrou, (mais quelles sont ses propositions ?) d’autres espèrent encore que Kouchner se décidera, certains observent avec sympathie et espoir  les interventions de Corinne Lepage. A nous  d’avancer des idées, de faire des propositions pour que cette campagne soit encore plus riche, plus claire, plus démocratique….Mais ne dénigrons pas de manière systématique les deux candidats favoris ni le débat qu’ils engagent, car pour la première fois depuis longtemps, celui-ci est au niveau de l’élection.

Marc d’Héré  

Par marc dHERE - Publié dans : Election Présidentielle
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Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /2006 11:50

Un sondage Sofres, pour RTL et le Figaro, sur les intentions de  vote au  premier tour de la présidentielle vient d’être publié.  Il fait état d’une baisse sensible de Ségolène Royal qui perd 4,5 points (29,5% d’intentions de vote), d’une hausse de Nicolas Sarkozy qui gagne 2 points (38% d’intentions de vote)….. quasi stabilité des autres candidats potentiels (sauf  Olivier Besancenot qui gagne 1,5 points).

Certes, les sondages peuvent se tromper et  à six mois et quelques jours de l’élection, bien des choses peuvent encore changer. 

A droite d’abord, le poste de ministre de l’intérieur est un poste très exposé. Une situation sociale difficile se traduisant par des troubles répétés,  une flambée de violences mal maîtrisée  peuvent mettre le candidat ministre dans une situation inconfortable. Le style de campagne de Nicolas Sarkozy, réactif, mobile,  n’hésitant pas à se placer dans une position de « rupture », prônant des réformes controversées, ou prenant le contre-pied du consensus (politique étrangère) ne le met pas à l’abri d’un dérapage et d’un décrochage. Et puis il y a l’action et les déclarations quotidiennes du Premier ministre, de la poignée de ministres qui le suivent, et du Président de l’Assemblée, qui n’ont d’autre but que de l’affaiblir et de le faire battre (une tradition chiraquienne veut que l’on fasse perdre le candidat de son camp quand il n’est pas de son clan…).

A gauche aussi où certes Ségolène Royal semble bien installée en tête, mais où rien n’est totalement joué. Les déclarations assassines de Jospin et de ses amis (Claude Allègre, Glavany….)  peuvent faire leur effet (elles ont commencé semble-t-il). Les débats devraient favoriser Fabius et plus encore Strauss-Kahn …les déclarations des uns et des autres au dernier Conseil National l’ont semble t-il déjà montré. Et puis, ce qui fait la différence et l’intérêt de Ségolène Royal (son positionnement à droite a dit Serge July !), c'est-à-dire ses déclarations courageuses sur la politique de  Tony Blair, ses propositions iconoclastes et modernistes sur l’école, l’immigration, les 35 heures, le travail, la sécurité, toutes choses qui l’éloignaient du « projet socialiste »,  risquent de passer peu à peu aux oubliettes. Son discours de samedi au Conseil National traduisait une fidélité à ce projet, et les déclarations de François Hollande à France Europe Express hier soir, affirmant que le projet du candidat –ou de la candidate – du PS serait le projet socialiste, peuvent commencer à décevoir ceux qui comptaient sur elle pour rénover les idées, la pratique et la politique du parti….

Même si, avouons-le, le duel entre Sarkozy et Royal apparaît de jour en jour plus probable, rien n’est totalement joué, dans chacun des deux camps.

Et puis peut-il surgir,  venu d’ailleurs, un troisième homme qui viendrait brouiller les cartes ?  Le Pen semble  hors jeu, Sarkozy limitant  chaque jour un peu plus son influence….Bayrou stagne dans les sondages et si son positionnement politique est bon, il ne peut cacher son manque (provisoire ?) de propositions. Reste Bernard Kouchner, dont on espère toujours l’entrée en lice….Dans un mot à Gilles Norroy que l’on retrouvera en « commentaires » de l’article « Deux ou trois choses… », il déclare « je ne m’interdis rien »…. Alors, nous ne nous interdirons pas d’espérer…et d’agir pour rendre possible cette opportunité.

