César versus Oscar

Publié le par Jean-Louis Caccomo

La cérémonie des Césars est à la cérémonie des Oscars ce que nos pôles de compétitivité sont à la Silicon-Valley , le minitel au micro-ordinateur, la toute nouvelle Paris School of Economics au M.I.T, ou encore l’Airbus à Boeing : une réaction de fierté nationale artificielle et pétrie d’idéologie en réaction à la réussite dans la liberté et l'ordre spontané. Ce sont des projets imposés par le haut, décrétés par le sommet et soumis aux intrigues et aux volontés du pouvoir sans aucune comparaison avec les projets issus de la base, résultat improbable mais toujours miraculeux, de la volonté de quelques entrepreneurs illuminés mais toujours passionnés.

 

 

 

La cérémonie des Césars a atteint le comble de l’ennui et du ridicule lorsque Pascale Ferran s’est intronisée en Fidel Castro du monde des paillettes, nous affligeant une diatribe convenue contre la production marchande capitaliste qui ravage le monde du 7ème art. « Le cinéma n’est pas une marchandise ». Diantre, quelle originalité ! Les chanteurs des enfoirés ne disent pas autre chose. Mais ce refrain est devenu aujourd'hui un refrain d'Etat tellement convenu qu’il tient lieu de pensée officielle et formatée distillée quasiment en temps continu dans les manuels de l'Education Nationale, dans les organes de la presse régionale et dans les médias nationaux. A ce titre, ce n'est donc plus une pensée mais bien une propagande. Et ses agents sont bien loin d’être des audacieux résistants de la pensée libre et révoltée, comme se doit de l'être un véritable artiste.

 

 

 

Autrement dit, cher contribuable, tu seras à nouveau sollicité pour financer ces nouveaux rentiers qui s’autoproclament « artistes » parce qu’ils ne veulent surtout pas remettre leur destin aux mains des goûts capricieux du grand public dont ils montrent tout le mépris qu'ils ont pour ses goûts. Sur un marché, le client est roi. Mais on ne saurait tolérer ce pouvoir de choix (ce pouvoir d'achat !) dans le monde de l’art, surtout au pays de l’exception culturelle. Vous rendez-vous compte, les artistes seraient obligés d’avoir du talent ! C’est comme si l’on demandait à nos chercheurs de produire des innovations et de déposer des brevets ou à Airbus de produire des avions et les livrer dans les délais.

 

Bref, le capitalisme sauvage ! Se rendent-ils au moins compte que, dans quasiment tous les domaines de l’expression artistique, nos artistes ne font plus souvent que surfer sur les modes qui nous viennent d’outre-Atlantique ?

 

 

 

Pourtant, les réactionnaires moralisateurs ont peu de chance de durer face aux entrepreneurs aventuriers. Car les premiers vivent dans les discours et se complaisent dans la pâle imitation tandis que les seconds survivent dans les choix et s’épanouissent dans l’innovation. Les professionnels du cinéma français dénoncent à longueur de temps la réussite du cinéma américain. Ils n’ont toujours pas compris que les entrepreneurs hollywoodiens, seuls dans la liberté face à leurs choix responsables, sont condamnés à réussir, car ils ont rarement droit à l’erreur, ne pouvant vivre indéfiniment des subsides opaques de l’argent public.

 

Il en est de même dans presque toutes ces activités humaines qui font l’économie et structurent le tissu social. Dans le vieux monde, on continue de s’en remettre aux manigances du pouvoir et à faire confiance à l’Etat dont on dénigre pourtant ses représentants. Dans le nouveau monde, on a compris que c’est la société civile, composée d’individus libres, responsables et motivés, qui fournira non seulement les entrepreneurs, mais aussi les acteurs, les producteurs, et les films, les musiques et les créations qui feront rêver la plupart d’entre nous.

 

Pardonnez-moi d’avouer que mes souvenirs d’enfance furent aussi nourris par les dessins animés de Disney tandis que mon adolescence a baigné dans l’univers musical de Woodstock et cinématographique de Star Wars et Spielberg. Merci les artistes libres !

 

 

 

Jean-Louis Caccomo,

 

http://caccomo.blogspot.com/

 

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manu 28/03/2007 17:20

Vingt dieux cet article. Et je ne parle même pas du blog de son auteur.C'est donc cela, le social libéralisme moderne et avancé ?C'est donc cela, François Bayrou ?Ce sont donc ça, les Gracques ?Ah, et puis je vois que mon adresse I.P "sera archivée", au cas où nous serions des terroristes sans doute. Pas mal le libéralisme humaniste à Etat réformé.Je vous laisse, je crois que je vais aller voter Sarkozy.

pierre 21/03/2007 12:52

Je suis surpris par la teneur de ces propos. Tout en dénonçant les travers Français, cet article est un exemple de notre travers le plus ancré la résignation. Lorsque Airbus était devant Boeing tout le monde portait cette entrepris aux nues. Elle est aujourd’hui en crise donc on tire dessus à boulets rouges. Effectivement on propose un modèle alternatif avec une forte intervention de l’Etat (qui soit dit en passant est indispensable dans ce secteur ; Boeing bénéficie également d’aides d’Etat) et une gouvernance particulière qui pose aujourd’hui problème. Il faut le rationnaliser de manière à préserver ce fleuron européen et non faire table rase de cette initiative.
Ce qui fait la force des américains c’est précisément le fait d’encourager des initiatives nouvelles, de ne pas jeter l’opprobre sur ceux qui échouent et de permettre de rebondir. Votre rhétorique confine à l’immobilisme le plus aveugle. Je vous renvoie vers une analyse plus fournie sur le blog des « euros du village » sur cette question.  

 

http://www.eurosduvillage.com/Airbus-la-fin-d-un-reve-europeen.html

 

Quand aux considérations sur la culture elles confinent à la sottise. Le tout-marché dans la culture n’est pas une solution, il faut un équilibre entre le privé et le public comme cela existe pour le théâtre en France ce qui permet d’avoir des productions grand-public et des choses plus exigeantes qui font avancer la création. Aurait-on deux opéras de grande qualité à Paris sans intervention de l’Etat ? Faut il que seuls les plus fortunés aient accès à la culture creusant le fossé qui existe déjà en la matière ?

Peter pan 21/03/2007 11:15


AIDEZ FABRICE !
En résumé :
Fabrice est un petit garçon atteint d'une maladie rare, la leucodystrophie...
De nouveaux essais clinique sont en cours et Fabrice aurait enfin peut-être un espoir, mais ce traitement lui est refusé sous prétexte qu'il est trop vieux de 4 mois... Son père à décidé de lancer une pétition... Si vous désirez aidez Fabrice et sa famille vous trouverez toutes les infos sur mon blog... Merci pour lui...

Peter Pan...

Jean-Pierre 21/03/2007 10:30

La Culture n'est pas une marchandise ? Pourtant, ma place de cinéma, je l'achète, mes livres de chevet, je les achète, la musique que j'écoute, je l'achète, librement et je chosis ce que je regarde, ce que lis et ce que j'écoute. La Culture est bien une marchandise.

Yves Lenoir 21/03/2007 09:22

La demande de sécurité sévit absolument partout. On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre. On paie donc la sécurité du prix de la liberté. Car en ces jours où la prise en charge de tous les aspects de la vie, même les plus privés (notamment par la corporation des psychologues), est devenue un must, la devise de notre république d'assistés devrait s'inscrire sur les frontons comme elle l'est dans nos têtes : sécurité,égalité,irresponsabilité.