Un premier tour et puis s'en vont....

Publié le par Claude Bodin

A quelques jours du premier tour des Présidentielles, j’ai relu l’un de mes textes écrit le 13 février 2007(Comment choisir le bon candidat !), texte qui énumérait les conditions nécessaires que doit réunir un candidat sérieux et crédible.

Le constat est vérifiable par tous ceux qui peuvent oublier un instant leur parti ou leurs intentions de vote !

Seul, Nicolas SARKOZY réunit à ce jour toutes ces conditions, en particulier une majorité politique cohérente et soudée lui permettant de gouverner réellement et de réformer avec la fermeté nécessaire.

A quelques jours de ce premier scrutin, où se trouve la majorité de Ségolène ROYAL ? En rassemblant toutes les gauches, y compris les plus extrêmes, on atteint péniblement les 40 % ! Virtuellement,on peut y ajouter une partie de l’électorat BAYROU dont on ne connaît pas réellement l’importance,sans doute moins que ce qui est annoncé ;quant à LE PEN,c’est sans doute plus que ce qui est annoncé par les sondages !

Enfin les 18 millions d’électeurs aux intentions annoncées comme provisoires ou non connues par les mêmes sondages sont une information qu’il faut prendre avec des pincettes : les électeurs potentiels disent beaucoup moins la vérité aux instituts de sondage et un certain nombre n’hésite pas à induire en erreur ces mêmes instituts ; les correctifs apportés par ces derniers ne traduisent pas de manière certaine l’importance des dérives !

Bref,la valeur photographique des sondages à partir de laquelle,quand même,les experts de tous poils évaluent les résultats du premier tour et extrapolent ceux du second tour,cette valeur ponctuelle me paraît « plombée » par ce qui précède.

Un mot pour parler de la majorité possible de François BAYROU : c’est une majorité toute virtuelle qu’il lui faudrait, en cas de victoire, constituer entre le second tour et les législatives ! Pari qui me paraît très risqué, voire impossible !

Les faiblesses quasi communes de la candidate socialiste et du candidat centriste,ce vide électoral en pourcentage sont tellement évidents qu’une foule de mouvements politiques divers situés aux frontières de la gauche et du centre accourent,depuis quelques jours,pour prôner de toute urgence un rapprochement,une union sacrée contre l’ennemi diabolisé « qui fait peur » selon le leitmotiv savamment distillé au fil des débats par les hiérarques socialistes ,le « très méchant loup » Nicolas SARKOZY !

Jouer, comme François MITTERRAND en son temps avec l’U.D.S.R sous la quatrième république, les formations charnières indispensables pour constituer une majorité politique et bien sûr un gouvernement, certains en salivent rien qu’en y pensant : je crois qu’ils rêvent tout éveillés et que nous ne sommes plus sous la quatrième république !

En cette période très grave de transformation générale du monde sur beaucoup de plans,socio-économique avec l’émergence quasi monstrueuse d’Etats géants en Asie et en Amérique du Sud et un phénomène migratoire mondialisé qui ne peut que s’amplifier avec la pression inexorable des changements climatiques, en particulier sur le Sud Méditerranéen,notre pays et l’Union européenne ont besoin plus encore qu’en 1958,d’une majorité stable réformatrice et d’une Présidence française très ferme,respectée dans l’Union et dans le monde.

La candidate socialiste et le candidat centriste, en tant que personnes, sont parfaitement dignes de la fonction à laquelle ils aspirent mais cela ne suffit pas : ils n’ont pas et ils n’auront pas la majorité nécessaire sans laquelle aucun Président ne peut agir et réformer.

J’ajoute que les Socialistes,à ma grande déception,alors qu’ils ont déjà gouverné,qu’ils sont un parti de gouvernement, même dans l’opposition, ont pratiqué une démagogie éhontée durant les évènements de Novembre 2005 dans les banlieues et ceux liés à la question du CPE,flattant,approuvant les mouvements de rue et le refus de la légalité républicaine. Une telle démagogie ne peut que se retourner contre ceux là mêmes qui veulent aujourd’hui, Ségolène ROYAL à leur tête, conduire les destinées de la France. Quant à l’Union européenne et au malheureux référendum de Mai 2005,comment peut-on oublier l’attitude d’une partie du Parti socialiste bravant impunément la décision positive du PS d’approuver les textes soumis à référendum , décision précédée d’un référendum interne lui aussi positif à 60% . L’autorité d’une majorité politique conduite par un PS toujours foncièrement divisé, réunissant à fortiori des partenaires dont l’importance est toujours aussi inversement proportionnelle à leur activisme et à leurs « egos », cette autorité ,avant même que cette majorité ait une existence politique, est potentiellement compromise tant sur le plan intérieur que sur le plan européen et international.

C’’est une très mauvaise route pour notre pays et la poursuite de la construction de l’Europe que de fonder notre avenir sur les conditions idéales de l’INSTABILITE POLITIQUE alors que nous avons besoin, abstraction faite de nos engagements politiques initiaux d’une REPUBLIQUE FORTE ET VOLONTAIRE  dotée d’une majorité politique sûre et stable.

