Communiqué CPE

Publié le par marc dHERE

COMMUNIQUE à l'AFP

 

 

 

Le CPE n’est certainement pas « pire que tout » comme on  le proclame ici et là, mais ce n’est pas non plus la panacée et ses inconvénients avérés  sont peut-être   aussi importants que  ses avantages escomptés. Surtout, il est évident que ce nouveau contrat n’est pas à la hauteur des enjeux et que la méthode adoptée pour le concevoir  et l’imposer est détestable.

Mais la loi a été votée et il est urgent de sortir d’une situation de blocage qui n’est de  l’intérêt de personne.

Nous proposons une voie pour en sortir : 

Ouverture de discussions sans préalables avec les organisations syndicales, de salariés, d’étudiants, de chefs d’entreprises,  permettant d’aller  plus loin sur la voie des garanties et des aménagements, notamment en ce qui concerne l’inadmissible  « non motivation du licenciement ».   Et puis, dans l’esprit de la loi sur l’expérimentation,  accord sur une évaluation contradictoire  parlementaire et syndicale qui serait faite tous les six mois, en terme d’évolution d’emploi des non qualifiés et des jeunes de moins de 26 ans, nombre de contrats signés, nombre de  ruptures de ces contrats, difficultés et litiges nés de l’application de ces contrats…. Le  gouvernement s’engagerait à modifier ou même  à retirer cette loi en fonction  des résultats de ces évaluations contradictoires et  publiques

Appliquons la loi votée – du moins si elle est validée par le Conseil Constitutionnel-, en améliorant  ses garanties, et conditionnons sa pérennité à  des évaluations contradictoires et publiques.

 

 

 

Marc d’Héré

 

 

Président d’Initiative Européenne et Sociale (IES)

 

 

Publié dans Economie et social

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Pierre H. 31/03/2006 10:05

Les médias nous annoncent sans rire la "bonne nouvelle" : toute la "Gauche" à nouveau rassemblée ce vendredi matin, de Strauss-Kahn à Besancenot ! Le clivage gauche-droite serait même enfin de retour. Quelle plaisanterie sinistre.
Parce que nous sommes de gauche justement, nous n'en serons pas et faisons le savoir fortement.
On a souvent évoqué ces temps derniers, et probablement à tort, mai 1968. Mais ces retrouvailles d'un autre temps ressemblent pourtant furieusement à celles initiées alors par Gaston Deferre et Pierre Mendès-France et avec la SFIO d'alors.
Comme Michel Rocard en 68 déjà, et comme lui encore aujourd'hui j'espère, si j'ai bien compris son dernier article dans Le Monde de cette semaine, nous devons montrer qu'il existe une autre Gauche.
Villepin s'y est certes très mal pris. Se mettre ainsi à dos la CFDT ressemble à une performance singulière. Mais la réaction, d'ailleurs plus psychologique et symbolique, et pas totalement injustifiée de ce fait, est d'une disproportion invraisemblable, significative d' une conception encore jacobine de l'Etat et qui imprègne fondamentalement  les esprits. 
La recherche de consensus serait-elle impossible dans notre pays ?   Il est vrai que la multiplicité syndicale, qui s'expliquait à l'époque de la guerre froide, n'est pas digne d'un pays moderne. Les partis politiques ne sont pas seuls responsables. 
Pierre H.

Jean-Pierre 24/03/2006 16:53

En appeler au dialogue est bien gentil, mais encore faudrait-il qu'il soit possible. Le gouvernenemnt n'en veut guère, les syndicats non plus. Un ultimatum n'est pas la meilleure façon de l'entamer. Exiger un retrait du texte non plus. Sans compter que l'on sait quand même que les syndicats ne représentent plus qu'eux mêmes et une poignée de fonctionnaires qui n'ont absolument pas à s'inquiéter pour leur emploi.

Quand ouvrira-t-on le dossier de la représentation syndicale, de son organisation et de son financement. Car n'oublions pas qu'il touchent de diverses manières beaucoup d'argent public. On pourrait en aéttendre un peu plus de responsabilité. Las...

Quant aux jeunes, je comprend qu'ils soient inquiets pour leur avenir. Et si on les aidait à avoir confiance en eux pour leur permettre d'entrer dans la vie d'adulte et le monde du travail ? Ces jeunes n'ont plus confiance en eux. C'est terrible. Mais c'est aussi à eux de prendre leur vie en main et regarder sans artifice le monde réel. Tel qu'il est aujourd'hui en gardant à l'esprit qu'il sera encore différent demain.

