Battisti un révélateur?

Publié le par Gilles NORROY

Qu’un probable  assassin soit arrêté c’est plutôt une bonne nouvelle pour la plupart des citoyens. S’il a  été un meurtrier politique, on peut trouver normal que quelques gauchistes s’attristent de son sort.

Ce qui est plus difficile à comprendre c’est que beaucoup de dirigeants du Parti Socialiste s’acharnent à le défendre et se préoccupent encore du sort de Battisti alors que la Gauche Italienne unanime se félicite qu’un des acteurs des années de plomb ait à payer enfin.

Comment expliquer cette position ?

Cela est principalement dû à la permanence au sein du Parti Socialiste d’une aile gauchiste qui prend plusieurs formes.

Il y a d’abord les gauchistes de l’ombre façon Jospin qui ont pratiqué l’entrisme trotskyste même lorsqu’ils étaient ministres. Cela relève d’une catégorie plus psychologique que politique qui marque ses individus : goût du secret et de la manipulation, paranoïa, repli sur un clan de fidèles.

On trouve aussi les repentis, façon Dray ou Cambadélis. Ceux-là ont abjuré le contenu de leur gauchisme mais en ont gardé le style et les méthodes : intimidation, goût de l’action commando, attention plus grande porté à l’organisation plutôt qu’au débat politique. Cambadélis en s’emparant d’une section parisienne par l’encartage de foyers d’immigrés contrôlés par un de ses amis ex FN (et généreux donateur comme un procès l’a démontré par la suite) a montré qu’il n’avait rien oublié de ses années barre de  fer. Son sens  de l’organisation fait merveille et DSK utilise pleinement ses capacités.

Julien Dray se situe dans ce registre. Après avoir été retourné par François Mitterrand, il était logique que Ségolène Royal en fasse son lieutenant.

Quant à Mélenchon, il joue le rôle de serre-file des gauchistes en animant son courant au sein du PS tout en gardant des liens organiques avec le PC et l’extrême gauche, c’est quelque part le plus cohérent.

Cette fascination de certains sociaux-démocrates ne se limite pas à l’admiration pour les hommes et leurs capacités subversives, elle trouve son origine dans une sorte de nostalgie révolutionnaire que le PS français n’a pas abjurée à la différence des autres formations européennes.

La participation au mouvement Attac est une autre preuve du masochisme de certains socialistes à fréquenter gauchistes et staliniens (l’agression de Laurent Fabius à la fête de l’huma en donne toute la mesure)

Aujourd’hui l’affaire Battisti est un révélateur de cette situation. Il y a encore peu le maire de Paris voulait le placer sous la protection de la ville, ce qui est  somme toute aussi grotesque que son auteur. Un comité de soutien comprenant prés de 25000 membres avec des sections locales, calqués sur le modèle d’Attac s’était structuré pour venir en aide à ce personnage.

Même Ségolène Royal a trouvé le temps de rencontrer très récemment son animatrice la romancière Fred Vargas.

Lorsque la vérité sur cet individu éclatera, il sera temps de rappeler quelques vérités sur les droits de l’homme à ceux qui les ont utilisés pour une bien mauvaise cause.

 

Gilles NORROY

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bouquery 23/03/2007 08:20

Ben mes aïeux ! Le révélateur c'est une aussi longue colonne sur ce non évènement. Ya pourtant du pain sur la planche du taliban à l'arrière taliban en passant par nos lieubans.
jm b

