Social-démocratieet socialisme libéral (suite)

Publié le par Frédéric Coste

Le débat sur le caractère du socialisme Français et son évolution se poursuit

 

Je reviens sur la phrase de Marc d’Héré, reflétant « l’avant-gardisme » de la gauche française

qui pense guider le peuple de l’Europe vers la voie du salut socialiste : 

« Derniers  révolutionnaires, quand  en Europe les autres partis de gauche étaient sociaux-démocrates,  les socialistes Français vont se retrouver les derniers sociaux démocrates dans une gauche européenne  largement devenue sociale libérale »

 

La gauche Française souffre de divers travers, mais les plus significatifs, apparaissent

en trois défauts, qu’elle pense  être des  qualités  qui la singularisent et la font – pense t-elle – citer en exemple.

 

 C’est justement le fait d’être travaillée par l’idée révolutionnaire, de se penser « à l’avant-garde de la lutte », qui confère à cette gauche un sentiment de supériorité. Ce vertige

qui saisit l’ensemble des protagonistes ne pourra, processus de « révolution »

oblige, être contesté ou corroboré qu’une fois qu’à la fin du processus.

Le fait de se penser investi d’une mission exonère ses partisans de devoir

se justifier –la justification n’interviendra qu’à la fin du combat. Ils

auront raison jusqu’à ce qu’un régime socialiste soit mis en place, en

conformité avec leurs aspirations cela va de soi –dans le cas inverse, il leur suffira de soutenir certains artifices comme ceux qui ont  prévalu dans le cas de la mort du

stalinisme qui  laissait la voie libre à l’expression d’un « authentique »

communisme trotskiste.

 

 Un deuxième élément qui habite sans doute l’inconscient de nombres de Français,

dans la lignée de l’esprit révolutionnaire que l’on a évoqué, est la viscérale

croyance d’être un modèle pour tous les autres Etats. Etant donné notre

intime conviction d’avoir des idées novatrices, il ne reste plus qu’à tenir bon,

jusqu’à ce que d’autres, les plus éclairés bien évidemment, nous suivent.

N’a-t-on pas rencontré un jour tel ou tel dirigeant –et pas que socialiste-,

nous inciter à nous engager en politique pour changer le monde ! On saluera bien

entendu la modestie de l’ambition.

 

 Le troisième élément, qui mêlé aux précédents fait des ravages dont

nos instruments d’évaluation –tels que l’échelle de Richter- sont trop limités

pour en donner toute la mesure, est le conservatisme de gauche –bien

identifié par Marc d’Héré. Ainsi, en résulte-il une cécité à gauche, dont la

persuasion du bien fondé de son action qui ne peut être remise en cause comme on

l’a vu, fait croire à ses partisans que la défense de l’ordre établi est un

juste combat.

Mais même quand ils seront sociaux-démocrates avant de devenir

« sociaux-libéraux », en prendront-ils conscience ?

 

Frédéric Coste

Publié dans Réflexion politique

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