Chirac, le retour (risqué)

Publié le par Eric Ascensi

La composition de la FINUL renforcée, qui se met en place au Liban, est unique dans l’histoire de l’ONU, du moins dans une configuration de « maintien de la paix » ou « d’interposition ». La comparaison n’étant évidemment pas à faire avec les guerres conduites sous mandat de l’ONU.

  Dans ce cadre seulement le déploiement actuel est sans précédent : les casques bleus disposeront, grâce à la France surtout, de chars lourds (notamment chars Leclerc), de blindés de l’infanterie mécanisée (AMX 10) d’artillerie lourde automotrice de 155mm (déjà utilisée en Bosnie sur ordre de Chirac, contre les Serbes, mais par une « Force d’action rapide » ad hoc). Au total l’ONU, au Liban, disposera d’une force de combat réellement dissuasive et efficace ! Je ne vous cache pas ma surprise, pour ne pas dire ma stupéfaction, et j’en donne crédit au président de la République dont je ne suis pourtant pas un chaud partisan (doux euphémisme!).

 Il reste à savoir dans quelle mesure ce dispositif impressionnant sera utilisable dans le contexte libanais. Théoriquement, un tir de roquettes ou de missiles venant d’où que ce soit au Liban pourrait-être stoppé en quelques minutes par un feu de contre batterie de l’artillerie française, dont les moyens d’action seraient garantis par une observation précise du « champ de bataille » (moyens électroniques embarqués, aériens, satellitaires, ou grâce à des observateurs sur le terrain). L’un des paradoxes de cette situation consiste cependant à confier la mission de pacification principale à l’armée la plus impuissante –celle du Liban- en « surfant » dans un décor politique particulièrement complexe !  

 Pour conclure, grâce à l’effort significatif entrepris avec nos alliés italiens et espagnols, la mission au Liban pourrait être un acte fondateur de la coopération militaire européenne (le précédent commandement « EUFOR » en Bosnie n’étant qu’une transformation de la « SFOR »-OTAN) et sera peut-être une avancée notable pour l’ONU, si toutefois cela ne débouche pas sur un fiasco dans un pays où les milices et les terroristes ont pris la mauvaise habitude de « faire la loi ».

 Eric Ascensi

 deux infos dont je viens de prendre connaissance et qui complètent le sujet :

 1. Lundi 13h40 : Au premier jour de sa tournée au Proche-Orient, tandis qu'il visitait les ruines d'un des quartiers chiites du sud de Beyrouth, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, s'est trouvé encerclé par une foule en colère de partisans du Hezbollah et a dû être rapidement évacué par les services de sécurité.

 2. Le premier ministre libanais, Fouad Siniora, a annoncé, lundi 28 août, que l'armée libanaise avait commencé à saisir "des armes sérieuses" au Hezbollah.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Jacques Heurtault 30/08/2006 19:18

Je ne demande qu'à croire à l'efficacité du nouveau dispositif. Pour autant, je n'y parviens pas. Si ça marche tant mieux. 

Guillaume 30/08/2006 15:54

The Middle East crisis has exposed weaknesses in EU foreign policy with the25-member bloc reacting too slowly to stop the destruction of Lebanon,president Jacques Chirac said at an annual gathering of top Frenchdiplomats in Paris on Monday.Lu sur EUOBSERVER.COMChirac contribue à la FINUL mais ne perd pas une occasion de donner des leçons à nos voisins européens !