Saurons-nous tirer la leçon?

Publié le par Jean Kaspar

Suite de notre réflexion sur la réforme et la prise de décision…Après Nicolas Tenzer, c’est à Jean Kaspar que nous donnons la parole par l’intermédiaire d’un article de sa News Letter  qu’il m’a autorisé à reproduire…

 Les évènements que nous avons connus au cours des deux  derniers mois autour du CPE, révèlent une crise profonde de notre système démocratique.

 

Ils ont mis en évidence la nécessité de changer les règles et les processus de décision. C’est en fait toute la question de la conduite des changements qui est posée. Quatre idées simples sont à prendre en compte. Nous les résumerons ainsi :

-a) Il faut oser le pari de l’intelligence. La population est de plus en plus formée et informée. Elle est capable de comprendre que les changements sont nécessaires, à la condition qu’elle puisse en débattre, qu’elle en perçoive le sens et que la confrontation sur différentes hypothèses soit possible.

-b) L’onction du suffrage universel ne transforme pas les élus en guides éclairés en leur donnant le pouvoir de décider sans concertation avec les autres acteurs de la société. Tout ce qui touche au social et au contrat de travail doit faire l’objet d’une concertation avec tous les acteurs concernés. En cas d’impossibilité d’aboutir à un accord, alors, mais alors seulement, la représentation nationale doit, si nécessaire, trancher.

-c)  Un changement ou une réforme ne doit  pas être décidé au pas de charge. Il faut donner du temps au temps pour permettre la mise en route d’un processus de consultation, de concertation et de négociation. Donner du temps au temps ne veut pas dire laisser filer le temps mais l’organiser en fixant une échéance, une date butoir.

-d)  Refuser les à priori du type «  la France n’est pas réformable » ou encore « ce n’est pas possible ». S’enfermer dans une telle logique c’est mépriser le peuple et refuser de voir les évolutions chez certains acteurs. Beaucoup de choses sont possibles si l’on sait poser les actes qui rendront l’impossible possible.

Jean Kaspar

 Consultant en stratégies sociales

 

 

 

   

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Stéphane 19/05/2006 14:54

Cela me fait penser aux politiques "orthogonales" développées par Anthony GIDDENS (près de 10 ans déjà !), pour un centre radical moderniste !
En France, nous avons fait du surplace car nous pensons que les structures en place permettent l'action. C'est faux, elles ne le permettent pas, elles bloquent elles memes en réalité tous les projets de réforme, dès leur origine.
 

marc d HERE 17/05/2006 19:16

D'accord avec le "discours de la méthode" de Jean Kaspar ...Nicolas Tenzer a aussi écrit d'excellentes choses sur ce thème, et en tant que mouvement politique nous devrons dans notre "projet" intégrer ces éléments.
Je voudrais ajouter une chose encore décisive...pour réformer il faut d'abord la volonté de le faire...Or la volonté réformatrice se trouve bien peu  à gauche aujourd'hui...et pas davantage à droite....Le rôle d'un centre fort , constitué à la fois de son pilier gauche et son pilier droit  et capable selon les cas d'agir avec la droite ou la gauche devient alors essentiel, en tant que moteur du réformisme. 
marc

Guillaume 16/05/2006 19:15

Et pour revenir sur un thème déjà abordé sur ce blog, il y aurait deux grands moyens à mettre oeuvre pour imposer à l'Etat le changement : tendre vers un fédéralisme européen tout en décentralisant d'avantage.Ainsi, les grands enjeux seraient traités de façon efficace à l'échelle européenne, alors qu' en vertu du principe de subsidiarité, tout ce qui peut l'être serait traité au plus proche du citoyen. Fédéralisme et démocratie participative en somme.

marc d HERE 16/05/2006 16:32

Stephane n'a pas tort , je crois, la grande question des années à venir est: saurons-nous réformer l'Etat?  Son rôle, son fonctionnement, le poids qu'il fait supporter à la société, l'idéologie qu'il répand, l'inégalité de situation qu'il perpétue...
Oui réformer l'Etat, l'administration, les services publics...Sans quoi, rien ne sera possible.
marc

Stéphane 16/05/2006 16:26

Ce n'est pas la France qui n'est pas réformable, la société civile bouillonne.
C'est l'Etat, lui même qui est en revanche irréformable et  de l'intérieur !