Un Programme Shadock

Publié le par Gilbert Veyret

Avec la désignation de  la candidate socialiste, on se remet à parler du programme socialiste….Sera-t-il repris et dans quelle mesure par la candidate ?  On peut espérer qu’elle le fera évoluer sur certains points, (par exemple sur la sécurité, l’éducation, les 35 heures….) ce qui représentera un progrès…..sans doute insuffisant, mais un progrès tout de même. Nous serons donc amenés  à reparler de ce projet, de ses graves insuffisances et de ses évolutions. Aujourd’hui, je voudrais vous faire sourire avec un texte satirique  de notre ami Gilbert Veyret, que nous avions publié début juin….Ceux qui l’ont déjà lu, le reliront, je pense, avec le même plaisir que ceux qui  le découvriront…..

A la manière de, et en hommage à Jacques Rouxel et Claude Piéplu

Les Shadocks avaient été écartés du pouvoir par les Gibbies, quatre ans auparavant, parce qu’ils n’avaient pas su juguler la montée d’une délinquance, qui avait le grand tort de ne jamais lire les textes répressifs qui la concernaient. Ils ne lisaient pas davantage les textes, censés plus efficaces, édictés par les Gibbies, ce qui amenait législateurs et délinquants à vivre dans des univers parallèles qui ne se croisaient jamais.

Les Shadocks avaient donc grande envie de récupérer ce pouvoir à la prochaine échéance électorale. Ils ont donc élaboré un programme pour séduire tous les mécontents du gouvernement des Gibbies. Ces protestataires étaient évidemment majoritaires, comme cela se produisait toujours, à l’égard de tout gouvernement vieux de plus d’un an, dans ce pays lointain.

Leurs programmes étaient généralement très complets. D’une part parce qu’il fallait bien justifier la dizaine d’heures  de débats nocturnes nécessaires à leur élaboration et puis parce que chaque candidat aux prochaines élections, présidentielles ou cantonales, devait y retrouver un petit quelque chose susceptible de plaire à ses électeurs.

Mais pour ne pas lasser les lecteurs, on se contentera de citer quelques propositions, parmi les plus emblématiques.

Ø      Ainsi, lorsqu’ils étaient au gouvernement, les Shadocks s’étaient surtout illustrés par une réduction sensible de la durée du travail. Outre les avantages de ces mesures, du moins pour ceux qui avaient les moyens d’en profiter, la plupart des observateurs avaient bien dû constater que cela avait entraîné un retard des salaires de ce pays, en particulier ceux des ouvriers, par rapport à ceux des pays voisins.

Il était temps que cette injustice cesse ! Le programme Shadock proposa donc ce rattrapage des salaires… et la généralisation de la réduction de la durée du travail qui avait notamment entraîné ce blocage des salaires.

C’était de l’excellente logique ; celle qui, constatant que les consommateurs se plaignent d’un excès de sucre dans la confiture, décide d’en rajouter, afin que leurs récriminations soient pleinement justifiées.

 

 Ø      Ils voulaient aussi que l’Etat rachète la totalité du capital d’entreprises publiques dont les Gibbies avaient cédé des actions à des particuliers, notamment des salariés de ces entreprises.

Vous me direz que les Shadocks en avaient privatisé bien plus quand ils étaient au pouvoir.

Certes, mais les Shadocks s’étaient contentés de privatiser des entreprises qui avaient été précédemment nationalisées par un gouvernement Shadock, sous un Président Shadock, alors que les Gibbies prétendaient ouvrir le capital d’entreprises qui avaient été nationalisées sous le règne du général dont ils se réclamaient. C’était proprement intolérable !

Ø      De même les Gibbies avaient entrepris d’allonger les périodes de cotisations nécessaires pour obtenir sa retraite, sous prétexte d’études, réalisées pendant le gouvernement Shadock, qui montraient qu’il y avait de plus en plus de retraités et moins d’actifs pour payer ces retraites.  La simple arithmétique montrait que çà allait nécessairement casser. Dans leur grande sagesse les Shadock décidèrent donc que tout le monde serait vieux à 60 ans, quel que fut son métier. Il serait toujours temps de voir ensuite comment on allait financer tout ça. L’essentiel était, dans l’immédiat, de rassurer tous ceux qui avaient mal au dos ou qui étaient un peu trop stressés, en leur assurant qu’ils n’auraient pas trop longtemps à attendre, pour se mettre sérieusement au bricolage.

Ø      Pour un étudiant, l’autonomie c’est d’abord trouver du boulot. Mais ça aurait exigé des réformes de tout le système éducatif et du marché du travail sur lesquelles personne n’aurait été d’accord. Et puis l’Etat ne peut pas tout faire, comme l’avait dit fort justement un ancien chef Shadock. Alors, ils ont inventé « l’allocation d’autonomie » qui permettrait aux étudiants bénéficiaires d’être plus longtemps dépendants du budget de l’Etat.

Evidemment tout cela coûtait pas mal de sous. Mais les Shadocks avaient une formule magique pour payer leur programme : la croissance ! Bien sûr pour relancer cette croissance mythique, il fallait d’abord y investir des sous… qui seraient ensuite remboursés par la croissance.

Ai-je été assez clair ? Si tel était le cas, c’est  que je me serais mal fait comprendre, comme le disait  un grand argentier américain.

Gilbert Veyret

09/06/06

 

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Commenter cet article

marc d HERE 23/11/2006 10:41

On aurait pu ajouter aussi.......
Dans leur programme, les Shadocks auraient pu adopter des mesures prises par d'autres partis de gauche européens, des mesures efficaces et qui marchent..........Ils ne l'ont bien sûr pas fait, ne voulant pas se laisser berner et tomber dans le piège, car si ces mesures marchent "en pratique"....elles ne marchent pas "en théorie"...