Comment choisir le bon candidat?

Publié le par Claude Bodin

L’élection présidentielle sera une élection hors normes dans une période clé de notre histoire ,celle de notre pays mais aussi celle de la construction de l’Europe et celle de notre planète Terre !

 Comme un certain nombre d’entre nous relativement avancés en âge, j’ai en mémoire des élections présidentielles depuis celle de Charles de Gaulle. Mais là ,je considère que la situation politique, économique et sociale dans toutes les dimensions territoriales rappelées ci-dessus, nous commande de définir un mode opératoire radicalement différent pour le choix d’un candidat ou d’une candidate à cette fonction majeure de la Présidence de la République.

 En premier lieu, j’en donne les raisons, en second lieu j’en précise le mode opératoire.

  I ) Les Raisons :

 

 

 a) Le Courage politique de faire des réformes.

 

 

 Nous sommes en panne dans beaucoup de domaines parce qu’en vérité nous sommes rendus au pied du mur, au bout de tous les atermoiements souvent de nature électorale qui n’ont cessé de repousser  à plus tard le temps de LA REFORME , des réformes d’autant plus nombreuses à faire que le temps passait, que le monde changeait de plus en plus vite sur tous les continents : sur ce thème, l’actualité économique des dix dernières années nous en dit beaucoup si l’on  consent à ouvrir les yeux et à regarder au delà de notre  nombril franchouillard. Bref, nous ne pouvons plus reculer comme nous l’avons fait pendant plus de vingt ans pour réformer partiellement le régime des retraites ( souvenez vous de Michel Rocard en 1988 , premier Ministre qui appelait à l’urgence de cette réforme et  parlait de pied du mur !)  ; nous avons attendu , curiosité politique à signaler, une réforme faite par la Gauche entre 1997 et 2002 et c’est, faute de courage politique de cette  Gauche que   la Droite de Raffarin et Fillon a accepté la patate chaude de ce devoir de réforme ! Peu importe de savoir comment cette réforme a été faite : plus on attend, plus le dossier devient difficile : elle a été commencée par ceux qu’on n’attendait pas à la manœuvre !

  b) La fermeté républicaine.

  La sécurité et la tranquillité publique sont , avec l’ emploi, des préoccupations majeures de notre société ; la dangerosité de cette société de plus en plus instable, soumise aux coups de boutoir de la précarité liée à la crise de l’emploi , à celle du logement social et aux flux migratoires aujourd’hui mondialisés est une réalité incontournable que la démagogie des uns et la naïveté des autres conduisent à « habiller » de toutes les justifications pour tolérer ,voire excuser la violence, les zones de non droit et la négation de la légalité républicaine.

 

 

Les médias montrent crûment les réalités des comportements violents de groupes qui violent sciemment les règles de notre société républicaine et réformiste. Notre société n’est pas une société révolutionnaire mais une société réformiste, une société de droit.

 

 

Pour maintenir ce type de société, encore faut-il avoir le courage politique de la fermeté républicaine et ne pas se fourvoyer, quand on est un parti de gouvernement dans l’opposition, dans un soutien démagogique des actions de violence des uns ou des autres, attitude qui ne peut que se retourner contre leurs auteurs quand ceux ci accèdent de nouveau aux affaires du pays !

 

 

 c) Une vision européenne, une vision du monde.

 

 

 C’est là sans doute la tare franco-française la plus commune au monde politique de notre pays. Il suffit de voir le peu de place prise par les affaires européennes et mondiales dans les campagnes électorales à l’exception de l’écologie impulsée par le travail remarquable de Nicolas Hulot.

 Ne pas voir que l’avenir de la France est confondu avec celui de l’Union européenne,  qu’il dépend d’une réelle gouvernance permettant de se saisir de dossiers aussi brûlants que celui des flux migratoires, dossier dont la dimension est de toute évidence européenne (toute régularisation dans un pays de l’U.E. vaut pour tous les autres pays de l’Union ! ),  est le signe d’un aveuglement coupable et d’une incapacité grave à présider notre pays. Non seulement notre législation française est , pour les deux tiers, d’origine européenne ( transfert des directives européennes dans notre Droit français ), mais la plupart des grands problèmes industriels, économiques, agricoles, de la Sécurité ,de la Défense ,de l’Education et de la Recherche ,de l’Ecologie et de l’Emploi bien sûr  et j’en oublie, ont une dimension européenne , des questionnements et des solutions européennes !

