Café citoyen avec Roland Cayrol

Publié le par IES

A l'occasion de la sortie de son livre "la nuit des politiques" IES a reçu , mercredi 28 juin 2006 à l'Entrepôt, dans le cadre de ses cafés citoyens,  Roland Cayrol.

Ce dernier nous a fait le plaisir de répondre pendant plus d'une heure et demie aux questions des membres d'IES et de leurs invités


Voici le podcast (la bande son intégrale) du café citoyen d'IES du 28 juin 2006. Vous pouvez également télécharger le fichier MP3.

Publié dans Réflexion politique

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uguen bernard 01/07/2006 12:23

Tout à fait d'accord avec Monsieur Cayrol et Changez2007.

La nécessaire précarisation du pouvoir politique
 
 

Le personnel politique s’accroche à ses mandats. Qui n’a pas entendu dans sa municipalité , un maire, après un règne déjà trop long,  confondre le fauteuil du premier magistrat de la commune, ou la mairie de sa ville, avec son propre rocking-chair ou sa propre maison. « C’est ma place, ma mairie, ma ville ».  C’est pourtant les mêmes qui, face  aux concurrents lors des campagnes électorales, et pour les décrédibiliser, leur  explique  en permanence que «personne n’est indispensable et que les cimetières en savent quelque chose. ! » . Maxime fatidique  qu’ils devraient pourtant s’appliquer à eux-mêmes.
 
Aujourd’hui, on ne compte plus les critiques, analyses de notre système démocratique  qui regrettent, jusqu’au désespoir parfois, le non-renouvellement du personnel politique. Nos représentants sont des dinosaures de la scène politique. Ils sont indéracinables. Ils perdent un mandat, vous croyez qu’ils disparaissent ?  mais non ils renaissent de leurs cendres, qui comme sénateur, qui comme député européen, qui dans un exécutif régional qui dans sa mairie.  Il y a toujours un siège en réserve ; une poire pour la soif . A la limite, on se recase pour une traversée que l’on appelle du « désert », ou pour une croisière  dite  à «Venise», dans les méandres du parti, pour ré-enclencher le mécanisme cumulatif.
Dans le monde politique si l’on n’est pas précaire, du moins on est  flexible et on ne craint pas les délocalisations.
 
Le pouvoir politique déteste la précarité. C’est dans sa nature. On ne peut donc attendre d’un pouvoir qu’il se fragilise. Dans notre société de précarité généralisée, c’est cette dichotomie qui devient insupportable. C’est de là que naissent la méfiance et la perte de légitimité des élus, puisqu’il y a impuissance et incapacité citoyennes à les remplacer.
 
Ce n’est même pas qu’ils soient « trop vieux » voire incompétents ou «nuls», ou trop ci ou trop ça,  c’est qu’une fois élus, ils s’incrustent partout et deviennent  «inextirpables».
 
Parfois, il est dit, qu’il se n’agit pas d’une question institutionnelle mais d’une question de mentalité. "Les hommes politiques doivent changer leurs pratiques". C’est être naïf et ne rien comprendre aux règles du pouvoir qui veulent que lorsqu’on en tient un, de pouvoir, on a tendance à en abuser.  Mais ça permet à certains d’en faire une opération de communication. Ainsi telle Présidente de Région peut annoncer que l’an prochain, elle lâchera un mandat de parlementaire. Et tout le monde de s’extasier et de parler d’une nouvelle mentalité, d’un coup de fraîcheur, d’un exemple à suivre. Alors que tous les candidats aux présidentielles de son parti seraient dans le même cas, s’ils sont présidents de région et s’ils respectent  leur propre projet de mandat unique de parlementaire.
 
Bien évidemment la précarisation du pouvoir politique n’est pas une question personnelle ou individuelle. Cette attitude participe d’ailleurs  du monarchisme ambiant caractérisé par le règne du  « bon vouloir » des princes qui nous gouvernent.
On dit aux citoyens : «  dans notre société il faut comprendre que vous aurez plusieurs métiers, … il faut apprendre la mobilité…etc etc » . Eh bien, c’est aussi évident pour les élus. Les élus doivent aussi montrer l’exemple, ils doivent appliquer à eux mêmes leurs conseils aux citoyens.
 
Dans un état de droit, digne de ce nom,  c’est une question de règles que la démocratie doit instituer pour permettre le renouvellement souhaité du personnel politique.
 
Ainsi l’article premier d’une rénovation démocratique qui est l'objet d'une pétition à votre disposition ( http://www.ipetitions.com/petition/Abstention2007/) sur le net devrait être celui ci.  (Oui encore une pétition parce que je crois qu’il faut être précis et répétitif sur ce sujet du cumul des mandats. J’ai aussi signé la pétition de Changez2007)
 
« les mandats politiques, de député sénateur, député européen, conseiller régional, conseiller général, renouvelables une seule fois, ne peuvent se cumuler qu’avec le mandat bénévole de simple conseiller municipal ».
 
Changer la république c’est en quelque sorte désacraliser le pouvoir politique, ou plus radicalement le précariser. Il s'agit bien de précariser le pouvoir et non les hommes puisqu'aussi bien, un statut de l'élu devrait compléter un tel dispositif. 

Charles ANDRE 29/06/2006 19:49

Une précision : si on attend 2007...il faudra en réalité attendre 2012 : une telle réforme n'entre en vigueur que lors des élections suivantes; or, les élections législatives et sénatoriales ont lieu en 2007...

Charles ANDRE 29/06/2006 19:46

Très intéressant...et bravo pour l'utilisation du podcast! Je note encore une prise de position extrêmement ferme contre le cumul des mandats, décrit par Roland Cayrol comme la source de la confusion des pouvoir et du "mauvais travail" des députés. 1 élu = 1 mandat, Roland Cayrol présente cela comme LA condition du changement. 1 élu (national : député ou sénateur)= 1 mandat, c'est une des deux dispositions de la pétition lancée par Changez2007 (www.changez2007.org) et Energies2007, en soutien de la proposition de loi déposée par C.Blanc : http://www.changez2007.org/actions/petition_cb/signez.php Pour que les députés se consacrent pleinement et uniquement à leurs activités d'intérêt général (rédaction de la loi et contrôle du gouvernement), il faut effectivement un seul mandat par élu. La proposition de loi préconise aussi l'interdiction d'exercer plus de 2 mandats successifs, pour renouveler radicalement la classe politique. La situation est grave, il nous faut de l'air! Cayrol présente cela comme le premier rôle des partis politiques. Que tous ceux à qui l'inertie ne profitent pas (c'est-à-dire les non UMP/PS!), que tous ceux qui oeuvrent en faveur d'un profond renouvellement de la classe politique soutiennent cette pétition! Ceci n'est qu'un début, la condition du renouvellement de la politique. S'il vous faut des chiffres, encore plus accablant que le constat dressé par Roland Cayrol : http://www.energies2007.com/actualites/?id=28 Et si vous voulez convaincre, voici un powerpoint : http://www.energies2007.com//actualites/?id=27Et si tous les "petits" partis avançaient ensemble lorsque leurs intérêts convergent?