Les liberaux et Bayrou

Publié le par Jean-Louis Caccomo

Je suis rentré hier de Syrie où j’étais invité par mes collègues de l’Université Arabo-Européenne de Damas. Pendant une semaine, j’étais à l’écart des tumultes d’une campagne présidentielle désespérante, au cœur d’un orient aussi magique que complexe. Dans la république syrienne socialiste, le marché parallèle fait la loi ; alors que les slogans anti-américains soudent l’opinion publique, c’est la langue anglaise qui s’impose parmi l’élite et tout le système universitaire se calque sur le modèle américain. En tout état de cause, la Syrie fait partie de ces pays qui sont arrivés aux limites de l’économie étatisée ; ils sont demandeurs désormais de libéralisation et d’ouverture. Là est l’espérance pour l’orient.

En Syrie, je fus accueilli comme un hôte de marque et j’ai travaillé dans les meilleures conditions, conditions qu’un fonctionnaire de l’université française n’ose plus imaginer pour son propre pays.

La France fait-elle partie des pays qui s’obstinent à poursuivre le processus d’étatisation de son économie ? Pourtant là est bien l’impasse.

 

A mon retour, j’apprends qu’Edouard Fillias a décidé, au nom du parti qu’il représente, et qui a suscité une espérance parmi certains libéraux (dont je fus), de se ranger autour de François Bayrou. Je ne sais quoi penser. Non pas que je n’apprécie pas Bayrou avec qui j’ai entretenu une correspondance puisque François Bayrou m’a fait l’honneur de réagir à mes chroniques de résistance. Mais la décision est tombée d’en haut, sans consultation de la base militante.

J’ai accueilli Edouard il y a quelques jours et je lui ai offert mon nouveau livre qui prend une actualité brûlante : « La troisième voie : impasse ou espérance ». Je n’ose imaginer, qu’à la lecture de mon livre, Edouard a décidé que Bayrou incarnait cette espérance. Je ne sais pas non plus si cette décision était arrêtée depuis longtemps.

Certes, François Bayrou prétend incarner cette troisième voie mais François Mitterrand prétendait incarner le changement.

 

Pour moi, la question reste entière : est-ce réellement une espérance ou n’est-ce pas plutôt une impasse ? Ceux qui connaissent mes écrits savent les raisons de mon doute. En effet, le ni-ni, instauré par Mitterrand et consistant à mettre sur le même plan libéralisme et communisme (et reconduit par Jacques Chirac), c’est précisément cette impasse qui consacre et cautionne tous les blocages internes qui neutralisent la moindre tentative de réforme depuis plus de 20 ans. Dans son expérience ministérielle passée à l'éducation nationale, François Bayrou avait l'occasion de s'attaquer à l'un des bastions les plus fermés à toute réforme. J'aurai voulu être convaincu à ce moment là de sa volonté et de ses capacités réformatrices.

 

Lorsque les libéraux refusent l’axe gauche/droite, c’est qu’ils ne veulent plus ni de la gauche restée fondamentalement anti-capitaliste, ni de la droite centralisatrice et étatiste. L’alternative libérale, à peine née, est déjà enterrée faute d’avoir entrevue cette nuance fondamentale.

 

Jean-Louis Caccomo,

Perpignan, le 14 mars 2007

http://caccomo.blogspot.com/

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FrédéricLN 24/03/2007 22:01

Bonjour,
Je me réjouis de ce ralliement libéral à la candidature de F. Bayrou.

el diablo 19/03/2007 14:43

SI VOUS VOTEZ SEGO VOUS FAITES ELIRE SARKO

Candide 19/03/2007 14:33


Peut-être faut-il se poser la question du vote utile au premier tour.

Si celui ci avait lieu demain, je ne recommanderai pas le vote Sarko.

Le risque qu'un décalage de voix fasse passer Bayrou devant Royal est réel. Ce qui conduirait très probablement à l'élection du béarnais au second tour.

De même que le vote utile de 2002 a été un vote Le Pen, éliminant ainsi Jospin, vote que j'ai alors préconisé avec succès ( en toute immodestie), demain - si les sondages restent dans cette configuration  - je voterai Royal pour réduire le risque Bayrurien.

Candide soumets ces réflexions à la sagacité des lecteurs, sachant qu'elles n'ont d'intérêt que si elles sont appliquées à la marge...

lahaye.jean-paul@wanadoo.fr 19/03/2007 08:38

Je n'ai pas encore lu votre livre, mais quand on parle d'alternative libérale, j'aimerai bien savoir au juste de quoi il s'agit. Dans un contexte dominé par le monde marchand et financier, avec comme horizon la problématique du changement climatique et la nécessité d'un développement durable, qu'est-ce que cela signifie?
Par ailleurs, arrêtons de grâce de toujours ramener Bayrou à son passé et regardons l'avenir. Car il ne s'agit pas de lui, mais bien de faire un vrai choix d'avenir. Avec qui ? Et surtout comment ?
L'heure du choix est là et il ne s'agit pas de se tromper. Quel est le meilleur choix aujourd'hui pour ouvrir une voie nouvelle ?
Voilà, à mon avis, la question.

lahaye.jean-paul@wanadoo.fr