Un an après,

Publié le par Robert Chapuis

Un court texte de Robert Chapuis, qui, lui auss,i évoque le 29 mai 2005

 

 

                        29 mai : anniversaire d’une défaite. Il y a un an, la France refusait de ratifier le projet de Traité Constitutionnel Européen. Partisans du Oui, nous n’avons été ni compris ni même entendus. Nos mises en garde ont été brocardées, insultées. Et pourtant elles étaient prémonitoires : le libéralisme n’a reculé ni dans le monde ni en Europe, l’Europe n’est ni plus ni moins sociale, le seul progrès enregistré l’a été sur la directive des services grâce au travail du Parlement Européen dont nous voulions renforcer les pouvoirs. Et les socialistes français se sont singularisés en votant majoritairement contre ! L’Europe est désarmée face aux problèmes qui se posent sur sa frontière orientale et dans l’espace méditerranéen. La France est isolée dans tous les domaines et son compagnonnage noniste avec les Pays-Bas a des relents racistes qui font frémir. Un Oui français aurait obligé les anglais et Tony Blair a choisir leur camp : le blocage de l’Europe facilite la tâche des conservateurs.

 

                        Certes, les trotskystes et les communistes peuvent se réjouir : le référendum a permis leur union historique. La révolution est en marche : la présidentielle sera la nouvelle étape. Au-delà de cette mascarade, il a fallu éviter que la défaite de Chirac ne soit aussi celle de la social-démocratie. L’horizon 2007 ne pouvait se satisfaire du clivage du 29 mai 2005 : le projet socialiste ne peut s’enfermer dans le débat du Oui et du Non au TCE. Reste qu’il faudra bien reprendre le débat sur l’Europe politique, si l’on veut qu’il y ait des politiques européennes et que les citoyens puissent  peser sur elles. Un travail pédagogique s’impose : nous essayons de le mener pour « sauver l’Europe ». Il ne suffira pas : il y faut un engagement politique convaincu et durable, nourri par la volonté de réformer notre société pour plus d’égalité et de justice. C’est une nouvelle génération européenne qui doit relever les défis : ou bien elle saura s’imposer, ou bien elle campera au milieu des ruines, celles de nos nations redevenues querelleuses, mais surtout celles des valeurs qui fondaient notre espérance pour l’avenir du monde.

 

                                                                                 Robert CHAPUIS

Publié dans Europe

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Jacques Heurtault 01/06/2006 20:47

Ainsi donc, les solidarités de fait existent déjà? En matière de défense, peut-être? En matière de fiscalité, peut-être? En matière de droit social, peut-être? En matière de développement régional, peut-être? En matière de budget, peut-être? En matière de formation professionnelle, peut-être? En matière d'équivalence de diplômes, peut-être? Etc, etc ...Je ne le crois pas ...
La méthode de Jean Monnet reste actuelle. Allez, Guillaume! Tous ensemble, sans faiblir! Merengue suivra, même si ça ne lui plait pas ... car il sera tenu par les solidarités de fait qui existent déjà ... et contre lesquelles il ne peut  ... RIEN!

Guillaume 30/05/2006 08:12

d'ailleurs, voir en ce sens :http://www.lesechos.fr/info/rew_inter/4426676.htm

Guillaume 29/05/2006 21:23

"La bonne démarche, c'est encore celle de Jean Monnet. Créer des solidarités de fait entre les États afin qu'aucun de ceux-ci n'ait un quelconque intérêt à rompre le lien qui l'unit aux autres." Je m'oppose rigoureusement à une telle affirmation. La démarche de Monet très particulière a eu l’indéniable génie de créer l'UE malgré le rejet de la CED en 1954, malgré les oppositions entre les différents projets (confédéralistes, fédéralistes, etc.) Malgré de Gaulle. Mais aujourd'hui, il est impératif de dépasser cette théorie fonctionnaliste. Les solidarités sont crées. Elles n'ont pas suffi à créer l'Europe fédérale (qui était le but premier de Monnet). Passons à la vitesse supérieure. Associons nous à toutes tentatives de créer un espace de débats européens. Je salue d'ailleurs l'initiative, allemande, de la création d'Eurotopics (www.eurotopics.net), revue de presse européenne. Et comme le dit Robert CHAPUIS, aux europhiles de faire preuve de pédagogie pour rapprocher l'Europe des peuples. A trop vouloir intégrer les États, l'Europe s'est aliénée les peuples, par un degré de technicité et d'opacité rarement atteint. L'Europe politique ne se fera donc qu'en dépassant la théorie fonctionnaliste, et en revenant ainsi aux idées premières de Monnet.

Yann 29/05/2006 20:12

Plutôt que de dénoncer les mensonges des partisans du non (de droite ou de gauche), qu'ils fussent de doux rêveurs idéalistes, de tristes politiciens cyniques, de vieux révolutionnaires nostalgiques, ou de vrais fachos nationalistes, célébrons notre victoire : celle de la vérité.

 

Nous avions décrit la paralysie de l'Europe qui résulterait de la victoire du non, le repli national et la montée en puissance des discours nationalistes.
 


Le vide de l'espace public européen en est la démonstration éclatante. 
 


La naissance d'IES tient beaucoup au cataclysme déclenché par le résultat du referendum du 29 mai 2005.
 


C'est notre victoire encore modeste, certes, que d'affirmer en France l'existence d'un centre gauche résolument proeuropéen, démocrate et social qui entend promouvoir une économie de marché libérale mais régulée et soucieuse du développement durable.  
 


Ce combat se mène naturellement à l'échelle européenne mais dans le respect des convictions de nos partenaires européens et non dans une volonté hégémonique qui ferait de la France la patrie d'une nouvelle avant-garde éclairée ...
 


Alors que notre pays apparaît à bien des égards comme le mauvais élève de la classe européenne (la France est l'un des pays de l'Union européenne qui tarde la plus à transcrire les textes européens en droit interne) nous prétendons toujours pouvoir faire la leçon à nos voisins (c'est particulièrement le cas des socialistes français à l'adresse des  travaillistes britanniques ou des sociaux-démocrates allemands).
 


C'est à croire que les Français préféreraient faire l'Europe seuls, sans les Allemands, sans les Britanniques, .et surtout sans ...les Polonais... ce qui leur permettrait, il est vrai, d'imposer plus facilement leur "vision française de l'Europe".  
 


Attention, toutefois, un nouvel écueil se profile : après avoir paralysé l'Europe, il ne faudrait pas que les partisans du non viennent à paralyser la France en mai 2007.
 

jo 29/05/2006 19:01

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