Réflexions sur les médias

Publié le par marc dHERE

Les 

 

Les  médias  par leur rôle d’information et d’éclairage du monde,  remplissent  des  fonctions de vigilance critique et de  régulation de la démocratie. Ils ne peuvent ignorer la responsabilité qui est  la leur dans la mesure où, en fixant bien souvent  l’agenda ou le rythme politique, en suscitant les débats,  en permettant ou limitant l’expression, ils contribuent à   façonner l’opinion.

 

La confiance dans les  médias comme source d’information ne cesse de se détériorer.  Notre  presse écrite quotidienne qui  est  la plus chère et la plus aidée d’Europe,  est aussi  une des moins lues. Les médias audiovisuels sont de piètre qualité, le « 20 heures » de TF1, le journal le  plus regardé d’Europe est loin de se situer  au niveau  qu’exigerait  cette responsabilité.  Les journalistes figurent parmi les professionnels les moins admirés ou les moins respectés des Français.  Pour renverser cette situation dommageable, y compris pour la démocratie, le sursaut doit venir d’abord et essentiellement des professionnels.  En effet si la  démocratie suppose l’indépendance des médias, sa qualité exige qu’ils l’exercent en acteurs responsables. L’approfondissement des principes de déontologie  et le contrôle de leur   observation  doivent  émaner   de la profession elle-même qui doit assurer, c’est un minimum,  l’application  des règles que sont  le respect des faits et leur vérification, la séparation des faits et du commentaires, le  refus de caricaturer la réalité pour la rendre plus « vendable », le  refus de  recourir  abusivement  à l’émotion, souvent dans ce qu’elle a de plus primaire … Règles évidentes mais  souvent ignorées, y compris au sein du service public.  Parmi d’autres, on pourrait éviter une déviation dangereuse pour la vie démocratique   qui  tient à la tendance  au catastrophisme, à  privilégier le coté négatif d’une information, d’une décision. Il semble que l’on ne puisse passer pour libre et intelligent que si l’on critique et si l’on dénigre et Alain Finkielkraut dit à peu près qu’être moderne ou vouloir le paraître c’est être mécontent.  Avec un humour qui n’enlève rien à la justesse de l’observation, Eric Le Boucher commençait  un article par ces mots: « Il n’est jamais très bien vu pour un journaliste de donner des bonnes nouvelles…. »    Quand on sait à quel point la  motivation, le dynamisme  d’un pays  dépendent de  la confiance des acteurs économiques et des citoyens, il est certain que la tendance des médias à peindre en noir le présent et l’avenir,  influent  sur la construction de  cet avenir.  Sans tomber dans l’admiration béate et l’approbation systématique -  danger qui  nous  menace assez peu – sans peindre en rose la réalité ce qui serait également grave,   les médias doivent s’interroger sur cette tendance négative qui est la leur,  et à ses conséquences.  Curieusement, cette propension au  dénigrement, cet apparent esprit critique se conjugue, particulièrement  pour des sujets touchant aux relations internationales, avec la soumission à  une « pensée unique »   tout  aussi dommageable. La guerre en Irak, les élections présidentielles  américaines de 2004, les graves incidents de l’automne 2004  en Côte d’Ivoire, la guerre au Liban  n’ont été éclairés d’aucune opinion,  d’aucun témoignage important, d’aucun questionnement réel, contraires à la ligne officielle. La recherche en interne de la qualité et l’auto régulation peuvent se traduire  par la création d’une instance de réflexion,  d’arbitrage et  de contrôle, composée en majorité de représentants de la profession (patrons et journalistes) mais ouverte aussi  à des représentants du monde associatif.

 

On peut également   prévoir  une extension des prérogatives du CSA (qui serait nommé par le Parlement à une majorité qualifiée) à  l’ensemble des médias, l’autorisant à  mettre en évidence certaines  dérives graves notamment  en matière de respect de la dignité humaine et des libertés fondamentales.  Il pourrait  se voir reconnaître également des capacités d’intervention pour  favoriser  le pluralisme et la concurrence de la presse écrite comme audio visuelle. L’indépendance des médias, notamment vis-à-vis des pouvoirs économiques ou politiques  doit être garantie et cela conduit aussi bien  à interdire pour des grands   groupes en situation de quasi  monopole ou dépendants de  commandes publiques d’y tenir une position dominante,  qu’à imposer  le respect d’un  seuil de concentration inter médias. Dans ce cadre,  on peut maintenir un secteur audiovisuel public, qui, pour autant qu’il sache satisfaire une audience large en apportant  un « plus »  en terme de qualité, d’éthique, de diversité   par rapport au secteur privé,  représenterait  un  facteur d’équilibre dans un domaine  essentiel pour la culture collective  et  la démocratie. Pour lui donner toute la puissance nécessaire  il faudrait ne conserver qu’une seule  chaîne généraliste  qui recevrait la quasi  totalité du financement public, marginalement   complété par de  la publicité institutionnelle.   Le CSA  aura    également pour responsabilité de   favoriser   le déploiement des nouvelles technologies de l’information et des réseaux, d’en faciliter un égal accès pour tous et tendre à  une co-régulation avec les acteurs du marché.

 

 

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

brierre 31/08/2011 18:08



cet article est tellement vrai que la réalité ne changera pas de si tot



marc d Here 23/11/2007 14:04

Un comité stratégique du groupe Le Monde se réunira le 4 décembre pour examiner les orientations du groupe de presse, a-t-on appris auprès de la direction, alors que syndicats et salariés redoutent l'annonce d'un plan de départs volontaires, voire d'un plan social. Le prétendu quotidien de gauche vat-il licencier?