Politiques fossiles et politiques renouvelables

Publié le par Gilles Norroy

On oppose les énergies fossiles qui puisent dans un stock limité (charbon, pétrole) et celles qui sont renouvelables (éolien, hydraulique, biocarburants).

 

Cette opposition est-elle transposable en politique ?

 

Les politiques fossiles utiliseraient ainsi toujours les mêmes concepts et le même stock idéologique.

 

Prenons quelques exemples.

 

A gauche le programme du Parti Socialiste relève clairement de la politique fossile :

 

Toujours les mêmes recettes en 2006 comme en 1981 : nationalisations, augmentation des dépenses de l’état, concession aux corporatismes fonctionnaires, sur les retraites notamment.

 

La mondialisation, l’explosion de la dette publique, les menaces terroristes et les défis environnementaux ne questionnent pas ces belles certitudes, on ne change pas une politique qui perd…chaque fois qu’elle gagne les élections.

 

A l’extrême gauche, communistes et trotskistes rivalisent pour aller chercher chez leurs grands auteurs du 19 ° siècle, des solutions pour le 21 ° siècle. Le goulag, l’effondrement du mur de Berlin, la dictature effroyable des derniers partisans de leur thèse n’altèrent en rien leur volonté de continuer à exploiter leurs mines de désespoir et de rêves fous.

 

A droite Le Pen puise toujours dans la carrière encore abondante de la xénophobie et Chirac dans celle du colbertisme et de l’état providence et UMP.

 

Ces politiques fossiles amènent les commentateurs politiques à parler de plus en plus d’épuisement des modèles. C’est le cas notamment du modèle social-démocrate traditionnel de l’Etat providence. Leur échec en Suède semble donner raison aux partisans de cette thèse.

 

On voit bien que les politiques fossiles se caractérisent par un dilemme toujours cornélien entre le respect des identités fondatrices et l’impérieuse nécessité de s’adapter. Le Parti Socialiste en est l’exemple type qui fait métier et vertu de prêcher dans l’opposition les promesses qu’il ne tiendra pas quand il sera au pouvoir. 

 

A l’inverse quelles seraient les caractéristiques des politiques renouvelables ?

 

Sans doute le souci de coller aux réalité du moment, d’avoir de l’humilité par rapport aux contraintes du réel.

 

Ensuite la volonté de créativité, de sortir des sentiers battus, d’expérimenter pour être efficace.

 

Peut-être aussi du courage pour ne pas céder aux démons des vielles recettes.

 

La ténacité pour voir loin les défis de demain.

 

Enfin l’intelligence de se remettre en cause à la lumière des faits, la capacité de changer.

 

Quelques hommes ont incarné peu ou prou cette démarche en France : Mendès France, Jacques Chaban Delmas et sa nouvelle société, Michel Rocard.

 

Etre de Gauche devrait se caractériser pour moi par cette volonté d’être tendu vers l’avenir plus que le passé, de vouloir le changement plutôt que la conservation ou la régression.

 

Mais je conçois bien que l’on puisse venir de la droite et partager ces idées.

 

Une raison peut-être pour dépasser ce clivage et rassembler les énergies…. renouvelables.

 

 

Gilles NORROY

 

Septembre 2006

 

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IES 21/09/2006 11:14

Je mets en commentaire ce petit mot reçu d'anne Mansouret.
Depuis quelques jours le FN fait campagne. Nous devrions tous  recevoir,dans nos boites aux lettres (postales...), un petit questionnaire à remplir et à  renvoyer dans une enveloppe T. 

ATTENDEZ AVANT DE TOUT JETER ... La particularité de l'enveloppe T, si vous la renvoyez, c'est qu'elle est  payée par le destinataire, donc par le FN. Comme les règles de financement des campagnes électorales sont assez strictes, les fonds qui seront dépensés  pour ce routage ne pourront être utilisés pour d'autres tracts ou  affiches. 


Alors, jetons le questionnaire, mais renvoyons tous notre enveloppe T  au FNen la garnissant à notre goût...

XWZ