Marc d’Héré

Par marc dHERE - Publié dans : Election Présidentielle
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 18:26

Pour la première fois, les Français ordinaires ont pu voir et entendre les postures et les petites musiques des trois candidats socialistes à l’investiture ,et ceci,grâce à trois ou quatre chaînes de télévision de la TNT.

Etant un  militant du PS de  puis plus de 40 ans, je n’ai rien appris de très nouveau en écoutant Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius sauf à noter les particularités des positionnements stratégiques de ces deux candidats.

 Par contre, j’ai été surpris, comme beaucoup d’observateurs semble-t-il, par la petite musique de Ségolène ROYAL. Je fais partie de ceux qui ne cachent pas leurs réticences motivées à cette irruption médiatique et, pourquoi ne pas le redire, très « people » suscitant une adhésion populaire façon midinette ou fans de vedettes du monde du spectacle.

 Je confesse qu’une partie de mes réticences a disparu : au terme de cette émission télévisée, comme l’a montrée la réaction à chaud des journalistes observateurs présents, la petite musique de Madame ROYAL m’a beaucoup plu pour plusieurs raisons; j’y ai retrouvé quelques thèmes et idées qui me sont chères et qui sont de bon sens, sur ce point, je ne dois pas être le seul ! j’ai été frappé par une conception politique globale très charpentée dans ses différentes réponses aux questions des deux journalistes, une conception à la hauteur de la fonction présidentielle recherchée, une sorte de transcendance qui élevait son discours à la bonne hauteur, un discours où vérité et conviction personnelle transparaissaient, et pourquoi ne pas le dire bien que le mot choquera quelques uns de mes camarades,une foi humaniste habite cette femme qui mérite qu’on l’écoute avec autant de respect que ses deux compétiteurs.

 Après avoir dit qu’une partie de mes réticences avait disparu, je parlerais maintenant de celles qui subsistent. Depuis la création de la cinquième république dotée d’une constitution faite à la mesure de Charles de Gaulle et renforcée par le principe constitutionnel de l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel, tous les hommes qui ont occupé la fonction possédaient préalablement une carrure politique et personnelle incontestée qui en ont fait des présidentiables et des présidents incontournables, détenant une autorité reconnue par tous. Cette autorité politique confortée par la fonction présidentielle permet et a permis de gérer la grande complexité d’un certain nombre de problèmes : - l’ambiguïté d’une Constitution qui donne, par son article 20, la conduite des affaires de la France au Premier Ministre,y compris les affaires internationales ;on sait aujourd’hui à quelles acrobaties politiques il faut consentir pour accepter un domaine réservé présidentiel,en particulier en période de cohabitation !

                                       -la mutation extraordinaire du paysage planétaire avec ses pays plus qu’émergents, comme le « continent CHINDIA »,le caractère mondialisé des flux migratoires et ses effets gravissimes sur la situation intérieure des pays développés destinataires de ces flux migratoires,la situation écologique du monde et les incertitudes de l’avenir quant aux effets du réchauffement climatique,etc…

                                        -l’état de l’Union européenne actuellement en panne et les contradictions d’une Gauche,éventuelle future majorité politique de la France ,avec le caractère socio-démocrate-socio-libéral de la grande majorité des pays de l’Union !

                                        -la situation intérieure de la France , de plus en plus difficile, voire explosive dans les banlieues urbaines, avec ses phénomènes de plus en plus reconnus,établis,de bandes organisées, transposition attendue des phénomènes de sociétés observés outre atlantique ; par ailleurs, la « révélation » curieusement occultée par les partis de gouvernement Droite et Gauche et apportée comme un pavé dans la mare lors d’un récent débat télévisé par … Marine LE PEN, c’est à dire que toute régularisation de clandestins opérée dans l’un des pays de l’Union européenne valait pour tous les autres pays de l’Union ,cette « révèlation », bien sur connue de tous les participants à ce débat, a jeté un certain malaise,un froid sur l’ardeur des échanges entre débatteurs !

 Bien des téléspectateurs qui n’ont rien à voir avec le Front National,ont certainement noté avec quelque amertume,que l’immigration en France n’était pas un problème franco-français, mais de toute évidence un problème européen, n’en déplaise à tous ceux qui ont sabordé le Traité de Bruxelles en Mai 2005 !

