La démocratie et le sens des mots

Publié le par marc dHERE

S’il y a une chose que je supporte assez mal dans le débat politique en général et particulièrement dans le débat présidentiel,  c’est d’entendre (ou de lire)  des phrases telles  que  « nous ne vivons pas en démocratie », «  la France n’est plus une démocratie », « il faut rétablir la démocratie en France »……

 

Certes, on peut parfois se laisser aller, se montrer  excessif dans le feu du discours  et les mots peuvent à l’occasion dépasser sa pensée.  Pourtant  j’ai le sentiment qu’il s’agit le plus  souvent de déclarations conscientes et réfléchies qui touchent au populisme. Et ces déclarations ne viennent pas seulement de l’extrême gauche mais aussi, et cela me trouble encore davantage, de candidats du centre, auxquels je suis par ailleurs favorable.

 

Certes la démocratie Française peut et doit être améliorée et devenir certainement plus participative et plus transparente qu’elle ne l’est. Certes des pays comme la Grande Bretagne ou les pays scandinaves peuvent peut-être, mieux encore  que notre pays,  s’approcher par leurs institutions, leurs traditions, leurs pratiques  de l’idéal démocratique. Mais,   si la France n’est pas un pays démocratique, alors,  qu’appelle t-on démocratie ? …….

 

Permettez-moi, de conseiller à ceux qui ne l’ont pas encore vu, le film allemand de  Florian Henckel Von Donnersmarck,  « La vie des autres ».En dehors de ses qualités cinématographiques,  il montre bien, sans effets exagérés et sans grandiloquence, ce qu’est vraiment une dictature, et pas forcément la plus ignoble (il s’agit de l’ancienne RDA),  ce qu’est un pays qui a renoncé à  la démocratie, ce que sont  des politiques qui l’ignorent…..En creux s’inscrit clairement ce qui fait la démocratie, et on se sent heureux et fiers  de vivre dans un pays qui la respecte et  en permet l’exercice.

 

Même dans la passion politique, sachons raison garder et ne transformons pas, en croyant ainsi être plus efficace et mieux suivi, le  sens des mots que l’on emploie. Car les mots ne sont pas innocents…..  Camus disait quelque chose comme « ne pas respecter le sens des mots ajoute au malheur du monde….. ». ….Et notre  monde n’en n’a vraiment pas besoin.

 

 

Marc d’Héré    

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Démocratie

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uguen bernard 13/03/2007 10:09

La démocratie est un combat permanent.   La démocratie, il faut l'améliorer en permanence, et jamais nous ne serons dans une démocratie idéale. Cependant, aujourd'hui, notre système a tellement dérivé, poussé au bout certaines logiques de concentration de pouvoirs, que notre système ne correspond plus aux exigences des citoyens.  C'est pour cela que l'on peut dire que notre démocratie est à bout de souffle.  Pour bien faire sentir cette déconnexion, il faut parfois caricaturer le trait.   C'est nécessaire.  Et ce n'est pas la peine, d'essayer de nous expliquer ce qu'est une dictature pour celà.  Il y a des dictatures plus douces et plus sournoises que d'autres. 
Il faut changer la république, parce que l'on ne peut plus faire confiance à nos  pouvoirs politiques pour changer de moeurs politiques, de manière de faire la politique, à nos appareils partisans pour se remettre en cause.  Les électeurs protestent à chaque élection importante, à chaque échéance, ne croyez vous pas que les symptomes d'une dégénérescence démocratique sont là et bien réels.   
Il faut changer la république à défaut de changer de république. 

Fred C 08/03/2007 10:45

Un exemple du fascisme diffus dans la société française avec l'affaire Raymond Barre dont on ne peut douter de l'intégrité morale. Fascisme diffus, non pas dans son sens galvaudé de racisme, mais dans le sens originel de restrictions des libertés dont celle de s'exprimer librement. C'est une caractéristique française qui s'explique par son histoire, que l'on ne retrouve pas dans des pays comme les Etats-unis ou le Royaume-Uni qui n'en sont pas moins des démocraties, qui se refusent à brider cette liberté d'expression.

Fred Coste 07/03/2007 11:47

Un exemple du fascisme diffus dans la société française avec l'affaire Raymond Barre dont on ne peut douter de l'intégrité morale. Fascisme diffus, non pas dans son sens galvaudé de racisme, mais dans le sens originel de restrictions des libertés dont celle de s'exprimer librement. 
C'est une caractéristique française qui s'explique par son histoire, que l'on ne retrouve pas dans des pays comme les Etats-unis ou le Royaume-Uni qui n'en sont pas moins des démocraties, qui se refusent à brider cette liberté d'expression.

J.F. THORAVAL 21/02/2007 15:18

la démocratie n\\\'a pas de formes figées.L\\\'évolution d\\\'un régime politique,des évolutions tecnologiques,la concentration des  di-
versmoyens d\\\'information entre quelques mains, en relation per-
manente avec le pouvoir politique risque de transformer une démocratie réelle en démocratie formelle surtout lorsque le régime
politique est de type jacobin,sans contre-pouvoir citoyen reconnu.
Toutes les démocraties occidentales ont évoluées à cause de ce
souci.C\\\'est pourquoi le débat sur l\\\'évolution des institutions frança
ises est tres important à mener dans le cadre de la campagne élec
torale actuelle.
 

J. M. Bouquery 20/02/2007 10:51

La vertu romaine à laquelle on nous appelle ( depuis les Romains ! mais les délices de Capoue se renouvellent...) n'est pas que politique et morale mais d'abord sémantique et juridique....La démocratie, certes,  et puis la république,.... La présidentielle, inévitable chez les gallinacés, mais - Marc l'a redit ailleurs - un gouvernement, un Parlement, des Collectivités, seuls lieux de programmation, ce que l'Élysée n'est pas - sauf entre 2 cohabitations - . Alors, assez de demander   aux candidats ce que l 'on traitera aussitôt de catalogue  , Qu'ils nous parlent des pouvoirs, des partis, du peuple, de l'Europe, pas du demi monde des media mais de notre tiers monde, de notre quart monde. Qu'ils nous donnent leur version des seules 3 priorités qui comptent: combattre l'Inacceptable (I), construire une Europe nécessaire à notre survie dans l'Histoire (E), poursuivre le développement, c'est à dire l'autonomie et l'initiative de tous dans notre Société (S).  IES (cqfd)
jm bouquery