La tentation Française

Publié le par Jean-Paul Lahaye

Qu'une femme puisse accéder prochainement à la magistrature suprême dans notre pays ne relève plus de la science-fiction. Quoi que nous pensions de celle qui pourrait se trouver ainsi "en situation", avouons que la perspective ne manque d'avoir quelque côté séduisant. C'est ce que l'on pourrait appeler "Une tentation française".

 

N'est-ce pas précisément là que le bât blesse ?

 

 

Une question étrangement oubliée

 

On glose beaucoup sur Ségolène - tant en excès d'honneur qu'en abus d'indignité - et l'on se demande ce qui n'a pas encore été dit sur elle. Bien des chose, sans doute…Elle n'est pas au bout de ses peines. Elle le sait. Elle s'y attend et ce n'est pas tellement ce qui la gêne. Gageons même que cela la renforcerait plutôt. Par contre, quand va-t-on entendre un peu fort poser cette question, pourtant évidente : "Mais avec qui pourrait-elle donc bien gouverner ?".

Pour ma part, je la pose souvent. Et j'entends généralement que l'on me répond : "Elle trouvera bien quelque Babar pour retourner sa grosse veste". Plusieurs, même, à n'en pas douter… Mais est-ce là le changement que nous attendons ?

 

Non pas "Qui?"… Mais, plutôt "Avec qui ?"

 

On a souvent souligné le caractère très "personnel" de l'élection présidentielle française : "La rencontre d'un homme - voire aujourd'hui d'une femme - et d'un peuple".

Et si cette tradition n'était plus de saison ?

S'il y a une "bulle spéculative Ségolène", elle ne tient pas tant aux qualités intrinsèques de l'intéressée, à son expérience ou inexpérience supposées, aux compétences ou incompétences qu'on lui prête. Elle tient, précisément, à cette personnalisation qui fait que l'on se pose si fort la question du "Qui?" que l'on occulte complètement celle du "Avec qui ?".

Dans ces conditions et au train où nous allons, la bulle explosera de toute façon, au mieux avant, au pire, après l'élection.

 

D'où viendra le changement ?

 

Et, au bout du compte, on s'apercevra qu'il ne s'agissait pas seulement de Ségolène. La question mériterait aussi bien être posée à propos de Nicolas Sorkozy ou de n'importe quel autre prétendant. Car, d'où viendra le changement que nous attendons ? Sûrement pas uniquement de consacrer un homme, ni même une femme, fut-ils de génération nouvelle. Qu'a-t-on en effet à espérer de l'un ou de l'autre, s'il doit composer avec la même classe politique, les mêmes syndicats, le même appareil étatique, sous les feux des mêmes médias ?

Si l'on s'avise de poser seulement un instant la question, la réponse saute aux yeux et tient en un mot : rien !

 

JPL

 

Publié dans Vie politique

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marc d'HEREm 21/09/2006 20:41

Bien sûr, Jean-Paul, tu as en partie raison, mais on n'a pas le droit de se laisser aller au pessimisme.....Les deux candidats que tu cites ont au moins envie que les choses changent ( ce qui n'est pas le cas d'un Jospin à gauche ou d'un Villepin à droite), ils le disent, même quand cela dérange. C'est déjà quelque chose...Auront-ils les moyens?...J'ai déjà écrit que sur ce plan je pense que Sarkozy aura les mains plus libres que SégolèneRoyal,cadenassée par son parti et ses alliances....Mais je me trompe peut-être.
Et puis il y a tout ce que nous pouvons dire et faire. Ne partons pas battus, soyons nombreux à prendre nos responsabilités.
marc

carolus 18/09/2006 18:17

Alors sans attendre on commence par supprimer le cumul des mandats?