                                         - les contradictions entre les positions des différentes Gauches françaises, y compris le PS, sur les problèmes de politique intérieure, positions intenables quand on passe du statut d’opposition à celui de majorité politique d’un éventuel titulaire socialiste de la fonction présidentielle !

  Je pourrais continuer ainsi la litanie des dossiers délicats en y ajoutant la réforme incomplète des retraites, celle de l’Assurance Maladie, l’étude de solutions crédibles internationales pour résoudre et stabiliser la poussée quasi irréversible des flux migratoires Sud-Nord,, le rétablissement de la tranquillité publique sur l’ensemble du territoire, la sécurité intérieure, l’établissement d’une laîcité dépassionnée et empreinte de tolérance,etc…

  Tous ces dossiers ne se situent plus dans les temps à venir : on avait l’habitude d’en parler dans les discours électoraux et puis on attendait, on reportait ! qui ne se souvient de Michel ROCARD,Premier Ministre, il y a vingt ans, appelant à réformer de toute urgence les régimes des retraites : on a attendu d’être au pied du mur pour réformer,ce fut la très récente réforme FILLON vingt ans après !

 Aujourd’hui, sur beaucoup de dossiers,nous sommes au pied du mur ! Nous n’avons plus de marge de temps ; il faut avancer,décider ; imaginez la force, l’autorité, la fermeté qu’il va falloir à celui ou celle qui dirigera notre pays !

  C’est bien le Chef de l’Etat, légitimé par son élection au suffrage universel, qui est en première ligne pour indiquer le « la » de nos orientations, de nos décisions et plus qu’hier et aujourd’hui,ce chef de l’Etat se doit de posséder une carrure politique incontestée,une autorité reconnue et acceptée qui s’impose à tous dans le cadre du libre exercice de la démocratie,tant sur le plan intérieur que sur le plan européen et international.

  Alors, me direz vous, Ségolène ROYAL vous paraît-elle réunir,au delà de sa petite musique fort intéressante,les qualités décrites ci-dessus ?

 Pour être honnête, je n’en sais rien parce qu’elle ne s’inscrit pas dans la continuité d’hommes politiques titulaires dans le passé de la fonction présidentielle qui ont pour point commun d’avoir dominé leur univers politique avant même d’être chefs de l’Etat ; si vous les passez en revue,de Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand , Chirac,aucun ne fait exception à la règle même si les fins de règne ont souvent été difficiles !

 Alors,je sais seulement que Madame ROYAL est une femme autoritaire, qui sait ce qu’elle veut ; le Vendéen que je suis,Normand d’adoption, a quand même ses racines dans une partie du Poitou historique ( le Bas Poitou) et  y a gardé quelques parentés qui m’informent sur le quotidien poitevin de la Présidente de Région !

 Il se peut que tout cela mis ensemble, petite musique, autorité naturelle et intelligence de la raison et du cœur réunies dans cette sorte de creuset qu’est l’élection présidentielle produise, cristallise, transcende une femme pour en faire peut-être non seulement la première Présidente de la République française,mais aussi celle qu’il faut à notre pays et à notre Europe.

 Dernier point de cet article,quelques remarques sur Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et…. Nicolas Sarkozy.

 Les deux premiers, observés le 18 Octobre à la Télévision , ont adopté un positionnement stratégique  dans la posture et le discours. Le premier, Dominique Strauss-Kahn, affiche d’entrée sa spécificité socio-démocrate ; toutes ses interventions sont dans le fil de cette position et ne révèlent rien de novateur sauf à lui reconnaître une conviction véritable, une expérience économique et internationale incontestables, une autorité naturelle et politique reconnue. Néanmoins,il lui manque le « souffle » ,peut-être le trouvera-t-il demain !

 Laurent Fabius, pour décrocher ses éventuels rivaux, s’est positionné «  à gauche toute » dès la pré campagne socialiste pour le référendum européen du 29 Mai 2005 ; il est aujourd’hui dans cette logique stratégique très mitterrandienne de rassembler les siens au premier tour et plus largement encore au second tour. La position de Laurent Fabius est malgré tout très ambiguë car toutes ses postures circonstantielles ne tromperont jamais tous ceux, et ils sont nombreux,qui savent qu’il est aussi européen et socio-démocrate que son camarade Dominique Strauss-Kahn. Il arrive, Laurent Fabius,que trop de postures frisent l’imposture  et qu’on s’en rende compte !

