GPS

Publié le par Gilles Norroy

Tournez à droite, à gauche dans 500 m. Une voie suave vous guide. Comme beaucoup vous avez acheté un GPS, objet culte de 2006, et vos déplacements en voiture deviennent plus faciles.

 

Le GPS nous dispense de réfléchir. C’est sûrement un progrès. En voiture certes, mais en politique ?

 

Politique …. le GPS ? Mais oui je veux parler du Guidage Politique Sécurisé, la nouvelle procédure mise en place par le complexe politico médiatique.

 

Vous n’avez plus à réfléchir les sondeurs pensent pour vous. Ils vous indiquent la direction à prendre si vous voulez faire comme tout le monde. Car comme le chantait Brassens, les braves gens n’aiment pas que l’on prennent d’autres routes qu’eux. Le bien, le juste, le vrai  à la portée de chacun.  Vous vous sentez proche des idées de Fabius ou de DSK : cessez de perdre votre temps, tous les sondages le disent ils vont être battus. D’ailleurs est-il bien nécessaire de vous déplacer pour voter. Fillon prenant la situation à son compte nous a prévenu : « les présidentielles c’est plié. Ce sera Sarkozy Royal »

 

Certains candidats se plient eux difficilement à l’exercice du débat. Ségolène par exemple déclare que ce dispositif a été mis en place pour lui nuire. D’ailleurs elle avait déclaré à Dakar lorsqu’on avait annoncé que  des débats seraient organisés entre les trois  candidats : « la machine à perdre est en route ». Oser obliger une femme honnête à débattre ! Quel manque de courtoisie ! Et puis cela ne présente pas la moindre utilité ni le moindre intérêt puisque les sondages sont clairs, ils  lui donnent l’avantage. Pourquoi alors perdre son temps et son énergie.

 

Tous les candidats  d’ailleurs se plient quotidiennement à l’exercice « sondages dites moi que je suis la plus belle ». Le Blog de DSK de ce matin est formel : « Nous remontons dans les sondages et sommes presque à égalité avec Royal ». 

 

Bel argument politique n’est ce pas ?

 

Sommes nous encore en démocratie ?

 

 

Va-t-on encore longtemps priver les Français de leur capacité de s’orienter ?

 

Il paraît que le GPS de voiture n’est pas toujours fiable notamment dans les zones nouvellement urbanisées et qu’il arrive fréquemment à ceux qui lui obéissent aveuglement de tourner en rond.

 

En politique aussi sûrement. Alors il est temps que les Français se prennent en charge pour s’orienter par eux-mêmes. Il leur suffit pour cela de prendre en mains les bonnes cartes et de décider de s’en servir…..

 

 

Gilles NORROY

 

 

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robert Bellec 16/11/2006 09:30

Remplace le pécédent commentaire, mal édité.
L’observation de jm Bouquery ne manque pas d’acuité, d’un certain angle de vue. En « macropolitique » si je puis dire, c’est assez juste. Mais la politique se fabrique aussi de plus en plus à un niveau que je qualifierais de « micropolitique », c'est-à-dire dans les têtes. (Le vieux rêve des anarchistes serait-il en chemin ? à vrai dire on en est bien loin…). Or selon moi IES ne peut se penser que dans une optique "micropolitique".
« Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente ». Du même Brassens.Sans penser à « mourir pour des idées », peut-on pour autant vouloir vivre sans elles ?
 

Oui, elles adhèrent au corps social, c’est entendu.Oui, la cohabitation est probable, et nous vivons une sorte d’imposture médiatique et globale, c’est entendu.Pour autant, dans ce contexte médiatique qui a ses travers et ses vertus, les idées produites par les hommes −politiques ou pas−, font du chemin et creusent des sillons dans le réel. Car les lignes bougent aussi parfois quand on les bouscule un peu, et pas seulement en surface. Les idées fausses, ou archaïques, ou néfastes, c’est un fait d’expérience, font de gros dégâts. Les combattre c’est donc un remède. Nécessaire.
 

Avoir accès à LA VERITE suprême n’est je pense à la portée de personne, c’est un leurre. Mais traquer l’erreur est une ambition modeste qui me va bien. Tout « monde nouveau » accouche d’idées nouvelles, mais elles naissent dans la tête, et cheminent par « le cœur » des hommes, quoi qu’on en dise. (Ce qui ne veut pas dire qu’elles suffisent à « formater » le réel, soyons clairs.)
 

Entre autres, le désir de démocratie, le besoin d’un renouveau démocratique transpire par tous les pores du corps social, mais qui l’entendra ? 
 

Il a reçu ces temps-ci je trouve des ersatz de réponse, superficiels et approximatifs. L’homme politique, l’homme d’état plutôt, est celui qui dans ces moments là, est capable de réaliser la jonction entre ce besoin induit par les réalités nouvelles, et la conscience diffuse que peut en avoir l’opinion. C’est une autre manière de parler de l’existence ou non d’une « vision » chez tel ou tel politique, et de la qualité, de l’élévation, de cette vision…(A cet égard, comme dit l’autre, y’a comme un malaise…)
…Or ne pénétrons-nous pas, à petits pas, ou à reculons parfois, dans un monde nouveau ?...Donc continuons à débattre, mettre en doute, douter, nous affirmer, imaginer, combattre, nous insurger. Dans notre « camp » comme dans l’autre, sans sectarisme. On ne pourra espérer approfondir la démocratie sans contester ce qui l’entrave et affirmer ce qui l’élève.
 