N’allons pas prendre exemple sur les Italiens et leur modèle catastrophique de gouvernance rendue impossible par des assemblages politiques contre nature !

 

Claude BODIN.

 

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Yves Le Gall 20/04/2007 00:11

Copie d'un courrier adressé au courrier des lecteurs du Monde


Bonjour,
Je suis très en colère: Tout le monde sait qu'il y a un monde entre Beuve Méry et Colombani mais quand même, nous infliger ses petites réflexions politiques sur le soi disant vote utile à 3 jours du scrutin, il fallait le faire.
Je fais 2 rêves:
1) Que tous les lecteurs qui s'apprêtent à voter Bayrou dimanche n'achétent plus Le Monde, au moins pendant un mois.
2) Que les résultats de dimanche infirment complétement la pseudo analyse de ce stratège à petit pied.
Je suis abonné au Monde, mais je ne sais pas pour combien de temps encore!
Bien cordialement,
Yves Le Gall

BODIN Claude 19/04/2007 16:03

En réponse au dernier commentaire d'Yves Lenoir,voilà une description apocalyptique de la légalité républicaine en France;ces gens de la majorité parlementaire sont pourtant élus au suffrage universel... à condition bien sûr qu'ils soient du  "bon côté " sinon c'est monocolore et godillot !  Et l'élection au suffrage universel du Président,c'est quoi au juste,un ersatz de führer,fou de pouvoir si,bien entendu il s'appelle d'un autre nom que celui qu'on espère !
Le débat démocratique,qui  n'empêche pas les consultations nécessaires,se passe dans les assemblées législatives;s'il cède le pas à la rue,c'est que le pouvoir est faible;la réalité du monde chez nous et ailleurs c'est toujours ça;le reste,c'est  l'utopie de l'agora grecque,c'est du rêve et ça risque de nous coûter fort cher à court terme dans le monde où nous vivons.
Claude Bodin.

Yves Lenoir 19/04/2007 14:38

Une absence de majorité monocolore ne donne pas forcément le pouvoir à la rue… sauf si, par manque de culture du débat démocratique, la coalition au pouvoir est incapable de dégager des compromis cohérent dans l'intérêt de la société. Nous connaissons assez d'exemples en Europe et Outre-Atlantiqu de telles situations finalement bébéfiques pour ne pas entretenir l'illusion qu'un "homme fort", fou de pouvoir, et une majorité aux ordres, crevant de peur de déplaire au prince, représentent la mailleure configuration "républicaine" pour le pays.

marc d HERE 19/04/2007 08:45

Un des derniers sondages avant le 1er tour.......Même quans on y croit pas trop.....
Nicolas Sarkozy enregistre une hausse de 1 point dans les intentions de vote au premier tour de la présidentielle à 29%, comme Ségolène Royal à 25%, et le candidat UMP battrait sa rivale socialiste 53% (-2) contre 47% (+2) le 6 mai, selon un sondage BVA-Orange-Presse régionale publié jeudi.
François Bayrou subit une baisse de 3 points (15%) et se retrouve, à 10 longueurs de Mme Royal, à son plus bas niveau depuis le 19 février dans ce baromètre. Jean-Marie Le Pen baisse d'un point, à 13%.
Olivier Besancenot progresse lui de 1,5 point, à 5%, Marie-George Buffet reste stable, à 3%, Philippe de Villiers est en hausse de 1 point, à 3%, Arlette Laguiller et José Bové sont stables à 2%.
Dominique Voynet (=), Frédéric Nihous (-1) et Gérard Schivardi (+0,5) sont à 1%.
19% n'ont pas exprimé d'intentions de vote pour le premier tour et 17% pour le second.
72% des personnes exprimant une intention de vote se disent sûres de leur choix, soit sensiblement la même proportion qu'à trois jours du scrutin présidentiel de 2002 (73%). Mais, parmi les sondés, 23% pensent choisir leur candidat pendant la semaine et 14% envisagent de le faire le jour même du vote.
Mme Royal "voit s'éloigner la menace d'une élimination le 22 avril, l'écart la séparant de François Bayrou passant de 6 à 10 points", souligne Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion.
Le candidat de l'UDF perd du terrain "principalement du fait de son recul parmi les sympathisants de la droite parlementaire (-8 points) et les jeunes (-10)", ajoute-t-il.
"Le fait que 47% des électeurs choisissant François Bayrou déclarent pouvoir changer d'avis, au lieu de moins de 20% parmi ceux de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal ou Jean-Marie Le Pen, souligne combien est fragile la position du candidat centriste", analyse M. Sainte-Marie.
Sondage réalisé par téléphone les 16 et 17 avril auprès d'un échantillon de 959 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Les intentions de vote ont été établies auprès de 887 personnes inscrites sur les listes électorales. Notice détaillée disponible à la commission des sondages.
 

marc d HERE 19/04/2007 08:22

Manquait Borloo....VGE n'est pas centriste?....