Le Projet d'IES (10) L'entreprise et le marché

Publié le par IES

Le  marché est l’espace de  la création de richesses, et à ce titre nous devons favoriser son fonctionnement.  Toutefois la recherche de rentabilité maximum dans des délais toujours plus courts, doit être régulée par une logique complémentaire, celle  de responsabilité, de prise en compte du long terme.

Notre projet  vise à utiliser l’efficacité du capitalisme libéral tout en le rendant  équitable et  responsable.   Seules la dynamique du marché et  la croissance nous  donneront les moyens de la solidarité, seul  le respect  de valeurs sociales et environnementales,  en permettront la concrétisation.

Dans ce cadre, la  recherche et l’innovation sont  pour l’Europe et pour la France une priorité, dans la mesure où   elles sont   le principal moteur de l’expansion et la clé de l’avenir.

On doit, pour permettre la concrétisation de cette société de l’innovation  mêler politique de la recherche et politique industrielle,  faire en sorte qu’une  coordination  se développe entre les universités, les organismes de recherche,   les industrie et les  entreprises de service. 

 

 Il faut créer, en renforçant encore ceux qui existent,  quelques grands  pôles  de compétitivité, regroupant et faisant travailler, sur une base cohérente mais  multidisciplinaire, organismes de recherche,  universités, grandes écoles,  laboratoires privés, entreprises novatrices, sociétés de service spécialisées,  afin de  former des ensembles favorisant la créativité et  l’innovation. Ces pôles seront  soutenus par les collectivités publiques par la fourniture de terrains, des investissements,  l’obtention d’avantages  fiscaux.

 

Quelques  pôles régionaux  de niveau international doivent se créer, que viendront compléter des pôles de moindre importance sur des secteurs spécialisés. Les pôles de compétitivité lancés par le gouvernement vont dans ce sens même si leur grand nombre fait craindre une dispersion. 

 

 

Nous reconnaissons la concurrence comme un facteur de progrès, comme  source du dynamisme dont  nos sociétés ont besoin, mais elle ne peut être sans limite et  doit s’exercer dans le cadre d’une régulation. La concurrence doit s’exerce de manière loyale, sans que des ententes viennent  la supprimer.  Les autorités européennes doivent  faire appliquer un droit de la concurrence qui concilie la puissance de grands  groupes européens et le maintien d’une diversité concurrentielle.

Dans notre économie de marché, l’acteur économique  principal est l’entreprise. Nous avons besoin d’entreprises dynamiques et responsables. Alors, encourageons l’esprit d’initiative, soutenons  ceux qui prennent des risques.

   Pour permettre le développement  des entreprises  les pouvoirs publics ne doivent pas tant  les subventionner que  réduire les obstacles administratifs  à leur création, aligner l’I.S. sur la moyenne européenne,  maintenir  un environnement qui leur soit favorable. 

La liberté des entreprises est une nécessité.  Comme  toute liberté elle  ne peut se concevoir  sans responsabilité.

            L’entreprise doit être encouragée  à devenir « socialement responsable », et à  admettre  que respecter une éthique sociale peut correspondre à son intérêt. Pour que cela  devienne une réalité, la fiscalité a un rôle à jouer, mais  la pression des médias, des associations, des syndicats, peut  se révéler aussi décisive, en  conduisant  un nombre croissant d’entreprises à intégrer les dimensions sociales et  environnementales dans leurs politiques.

 

            On peut inciter les partenaires sociaux à négocier une « charte de l’entreprise citoyenne », identifiant les comportements souhaitables qui, sans remettre en cause l’objectif de profit,  permettraient  d’inscrire l’activité  des entreprises dans  une démarche  de responsabilité et de  solidarité qui profitera à tous.  Cette charte  couvrirait  le domaine  du recrutement, notamment en adoptant des règles anti discriminations, de la  formation continue, du reclassement des salariés licenciés,  du développement local, du respect de l’environnement.

