IES en colloque à Londres

Publié le par marc dHERE

J’étais  jeudi 22  et vendredi 23 février à Londres, où   le Think Tank britannique « Policy Network » et la Fondation allemande «  Friedrich Ebert » organisaient  un colloque international sur le thème de « l’immigration et de la cohésion sociale ».

 

Y participaient des représentants d’organisations de gauche et de centre gauche de plusieurs pays : Grande Bretagne  (avec la participation du ministre de l’Immigration Liam Byrne et  du ministre de l’Intérieur, John Reid) et Allemagne bien sûr, mais aussi : Autriche, Belgique, Espagne,  Hongrie,  Italie, Pays-Bas, Suède, pour l’Europe ainsi que Australie, Etats-Unis, Nigeria….  La France était représentée par le Parti Socialiste et « Initiative Européenne et Sociale » (IES).

 

Sans vouloir faire un compte rendu détaillé de ces deux jours

(voir le site de Policy Network : http://www.progressive-governance.net )

je voudrais juste en souligner l’intérêt et la richesse et faire  quelques  rapides et très partielles notations :

 

 -          L’immigration devient  une question politique, un thème de débats et  d’affrontements dans l’ensemble des pays d’Europe……La gauche et le centre gauche ne sont pas toujours très à l’aise avec cette question.

-          L’immigration est une donnée. Elle  peut causer certaines difficultés, mais elle peut représenter pour nos pays une chance de développement économique et culturel.  

-          Les forces de gauche et de centre gauche veulent trouver des réponses à un certain  malaise ressenti par une partie des populations européennes face au développement de  l’immigration et à l’exploitation de ce malaise par les populistes de droite, qui (notamment en France, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, aux Pays-Bas…) développent des arguments xénophobes et de repli nationaliste et recueillent une certaine écoute. ….

-          Nos sociétés inquiètes face à la mondialisation, aux bouleversements économiques et sociaux, ressentent et expriment souvent un problème d’identité, de confiance vis-à-vis d’elles-mêmes. Cela les conduit à une position de méfiance ou d’interrogation vis-à-vis de l’immigration, à laquelle nous devons répondre.  A cela s’ajoute, depuis peu et dans certains pays, une interrogation, une inquiétude vis-à-vis d’un Islam mal connu.

-          Il y a souvent un malaise, notamment des classes populaires, vis à vis des immigrés…..Doit-on accorder - et doit-on le faire immédiatement – exactement  les mêmes droits sociaux aux immigrés qu’aux citoyens ?….. Problème de « l’appel d’air »  provoqué. Cas des irréguliers, des « sans papiers »……Importance des régularisations, qui ne concernent pas que le pays décideur, mais bien l’ensemble des pays européens.

-    Les réponses des gouvernements de gauche européens ne sont pas identiques (l’Espagne a eu jusqu’à récemment une politique très libérale….la Grande Bretagne travailliste  se sent plus en  phase avec une approche qui pourrait être celle  de Nicolas Sarkozy), mais tous affirment une position d’ouverture régulée vis-à-vis de l’immigration et veulent favoriser l’intégration des populations immigrées, pour encourager la cohésion sociale de leurs nations. On doit pouvoir développer un sentiment de solidarité nationale….   Reconstruire un espace civique naturel…..Droits et devoirs liés à la citoyenneté. Formation civique, formation à la langue du pays, fermeté dans le respect des lois des démocraties….

-          On peut dans le cadre de politiques de maîtrise et de contrôle des flux migratoires qui sont nécessaires,  déterminer les secteurs dans lesquels le besoin d’immigration se fait sentir. S’attacher aux problèmes de logement, d’emploi….

-          Sans renoncer à leurs responsabilités nationales, les pays Européens souhaitent une coordination européenne des politiques, notamment pour la lutte contre l’immigration clandestine, les conditions du droit d’asile…….

Publié dans Europe

Commenter cet article

Fred Coste 26/02/2007 11:03

C Sarko qui se rapproche du système de sélection britannique -Higly Skilled migrant Program et autres- et non l'inverse. Cette position est due pour partie à l’argumentaire développé par le think tank de Blair Institute for Public Policy Research (IPPR) : favoriser la sélection de haut niveau.


 

 

Au Royaume-Uni, la situation n’est pas comparable avec celle qui prévaut en France. Il y deux fois moins d’immigrés et leurs descendants avec une population nationale similaire et une partie d’entre eux possède un niveau d’éducation très élevé. Ce qui fait que les hommes politiques peuvent se permettre de jouer sur « elle peut être une chance » car c un pays très attractif pour les cerveaux, ce qui n’est pas le cas de la France, et où les hommes politiques sont qu’ils le veuillent ou non tributaires du niveau d’éducation des migrants. C’est tout le problème des discours qui se veulent transnationaux, dans des contextes qui ne le sont pas. D’autre part, les gouvernants britanniques ont tout intérêt à tenir ce genre de discours, car il y a plus cerveaux qui quittent l’Angleterre qu’il n’en rentre. L’arrivée ou plutôt la circulation des cerveaux leur est salutaire. En France, la balance migratoire est largement excédentaire.
 PS : ne m'en veut pas Marc si j'ai mis les mêmes commentaires que sur ton site de candidat