 Toutes ces postures ne sont pas neutres : elles tirent leur justification de la probabilité d’un vote utile dès le premier tour ; 2002 est encore tout frais dans les mémoires des Français !

 Le vote utile,c’est aussi l’un des éléments de la stratégie électorale de Nicolas SARKOZY qui, me semble-t-il, a choisi de ne pas éviter les propos qui fâchent, sur les régimes spéciaux par exemple, et de s’appliquer à mener une campagne de la transparence alors que, y compris le 18 Octobre,on a vu avec quelle maestria, les trois candidats socialistes louvoyaient pour ne pas répondre à la question de l’avenir de la loi Fillon sur les retraites et à  celle des régimes spéciaux ! Je crois que Nicolas SARKOZY a raison de pratiquer la transparence sur les problèmes dits « au pied du mur » : les Français ne sont pas dupes quand, avec un bel ensemble surréaliste, hélas,les trois candidats PS s’engagent, y compris Fabius !,à renationaliser à 100% EDF-GDF,ce qui,nous le savons tous,ne sera pas possible .

 L’Histoire des Présidentielles n’étant pas finie, il nous reste à suivre les prochains épisodes pour en parler ensemble… peut-être !

  Claude BODIN.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Claude Bodin - Publié dans : Election Présidentielle
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Mercredi 1 novembre 2006 3 01 /11 /2006 16:40

J’avais souscrit, ce printemps aux propos de Gabriel Cohn-Bendit sur le trotskisme ses méfaits, ses mensonges, les horreurs qu’il porte, bien cachées dans ses valises.

Et j’ajouterais l’aberration mentale que représente l’effet de séduction qu’il exerce encore à notre époque sur des bobos un peu babas.

C’est atterrant.

 

 

 

En revanche, je ne le suivais pas sur son obsession anti-Sarkozy. Pourquoi s’obséder sur une « menace » Sarkozy qui serait « ultra-libérale » ? bon, le grand mot est lâché, mais quel contenu ? On n’en a pas assez de ce langage automatique et très creux quand même ? On se fait plaisir, on caresse le ventre de ceux qui pensent déjà comme ça. Et puis ?

D’abord, n’y aurait-il pas une petite contradiction entre soutenir Ségolène qui se dit proche de Tony Blair, et diaboliser Sarkozy, dont le programme − franchement − n’est quand même pas tellement plus libéral que celui de ce même Blair !

Il faudrait davantage nourrir les luttes d’arguments bien pesés que d’anathèmes faciles.

Deux, on ne peut pas se dire démocrate et proche du centre et récuser le droit des gens à faire les choix démocratiques qui leur paraissent − à tout prendre− peut-être pas parfaits, mais les plus convaincants.

 

 

 

Et puis, s’arc-bouter, se focaliser contre Sarkozy, en faire une unique cible à abattre revient à s’aveugler sur l’essentiel : quel contenu, quelle vision, quel projet voulons nous construire pour la société de demain ?

C’est là l’essentiel, non ? Projet contre projet, vision contre vision.

 

 

 

Car c’est là ce qui nous a cruellement manqué, et ce qui nous a sapé et détruit à petit feu un pays plein d’atouts, depuis trente ans. Un contenu de progrès et de projet.

Savoir où l’on veut aller, pourquoi, et comment on veut y aller, c’est plus important pour l’avenir d’un pays que de s’obnubiler à « battre » tel ou tel, à cataloguer tel ou tel, à injurier tel ou tel, ce que la classe politique Française s’obstine à faire depuis des lustres, ce qui explique le désenchantement croissant vis à vis de la politique. Non, désenchantement vis-à-vis de la politicaillerie, à vrai dire !

 

 

 

Il faut réenchanter la Politique, et pour réenchanter la politique, il faut revenir aux sources : le Politique est là pour proposer une vision cohérente − et ouverte − pour l’avenir d’une société, et non un catalogue d’actions toujours disparates, parfois imbéciles et souvent inutiles, censées faire plaisir à une clientèle donnée, et appuyée sur des idées générales et des « bons » sentiments.