 

 

La vision mondialiste va de pair avec ce qui précède : le Monde est en pleine mutation dans tous les domaines, des émergences économiques majeures de pays-continents, des dangers écologiques dont les causes sont connues et les conséquences sans doute tragiques pour un certain nombre de populations, aux flux migratoires de plus en plus incontrôlables.

 

 

Si l’homme ou la femme candidats à la Présidence ne savent pas hiérarchiser les priorités d’une gouvernance présidentielle, on peut légitimement se poser la question du sérieux de leurs  candidatures. 

 

 

d) Des conditions de crédibilité et de majorité politique qui doivent permettre à un futur Président de gouverner réellement.

 

 

 La crédibilité personnelle du candidat donne généralement à ce dernier (homme ou femme ) la principale condition de son action, une majorité politique dans les institutions parlementaires et dans le peuple. Le P.P.F, le Paysage Politique Français,est très lisible, à Droite comme à Gauche et même au Centre. Je vous renvoie à cette lecture facile à condition de cesser, un long instant, d’être partisan pour les uns ou pour les autres : c’est, en même temps, un excellent exercice d’autocritique et de démocratie appliquée.

 

 

Passé le temps des discours savamment mis en scène, médiatisés pour les plus richement dotés,on ne peut gouverner,mettre en œuvre ses propositions qu’avec une majorité politique solide, cohérente, soudée et appuyée sur une crédibilité personnelle qui fonde toujours l’adhésion républicaine à l’action du Président ou de la Présidente.

 

 

  II )Le mode opératoire.

 

 

 Vous passez les candidats au crible de cette grille de conditions, de la manière la plus objective, écartant esprit partisan et passion aveugle pour une apparence physique qui ne révèle généralement rien de la réalité des personnages.

 

 

Cette grille, c’est :

 

 

 -         a-t-il ou a t-elle un vrai COURAGE POLITIQUE POUR REFORMER même en temps d’élections ?

 

 

      -         a-t-il ou a-t-elle le courage de la nécessaire FERMETE REPUBLICAINE pour maintenir le respect sans conditions  des lois de la République  ?

 

 

 

 

 

      -         a-t-il ou a-t-elle une VISION EUROPEENNE et une VISION DU MONDE qui lui permettent de diriger la France dans une cohérence avec l’Union européenne et la Mondialisation  ?

 

 

 -         a-t-il ou a-t-elle réellement réuni les conditions politiques incontournables pour exercer sa présidence : crédibilité personnelle reconnue et majorité politique solide ?

 

 

 J’espère que ce qui précède pourra nous  aider à faire un choix, le meilleur pour notre pays et l’Europe ; cela demande à chacun d’entre nous un effort d’intelligence et de clairvoyance exemptes DE PARTI PRIS  en ces temps de promesses et de surenchères où il est important de se répéter à voix très basse que celles ci n’engagent que ceux ou celles qui y croient !!!

 

 

Mais ce qui est certain, c’est que nous sommes tous au pied du mur, pour agir, réformer et nous investir dans la réalité de notre temps : il n’est plus temps d’attendre et notre choix doit être,  pour cette raison, le plus efficace et le plus fondé.

 

 

  Claude BODIN 

 

 

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BODIN Claude 23/02/2007 11:57

Commentaire sur un commentaire,celui de J.F Thoraval à propos du texte que j\\\'ai"commis". Le pied du mur n\\\'est qu\\\'un constat d\\\'une réalité abrupte qui a conduit une majorité de droite à se charger d\\\'une réforme par nature impopulaire,celle des retraites ou alors il faut m\\\'expliquer pourquoi cette majorité s\\\'est mise sur le dos une démarche et une loi électoralement coûteuses. Quant aux autres observations,elles trouvent leurs réponses dans le texte,en particulier dans les quatre conditions dont la quatrième est explicite:il faut une majorité politique et au-delà un consensus majoritaire de l\\\'opinion publique.Claude Bodin.

j.f. thoraval 22/02/2007 14:17

Je me méfie des expressions comme "au pied du mur" ou "le
grand soir"" qui rappelle trop l\\\'idéologie trotskiste.Le problème n\\\'
est pas tant les réformes à faire sur lesquelles existent un consen-
sus important mais quel est le personnel pret à les engager  et
avec quelles méthodes:brutalité d\\\'un etat jacobin,mise en place
avec la participation de la société civile et création d\\\'un observa-
toire autonome faisant des synthèses régulières sur les résul-
tats obtenus et les corrections éventuels à y apporter.