Lettres Perplexes (2)

Publié le par Gilbert Veyret

Voici la 2ème « lettre perplexe » de notre ami Gilbert Veyret……Je l’encourage vivement à nous en adresser d’autres, tout au long de cette campagne….

 

Mon cher  Huzdak

 

La campagne électorale prend parfois l’aspect de ces jeux télévisés qui consistent à répondre, sans même avoir à y réfléchir, à des questions souvent saugrenues. Ainsi la  principale candidate avait été gaussée pour n’avoir pas su le nombre de sous-marins nucléaires dont disposait le pays qu’elle s’apprêtait à diriger.

 Mais il faut bien considérer que les deux précédents présidents n’avaient été élus qu’à leur troisième tentative, alors que personne n’imaginait qu’elle-même  serait candidate, il y a moins d’un an.  Il est bien connu que ceux qui participent à des jeux télévisés sont beaucoup plus à l’aise en troisième semaine qu’à leur premier passage.

Elle avait en revanche fait preuve de détermination et obtenu l’exclusion du Parti Socialiste du Président  de la Province du Languedoc, déjà coutumier des dérapages verbaux.

Il faut que je te raconte cet épisode significatif de la grande Tartuferie des mœurs politiques de ce pays.

 Ce notable socialiste avait un jour constaté publiquement que les joueurs noirs étaient largement majoritaires dans l’équipe de France de football, au demeurant excellente.  Il en avait conclu que « les blancs étaient nuls ». Ce racisme anti blanc n’était effectivement pas acceptable, car trop réducteur. S’il est en effet possible que les blancs courent un peu moins vite derrière un ballon, il n’en demeure pas moins évident qu’ils sont quasiment hégémoniques dans presque tous les autres secteurs de responsabilités publiques ou privés. Il est d’ailleurs probable que de nombreux Français de couleur noire accepteraient volontiers d’être un peu moins nombreux dans des équipes de foot. et un peu mieux représentés au Parlement, dans la haute fonction publique et chez les dirigeants d’entreprises.  Comme les noirs sont généralement une cible privilégiée des propos racistes, on feignit de croire qu’ils en étaient cette fois-ci encore la cible, venant de quelqu’un  qui ne méritait vraiment pas une telle attention.

 C’était d’une grande habileté ! On disait en substance aux intéressés. Voyez comme nous sommes exempts de toute trace de racisme, puisque nous sanctionnons ceux qui ont le mauvais goût de différencier nos champions de foot. en raison de leur couleur. Mais en retour nous espérons bien que vous n’allez pas chipoter, en faisant remarquer, à votre tour, que les femmes et homme de couleurs sont en revanche bien peu nombreux dans les postes clefs, de la politique, de la communication, de l’administration et des entreprises. Cela donnait en plus un petit côté vertueux à une campagne électorale qui menaçait de ne pas l’être beaucoup.

 

Il y a bien aussi un homme, dit centriste, qui aimerait bien jouer le troisième larron de la fable.  Il ne cesse de répéter que ce manichéisme de deux camps politiques irréductibles qui accaparent les gazettes et qui finissent par faire à peu près la même politique, n’est plus d’actualité  et que les Français attendent autre chose.

 Ils sont sans doute près de 80% à approuver ce discours et…. 8 % à s’apprêter à voter pour lui. C’est parce que les Français aiment bien les iconoclastes, tant qu’ils restent dans le domaine des  humoristes. Pas quand ils prétendent aux plus hautes responsabilités. Ceux-ci n’ont pas le droit de briser le mythe de l’homme d’Etat infaillible qui finira bien par résoudre tous nos problèmes, si on le choisit bien. C’est un peu comme si un Grand prêtre se mettait à expliquer qu’aucune religion ne peut garantir la vie éternelle.

 

Je n’aurai pas le temps de te parler ici des autres candidats.  Pourtant l’un d’entre eux était parvenu au deuxième tour de la précédente élection présidentielle, en professant des idées extrêmes d’exclusion, de nationalisme et de xénophobie. Il tonnait, affirmant contre toutes les évolutions de nos sociétés,  que la France redeviendrait un grand pays si elle se repliait sur elle-même et cultivait la nostalgie de son passé. Les Français n’y croyaient pas vraiment, mais cet imprécateur présentait l’avantage, pour de nombreux électeurs, de dénoncer un « establishment » et une mondialisation dont ils se sentaient exclus.

 

Mais je dois t’ennuyer avec ces ratiocinations politiques. Tu préférerais, sans doute, que je te parle de la vie  et des préoccupations des Français, effectivement fort éloignées de ces jeux de rôles. J’aurais pu te relater aussi l’émotion causée par la mort récente d’un abbé, admiré des Français, qui  a toute sa vie durement secoué la classe politique, en lui reprochant son indifférence à l’égard d’une misère persistante.

Je n’ai fait, dans cette lettre, que relater ce qui agite le microcosme politique.

 Mais les Français semblent déjà s’en lasser, plusieurs mois avant l’élection présidentielle.

 

 La démocratie participative revendiquée, ne semble pas réduire vraiment l’écart entre le pays réel et ses diverses expressions politiques. Mais comme l’écrivait, Jacques Julliard  un éditorialiste de ce pays. « L’impuissance des politiques n’est que la somme des contradictions  des citoyens »

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Lutin :0016: 04/02/2007 00:26

Selon qui a le mieu demarré la campagne présidentielle à vous de voter sur mon site ;)