Réenchanter la Politique c’est à la fois lui donner du souffle, y mettre de l’intelligence, et du sens. Partir de la compréhension des faits – toujours têtus − pour articuler le réalisme de l’action au service d’une vision cohérente et ouverte.

 

 

 

C’est la raison pour laquelle pour tous ceux qui veulent un vrai bain de jouvence, il faut dire un non franc et vigoureux à Ségolène Royal, car elle s’inscrit dans le droit fil de ces coutumes politiques néfastes qui doucement ont sapé la position de la France : la personne plus que les idées, la séduction plutôt que la vision, l’enveloppe même vide, au détriment du contenu. Dans le droit fil du Mitterrandisme qui contre le Rocardisme a préféré la « séduction » au fond, un catalogue d’actions techniques, discontinues, clientélistes, et le vide des projets au courage d’affronter des réalités déjà difficiles dans un plan d’action cohérent. Et dans le droit fil du Chiraquisme, avec ses mots creux, sa rhétorique droite et gauche emberlificotée, le vide sidéral des idées, le simplisme des projets, la faiblesse face aux épreuves… plutôt qu’un contenu cohérent et courageux, utile au pays.

 

 

 

Si les Français tombent à nouveau dans ce même piège, au prétexte que c’est une femme avec un sourire en bandoulière, quelques idées vagues comme en écho, sur l’ordre et la famille, la citoyenneté ou que sais-je, un discours compassionnel, toutes ces choses que je trouve un peu dégoûtantes au niveau Politique − Politique au sens plein du terme − alors à coup sûr le pays va toucher le fond.

Sauf, mais c’est tellement improbable, si la bande à Ségolène faisait le choix clair, franc, cohérent, déterminé, d’une politique courageuse cohérente non pas calquée sur le blairisme, mais de même inspiration, alors oui on pourrait dire que c’est un choix possible pour sortir la France de l’ornière où elle s’enlise.

Mais ça n’en prend pas le chemin on est dans le saupoudrage idéologique attrape-tout, par le petit bout de la lorgnette, qui ne mène nulle part.

 

 

 

On me dira : toucher le fond, c’est peut-être ce qu’il faut pour que les Français prennent enfin conscience des réalités… Peut-être.

Il est possible que les Français soient incapables de remettre en cause des comportement électoraux convenus, et des croyances chimériques avant d’avoir bu la calice jusqu’à la lie. Possible.

Mais quel gâchis, c’est quand même un peu dommage pour les générations suivantes qui vont cher payer toute cette indigence de la nôtre.

Alors, il faut quand même essayer, l’honneur de la Politique, c’est d’essayer !

Robert Bellec

 

 

 

Par Robert Bellec - Publié dans : Election Présidentielle
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Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /2006 19:49

Il y a quelques jours Robert Bellec nous offrait une chronique : « Ségolène :non sauf… » Il nous propose aujourd’hui une suite en quelque sorte…

 

 

 

 

 

 

Dans un excellent développement paru sur ce blog au printemps, Bernard Kouchner déplorait les « chicailleries » intestines et appelait de ses vœux l’émergence d’un vrai débat de fond, avec des idées et un projet.

On l’attend et on l’attendra longtemps.

 

 

 

« Il y aura à coup sûr un perdant à ce combat sans fin : le débat de fond. Où sont donc les idées ? Qu'advient-il du programme si ses concepteurs s'affairent à s'entre-déchirer ? Quand parlerons-nous des vrais enjeux de la France ? A quand le temps du projet ? Par ses divisions et ses querelles de personnes, le parti socialiste est en train d'enfermer la gauche et le pays dans un débat politicien dont les Français ne veulent plus : ils l'ont rappelé avec véhémence à chacun des précédents scrutins. »

 

 

 

 

Tout à fait, c’est juste. Il appelait au débat de fond. Excellent, j’y souscris totalement, c’est ce qu’il faut.

 

 

Mais il l’appelait non au sein du pays réel, mais au sein du parti socialiste… là erreur ! Non pas que ce ne soit souhaitable, ce serait souhaitable pour ce parti et pour la France.

Mais c’est tout simplement illusoire car impossible.

On peut le comprendre, en même temps.

