En ce temps là

Publié le par Robert Bellec

Voici un petit conte issu du réel, qui  s'est passé en Europe, et qui donne à songer…

 

 En ce temps là, un homme menait ce pays d’une main de fer, un homme qui pour exprimer toute la puissance et la richesse du pays voulait affirmer, fortifier, et développer les structures d’Etat, les moyens de l’Etat.

Il voulait plus qu’un Etat fort, un Etat surpuissant.

Et ce notamment pour contrecarrer les visées d’une nation voisine, si dangereuse avec son Etat fort, et qui à cet égard lui apparaissait comme le modèle à surpasser.

L’Etat fort, pensait-il, était seul capable de conjurer tous ces périls venus du monde extérieur, et les dangers venus de l’intérieur.

 

 Les forces populaires, des partis divisés, des syndicats faibles, peinaient dans ce contexte à trouver une expression cohérente et qui compte.

Alors ces forces se sont clivées en trois tendances qui se sont affrontées à mort : une tendance Etatiste fortement tentée par une alliance avec ce « dirigeant patriote », jugeant que cet Etat fort et national, anti-bourgeois, serait favorable aux intérêts de la classe ouvrière.

Une tendance communiste ultra-gauchiste qui ne voulait aucune concession d’aucune sorte.

Et puis une tendance mondialiste, plus libérale et plus démocrate, s’est violemment opposée aux deux autres, jugeant que sur le long terme, les valeurs d’ouverture au monde, de démocratie et de liberté l’emportaient sur les considérations de court terme, les intérêts de court terme. Que la société libérale qu’il combattait constituait malgré tout un progrès incontournable et de toute façon un passage obligé.

 

 En ce temps là… C’étaient les années 60.

1860. Ce pays, c’était une grande partie de l’Allemagne actuelle, la Prusse.

Le dirigeant s’appelait Bismarck, et le leader ouvrier plus « libéral » se nommait Karl Marx.

 

 La nation « modèle » de Bismarck, en même temps que l’ennemi à abattre, c’était la France.

 

 150 années se sont écoulées, quand même. Ça ne donne pas à réfléchir ?

 

  Robert Bellec

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robert Bellec 01/11/2006 12:23

Je n'ai lu ni l'un ni l'autre. Mais je vais y remédier, merci.
Ce petit compte -- à clés multiple, à chacun d'y faire son miel-- m'a été inspiré par la confusion extrême des idées au sein de la gauche française, élucubrations, chiméres, nez sur le court terme, courte vue, que plus d'un siècle d'errements n'ont pas dissipés. A qui la faute ?...
 

Karl Marx s'est beaucoup trompé, et nous continuons à nous inspirer copieusement de ses apports erronnés et des erreurs sur ses apports, mais ce qu'il a apporté de lucide, de génialement novateur, semble enseveli sous les décombres de l'histoire
 

Amusant, les bégaiements de l'histoire. Et surtout les analogies à front inversé. L'ultra-gauche lénénisante qui n'ayant définitivement rien compris, habitée par ses chimères, prône la fermeture et l'antilibéralisme... entre autres...
 

Dramatique, qu'on ait oublié que si le mouvement ouvrier a fait ce chemin, c'est que Marx a lutté avec la dernière énergie contre toutes les idées fausses qui encombraient le socialisme-communisme de l'époque: idéalisme, bons sentiments, simplisme, courte vue, repli sur soi, anti-capitalisme primaire...
 

Je pense que rien ne se fera de positif aujourd'hui encore si la gauche française ne lutte pas avec la dernière énergie contre ses vieux démons, et en premier lieu contre le simplisme manichéen, l'égalitarisme comme seul horizon, et la tentation de l'esprit totalitaire qui conduit à penser : " je détiens la seule Vérité vraie".

Rien de bon sans ce courage déterminé.

J.M. Bouquery 29/10/2006 18:58


à suivre avec "une bréve histoire de l'avenir" par J.Attali
jm b

Stéphane Page 28/10/2006 17:23

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