Deux ou trois choses que j'ai lues de Bernard Kouchner

Publié le par Gilles Norroy

« Cessons de mentir à ceux que nous prétendons rendre plus heureux. Nous avons voulu changer la vie mais c’est le monde qui a changé et la gauche ne peut se réduire à une nostalgie. »

 

Cette première phrase donne le ton du livre de Bernard Kouchner « deux ou trois choses que je sais de nous[1] ».

 

Il ne s’agit pas de corriger à la marge la déferlante des programmes des candidats socialistes à l’élection présidentielle, ni d’amender le projet lui-même, mais de repenser la gauche dans son ensemble, de lui rendre sa modernité.

 

 

J’ai particulièrement apprécié dans le livre de Bernard la remise en perspective de la situation de la France à l’aulne du monde et son insistance à mettre l’accent sur la tragédie programmée de l’accroissement de la dette : on est loin du projet de fonctionnaires à l’usage d’autres fonctionnaires qui semble inspirer le programme officiel du Parti Socialiste.

 

J’ai aimé les fortes pages qu’il consacre à la défense active des droits de l’homme, à la solidarité, à la lutte qui ne doit pas cesser contre les inégalités « qui cisaillent le monde », au respect des communautés qui est le contraire du communautarisme.

 

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un livre programme, il s’efforce de  redonner des bases à  un projet de gauche qui ne soit pas tributaire de l’étatisme dépassé qui le caractérise à ce jour et  j’ai apprécié d’y trouver des propositions issues des rencontres de la Fabrique démocratique qui se sont déroulées à travers la France , « de Louviers à Narbonne »  avant les congés d’été.

 

 

J’en retiendrai particulièrement quelques unes :

 

  • Le système de golden parachute étendu à la totalité des employés : celui dont l’emploi est supprimé se voit remettre une somme proportionnelle à son ancienneté mais ne commence à percevoir le chômage qu’à partir du moment où le nombre de mois de salaires qu’il a perçu est écoulé. S’il retrouve du travail avant, il gardera la somme perçue. On incite le salarié à rechercher rapidement un emploi plutôt que de tomber dans ces trappes à chômage dont ont sait combien il est difficile de sortir.

     

  • Les fonctionnaires cotiseraient aux Assedic qui seraient étendues aux artisans et petits entrepreneurs.

     

  • Les postes de travail non pourvus pourraient être proposés à des travailleurs d’autres pays

     

  • Les projets de loi seraient soumis à une obligation de comparaison européenne pour s’inspirer de l’expérience des autres pays.

     

  • Et puis les quatre réformes qu’il envisage pour l’administration : révision de son train de vie, réévaluation de ses missions,  redéfinition de son fonctionnement, réduction de ses effectifs….

     

Bernard procède également à une critique du programme du parti socialiste, en dénonçant particulièrement l’absurdité de l’abrogation de la loi Fillon sur les retraites, la renationalisation d’EDF.

 

D’accord avec lui pour dire que la « fin du dogmatisme n’est pas d’actualité » et pour espérer qu’on en vienne enfin «  au réformisme moderne, à cette social-démocratie adoptée par tous les partis socialistes européens sauf le nôtre ».

 

 

Il y a quelques mois j’avais lancé un appel à Bernard Kouchner «  présentez –vous ».

 

Celui-ci demeure d’actualité.

 

Je sais par ailleurs qu’il a présenté sa candidature à la présidence de l’OMS.

 

Une des responsable de Réunir avec laquelle j’évoquais ce sujet, me disait : «  si cela aboutit, j’en serai très heureuse pour Bernard à titre amical, mais triste pour mon pays, en pensant au Président qu’il pourrait être ».

 

Je partage ce point de vue. J’ai entendu Bernard sur la Cinq dans l’émission de F.O. Giesbert, il ne s’interdit rien.

 

Alors à nouveau, après avoir lu votre livre, cher Bernard, je veux vous dire  ne laissez pas la gauche s’incarner dans la seule campagne médiatisée de Ségolène Royal, montrez qu’il peut exister une autre ambition pour la France et d’autres propositions pour y répondre. .

 

 Bernard Kouchner, présentez vous !

 

 

Gilles NORROY

 

Conseiller Municipal de Nanterre, Membre du bureau  d’Initiative Européenne et Sociale

 



[1] « Deux ou trois choses que je sais de nous », publié  en septembre 2006 chez Robert Laffont. 9,50 €

Publié dans Réflexion politique

Commenter cet article

B. Kouchner 08/10/2006 18:30

Merci cher Gilles pour cette opinion sur "deux ou trois choses...".Je crois sincèrement que la politique française gagnerait à réfléchir dans le sens indiqué  par ce petit bouquin. L'OMS puis on verra. Je ne m'interdis rien.AmitiéBK

marc d HERE 05/10/2006 14:31

Deux nouvelles  choses que je relève au fil de  ma lecture du livre de Bernard Kouchner:
une formule: "la vie, cette maladie mortelle et sexuellementtransmissible"...
une proposition: diminuer de moitié les cotisations patronales sur les bas salaires à la condition que les sommes ainsi économisées soient immédiatement consacrées à la création de nouveaux emplois...
marc

Jean-Pierre 02/10/2006 17:48

Evidemment, ces propos sont une jolie pierre dans le jardin pu PS.

marc d HERE 02/10/2006 13:19

Il est encore temps de signer et de faire signer l'APPEL à la candidature de Bernard Kouchner.
marc