 

 

 

Pourquoi ? On ne peut bâtir un projet au sein d’un ensemble, le parti socialiste, totalement clivé entre deux thèses incompatibles et irréconciliables, en dépit des couches de cosmétique qui visent à le dissimuler. Ceux qui veulent une chose : que la France réussisse à trouver sa voie originale dans le cadre de l’économie de marché et d’une société libérale, et ceux qui veulent le contraire, un Etat tentaculaire, qui sert de papa de maman, de dieu tout-puissant, et de pourvoyeur de bonheur, dans l’égalité de tous et l’allégresse ? Ben voyons ! Et préfèrent à la limite saborder l’existant, que tout s’écroule pour inventer « autre chose » à base de cet Etat fantasmatique− on ne sait quoi au juste, et eux-mêmes n’en savent pas plus, mais enfin…

Entre ceux qui veulent que la France tienne son rôle au sein de l’occident libéral, crée des richesses dans le cadre de l’économie de marché, afin de pouvoir les redistribuer dans le cadre de la solidarité, et ceux qui proclament que tous les maux de la terre viennent du libéralisme, donc la seule chose à faire est d’abattre nos démocraties libérales. A la suite des vieux caciques décatis du fantasme anti-libéral qui habillent comme Alain Cotta leur propagande simpliste de vocables aussi ronflants que creux.

Entre les admirateurs de Tony Blair et ceux de Fidel Castro et Hugo Chavez, et pourquoi pas la Corée du nord !

Et puis entre ceux qui ne préconisent qu’un prolongement réactualisé de Mitterandisme gauchi et ceux qui veulent un projet moderne fondé des idées et sur une vision de notre avenir.

Alors il y a les rêveurs, ceux qui croient à une synthèse possible Blair-Castro. Absurde.

 

 

 

Le parti socialiste est plus clivé que le pays même.

Ce grand écart mal camouflé par un rideau de fumée nommé « synthèse » puis « projet » traduit en réalité le fait incontournable qu’il y a désormais grosso modo deux partis réels au sein de ce parti formel. Ceux qui sont idéologiquement plus proches des thèses de l’ultra-gauche des communistes, trotskistes, d’ Attac, plus quelques « Verts cerise »…. Et ceux qui s’inscrivent dans la tradition réformiste et sont proches des autres socialistes Européens.

Inconciliable, débat illusoire, utopique.

Projet introuvable. Si le débat socialiste est et restera stérile, c’est qu’il ne peut pas en être autrement, tout débat réel au grand jour ferait exploser ce marigot drapé de l’illusion du consensus.

Sur quoi sont-ils d’accord ? Une chose, reconquérir le pouvoir, « battre la droite », c’est entendu, mais au plan des idées ? Rien. Que quelques vœux pieux. Battre la droite ! Quel misérable idéal ! Juste l’idée que forcément « la gauche », à supposer qu’elle existe, ferait « le bien » du peuple mieux que « la droite »… Croyance indémontrable, dérisoire bouée de sauvetage. Et ce en mettant plus d’Etat, plus de contraintes, plus d’égalitarisme décrété.

C’est à peu près tout. Quoi d’autre ? Je serais curieux de le savoir.

Et puis surtout cette « gauche de la gauche » ne fonctionne que sur des dogmes, des croyances, des certitudes quasi-religieuses, négligente des faits, des preuves, des arguments démontrables. Pas de culture du doute, pas d’argument, pas de remise en cause de ce qu’on croit. Prisonnière du vieux tropisme anti-libéral, et de modèles d’un autre age.

On ne peut débattre vraiment qu’avec des personnes qui doutent, se remettent en cause, confrontent les croyances avec les réalités, argumentent pour convaincre, ne terrorisent pas le contradicteur par des anathèmes, en assénant leurs certitudes, en excommuniant celui qui ne pense pas « ce qu’il faut penser ».

 

 

 

Le débat, le vrai, ne peut résulter que du doute, de la prise en compte des faits, de la confrontation argumentée, plus que des constructions idéologiques fermées censées dire « le Bien et le Vrai », totalement et définitivement, tentation totalitaire oblige.

 

 

 

Par conséquent la forme du clivage au sein du parti socialiste n’a aucune chance de produire un débat ouvert et moderne ni une vision cohérente avec un projet crédible.

