Ségolène Royal: l'impossible renouvellement

Publié le par marc dHERE

Comme tout le monde, on ne peut éviter sur ce blog de  parler de Ségolène Royal,  reine des sondages de ce printemps, et depuis quelques jours « candidate probable » en 2007.

On en avait déjà  parlé, ici même,  il y a un mois en relevant que  certaines de ses interventions allaient dans le bon sens. Il ne nous était pas indifférent d’entendre une candidate socialiste estimer qu’il pouvait y avoir du bon dans la politique de Tony Blair. On ne pouvait qu’apprécier l’entendre déclarer que le système social français méritait une vraie rénovation, que les 35 heures devaient être encore assouplies et qu’il n’était pas forcément nécessaire en arrivant au pouvoir d’abroger ce qu’avaient fait les prédécesseurs.  Enfin, la confirmation de sa volonté de  donner toute sa place à la société civile, ne pouvait que nous satisfaire, nous qui faisons de cette exigence  une de nos grandes orientations (voir « nos principes fondateurs » dans  la rubrique « Qui sommes nous ? » ).

Finalement, elle occupe avec talent  le terrain abandonné par Dominique Strauss-Kahn, qui se déporte sur la gauche par tactique, estimant, comme Laurent Fabius, qu’il faut, quoi que l’on pense, « parler à gauche », si l’on veut se faire désigner par les militants socialistes…. Calcul qui ne s’avèrera sans doute pas payant, les militants ne se laissant pas toujours abuser par des postures…surtout quand elles sont récentes.

Malgré ces éléments positifs restent pour Ségolène Royal, deux gros handicaps.

D’abord, quelques phrases ne font pas une politique et on doit avouer qu’on est encore loin de connaître ses choix et ses propositions sur la plupart des grandes questions.

Ensuite et surtout il apparaît évident que si d’aventure  elle était élue, elle serait tenue de désigner  un gouvernement de « gauche plurielle », reflet de sa majorité, où se retrouveraient les différents courants du PS, les verts, les communistes, voire les chevènementistes et peut-être quelques représentants d’une gauche encore plus extrême. Et dans ces conditions, quelle que soit l’éventuelle bonne  volonté de Ségolène Royal, aucune politique novatrice et courageuse, que ce soit pour l’emploi ou la limitation des dépenses publiques destinée à limiter les déficits et la dette  ne sera acceptée par sa majorité, aucune réforme importante - de l’Etat, de l’administration et  des services publics comme l’éducation ou la santé, des  retraites,  ne pourra être  entreprise.

 

Dans tous les cas Ségolène Royal sera prisonnière de son parti, de son programme et surtout  de ses alliances et   ne pourra faire autrement qu’appliquer la politique d’une gauche toujours aussi  étatiste, mais devenue aussi, ce qu’elle n’était pas il y a 10 ans,  chauvine et conservatrice. Serait-ce tout de même mieux que la droite ?....Peut-être, mais le   renouvellement qu’attendent la plupart de ceux qui aujourd’hui se prononcent pour Ségolène Royal, risque fort  de ne pas être au rendez-vous.

Marc d’Héré

 

 

Publié dans Vie politique

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jm Bouquery 03/05/2006 18:09

mon petit commentaire d'avant hier n'est pas passé, cher Marc, je réessaie la ligne ! Et je résume: étant extrêmement I, E, S et IES, comment pouvons nous être au centre? Et dans la binaire présidentielle finale que signifie le centre ?
Le complexe n'est pas au centre mais autour, à travers. Pas  étonnant que le "grand nombre" trouve cette image, ou la projette sur S. Royal.   jm bouquery

gandalf le Blanc 22/04/2006 21:03

Merci  pour ton commentaire.Ton blog apporte des informations interessantes. Je lui souhaite succès, réussite avec des articles de qualité.Bravo...

ClaudeBODIN 22/04/2006 16:05

Un mot supplémentaire à mon précédent commentaire.Je ne suis pas le seul à le dire dans les différents commentaires qui pécèdent.ROYAL  comme Sarkozy visent le Centre pour se départager,c'est à dire le Centre Droit et le Centre Gauche.Effectivement,IES a une carte à jouer et à négocier selon...etc,Claude Bodin.

ClaudeBODIN 22/04/2006 16:05

Un mot supplémentaire à mon précédent commentaire.Je ne suis pas le seul à le dire dans les différents commentaires qui pécèdent.ROYAL  comme Sarkozy visent le Centre pour se départager,c'est à dire le Centre Droit et le Centre Gauche.Effectivement,IES a une carte à jouer et à négocier selon...etc,Claude Bodin.

BODIN Claude 22/04/2006 10:36

Bien sûr,le phénomène S.Royal m'interpelle comme tout le monde et dans ma fédération PS 14,il y a déjà des équipes "Royal" qui appellent à signer le soutien à S.Royal.Il est possible qu'elle devienne la candidate unique du PS si elle fait accepter un programme politique qui sera,je le pense,de type blairiste pour "ramasser" une partie du centre droit.,ne serait ce que pour compenser un déficit possible venant de la gauche de la gauche.Ceci étant,passée la nouveauté de la candidature Royal et l'apparition des divergences de programme entre composantes potentielles de la Gauche,je crois que Sarkozy est sorti positivement des deux crises récentes ( banlieues et CPE) en tablant ( par la force des évènements )sur le besoin latent et viscéral de l'immense majorité silencieuse en matière de sécurité et de défiance envers les mouvements violents de la rue.Mettez vous à la place d'une population dont l'orientation politique naturelle recouvre l'extrême droite,la droite et le centre droit : cette population a constaté sans difficulté que la gauche de gouvernement,dans les deux crises citées plus haut auxquelles on peut ajouter l'échec du reférendum européen,a appuyé les mouvements de rue en contestant la légitimité des institutions républicaines et démocratiques et qu'à ce titre elle peut douter légitimement de la crédibilité de cette gauche au pouvoir,de sa capacité à réformer vraiment et à imposer l'autorité républicaine à une rue qu'elle a encouragé ! Par contre Sarkozy,à la différence de S.Royal,apparaît,sur ce plan là,comme l'homme de la situation,plus ferme que Chirac et plus novateur sans doute parce que non énarque et aussi bon politique que S.Royal.En définitive je crois que nous aurons peut-être au second tour un duel Sarkozy-Royal et une victoire à la marge de Sarkozy plus libre que Royal et plus cohérent avec les obligations d'un responsable de l'Etat en termes d'autorité et de réforme.Claude Bodin.