 

Une réglementation claire  doit interdire aux conseils d’administration d’attribuer  un niveau de rémunération excessif,  limiter les indemnités de départ et interdire d’en attribuer quand les résultats de la gestion auront été négatifs. La distribution de stock options sera interdite.

 

Pour freiner  le « nomadisme » et aller contre  la logique du court terme,  on consolidera la représentation des intérêts à long terme dans l’entreprise : les titres bloqués sur une longue période pourront disposer  d’un plus grand pouvoir de gestion que les titres négociables à tout moment, l’épargne qui restera investie pendant une certaine durée dans la même société pourra bénéficier de dividendes supérieurs et  se verra favorisée fiscalement.

 

Vis à vis des salariés, il faut  prendre conscience que le développement de l’entreprise ne peut se faire au détriment de ceux qui y travaillent  et que sa réussite est dans une grande mesure  liée à leur adhésion et à  leur motivation.   

 

L’entreprise peut être un lieu de partenariat  dans  lequel les conflits seront assumés  et feront   l’objet d’une « gestion créative ». La flexibilité nécessaire aux entreprises, pour s’adapter aux variations de la demande et de la situation économique,   pour accroître leur productivité comme les y oblige une concurrence multiforme, doit se négocier au plus près de la réalité, avec les compensations à donner  aux salariés.

 

Si  le droit du travail doit mieux s’adapter aux évolutions rapides de l’économie et  aux exigences de la concurrence, les salariés doivent en contrepartie obtenir des  garanties, notamment en termes de protection, d’expression et de formation. En terme de représentation également.

 

On doit  faire évoluer  par la négociation le  cadre juridique et redéfinir  les obligations et  les droits, qui doivent se trouver au centre de toute relation salariale.

 

Un minimum de sécurité doit  exister. Ainsi,  comme dit plu haut,  un CDI, réformé, assurant une réelle sécurité  tout en étant évolutif  dans l’extension de  ses garanties  en fonction de l’ancienneté et de la fonction occupée, deviendra la norme. 

 

Le temps partiel choisi, sera  considéré, dans le cadre d’accords entre les partenaires sociaux comme un droit du salarié.

 

L’égalité entre hommes et femmes ne peut souffrir d’exceptions, ni  en terme de salaire ni en terme  de déroulement de carrière, et  les branches et les entreprises doivent convenir d’actions de rattrapage à engager pour la rendre effective.

 

Il est temps aussi que l’entreprise  redécouvre l’avantage d’une pyramide  des âges cohérente et  donne leur place aux travailleurs plus âgés.

 

Associer les salariés aux performances auxquelles ils ont contribué, relève de la justice mais aussi  de l’évidence économique. Le souci de justice et tout autant  l’intérêt de l’économie exigent que le profit réalisé entraîne des augmentations salariales (et d’abord pour ceux qui y ont le plus contribué)  ou une participation accrue  aux résultats quelle qu’en soit la forme.

 

 Au-delà même de la participation aux résultats, cette rémunération  doit s’étendre à la participation  au capital. L’actionnariat salarié, les plans d’épargne éventuellement abondés de manière dégressive par les entreprises et bénéficiant d’avantages fiscaux,  résultant d’accords d’entreprise ou interentreprises  peuvent créer  les conditions d’une amélioration à long terme  de la   situation des salariés ( pour leur temps d’activité ou leur retraite)   et, en les  associant   plus étroitement à la stratégie, au fonctionnement,  et aux  résultats futurs de l’entreprise, leur faire prendre en compte les intérêts de cette entreprise. Cet actionnariat salarié  peut  représenter une étape vers une gouvernance partagée des entreprises et s’affirmer comme  un élément important d’un nouveau contrat social.

 

Les  représentants du personnel doivent  accéder aux informations et participer à un plus grand nombre de décisions. L’association, chaque fois que possible des syndicats aux projets et aux  décisions est un moyen de lutter contre les surenchères, les oppositions systématiques ou les incompréhensions qui conduisent au refus ou au blocage.

.....IES

 

 

 

 

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