Peut-être ce parti gagnera-t-il quand même les élections par un machiavélisme appris de Mitterrand et de Chirac, qui emberlificotera suffisamment les Français pour camoufler cette réalité. Et à ce jeu, Ségolène semble la meilleure élève. Très appliquée. Mais alors, ce sera pour entraîner la France vers le fond.

 

 

 

Ce que souhaite du reste l’ultra gauche et Le Pen, qui font un calcul symétrique : lorsque la France aura touché le fond et bu la calice jusqu’à la lie, nous serons le seul recours !

Nous construirons un système Etatique autoritaire, fermerons les frontières, musellerons la presse, restreindrons les libertés publique, restaurerons Notre Morale, nous mettrons le pays à notre botte. Ils ne sont pas très différents vous savez. Et même pas du tout.

 

 

 

Voilà pourquoi il faut enfin dire la vérité sur le désastre de la politique Française.

Sur la politicaillerie, Mitterrandienne, Chiraquienne, Ségolienne, Fabiusienne.

Oui Bernard Kouchner, il nous faut un dessein, des idées, une vision. Mais non, le salut ne peut venir du sein du « parti socialiste » dans son état actuel, ni de Ségolène Royal, ni d’un autre, car ils sont tous ligotés par les croyances, par les calculs, et par une bien-pensance gluante et stérilisante de la mythologie Française.

 

 

 

Il ne peut venir que de quelqu’un, qui saura rompre avec ce qui nous a entraînés dans ces abysses, qui aura le courage, l’énergie, l’intelligence, qui saura construire une vrai projet ouvert et cohérent, et le proposer en l’expliquant quitte à dire des choses qui ne sont pas ce qu’on a envie d’entendre.

Et si Nicolas Sarkozy était malgré tout l’un des plus approchants de cette quête, malgré des désaccords, ne faudrait-il pas le reconnaître ? Et vous, Bernard Kouchner vous sentez vous proche de cet idéal ?

 

La France gagnerait beaucoup à un débat d’idées et un débat ouvert, apaisé, argumenté, entre des personnes non sectaires, pourquoi pas un Sarkozy et un Kouchner par exemple, ou d’autres, non sectaires, qui parlent des réalités, qui proposent de réfléchir à un avenir possible. Bien sûr, elle y gagnerait. Un réel débat pour sortir de cette glaciation de l’intelligence et pour choisir la force bâtisseuse d’avenir. Nous y gagnerions tous un peu d’espérance et de perspective, un horizon un peu plus dégagé.

Le choc des projets, des idées de fond. Et non ce marketing minable fait de recettes de cuisine mises bout à bout. Minable et misérable.

 

 

 

On me dira : « oui mais si un tel homme émergeait en dehors du parti socialiste, ça ferait les affaires de la droite ! »

La belle affaire ! Veut-on une France de godillots parmi les godillots, qui s’enfonce dans le marécage mais toujours « en battant la droite ! » ou des gens debout qui disent ce qu’ils pensent et font ce qu’ils doivent sans crainte et sans calcul ?

 

 

 

Robert Bellec

Par Robert Bellec - Publié dans : Election Présidentielle
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Mardi 21 novembre 2006 2 21 /11 /2006 00:09

Le choix de Ségolène Royal comme candidate du PS était attendu mais le score impressionnant  qu’elle réalise – plus de 60% au premier tour-  en fait un évènement politique. Elle va, au moins pendant les premiers mois de campagne ou de pré campagne, bénéficier d’une autorité et d’un prestige indiscutés. Même ceux qui parmi nous – et j’en fais partie- ne soutenaient pas la candidature de Ségolène Royal, et peuvent regretter que son élection ait été pour une large part, celle de l’ambiguïté, de l’image et d’un certain populisme, doivent être attentifs et même intéressés.  Que fera Ségolène Royal de sa large victoire ? Ou, dit autrement,  peut-il y avoir un bon usage de la victoire royaliste ? Y a-t-il une chance que Ségolène Royal change en partie la donne, bouscule fortement le PS et présente un projet présidentiel différent du projet socialiste ? Ce n’est pas le plus probable, mais si cela se passait, il faudrait savoir le reconnaître.

