Centre Gauche: la voie de l'avenir

Publié le par marc dHERE

Partout, en Europe ou plus loin,  le centre gauche en tant que tel  ou la stratégie de centre gauche  triomphe, parfois dans les situations les plus difficiles, et apparaît comme la voie de l’avenir.

C’est le cas en Italie, où c’est une coalition dominée par le centre gauche et sur un programme de centre gauche qui l’emporte malgré une énorme campagne d’une droite régnant sur l’appareil d’Etat et les médias.

C’est le cas en Hongrie, où le Premier ministre  socialiste, Ferenc Gyurcsany, à la tête d’une coalition  centre gauche libérale, sort vainqueur du premier tour et devrait remporter la victoire le 23 avril.

Cela a aussi été le cas en Israël avec la victoire de Kadima, le parti de centre gauche créé par Ariel Sharon et  au Chili avec Michelle Bachelet.

En Allemagne la « grande coalition » gouverne sur des bases de centre gauche.  Au Portugal, en Espagne, au Brésil, en  Grande Bretagne c’est sur cette même orientation que Socrates, Zapatero, Lula  et Tony Blair gouvernent et remportent des succès.

La stratégie de centre gauche, on pourrait l’appeler aussi « démocrate » ou « progressiste » est la bonne stratégie pour emporter les élections, mais aussi et surtout  pour gouverner de manière efficace, pour prendre en compte le long terme, pour procéder aux réformes nécessaires.

En France, le Parti socialiste choisit une autre voie et tous ses leaders  de Dominique Strauss-Kahn  à Emmanuelli en passant par Fabius ou Ségolène Royal,  refusent cette stratégie et cette orientation, choisissant  de poursuivre dans la voie de la « gauche plurielle », qui, si elle n’est pas forcément la pire des façons d’aller aux  élections (encore que…) est la plus mauvaise pour gouverner car, unissant artificiellement des forces et des idéologies trop opposées, elle rend impossible toute réforme et toute démarche de  modernisation.

IES s’est constitué pour défendre  une  stratégie  de constitution d’un centre gauche déterminé, clair sur ses valeurs et ses objectifs,  prêt à coopérer avec d’autres forces du centre ou du centre droit pour permettre enfin  une vraie politique réformiste. Mais, quelle que soit notre conviction et notre volonté nous savons bien que cette vision de long terme  et cette stratégie   doivent, pour s’affirmer, s’inscrire dans un mouvement plus large et, la politique étant ce qu’elle est aujourd’hui,  s’incarner dans une personnalité capable de les porter, de  les présenter au pays.  

Quelle personnalité pourra s’engager sur cette voie, difficile à court terme,  mais porteuse d’avenir (pourquoi la France serait-elle le seul pays où cette orientation serait définitivement vouée à l’échec ?). Un nom, bien sûr,  me vient à l’esprit, celui de  Bernard Kouchner….Le peut-il, le veut-il ?...Pouvons-nous essayer de  l’en convaincre ?....

Marc d’Héré  

 

 

Publié dans Vie politique

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marc d HERE 21/04/2006 16:35

Il n'y a aucun acharnement contre le PS, mais je m'oppose à sa stratégie car elle le conduit à l'immobilisme ou la trahison (le mot est trop fort...)  de son discours...
Quelques réponses ....Son candidat sera, dis-tu, un candidat ayant voté OUI et de la motion1 (pardon pour les non familiers ...je ne m'attarde pas). J'ai de plus en plus le sentiment au contraire que ce sera Fabius... Tu connais comme moi les militants et les jeux d'appareil....On verra..;
Quand à Jospin il a agi selon les deux défauts cités plus haut. Il avait promis (programme PS) de ne pas privatiser et c'est le premier ministre qui l'a fait le plus (je ne lui reproche pas ce fait mais d'avoir sur ce point essentiel trahi. ce qu'il promettait...).
Mesures archaïques:  La loi de "modernisation sociale" et son volet "anti licenciement"..;les 35 heures pour tous sans tenir compte des situations, l'augmentation des dépenses publiques .....Et ce qu'il n'a pas fait:  diminuer fortement le déficit  et la dette quand la croissance le permettait, réformer les retraites, l'éducation ( lâchage et limogeage d'Allègre)  l'administration (lâchage et limogeage de Sautter)  et la sécurité sociale, lutter contre l'insécurité par idéologie archaïque....
Tu vois, aucun acharnement anti PS, un regret pour ce qui a été raté (souviens-toi  de l'autre  21 avril ) et le sentiment que  sa stratégie ne lui permettra pas de mieux faire, alors que la situation est aggravée...
A toi;
marc

Fred de Et Maintenant ? 21/04/2006 14:30

L'exemple italien nous monter que l'on peut avoir un leader de centre-gauche, qui pèse bien évidemment sur les contenus du fait de son poids dans la coalition, mais qui doit également trouver des compromis avec des alliés... Je ne vois pas bien en quoi la situation française serait différente, le candidat PS devant être, selon toute probabilité, quelqu'un qui a voté "oui" et pour la motion "1"...
Je comprends mal cet acharnement contre le PS, qui a tout de même montré au pouvoir qu'il était un gestionnaire réaliste, avec en plus pas mal de résultats si je me souviens bien...
As-tu des exemples concrets de mesures "archaïques" prises sous Jospin ? Et du "modernisme" du bilan de Raffarin-Villepin ? Paler des positionnements électoraux est une chose... interessons-nous maintenant aux actes.
 

marc d HERE 21/04/2006 11:10

Autre réponse à Fred, sur les alliances.
Tu as raison de dire que tous les partis que tu cites gouvernent avec la gauche, parfois avec une gauche extrême,  et pas seulement avec le centre. Mais il y a une différence fondamentale c'est que cette gauche là accepte de   participer à des coalitions qui vont jusqu'au centre droit  ( Italie, Allemagne, Hongrie, Chili, sans doute Israël.....),  accepte la direction du centre gauche (ou de la gauche moderne c'est la même chose) ou  soutient le centre gauche comme le fait finalement  la gauche du "labour". 
La difficulté avec le PS et l'impasse dans laquelle il maintient la gauche en France, c'est qu'il refuse  tout programme teinté de modernisme et refuse toute alliance vers le centre. Il reste prisonnier d'une alliance exclusive avec des forces qui pour la plupart sont anti modernisation,  et par ailleurs anti mondialisation et même anti européennes...
L'action que mène IES peut contribuer à faire évoluer le PS ou une partie du PS....Rien n'est sûr, mais avec de la conviction, de l'énergie, des soutiens ....et du temps, pourquoi pas?
A toi.
marc

Laurent 20/04/2006 21:21

À noter aussi l'article du 18.04 paru dans le Monde sur l'espace ouvert par l'UDF suite à sa stratégie d'autonomie et l'analyse de M.Morin sur l'occupation de celui-ci : "notre champ d'expansion est dans la gauche moderne"...

marc d HERE 20/04/2006 18:28

En page deux du Monde de cet après-midi ,daté du 21 avril, un article sur les succès en Europe  de la "gauche modernisatrice" , ce que j'appelle le "centre gauche"...Je m'y retrouve assez bien y compris dans le scepticisme que l'on devine sur la capacité du PS a s'inscrire dans ce mouvement...
marc