De la notion de programme officiel dans la recherche et l'enseignement

Publié le par Jean-Louis Caccomo

Si vous laissez les gens libres d’apprendre, ils découvriront la même chose pour peu qu’il existe une réalité objective à découvrir. Si la terre est ronde et qu’on laisse les astronomes travailler librement, ils feront tous ce même constat : la terre est ronde. D'ailleurs, partout dans le monde, les hommes ont inventé la monnaie et l'échange. Ce n’est pas le fait de la pensée unique qui rétrécit ex ante le champ des possibles, c’est l’objectivité qui s’impose aux esprits raisonnables.

 

Mais si on veut mettre dans la tête des gens que la terre est carrée ou plate, alors il faut étroitement encadrer et enrôler les savants et les maîtres dans des programmes officiels dont le but est de distiller un savoir officiel, pour ne pas dire de la propagande, voire une pseudoscience à l’instar de l’économie enseignée dans nos lycées et pratiquée par nos experts. A écouter nos experts, l'économie est en crise, l'économie va mal à cause de la liberté alors l'Etat doit réglementer, réguler et contrôler. En clair, il faudrait nous protéger de nous-mêmes ! On a peu à peu perdu de vue une évidence qui s'imposait à l'époque des Lumières alors que les juristes et les économistes s'entendaient pour limiter précisément le domaine de l'intervention publique : et si l'Etat n'était pas le remède, s'il était précisément la cause de nos problèmes. N'y-a-t-il pas urgence à nous protéger de la dérive du pouvoir, dérive inéluctable qui résulte de l'octroi de monopole à la puissance publique ?

 

 

 

Au niveau mondial, la coordination des chercheurs et des universités est libre et spontanée, selon un processus d’auto-organisation dont la dynamique part de la base et qui reflète la complexité de toute organisation humaine, mêlée de coopération et de compétition. De fait, les chercheurs et les grands laboratoires convergent vers les mêmes découvertes et les mêmes théories, en physique quantique ou dans le domaine des nanotechnologies, en mathématiques ou dans la génétique, dans les statistiques ou en économie. Encore une fois, c’est une convergence ex post, fruit de la liberté de penser, qui nourrit une évolution sans précédent des domaines du savoir de laquelle tout système dirigiste prend le risque de s’exclure par lui-même.

 

 C’est pourquoi on ne peut contrôler par avance la direction du savoir et les champs de l’innovation en les enfermant dans des grands programmes technologiques et des carcans officiels dont la logique a plus à voir avec le pouvoir qu’avec le savoir. C’est pourquoi encore Frédéric Bastiat considérait qu’il n’y avait pire monopole que celui du savoir et de l’éducation.

 

Dans ce contexte, il est proprement suicidaire de maintenir en France un système éducatif et universitaire pyramidal et centralisé dans lequel l’autonomie des universités est mimée à travers des conseils d’administration sous-tutelle à défaut d’être réelle et assumée.

 

 

 

Jean-Louis Caccomo,

 

http://caccomo.blogspot.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Education - recherche

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arnaud 08/04/2007 21:49

J'ai ouvert un blog politique sur http://desirsdavenir86000.over-blog.net/ alors venez le voir et dite ce que vous en penser dans les commentaires pour que je l'ameliore, merci d'avance!!!!Pouriez vous mettre un lien vers mon blog s'il vous plait!!!

aymard 07/04/2007 19:40

La recherche est pricipalement financée par des dons ... de quoi rêver ... Les universités forment des cireurs de bancs qui ont les moyens de s'inscrire au détriment de quelques uns qui pôurraient faire profiter le pays de leur intelligence mais n'ont pas de quoi s'inscrire. Pour couronner le tout, on paye les chercheurs avec un lance pierres. Une loi suffira-t-elle à sauver le désastre ?
Allez voir sur mon blog, vous y trouverez mon livre "vues de la France d'en bas" (un français parle aux élus) qui vient de paraître. Vous serez surpris de découvrir que le français moyen peut avoir des idées. Vous pouvez vous procurer ce livre dans les conditions décrites sur le blog.
 

Charles ANDRE 05/04/2007 15:21

Oups, je la refais : Tout à fait ok. ur ces points, Sarko et Christian Blanc tiennent les 2 bouts : réhabilitation et autonomie des universités (une des urgentissimes priorités de Sarko, loi prévue dès cet été), émulation... Cf le courageux discours tenu pour le compte de Sarko par Christian Blanc devant "Sauvons la recherche ". Ce sont des réformes de structures, d'organisation, dont nous avons avant tout besoin : http://www.energies2007.com/index.php?2007/04/03/66-comment-faire-entrer-la-france-dans-l-re-de-l-innovation Le PDF est ici (http://www.energies2007.com/share/files/Discours-Christian_Blanc-Sauvons_la_recherche.pdf)

Charles ANDRE 05/04/2007 15:18

Tout à fait ok. Sur ces points, Sarko et Christian Blanc tiennent les 2 bouts : réhabilitation et autonomie des universités (une des urgentissimes priorités de Sarko, loi prévue dès cet été), émulation...Cf le courageux discours tenu pour le compte de Sarko par Christian Blanc devant "Sauvons la recherche ". Ce sont des réformes de structures, d'organisation, dont nous avons avant tout besoin : http://www.energies2007.com/index.php?2007/04/03/66-comment-faire-entrer-la-france-dans-l-re-de-l-innovationLe PDF est ici (http://www.energies2007.com/share/files/Discours-Christian_Blanc-Sauvons_la_recherche.pdf)