Ce serait quoi ce bouleversement, qui pourrait nous faire reconsidérer notre position ?  Ce serait notamment l’annonce par Ségolène Royal de sa volonté de rationaliser et de limiter fortement les dépenses publiques pour pouvoir réduire les déficits et la dette et retrouver ainsi des marges de manœuvre notamment sociales. Ce serait l’abandon de la volonté de renationaliser EDF et GDF. Ce serait l’annonce de réformes des services publics de la santé et   de l’éducation allant vers une très large  autonomie des acteurs (hôpitaux, écoles, universités…), une collaboration public/privé, dans le cadre d’une concurrence régulée. Ce serait une prolongation de la réforme Fillon sur les retraites, avec l’institution d’une retraite à la carte (financée aussi par des fonds de pension) et l’unification des différents régimes. Ce serait une politique économique développant la recherche et l’innovation et  favorable aux entreprises et à l’initiative. Ce serait un réexamen de la loi sur les 35 heures, et la généralisation des négociations entre acteurs sociaux pour toute évolution du droit du travail comme du droit social. Ce serait la généralisation d’une égalité des chances qui n’est aujourd’hui qu’un slogan, la sécurité pour les plus vulnérables,   une politique active en faveur du logement, de l’emploi (en responsabilisant employeurs et demandeurs d’emploi), une politique concrète d’intégration venant compléter une politique d’immigration concertée. Ce serait une politique d’aide au développement qui ne repose pas que sur l’assistance et la priorité donnée au développement durable. Ce serait un rapprochement avec les gauches sociales libérales européennes, notamment pour relancer l’Europe, et, chez nous, une ouverture des alliances en direction du centre … Rien de tout cela n’est tout à fait contradictoire avec certaines déclarations ou avancées ponctuelles (malheureusement souvent suivies de reculs) de Ségolène Royal…..mais constituerait un ensemble cohérent qu’elle n’a jamais su ou voulu présenter.

Même si Ségolène Royal se trouvait finalement corsetée par le PS et ses alliances (ce qui hélas s’avère le plus probable) et renonçait à  annoncer ce qui précède, on peut penser que sa claire désignation va, avec la probable désignation de Sarkozy dans le camp d’en face, être à l’origine d’une situation politique nouvelle. Une situation politique qui viendra contredire ce sur quoi Bayrou fonde sa campagne et qui était vrai jusqu’au 15 novembre dernier mais ne l’est peut-être plus. L’opposition Royal/Sarkozy ne sera plus l’opposition classique, traditionnelle, archaïque, caricaturale Gauche/Droite que nous avons connue jusqu’ici…… L’un et l’autre défendent des mesures ou affichent des positions qui pourraient l’être ou le sont par l’autre camp : sécurité, immigration, école pour Ségolène, mesures sociales, logement, pouvoir d’achat pour Sarkozy….. L’un et l’autre affirment et montrent une volonté de renouveler les idées, les propositions, les méthodes de leurs camps respectifs. Tout en ayant chacun une culture et une sensibilité nettement à gauche pour l’une, clairement à droite pour l’autre ils se rejoignent dans leur capacité à piétiner les dogmes, à dépasser les clivages, à s’émanciper des appareils, avec une liberté d’autant plus grande que le soutien dont ils disposent est sans discussion. Finalement, l’un et l’autre  sont modernes et indépendants. D’ailleurs au peu de soutien apporté par la vieille gauche (Jospin, Fabius, Aubry..) à Ségolène Royal répond l’hostilité absolue que la vieille droite (Alliot-Marie, Debré, Villepin…) manifeste à l’égard de Sarkozy…

Nous entrons sans doute dans une nouvelle période de la vie politique, plus incertaine, plus fluctuante,  avec des candidats qui ont pris vraiment conscience de la crise du politique et qui, chacun à sa façon, sans éviter les pièges du populisme et de la démagogie, veulent y remédier en affirmant  une meilleure prise en compte de  la réalité,  une plus grande proximité avec les électeurs et leurs préoccupations quotidiennes…..avec les gens….On continue, par habitude à gloser sur la crise du politique qui s’aggraverait de jour en jour….Et si on était entré dans un nouveau cycle, si commençait à se dessiner une « rénovation politique »?…..

 

 

 

Marc d’Héré   

Par marc dHERE - Publié dans : Election Présidentielle
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