Le parti des suiveurs

Publié le par Gilles Norroy

Lettre ouverte à une amie qui soutenait DSK

 Chère Marie-Claire,

 J’ai bien pensé que tu devais être déçue du résultat du vote du PS à défaut d’être surprise.

 Moi aussi j’ai longtemps cru que DSK après Jacques Delors et Michel Rocard incarnait les espoirs d’un Parti Socialiste qui prendrait enfin le chemin d’une social-démocratie moderne et pragmatique à l’image de celles que nous connaissons dans de nombreux pays européens.

 Moi aussi j’ai admiré les qualités de l’homme que d’aucuns décrivaient comme le plus doué de sa génération : vision mondiale, culture économique, fermeté du caractère, bilan politique, Dominique ne manquait pas d’atouts.

 Il a cru que l’on pourrait modifier le PS de l’intérieur : que de couleuvres à avaler !

 Aujourd’hui le PS a tranché et c’est le populisme qui a gagné.

 Il n’est pas besoin de s’étendre longuement sur la personnalité, le bilan et les compétences du vainqueur de cette compétition et sur la chronique d’une catastrophe annoncée dans la réussite électorale comme dans l’échec.

 Cette victoire est pour une large part celle de l’héritage, revendiqué il faut lui reconnaître ce mérite, de la duplicité Mitterrandienne.

 Michel Rocard a bien raison de dire que face aux médias les politiques ont perdu la bataille.

 La question qui demeure posée est celle de savoir si le PS est réformable de l’intérieur.

 Dominique y a cru. Y croit il encore ?

 Un élément de réponse peut être donné par la comparaison avec le Parti Travailliste britannique.

 Deux éléments distinguent le PS Français de ce dernier.

 D’abord 18 ans d’opposition, le temps d’une génération politique qui est morte d’impuissance quand certains peuvent penser que l’effet essuie-glaces qui caractérise la vie politique française a encore de l’avenir. Ensuite un lien organique avec les organisations syndicales.

Cela est la différence essentielle avec la France dont le PS est d’abord un parti de fonctionnaires où de professionnels de la politique qui n’ont qu’un rapport lointain avec le vrai monde celui de la société civile et de l’entreprise.

 Les vrais sociaux-démocrates du PS ont raté une marche de l’Histoire quand ils ont admis que l’on pouvait faire une synthèse entre ceux qui avaient voté pour l’Europe et ceux qui avaient voté contre, entre ceux qui resteront toujours fidèles à une posture gauchiste qui consiste à être content d’être mécontent et ceux qui sont dans la recherche de solutions et de propositions.

 Alors, chère Marie-Claire as-tu encore envie de rester encore longtemps prisonnière d’un appareil, toi pour qui la politique n’est pas le dernier métier où l’on veut encore de toi, toi pour qui la politique n’est pas aventure encadrée de fonctionnaire, mais la construction d’un idéal.

 Faire de la politique utile aux Français et au monde, associer la dynamique de l’économie de marché et celle de la solidarité, reconstruire un projet européen, renouer des alliances avec ceux qui partagent à gauche et au centre des espérances proches, ce sont là les aspirations qui regrouperont un jour une majorité de Français.

 Le temps où l’on pensait qu’hors du Parti Socialiste il n’y avait pas de salut est aujourd’hui une page à tourner.

 Ceux d’entre nous qui l’ont fait pour créer avec d’autres IES ne regrettent  pas de l’avoir fait.

 Gilles NORROY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Vie politique

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Jean-Paul Lahaye 19/11/2006 20:34

Si j'ai bien lu, Gilles a tort de dire si vite que que la désignation deSégolène Royal est une "catastrophe annoncée" et que c'était une illusion depenser que l'on pouvait changer le PS de l'intérieur.Je suis depuis le début un observateur attentif, critique, parfoisintéressé, parfois dubitatif, de l'ascension de la reine des sondages.Il n'empêche qu'aujourd'hui elle se trouve investie et bien au-delà de sonparti, presque "en dépit" de son parti.Parce qu'elle est investie de cet espoir, faisons lui un peu crédit etvoyons ce qu'elle va en faire.Parce qu'elle a été investie "en dépit" de son parti, mais égalementclairement et largement désignée leader de celui-ci par les militants,voyons si elle n'est pas capable, justement sur ce crédit, de changer le PSde l'intérieur, précisément là où ses compétiteurs ont échoué.Cette double opportunité existe. Et il n'y a aucune raison de la nier paravance.JPL

bellc 19/11/2006 19:03

Le populisme étant une perversion démagogique de la démocratie, -- la démocratie n'est pas un acquis mais un combat.--  l'antidote c'est la démocratie elle même et si possible son approfondissement. Ne pas se laisser aller à la facilité et aux dérives. Vigilance et capacité critique. Résister.

marc d HERE 19/11/2006 18:07

Je rentre à l'instant de week end et je découvre les nombreux commentaires à l'article de Gilles....;J'y reviendra sans doute. Une précision: mon premier commentaire ne contredisait en rien l'article de Gilles...Il se situaiy sur un strict plan de rapports de force électoral alors que Gilles faisait finalement un article sur les valeurs....Et bien entendu, nous avons les mêmes

Eric Ascensi 19/11/2006 17:59

JM. Bouquery 19/11/2006 17:54



Populisme ? Alors qui ? Evita Peron ? : Quel antidote, la monarchie éclairée ?
Je crains parfois dans nos lignes un archaïsme symétrique à celui que nous fuyons, entre platonicisme de bon goût et accés de mélanchonie.
jm bouquery