 

robert Bellec 15/11/2006 18:34

L’observation de jm Bouquery ne manque pas d’acuité, d’un certain angle de vue. En « macropolitique » si je puis dire, c’est assez juste. Mais la politique se fabrique aussi de plus en plus à un niveau que je qualifierais de « micropolitique », c'est-à-dire dans les têtes. (Le vieux rêve des anarchistes serait-il en chemin ? à vrai dire on en est bien loin…)
 


 

 « Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente ». Du même Brassens.
 

Sans penser à « mourir pour des idées », peut-on pour autant vouloir vivre sans elles ?
 

Oui, elles adhèrent au corps social, c’est entendu.
 

Oui, la cohabitation est probable, et nous vivons une sorte d’imposture médiatique et globale, c’est entendu.
 

Pour autant, dans ce contexte médiatique qui a ses travers et ses vertus, les idées produites par les hommes −politiques ou pas−, font du chemin et creusent des sillons dans le réel. Car les lignes bougent aussi parfois quand on les bouscule un peu, et pas seulement en surface.
 

Les idées fausses, ou archaïques, ou néfastes, c’est un fait d’expérience, font de gros dégâts. Les combattre c’est donc un remède. Nécessaire.
 

Avoir accès à LA VERITE suprême n’est je pense à la portée de personne, c’est un leurre. Mais traquer l’erreur est une ambition modeste qui me va bien.
 

Tout « monde nouveau » accouche d’idées nouvelles, mais elles naissent dans la tête, et cheminent par « le cœur » des hommes, quoi qu’on en dise.
 

(Ce qui ne veut pas dire qu’elles suffisent à « formater » le réel, soyons clairs.)
 

Entre autres, le désir de démocratie, le besoin d’un renouveau démocratique transpire par tous les pores du corps social, mais qui l’entendra ?  
 

Il a reçu ces temps-ci je trouve des ersatz de réponse, superficiels et approximatifs.
 


 

L’homme politique, l’homme d’état plutôt, est celui qui dans ces moments là, est capable de réaliser la jonction entre ce besoin induit par les réalités nouvelles, et la conscience diffuse que peut en avoir l’opinion.
 

C’est une autre manière de parler de l’existence ou non d’une « vision » chez tel ou tel politique, et de la qualité, de l’élévation, de cette vision…
 

(A cet égard, comme dit l’autre, y’a comme un malaise…)
 


 

…Or ne pénétrons-nous pas, à petits pas, ou à reculons parfois, dans un monde nouveau ?...
 


 

Donc continuons à débattre, mettre en doute, douter, nous affirmer, imaginer, combattre, nous insurger. Dans notre « camp » comme dans l’autre, sans sectarisme.
 

On ne pourra espérer approfondir la démocratie sans contester ce qui l’entrave et affirmer ce qui l’élève.
 


 

J.M. Bouquery 15/11/2006 09:56


Attention quand même les amis, à ce cartésianisme récurrent qui nous fait attendre des "idées" (souvent des mots) comme si elles vivaient séparées de notre corps social (avec ses habitudes obscures, humeurs troubles, attachements visqueux). Une présidentielle en France n'est pas une législative et la cohabitation est assez probable. C'est ce que montrent Fabius qui serre les lignes et Royal qui essaie de les faire bouger....Ne nous trompons pas d'épisode.
jm bouquery

Jean-Pierre 15/11/2006 09:23

Moi non plus, je ne goûte guère ces bavards routiers. J'ai entendu (et vu) Fabius hier soir sur une chaîne de télé nous expliquer gentiment qu'en fait le programme du PS a été pensé comme un outil de rassemblement de la gauche pour "battre la droite". Je pensais un peu naïvement que les programmes politiques portaient des idées de gouvernement, de réformes, de vision du futur. Je me suis encore trompé ! :-/

chantal JARJAT 14/11/2006 22:55

J'ai horreur des GPS et autres machines à décerveler et quand je me trompe je préfère que ce soit en me servant de la machine à penser que j'ai entre les deux oreilles ! Je voudrais aussi rappeler que les sondeurs du débat actuel ne s'adressent normalement pas aux français mais aux adhérents du parti socialiste qui doivent voter jeudi soir. Le scandale absolu c'est bien cette campagne interne rendue publique qui ne fais qu'ajouter à la confusion des citoyens et qui ,n'en doutez pas, risque essentiellement de lasser d'avance beaucoup d'électeurs qui se détourneront de la campagne officielle et peut-être aussi des urnes ! Les partis doivent sortir de leur bulle ! Allez voir comment les gens vivent  , faites votre boulot et rien d'autre !
chantal JARJAT   assistante sociale et adjointe au maire de La Voulte sur Rhône