Chère Ségolène encore un effort

Publié le par Gilles Norroy

Sérieux ?...pas sérieux ?....un billet de Gilles Norroy

 

 

Décidemment, comme beaucoup, vous me plaisez chaque jour d’avantage.

D’abord vous avez dit du bien de mon ami Tony Blair, ce n’est que justice.

Ensuite, vous affirmez bien fort que la sécurité ne doit pas être un sujet abandonné à la droite, cela fait vingt ans que je le pense.

Enfin vous déclarez que les 35 heures de votre amie Martine Aubry auront plus profité aux cadres qu’aux smicards qui ont besoin de gagner plus.  Tous ceux qui comme moi, travaillent tous les jours dans une entreprise ne peuvent qu’abonder dans votre sens.

C’est bien, il faut quand même continuer. Si vous voulez avoir le soutien et  l’investiture « d’Initiative Européenne et Sociale » il vous reste à franchir trois Rubicon *.

Le premier c’est celui du trop d’Etat.

Vous pourriez par exemple déclarer : «comme mes amis socialistes Suédois qui ont divisé les effectifs de la fonction publique par deux et limité le statut de fonctionnaire aux seuls postes régaliens, je pense qu’il est temps en France d’entreprendre une vaste action pour le moins et le mieux d’Etat. »

Le second c’est celui du Centre Gauche. Il vous suffirait de rappeler que Mme Bachelet, la Présidente Chilienne   que vous avez eu plaisir à soutenir se revendique de cette étiquette, qu’il en va de même pour Romani Prodi et le Président Lula au Brésil. Vous pourriez ajouter une phrase forte : «en tant que femme politique, je me sens plus proche de Simone Veil que d’Arlette Laguiller. »

Le troisième Rubicon c’est celui de l’économie de marché. C’est vrai que le parti socialiste Français a du mal avec ça. Vous pourriez par exemple dire «  L’économie de marché a démontré sa supériorité sur toute autre forme d’organisation économique, pour produire des biens et des services »

Ces trois fleuves franchis, vous pourriez  vous mettre en marche vers le royaume que vous convoitez, et, pourquoi pas,  avoir des chances de l’atteindre.

Ah j’allais oublier : il faut régler le problème de François et de son encombrant programme

On peut l’envisager de plusieurs manières.

La première serait de le sacrifier à votre destin en reprenant la célèbre phrase d’Henri IV : « Paris vaut bien un François »

Mais c’est trop cruel.

Il vaudrait mieux lui donner un poste qui réponde à son désir d’exercer des responsabilités opérationnelles. Par exemple vous pourriez le nommer « ministre chargé du suivi  de l’application du programme socialiste ».

La situation est délicate mais je suis persuadé que vous saurez la  gérer, vous qui n’avez   manifestement pas oublié les leçons de votre premier maître en politique, un certain François Mitterrand…..

 

Gilles NORROY

* Ce terme n’est évidemment pas une allusion aux trois  autres principaux candidats du PS.

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Candide 12/06/2006 09:44


A voir la place que les média lui réserve il n’est pas incongru de se demander si Ségolène est autre chose qu’une pure construction médiatique, fruit du travail d’experts en communication.


Sans disposer d’indicateurs précis je constate que les lignes qui lui sont consacrées excèdent de loin ce que la totalité de ses concurrents peut revendiquer. Si on ajoute qu’elle n’avait jusqu’à ces derniers jours strictement rien à dire on ne peut que la féliciter pour cet exploit, ou croire à son instrumentalisation
Mais si c’est spontané pourquoi ses collègues nominés ne se plaignent-ils pas de l’inéquité de leur traitement ? Surprenant de la part de vieux routards de la politique qui n’ont rien du perdreau de l’année. Quelles raisons ont-ils d’être magnanimes ?
Autre surprise : son compagnonnage avec le père de ses enfants. Le microcosme sait pertinemment qu’il n’en est plus rien, mais ce secret de polichinelle reste tabou. Pourquoi aucun média ne lui a demandé si son Loulou venait de Poméranie ?
Alors faut-il conclure que comme chez Guignol, il y a quelqu’un qui tire les ficelles. Et si c’était Lionel ?

joseph 11/06/2006 10:34

Reçu 100% Marc, nous sommes d'accord.
Ni illusions, ni procès d'intention...des questions...
jo

marc d HERE 10/06/2006 23:31

A Joseph, dont je partage toutes les idées....
Nous ne sommes pas trop méchants avec Ségolène...;Mais elle nous force à nous interroger:  Que pense t-elle et que veut-elle vraiment sur de nombreux sujets?....Quelle serait sa marge de manoeuvre vis à vis du programme du PS? Serait-elle prête et pourrait-elle élargir les alliances du PS?  Or sur tous ces points...On ne sait pas trop et ce que l'on peut supposer ne va pas forcément dans le bon sens....
Il faut continuer à l'écouter, sans à priori....Mais, je crois, sans illusions excessives.
marc

marc d HERE 10/06/2006 13:13

Oui, Benoît Silvain, c'est très juste, c'est même l'essentiel, car un programme  signifie davantage que quelques phrases agréables.
Nous allons certainement consacrer plusieurs articles à l'examen du programme socialiste. Nous commençons avec Gilbert Veyret, qui sous couvert d'humour dit des choses essentielles, nous continuerons.
marc 

Benoit SILVAIN 10/06/2006 12:58

Il ne faut pas oublier une autre condition essentielle: que le programme du PS soit financable et démontre qu'il favorisera la recherche, l'innovation, le déveloopement économique.... Bon courage!