CPE: débloquer la situation

Publié le par marc dHERE

Le CPE n’est tout de même  pas l’horreur absolue, ce  n’est certainement pas « pire que tout » comme le proclame la gauche, mais ce n’est pas non plus la panacée et la somme de ses inconvénients affirmés  est peut-être proche de ses avantages escomptés. Ce projet qui a pour but de répondre à ce mal particulier et réel  qu’est le chômage des jeunes, et particulièrement des jeunes sans qualifications,  a été décidé sans réflexion suffisante, proposé sans la moindre concertation- ce qui est proprement inadmissible – voté dans des conditions peu sereines.

Ceux qui le refusent  le font certes en grande partie pour des raisons d’opposition politique systématique,  mais aussi en mettant en avant des arguments non négligeables : possibilité de cessation de contrat sans justification durant deux ans, risque de faire perdurer une certaine précarité, situation « particulière » et stigmatisante faite aux jeunes, risque d’atteinte progressive au CDI….

Ceux qui le défendent rappellent  que la précarité des jeunes c’est la situation actuelle, estiment  que  la plus grande facilité d’interrompre si nécessaire  un contrat peut encourager les entreprises à embaucher des jeunes, notamment non qualifiés, et que lorsqu’elles auront formé un jeune, elles  n’auront aucun intérêt, s’il donne satisfaction, à le licencier pour se relancer dans une recherche,  une embauche et une nouvelle formation…ils font aussi observer que certaines garanties notamment en terme de préavis, de formation  et d’indemnisation en cas de licenciement existent, et   que le CPE au bout du compte  concerne assez peu les étudiants qualifiés mais beaucoup les jeunes  qui sont sans aucune qualification et que l’on a tendance à oublier.  

Aujourd’hui la situation est bloquée, le gouvernement reste raide et hautain,  les manifestations se multiplient, les violences pointent, les facultés se ferment au grand dam des étudiants qui –même opposés au CPE- veulent avoir le droit de travailler, la gauche met de l’huile sur le feu, et les syndicats – de manière quelque peu surprenante pour certains d’entre eux – refusent de discuter en imposant le « retrait du CPE » comme condition préalable. Or, il n’est difficile pour un gouvernement légitime de retirer une loi régulièrement votée – à condition qu’elle soit validée par le Conseil Constitutionnel- et ce n’est pas souhaitable pour le bon fonctionnement de la démocratie, sans doute pas pour l’emploi non plus car cela  retarderait encore la mise en œuvre de solutions, discutables mais existantes.

Pour en sortir, une autre voie pourrait être proposée.

Ouverture de discussions avec les organisations syndicales et patronales, permettant d’aller  encore plus loin sur la voie des garanties et des aménagements, engagements des entreprises à appliquer cette loi dans le sens d’un développement de l’emploi des jeunes  non qualifiés et de la lutte contre la précarité ainsi que dans le respect des principes du droit du travail. Et puis accord sur une évaluation parlementaire et syndicale qui serait faite tous les six mois, en terme d’évolution d’emploi des non qualifiés, durée des contrats CPE signés, ruptures de contrats, permanence par ailleurs des CDI…. Le  gouvernement s’engagerait à modifier ou à retirer cette loi en fonction  des résultats de ces évaluations contradictoires et  publiques

Appliquons la loi votée – du moins si elle est validée par le Conseil Constitutionnel-, améliorons encore ses garanties, et conditionnons sa pérennité à  des évaluations contradictoires et publiques.

Peut-on défendre ce triptyque ?

Marc d’Héré  

 

Publié dans Economie et social

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José@La e-Cité 25/03/2006 15:39

Bonjour à toutes et à tous,

Le CPE n'est pas seulement un nouveau contrat de travail mais s'inscrit dans une démarche qui vise à imposer un changement de modèle de société. Vous pourrez lire, si vous le désirez, une longue analyse sur mon blog personnel ici :

http://campusliber.laecite.org/index.php/perso/comments/pourquoi_le_cpe_sinscrit_il_dans_une_politique_globale_et_laquelle_la_rgle/

Doit-on considérer que l'expérimentation d'une telle mesure serait à même de créer de l'emploi ? Mon opinion personnelle est négative mais pourquoi alors ne pas tenter l'expérience dans les zones où le chômage affecte le plus les jeunes ? C'est ce que je propose ici :

http://campusliber.laecite.org/index.php/perso/comments/sortir_de_limpasse_politique_cpe_proposition/

C'est une proposition que j'ai aussi formulée sur Europeus, dont je suis un contributeur. Cette proposition de sortie de crise comporterait plusieurs avantages.

Toutefois, la cristallisation du débat détourne des enjeux réels. Comme toujours dans une telle situation, l'entêtement des uns conduit à analyser des politiques personnelles qui, si elles sont pour le moins sujettes à caution, ne portent pas sur l'avenir de notre société, cette société que nous voulons laisser à nos jeunes et adolescents.

