Sans la France

Publié le par Bernard Poignant

Au Conseil européen de la semaine dernière, a été annoncée la tenue le 26 janvier prochain, à Madrid,  d’une réunion « pour aider la présidence allemande à parvenir en juin 2007 à un accord ». Il s’agit de trouver une solution au blocage constitutionnel. Deux pays en prennent l’initiative, le Luxembourg et l’Espagne.  Pourquoi eux ? Parce qu’ils ont organisé un référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe  et que leurs peuples ont répondu OUI à la question posée. Dix huit pays seront présents, tous ayant ratifié ce texte, dont la Roumanie et la Bulgarie (pour ces deux pays l’adhésion inclut la ratification.)

 

Il y a donc neuf absents : les deux pays qui ont dit NON, France et Pays-Bas et les sept pays qui ne se sont pas encore prononcés (Royaume uni, Irlande, Danemark, Portugal, Tchéquie, Pologne et Suède…)

 

L’initiative est intéressante et il faut lui souhaiter un succès utile. Mais c’est quand même la première fois depuis 1951, (Traité du Charbon et de l’Acier),  qu’une réunion de relance européenne ou de préparation à celle-ci se fait sans la France.

 

A quoi a donc servi ce vote du 29 mai 2005 ? Personne n’a proposé une issue positive à cette décision du peuple français. Elle devait venir du Président Jacques Chirac. En choisissant la voie du référendum,  il savait  qu’un vote négatif était possible. Il lui revenait de rebondir sans tarder….Il n’a rien dit et rien fait.

 

Ceux qui ont milité pour le NON et ont  gagné, avaient, outre le droit de faire ce choix, le devoir de proposer ensemble une meilleure solution. Ils devaient trouver des alliés dans les autres pays, faire le tour des capitales pour démontrer que leur vote était le bon, mettre sur la table soit un nouveau traité soit de nouveaux protocoles. Résultat : néant.

 

Bilan pour la France  : influence en baisse ; absence en hausse. La présidence Française devra se montrer performante pour redresser tout cela. Sinon à l’avenir, les livres d’Histoire diront deux choses : la France est à l’origine de l’Union Européenne, le 9 mai 1950 ; elle lui a porté un coup d’arrêt le 29 mai 2005.

 

 

Bernard Poignant

 

Député européen.  

Publié dans Europe

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marc d HERE 03/01/2007 20:15

Ce qu'un vote a fait, un vote peut le défaire, cher Halberstadt....ce ne serait pas la première fois..

Halberstadt 26/12/2006 11:41

Je vous invite à entendre ou réentendre la fin de l\\\'interview de Bernard kouchner ce matin sur France Inter. Il s\\\'exprimait sur la question du non français de 2005 .  Face à ce résultat qui a eu et qui continue d\\\'avoir des conséquences importantes, il s\\\'est clairement dit en faveur d\\\'un nouveau vote français sur  un projet qui comporterait quelques petites modifications par rapport au traité original, mais rien de plus.
Il a par ailleurs fait allusion au fait qu\\\'il ne fallait pas que les français soient repliés sur eux mêmes à propos de la question européenne et voient les nombreuses ratifications qui sont déjà intervenus dans les autres pays.
Des réactions comme celles ci sont très étonnantes.On sait au moins depuis Maastricht, c\\\'est à dire il y a presque quinze ans ! , que la question de l\\\'Europe est sensible en France,mais pas uniquement en France , justement. Peut-on alors sérieusement se targuer de vouloir  aller de l\\\'avant en se contentant de proposer un traité quasi identique à celui qui a conduit au non de 2005? Au nom de quel droit si ce n\\\'est celui que M. Kouchner s\\\'arroge , de dire que le peuple s\\\'est trompé et qu\\\'il doit maintenant se montrer raisonnable et répondre oui?
Des propositions commes celles-ci sont un constat d\\\'échec.

gagniarre jerome 22/12/2006 18:55

Je vous recommande ce blog pendant les vacances, pour refaire le monde et l'europe.http://pensee-unique.over-blog.comN'oubliez pas une chose: le rechauffement climatique est toujours là.Jerome

LE GALL 22/12/2006 18:25

Ne pourrait-on pas profiter de la campagne présidentielle en France pour questionner les principaux candidats sur leurs propositions pour tirer l'Europe de l'ornière sans attendre la présidence française.
En particulier, puisqu'on parle toujours du socle franco-allemand, sur leurs positions quant à la volonté allemande de reprendre le texte constitutionnel en l'améliorant sur certains points qui ont fait débat.
Concrétement, pourquoi ne pas mettre au point un texte qui permettrait de clarifier, sur le fond, la position des principaux candidats en présence tout en nous engageant à faire de la publicité sur leurs réponses comme sur leurs non réponses.
Yves Le Gall

Laurent Py 21/12/2006 12:07

Merci B. Poignant de nous rappeler nos responsabilités dans le processus de relance de l'Europe. Puisse votre appel être entendu, en particulier dans vos propres rangs ! Hier à Strasbourg, j'ai le sentiment que Ségolène Royal a chevenementisé encore un peu plus son discours sur l'Europe....
Merci aussi pour votre réaction face à la condamnation à mort des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien en Lybie. Cela concerne en premier lieu un pays qui integrera bientôt l'UE mais également tous les démocrates. À ce titre je souhaiterais que l'Europe intervienne officiellement en faveur d'une révision de ce procès.