Il reste que le CPE n'est quand même pas l'épouvantail que leur servent l'Unef, et les partis conservateurs de gauche. On a eu la droite la plus bête du monde, je pense que la bêtise a changé de camp.

Fred de Et Maintenant ? 24/03/2006 13:43

 (fausse manip, désolé)... donc je complète :
Le gouvenement ne prend à bras le corps aucune de ces deux questions fondamentales, sans doute jugées trop explosives, alrs même que les syndicats ont fait là-dessus des propositions et ne cessent de se dire prêts à en parler...
le diagnostic de Villepin, c'est un manque de flexibilité. mais faute de vouloir remettre en cause les fondements d'un système dépassé, conçu pour un modèle d'emploi à vie, alors on applique cette flexibilité à la marge, sur ceux qui n'ont rien à perdre, parce qu'ils n'ont rien. Et c'est ainsi qu'on transforme la jeunesse en variable d'ajustement, qui paye pour permettre aux plus insérés de dormir sur leurs deux oreilles...
Il y a urgence à reconstruire un modèle adapté à la nécessité de mener aujourd'hui plusieurs vies professionnelles, qu ipermette plus de flexibilité, plus de formation, plus de solidarité entre les générations. Tout le monde le sait, tout le monde le propose, personne ne le fait.

Fred de Et Maintenant ? 24/03/2006 13:35

Je pense au contraire que le CPE, c'est l'art de ne pas mettre les vrais problèmes sur le devant de la scène...
La situation actuelle, c'est que malgré une forte croissance du niveau de qualification moyen, les jeunes mettent plus de temps à s'insérer durablement dans la vie active qu'auparavant, et doivent parfois multiplier les stages, même après des diplômes de grandes écoles, pour y parvenir.
On peut y voir 2 explications complémentaires :
D'un côté, on peut penser qu'il n'y a pas d'adéquation entre les compétences offertes par la formation initiale et celles qui sont demandées sur le marché, et que cela nécessite donc que la formation soit prise en charge par les entreprises (c'est bien ça, un stage, non ?).  On est alors devant un problème qui concerne l'enseignement supérieur : comment oriente-t-on les jeunes ? Que doivent-ils apprendre ? Avec quelle méthode ? Et quels moyens se donne-t-on ?  Je suis désolé, mais quand je vois un ministre de l'Education trouver finalement normal le fait que son fils bac+5 soit au chômage, je suis assez inquiet...
D'un autre côté, on peut quand même constater que ces mêmes jeunes qui ne trouvent pas de boulot ici en trouvent plus facilement ailleurs. Donc, ca ne viendrait pas forcément d'eux, mais d'un système social inadapaté qui ne permet plus l'intégration des nouvelles générations. Mais alors il faut réformer le système : quelle flexibilité on y apporte aux employeurs ? Avec quelles contreparties pour les salariés ? Comment leur permettre de rebondir entre deux emplois ? Comment empêcher la déqualification

Piotr 24/03/2006 08:52

A mes yeux, le seul avantage du CPE, c'est qu'il met sur la table, ou plutôt sur le devant de la scène, un ensemble de problèmes que la société française se refuse à affronter.
Ne disons pas sur la table, parce que sur la table de négociations, il n'y a rien du tout ... parce que, pour négocier, il faut exister et j'ai l'impression que ce gouvernement est mort, et plus mort encore que le CPE. Comment, dans cette situation, être en mesure de convoquer sans arrière-pensée l'ensemble des partenaires sociaux. Voilà pourquoi je dis que la seule urgence consiste en la démission du président de la république et de son premier ministre.
Cela ne nous empêche pas, heureusement, de poser des problèmes d'économie politique, mais nous sommes déjà dans une campagne électorale qui s'annonce comme d'autant plus longue, que face au gouvernement moribond, nous sommes déjà dans une période où les oppositions démagogues prennent le pas sur une réflexion de fond ... On le sent d'ailleurs déjà avec les propos sur la viande autour de l'os ... une façon de ne pas se poser les problèmes et de maintenir les blocages en l'état (ou en l'Etat).
Piotr