La maladie du "on"

Publié le par Corinne Lepage

 Combien de fois n’ai-je entendu ce « on » quasi maladif qui semble justifier la pire résignation et l’abandon. On ne peut rien faire, on nous cache tout. À cela s’ajoute l’autre, celui qui agit contre le bien commun.
Les États-Unis qui polluent bien plus que nous et réduisent à néant mes efforts pour limiter mes émissions de CO2. L’agriculteur qui gaspille la ressource en eau en irriguant son maïs subventionné… La liste est longue de ces autres qui m’inciteraient à ne rien faire. Je voudrais profiter de cette année nouvelle pour faire un voeux, celui de la substitution du « on » par un « nous » collectif et intelligent.
Je souhaite que nous cessions de croire que nous subissons alors que nous sommes bien les acteurs de notre vie. C’est par nos actes que nous donnons sens à notre démocratie, en tant que partie prenante active d’un tout que nous construisons collectivement. Une année d’élection présidentielle, ce pourrait être cela, la prise en compte par chacun d’entre nous de son pouvoir effectif, par-delà le vote.
Les Françaises et les Français semblent avoir perdu confiance avec le monde politique et la classe médiatique. Ce petit monde confit qui se pare des meilleures intentions pour lasser avec un conservatisme d’ancien régime.
La politique, cette force vivante de toute démocratie, est aujourd’hui dans les assemblées spontanées, les conseils d’associations, sur le net. Mais doit-elle pour autant abandonner nos institutions à mille petits marquis qui se partagent les rôles dans un théâtre d’ombre ? Ce désaveu constaté devrait m’inciter à rester active dans mon métier d’avocate de l’environnement et de membre associative.
Ce serait alors tout simplement admettre l’échec de notre République, accepter que deux mondes cohabitent en s’ignorant. Je crois fermement que nous devons réinvestir tous les champs du réel et tenir pour acquis que la sphère politique nous appartient.

 

Corinne Lepage.

Publié dans « La lettre de Corinne Lepage »

http://corinnelepage.hautetfort.com

 

 

Je me permets en complément de ce texte de vous donner deux informations :

 

 

-Corinne Lepage m’a demandé de faire partie de son équipe de campagne pour l’élection présidentielle….. Avec l’accord du bureau d’IES,  j’ai accepté d’être son « conseiller spécial » pour les questions européennes.

 

-Dans le cadre de ses « cafés citoyens », IES recevra Corinne Lepage le 12 février entre 19 heures et 20 heures 30 à l’Entrepôt, 7 rue Francis de Préssensé 75014 Paris. Nous espérons que vous y viendrez nombreux.

 

Marc d’Héré

 

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marc d HERE 21/01/2007 19:18

D'accord avec vous, Corinne Lepage, pour cet appel à la RESPONSABILITE.
Une valeur oubliée voire décriée et que IES  met au centre de son projet.

robert Bellec 17/01/2007 11:33

Mon cher Bert, je vais vous faire une réponse de (Ro)bert. Serait-je un social-démocrate qui s'ignore? c'est une question que je ne suis jamais posée, mais à la réflexion, assez essentelle en effet. Promis, je vais y songer. On m'a déjà traité d'anar, de libéral, de bourgeois, de gauchiste, maintenant de social-démocrate, bon. Mais je sens poindre dans le ton comme une réprobation. Drôle de bêbête, ce doit pas être bien, social-démocrate, si? et a fortiori un social-démocrate pâtissier? Pas bien! Non. Bon je renonce, je suis pas!  Je veux pas d'histoires dans la grande famille des Bert, moi. ça va comme ça?
Et si nous étions simplement quelques-uns à essayer de réfléchir sans réponse toute faite et sans sectarisme? Non, c'est pas possible, ça.

marc d HERE 15/01/2007 08:56

Merci de ton commentaire Robert.....Il me fait fortement regretter de ne plus avoir d'articles de ta part depuis quelques temps.....Si tu pouvais prendre un peu de temps et nous envoyer quelque chose...Amitiés.
 

Bert\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\ 15/01/2007 01:02

C' est vrai qu' il ne faut pas être manichéen, mais "on" (donc vous) semblez faire un "mille feuille" entre Corinne Lepage, Sarkozy, le social et le libéral...Vous ne seriez pas tout simplement un social-démocrate qui s' ignore ?

robert Bellec 13/01/2007 15:23

Il y a je n’en doute pas « la maladie du on ». L’étrangeté du pouvoir, de l’Etat, du Politique, du Monde, pour tout un chacun.
 

Est-ce grave, Docteur ? Il faut ausculter…
 

Mais il y a bien d’autres maladies dans le malaise Français, et singulièrement dans le malaise politique qui en est l’un des chaînons. Et ne cherchons pas la causalité, c’est la poule et l’œuf, une spirale néfaste. Par exemple,
- N’est-on que « républicains » ou aussi sincèrement démocrates ?
- Croyons nous encore que la démocratie, c’est jute quand « c’est le peuple qui commande » ?
 

- Croit-on toujours que la démocratie représentative est jusqu’à ce jour celle qui a le mieux fait ses preuves, ou se laisse-t-on emporter par les rêveries sur la démocratie directe, participative, et autres variantes ? Même si je partage l'idée que la démocratie doit s'approfondir en ce sens... mais sans simplisme.
- Croyons nous que pour soigner un mal il faut d’abord accepter d’en faire le diagnostic, et de prendre en compte les faits, les contraintes du réel, les réalités du monde et de l’économie ? Ou croyons nous que la toute puissance de l’esprit politique sur la matière économique est tel qu’on peut traiter tout ça par le mépris : « le politique décide, l’intendance suit » ?
 

- Croyons-nous qu’il suffit d’être bien-pensant, gentil, compassionnel et égalitaire pour faire de la bonne politique ?
 

- Si le diagnostic visible est que la France « perd des points » par rapport à ses concurrents comparables depuis trente ans en gros, est on prêt à avoir les courage d’aller chercher les causes profondes, même quand ça fait mal ? Par exemple, si notre « modèle social français » est en échec patent, pourquoi la seule solution évidente serait-elle de le continuer en l’amplifiant ?
 

- Va-t-on une fois encore choisir nos gouvernants sur des critères superficiels, la nouveauté apparente, les idées à la mode, le sourire et le look, les promesses intenables, les propos qui plaisent ? Et sinon, quelle est l’antidote à ce mal moderne ?
 

- L’Enarchie et autres castes qui bloquent le pays, est-ce la cause, ou la conséquence d’une conception et d’une manière fautive d’envisager les relations entre l’Etat, le politique, les strates intermédiaires, la population, bref la conséquence de notre forme d’organisation des pouvoirs ?
 

- La réponse aux défis écologiques peut elle être nationale et individuelle, ou obligatoirement internationale et au minimum Européenne ? En d’autres termes la bonne conscience que va se donner à bon compte le prochain pouvoir n’est-elle pas contre-productive si elle n’intègre pas une vraie vision stratégique des actions propres à influer réellement sur l’évolution des choses dans le monde ?
 

- si la population ne se sent pas représentée par les politiques, les partis, ou les personnes, n’est-ce pas tout simplement parce qu’ils ne sont pas conçus pour ça ?
 

Et bien d’autres questions du même ordre.
 

Alors, la « maladie du on » est elle une maladie en soi, ou le symptôme de toutes ces autres maladies ?