Ensemble, modernisons la France

Publié le par C. Blanc, J.M. Bockel, A. Lambert

L'appel de Christian Blanc, Jean-Marie Bockel, Alain Lambert, dont nous vous avons déjà parlé( voir "Bockel tacle le projet socialiste") est publié aujourd'hui par "Le Monde"...

Par manque de lucidité et de courage politique, la puissance publique française a peu à peu perdu contact avec la modernité. La situation est aujourd’hui dégradée à un point tel que l’équipe dirigeante élue en 2007 sera investie d’une responsabilité historique. Si la France ne renoue pas avec le dynamisme, le processus d’unification de l’Europe sera stoppé et l’ambition européenne d’une société solidaire dans une économie de marché réduite à néant. Rien ne pourra alors contrebalancer l’hégémonie des Etats-Unis et de la Chine, avec des risques pour la paix dans le monde.

 

 La tâche est immense et ne peut plus être repoussée, sauf à prendre le risque de voir  la France se désagréger dans des convulsions violentes. Mais la tâche est aussi délicate, elle ne pourra être menée à bien le moment venu que si elle a été bien préparée en amont. C’est pourquoi nous estimons que notre responsabilité d’élus est de mettre à profit l’année qui nous sépare des échéances électorales pour créer les conditions d’un sursaut collectif.

 

 

 Dans ce but, nous avons décidé d’unir nos forces au sein d’un comité d’action pour la modernisation de la France. Cette démarche au dessus des partis politiques est rendue possible par un diagnostic partagé et des convictions identiques sur la méthode pour réformer.

 

Le diagnostic peut être résumé en trois points.

 

 Premièrement l’économie française patine, elle ne profite pas du dynamisme mondial et gâche ses potentiels, ce qui se traduit pas une croissance molle.

 

 

 

Deuxièmement, rares sont les domaines d’intervention de la puissance publique qui n’ont pas besoin d’une refonte de leurs modes de fonctionnement. Education, solidarités, recherche… partout l’organisation est inadaptée. A tel point que même une augmentation des moyens ne permettrait pas de progrès sensibles.

 

 

 

Troisièmement, l’endettement de l’Etat a atteint un niveau insoutenable et fragilise notre édifice national. La dette est une contrainte qui impose que les réformes s’accompagnent d’une baisse globale de la dépense publique de l’ordre de 20%. Et ce au moment où un effort devra être consenti pour la recherche et l’enseignement supérieur. Mais cette contrainte peut aussi être une chance. En effet, éteindre un problème en distribuant des subsides n’est plus une option disponible : quand les caisses sont vides la démagogie et la lâcheté ne peuvent que s’effacer devant l’intelligence et le courage.

 

 

 La méthode pour réformer repose sur trois fondamentaux.

 

 

 D’abord, toute réforme doit s’appuyer sur une analyse lucide. Le scénario classique d’une élection présidentielle voit les candidats multiplier les promesses, avant que l’heureux élu ne commande un audit pour voir ce qu’il va être possible de tenir… Il faut inverser cette logique, les propositions des candidats doivent être basées sur un audit préalable. Pour 2007, le rapport Pébereau sur la dette publique constitue un tel audit.

 

 

 Ensuite, on ne peut réformer que de façon globale et cohérente. La méthode des petits pas est vouée à l’échec car chaque petit pas se heurte à l’incompréhension – et donc aux résistances – des populations concernées. Tant et si bien que la succession de petits pas se termine par un piétinement inefficace, coûteux et démoralisant.

 

 

 

Enfin, il n’y a pas de réforme possible sans légitimité électorale. Seules les réformes clairement présentées pendant la campagne pourront être menées à bien.

 

 

 

 

Conséquence de ces trois fondamentaux, c’est en amont de la campagne électorale que se joue la modernisation de la France. Aussi, pour créer les conditions de la transformation sociale du pays, nous souhaitons rencontrer tous les acteurs de la définition d’un nouveau pacte social. Les différents syndicats, bien sûr, mais aussi le monde associatif et plus largement les corps constitués qui souhaitent jouer un rôle dans l’évolution du pays. Au terme de ces échanges, nous présenterons les grandes lignes d’un pacte social en prise avec le monde d’aujourd’hui, ainsi qu’une méthodologie pour le mettre en œuvre.

 

 

Ce « manifeste pour la modernisation » sera rendu public en janvier 2007, peu de temps avant que chacun des candidats à l’élection présidentielle ne dévoile la vision de la France qu’il propose aux Français. Né de discussions avec le mouvement social, le manifeste sera soumis à l’approbation des milliers d’élus locaux qui auront à jouer le rôle crucial de pédagogues pour que la France relève les défis qui l’attendent.

 

 

 


Notre démarche est fondée sur l’optimisme et la confiance dans l’aspiration des Français à une fraternité renouvelée. Selon nous, l’idée d’une France irréformable est non seulement un renoncement coupable, mais aussi un contresens historique. Au cours de notre histoire, il est souvent arrivé que des hommes et des femmes de bonne volonté mettent en commun leurs énergies pour initier les bouleversements qui ont permis à la France

 

de rayonner. Les derniers exemples remontent à 1946 et 1958. C’est d’une impulsion collective de cet ordre dont notre pays à aujourd’hui besoin pour que s’expriment tous ses potentiels de créativité et de solidarité. Nous savons que c’est indispensable, nous voulons prouver que c’est possible.


Christian Blanc, Député apparenté UDF, Président d’Energies2007

Jean-Marie Bockel, Sénateur PS, ancien Ministre

Alain Lambert, Sénateur UMP, ancien Ministre

Publié dans Vie politique

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Pierrick 05/07/2006 15:03

J'approuve totalement l'initiative de Christian Blanc, jean-Marie Bockel et Alain Lambert, et me propose de la diffuser pour mobiliser dans le même sens en Bretagne.

marc d HERE 04/07/2006 15:59

Oui, Jean-Pierre et Jacques, je trouve aussi cette initiative très intéressante....Elle est tout à fait dans la ligne de ce que nous voulons faire à IES. Bien entendu, nous la soutenons et dans toute la mesure du possible nous l'accompagnerons.
marc

Jean-Pierre 04/07/2006 11:50

Enfin des élus de tous bords font fi de leurs idéologies respectives pour tenter de donner un nouveau sens à la politique française et européenne. J'ATTENDAIS ÇA DEPUIS LONGTEMPS ! ;-)))

Jacques Heurtault 03/07/2006 22:57

Je souscris avec enthousiasme à cette démarche. Ce qui compte, ce sont les idées ... en particulier les ... miennes (il faut bien que je fasse ma pub!). Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens de bonne humeur, ce soir.