Candide 22/03/2007 13:55


Le lâche

Les bobos vont pouvoir éructer, se déchaîner et assurer à Le Pen quelques points de vote en plus. Leur figure emblématique, l’avocat des causes terroristes, l’assassin condamné par la justice italienne pour 4 meurtres aggravés, réfugié en France avant d’y être arrêté puis relâché avant comparution, Cesare Battisti a été appréhendé au Brésil.
L’homme courageux qui a fui les justices italiennes et françaises préférant le masque et la plume à l’expiation de ses crimes pourra enfin s’expliquer sur les circonstances dans les quelles il commit ses exactions, ce qu’il a toujours refusé prétextant de son innocence.
Le terroriste enfin sous les verrous, les gauchos, les Hollande, les Lang vont devoir jeter le masque : ou ils cautionnent un assassin, condamné par contumace pour s’être soustrait à la justice de son pays, au mépris des règles du droit international ou ils admettent qu’un assassin reste un assassin et que seule la justice peut annuler les condamnations qui lui ont été infligées.
Evoquer un pacte entre Mitterrand et ce tueur des rues pour le soustraire aux châtiments de la société serait dénier l’égalité des hommes devant la loi, ce serait édicter qu’un meurtrier de gauche est d'une race supérieure à un meurtrier de droite, ce serait, in fine, une prime éhontée à la lâcheté.

E.Bosquart 22/03/2007 12:14

Je suis tout à fait d'accord avec l'auteur de ce texte et Francois ANDRE et je voudrais apporter un autre éclairage pour l'expliquer.L'Italie est un pays souverain, démocratique, qui est notre allié et dont la justice est libre et indépendante (comme la notre).Alors de quel droit peut-on la remettre en cause ? Parce que la loi y est différente que la loi française ? Mais alors cela veut-il dire que notre devoir est d'imposer nos lois au monde entier, y compris aux pays démocratiques qui ont choisi librement des voies différentes ?Peut-on prétendre être le pays où la justice est la plus juste du monde ? Non.Peut-on prétendre que notre vision de la justice à la française (qui est fonction de notre histoire, de nos coutumes...) est la seule valable au monde ? Non.Ne peut-on pas avoir d'autres valeurs, d'autres manières d'appréhender le monde, tout autant respectables ? Mais bon sang oui bien sur !Alors oui, je veux bien que ce raisonnement ait ces limites (par exemple lorsque l'on pense aux droits de la femme dans certains pays), car certaines coutumes sont inhumaines (comme l'excision) et doivent être combattues. Mais on parle ici de l'Italie !Ce raisonnement est donc tout à fait valable, et pourrait être étendu à tous les pays démocratiques y compris les USA (sauf concernant les terroristes peut-être, car les nouvelles lois d'exceptions qui viennent d'y être votées n'ont rien de lois démocratiques respectant les droits de la défense).Et enfin, comment pouvons-nous protéger des délinquants de pays étrangers voisins, puis nous plaindre ensuite que des délinquants français soient protégés dans ces pays voisins ? Je pense en particulier au terroriste qui avait fomenté des attentats en France, et qui est resté pendant des années au Roy-Unis en liberté, parce que l'on considérait là-bas que notre justice pouvait ne pas être tout à fait respectueuse de ses droits...!J'ai trouvé cette position anglaise tout à fait choquante. Et je suis tout autant choqué par le manque de confiance et de respect que certains gauchistes français (souvent les mêmes qui parlaient avec complaisance des crimes des communistes en ex-URSS) ont de la justice de nos alliés.Nous n'avons certainement pas de leçons à donner à l'Italie. Si l'Italie ne rejuge pas cet assassin, et bien tant pis pour lui. Il a des avocats, qu'il les utilise. Mais le monde n'a pas à se conformer aux lois françaises.

marc d HERE 22/03/2007 09:15

Faisons confiance à l'Italie qui est un pays démocratique et à son gouvernement....

Jacques Heurtault 21/03/2007 19:32

Je trouve Charles André sévère sur François Bayrou. Bayrou est Français. Or, en France, quand un procès a lieu par contumace, si l'accusé est capturé, il est TOUJOURS rejugé.En Italie, ce n'est pas le cas. C'est dommage.La bonne position équilibrée, c'est de faire, comme cela a été fait, en sorte que Battisti soit capturé puis extradé vers son pays, l'Italie. Puis de demander à l'Italie d'avoir le bon goût de le rejuger bien que ce ne soit juridiquement pas nécessaire (et peut-être pas souhaitable puisque l'intéressé s'était évadé avant son procès, chose que l'on oublie un peu trop facilement).