Le Projet d'IES (9) 35 heures et retraite

Publié le par IES

La Réduction du temps de travail est une évolution naturelle.   Nous refusons le discours négatif de la droite qui dans les 35 heures condamne le principe même de la réduction du temps de travail. Pour notre part,  nous regrettons  la manière dont a été imposée cette  loi qui, souvent, a eu pour effet de  perturber le fonctionnement des entreprises  ou des services publics, de  renforcer l’inégalité entre grandes et petites entreprises ou entre cadres et employés,  de générer des effets contre productifs y compris pour les salariés.

 Aller vers  la  réduction du temps pouvait être  concilié avec l’intérêt des entreprises, qui savent bien qu’un temps raccourci  passé au travail   peut être  plus productif qu’un temps trop long. Mais étendre les 35 heures à la fonction publique était irresponsable, de même qu’elles étaient inadaptées aux PME et aux cadres qui se retrouvent avec deux semaines de congés supplémentaires.

 L’erreur  a été double: partant d’une conception uniforme du travail et réglementaire des rapports sociaux, vouloir imposer à tous un même temps hebdomadaire de travail, et ne pas expliquer que cet avantage devait  se compenser notamment  en terme de revenu. 

 On peut trouver des mesures incitatives  à la réduction du temps de travail, trouver des démarches respectueuses de la liberté des entreprises et des choix individuels des salariés,  autoriser des durées, des modalités et des compensations  différentes résultant de la négociation. Favoriser la réduction du temps de travail, n’exige pas d’imposer l’uniformité, elle exige négociation décentralisée, souplesse  et pluralité de choix.

 On peut en faire un élément de responsabilisation et de coopération, en facilitant pour les entreprises comme pour les salariés des négociations sur  une possible modulation du  temps de travail sur l’année.

 Le temps partiel choisi  doit pouvoir devenir un droit et  être développé, quand on sait que plus de deux millions de personnes travaillant à temps plein souhaitent travailler à  temps partiel, trois fois  plus que l’inverse. Les techniques nouvelles permettent plus que jamais d’individualiser les situations, de prendre en considération des  objectifs divers, de recourir à des modulations d’horaires. 

 Quand on parle réduction du temps de travail, il y a en contrepoint l’augmentation du temps libre ou « non contraint ». Là se trouve un gisement de progrès social, à condition d’avoir une réflexion sur les utilisations possibles de  ce temps libre,  d’offrir des perspectives et des moyens. Bien entendu il faut, là plus qu’ailleurs, laisser s’exprimer la liberté et l’initiative  mais,  là comme ailleurs,  le refus de régulation, de formation, de moyens, fera que seuls  les plus  qualifiés, les plus dotés en capital culturel et financier, en profiteront. Une liberté non régulée ne profite qu’à ceux qui ont les moyens de l’utiliser à leur guise.  Accompagner le temps libre, donner à tous des possibilités d’en profiter peut passer par une information, par une  organisation collective souple  facilitant des choix de loisirs et d’activités..

  On ne peut parler du travail sans évoquer le temps de la retraite.  La loi Fillon, qui maintient en France le système de retraite  le plus avantageux d’Europe,  ne répond que partiellement aux nécessités de réforme et de  financement.

 Nous devons trouver un financement pour une grande part des besoins et accepter l’idée qu’il ne peut y avoir un  même âge couperet. Le  système actuel, même réformé,  prend mal en compte les différents parcours professionnels, la différence de  pénibilité des tâches, laisse peu de place à la  liberté de décision. La durée doit  primer sur l’âge. 

 On donnera une plus grande latitude d’arbitrage entre âge de départ en retraite et montant de la pension : possibilité d’aller au delà de soixante cinq ans  pour améliorer sa pension,  de « tirer » librement sur son compte retraite, de choisir des formules de retraite modulées et  progressives.  Cette retraite à la carte demande que chacun puisse, en connaissance de cause, effectuer un arbitrage entre son âge de départ en retraite et le montant de sa pension.

 Pour permettre un maintien global du niveau des retraites, la retraite par répartition devra être confortée, ce qui entraînera dans les années qui viennent et malgré la réforme de 2003, de nouveaux  efforts financiers auxquels  tous  devront  prendre part.

 Au delà du fonds de réserve    insuffisant pour répondre au déséquilibre du financement, il faudra  compléter  l’allongement de la durée de cotisation qui était inéluctable par une hausse des cotisations,  qui devra être modulée.

 Enfin, en complément,  un recours à la capitalisation devra être encouragé. Ne laissons pas, dans ce domaine aussi,  les  inégalités s’installer et se creuser en donnant cette faculté seulement aux agents de l’Etat ou à ceux qui ont des moyens suffisants.  Permettons à tous d’accéder de la manière la plus équitable et la plus sûre  à ces  compléments, dont les plans d’épargne entreprise peuvent constituer une part essentielle. L’Etat doit libéraliser et  déplafonner   l’accès aux fonds de pension.  

 Les  partenaires sociaux doivent jouer un rôle déterminant dans le choix, la mise en place et le contrôle  de ces  « fonds » qui permettront, comme ailleurs en Europe, d’assurer une ressource supplémentaire au système et à l’économie[1].

 De même, les régimes des fonctionnaires et les statuts spéciaux doivent être réexaminés : des inégalités de traitement importantes demeurent en faveur des fonctionnaires et bien entendu des régimes spéciaux.  Il est légitime de demander progressivement à ces salariés les mêmes efforts qu’aux autres,  non seulement en termes de durée de cotisation ce qui n’est pas réalisé pour les régimes spéciaux, mais aussi en terme de montant de cotisation et de pension  ou  d’années de référence,  quitte à  les compenser avec la prise en compte d’une part des  primes dans l’assiette des cotisations et des prestations.

.........IES

   


[1] Les fonds de pension permettent de financer une partie des retraites par ponction sur les entreprises y compris étrangères et non sur les seuls revenus des actifs.

 

 

Publié dans Vie politique

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suspicious-duck 15/01/2007 20:23

Tout ça c'est beau comme du Ronsard de bo-bo ...mais la rose est tellement déclose qu'elle pue le déjà vu, entendu, le demain on rase gratuit et le yakafokon et le Hulot du 16èm (arrondissement, pas siècle)Un discours de dames patronesses. Ou de boy-scout peut être.Je ne sais pas trop (et je m'en fous!)Grands causeux, petits faiseux.Lamentable

marc d HERE 13/01/2007 19:18

Surtout pas vous.....

Candide 13/01/2007 18:47

dans le genre yaka et fokon c'est top.
ce qu'il faut faire tout le monde le sait, ce que personne ne dit, c'est comment le faire !