Chirac parviendra-t-il à faire élire Ségolène Royal ?

Publié le par marc dHERE

Ségolène Royal se réjouit, le début de la campagne interne ne montre pour l’instant aucune remontée de ses rivaux et les divisions de la droite jouent en sa faveur. La relance de ces divisions mérite d’ailleurs qu’on s’y arrête un instant.

Après ses proclamations d’unité jusqu’au vote par l’UMP de son projet de privatisation de GDF, le Premier ministre, dès ce vote assuré a repris ses attaques contre Nicolas Sarkozy, relayé par Michelle Alliot-Marie et quelques ministres de moindre importance.  Sentant qu’ils en faisaient un peu trop, une mini trêve est tout de même  décrétée après le dernier Conseil des Ministres.

Et puis Sarkozy prononce à Périgueux, aux côtés de Thierry Breton et Douste Blazy un discours qui marquera peut-être un tournant de la campagne.

Ce discours de Périgueux est particulièrement intéressant à trois points de vue.

D’abord c’est un discours d’unité. Evoquant aussi bien De Gaulle que Jaurès, c’est un discours qui exalte la République et la Nation et qui situe l’action réformatrice de Sarkozy dans ce cadre. Se voulant le chantre de l’union de la majorité, il appelle dans le même mouvement à l’unité de la Nation. Pour quelqu’un présenté comme un homme de divisions et de conflit le contre-pied est assez réussi.

Deuxième intérêt, il démontre que les principes autour desquels se bâtit son projet (rupture, égalité des droits et des devoirs, discrimination positive, récusation de l’étatisme et du dirigisme, politique d’immigration,  refus du masochisme national…) sont compatibles avec les principes républicains et la nécessité d’union nationale.

Enfin il annonce, dans le même esprit, certaines mesures sociales décoiffantes : droit au logement opposable (c'est-à-dire obligation pour les pouvoirs publics de fournir à chacun un logement sous peine de sanctions judiciaires), liaison entre diminution des charges sociales et augmentations des salaires, retraite intégrale pour les mères de famille, indemnité de chômage équivalente au dernier salaire liée à la recherche active d’emploi, prise en charge de la dépendance……

Alors, bien sûr, on peut penser que tout cela n’est que «  paroles verbales », qu’il nous refait le coup de la « fracture sociale » de Chirac…..C’est vrai qu’on peut avoir des doutes (et à IES on n’a pas tendance à croire sur parole le ministre candidat) et avant de se prononcer, on devra attendre des précisions, des explications, et des chiffrages….Les actions entreprises – ou non-  par le candidat dans son département des Hauts de Seine, pouvant aussi nous permettre  de juger de la crédibilité de ces propositions.

Il n’en reste pas moins que voilà un langage qui sans être contradictoire avec le précédent  montre un infléchissement « populaire » (de Villiers a dit qu’il se dirigeait vers le socialisme) ….Infléchissement  qui prive d’air et d’espace les chiraquiens dont l’angle d’attaque vis-à-vis de Sarkozy était son prétendu déficit sur le plan social et les valeurs de la République ….

 

Alors il faut, pour le petit clan, réagir vite et fort. Chirac ne peut rien dire, Villepin et MAM qui sortent d’une semaine d’escarmouches et ont choisi une « mini trêve », ne le peuvent pas davantage, reste Debré ! Alors c’est lui qui sonne la charge, mais il le fait à sa façon qui n’est  ni particulièrement subtile ni exagérément élégante….tant et si bien que c’est lui – c’est eux- qui apparaissent comme les diviseurs et non celui qu’ils visent et accusent…

 

Cela dit ces attaques répétées ont leur effet et la victoire de Sarkozy devient de jour en jour plus aléatoire. C’est bien ce qui leur importe. Ils savent tous que ni Chirac, ni Villepin ni MAM n’ont la moindre chance de gagner….Mais ils savent aussi qu’une victoire de Sarkozy les écarterait, ainsi que leurs obligés, des affaires pendant un certain temps.

 

Pendant ce temps Ségolène règne sur les sondages, et se dirige tranquillement vers la désignation par les militants du PS….et plus sans doute.

 

Après avoir réussi à faire élire Mitterrand  contre Giscard en 1981, Chirac parviendra-t-il à faire élire Ségolène en 2007 ? …….On attend avec impatience les prochains épisodes de ce feuilleton….

 

Marc d’Héré

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

marc d HERE 03/11/2006 08:17

Dans la concurrence implacable qui l'oppose à Sarkozy, Villepin faisait état de sa "forte" remontée dans les sondages ( il recommençait à dépasser les 30%!)....Patatras, deux sondages successifs lui font perdre 5 points (CSA) et 2 points (Sofres)....ET Chirac qui retoque son idée grotesque de faire téléviser les Conseils des ministres .........Et l'affaire Clearstream qui repointe son nez.....
marc

marc d HERE 26/10/2006 09:48

Comme vous le savez peut-être, "paroles verbales" est une expression humoristique....
marc

ninette 26/10/2006 09:18

juste : PAROLES VERBALES !!!QUEL PLEONASME!!DES PAROLES NE PEUVENT ETRE AUTRES QUE VERBALESOU ALORS SE SONT DES PAROLES MUETTES!!!!!!

BODIN Claude 19/10/2006 19:36

J'ai pu vérifier plusieurs fois l'efficacité redoutable de Nicolas Sarkozy,sa rapidité à répondre aux courriers qu'on lui adresse,sa réactivité immédiate à l'évènement quelqu'il soit,etc... je crois qu'il est de taille à neutraliser le petit clan chiraquien et à retourner en sa faveur les coups qu'on lui porte,de quelque bord qu'ils puissent venir !
J'ai le sentiment que c'est la prise de conscience de la majorité de l'opinion publique que la situation est grave et qu'il faut un Président de grande autorité,de grande fermeté aux idées arrêtées et novatrices qui  conduira le choix des gens de la France profonde.Est ce le cas aujourd'hui ?  Peut-être pas encore mais je pense que ce sera en définitive ce qui se passera.
Claude Bodin.

jlg 17/10/2006 22:41

Loin de moi l'idée d'assimiler Sarkozy à Le Pen.
Faire campagne en opposant des catégories de citoyens à d'autres ne me parait pas digne de la fonction convoitée.
Au fond je crois que l'adversaire qui lui "correspondrait " le mieux serait encore Bernard... Tapie.
Bien à toi, ami Marc.