C'est la conception même de l'exercice politique qui est à revoir et dont le jeune parti qui alimente ce blog devrait tirer les excellentes leçons sur ce qu'il ne faut pas faire. Le Premier Ministre a mis le pays légalement dans une impasse, comment une telle situation est-elle possible dans une démocratie ? Comment nos institutions ont-elles pu permettre une telle situation ? Outre le CPE qui ne méritait certes pas une telle débauche d'énergie en lui-même, c'est le fonctionnement même de nos institutions qui est en cause.

marc d HERE 23/03/2006 13:19

Camus disait quelque chose comme " ne pas respecter le sens des mots ajoute au malheur du monde" ..Dire que le CPE est un "esclavage légal" ne respecte pas le sens des mots....et est une insulte pour ceux qui sont vraiment victimes d'esclavage ( au moyen Orient ou ailleurs ) ou qui l'ont été et qui auraient bien aimé bénéficier d'un CPE.
Amitié.
marc

lucie 23/03/2006 12:53

Marc, Ta réaction au commentaire sur l'experience vécue d'un CNE est légère.. A quoi sert le droit du travail s'il ne protège pas de l'esclavagisme? C'est le risque pris par les votants de ces nouveaux contrats. Ils  refusent une restructuration de fond mais inventent 1 loie suffisemment destabilisante pour remettre (de façon superficielle) le droit du travail en cause....Je suis surprise que tu sois surpris....C'est 1 bel exemple (même s'il n'est pas vrai: c'est une possibilité d'évolution à ne pas zapper) pour insister s ur le fait que le libéralisme sans orientations peut être dangereux et sans appel.

Charles ANDRE 22/03/2006 17:17

Avec un tel constat, comment pouvez-vous soutenir de Villiers? Ce n'est pas en présentant l'étranger, arabe et musulman surtout, comme la cause de tous nos problèmes que la France avancera de quelque manière que ce soit.  Les arguments de de Villiers constituent une manière supplémentaire d'esquiver les véritables enjeux. Surtout que notre pays vieillit...

blogueur 22/03/2006 16:02

Moi , bac+5, BacC, Deug A Physique, Ecole de Commerce, une dizaine d année de travail....
Voici un parcours a se tordre de rire , c est en France en ce moment :
sorti des etudes en 1992/1993, ai attendu un an de chomage et plus et des centaines de lettres, comme les 3/4 de ma promo pour commencer a bosser.
Où ça ? Chez Quick a Saint Lazare, et ai enchainé une formation de ciassier au Printemps (8eme)...Pour prendre ce job chez Quick, je l ai  quémandé, et peut même vous dire que ce jour là, je ne savais pas où j'allais dormir (j ai appelé un ami...mais le lendemain je prenais la chambre d une des filles qui faisait la formation caissier, et qui vivait ailleurs avec son ami).
J ai été laminé phsyiquement très rapidement à cause des horaires à la con qui change avec une amplitude horaire démente (il fallait voir aussi mes conditions de vie ou survie...j ai ensuite squatté sur un plancher chez un copain) : c est ce qui arrive a une provincial d Auvergne qui a peu de réseau
Grâce a cette courte expérience (j ai pas fait durer plus de 2 mois, masi sur le cv j etais devenu assistant manager sur 6 mois....) j ai pu entrer chez Auchan comme chef de rayon et ai enchaîné des 85 h de boulot hebdo (dont un pic à 110 heures sur une semaine, cause inventaires...)
Puis...je me fais embaucher grace a contrat CNASEA chez un herbergeur internet en plein demarrage des start up (1996)...depot de bilan 6 mois apres
Mais je rebondis en etant sélectionné pour creer une agence dans ma ville pour un groupe de sociétés informatiques. Meilleure agence régionale et meilleure sur un tas de plans (dont contart à 1;6Millions d euros), ca dure 4 ans, mais la société tellement mal gérée subit une vente , mais je pars avant, dégoûté avec une petite transaction financiere
J enchaine ensuite dasn une boite qui me ments sur les conditions de business et reste 10 mois , et enchaîne dans une tres jolie société où je ramène des business en ouvrant de nouevaux secteurs d'activité...
Durant toutes ces années, j ai été un non consommateur par peur du lendemain, j ai économisé, suis resté ou suis devenu encore plus économe que mes parents eux mêmes (issus pourtant de couches basses), faisant fuir qqs filles au passage ( 'j aime pas les radins..." ces memes filles se retrouvant sur endettées plus tard)
Puis en periode de chômage prolongé, je vois tout ce petit monde, politique qui s agite ety ne fait rien, donc je monte mes blogs politiques
d abord
http://sarko.blogmilitant.com
puis écoeuré par la politique communautariste de sarko et son raport a l image détestable (enfant mis en avant lors du congres UMP) je  décide de regarder ce que fait Devilliers et créé
http://devilliers.blogmilitant.com
Dans quelques semaines je monte ma pette société, parce que je ne crois plus en mes chances, vu mon parcours, d être installé confortablement dans un poste pour  le retsant de mes jours
Je peux dire que je vis la précarité, moi, concretement, et sais ce que c'est , au moins psychologiquement (financierement j ai fait ce qu il fallait pour ne pas y etre)
Je n ai jamais bénéficié d aucun passe droit, aucune aide particlueire à l embauche, masi suis un "blanc"
Je peux donc vous dire que vivre en 2006 c est vraiment dur si t es pas fonctionnaire ou si tu n as pas une bonne ancienneté (cad invirable car trop couteux à licencier)
Le CPE, el que présneté est une ignominie dasn la mesure ou on net te diras meme pas pourquoi on te vire...(meme si c est faux, un echnage mini doit etre prévu, pour raisons purement humaintaires...)
Je soutiens le CPE mais pas la manière dont il est présenté de manière hautaine, orgueilleuse, puante par le Vil pain.
Des ministres hyper sécurisé par des slaires énormes qui refusent d établir le dialogue avec des syndicats doivent être démissionnés immédiatement : le pays dans la situation calamiteuse qu il traverse a besoin de dialogue et non d affrontements ideologiques.
Dénoncons l incompetence de cet homme là.
Vilpin est écoeurant, la France mérite mieux, la france mérite de s'aimer elle meme et d etre aimée, masi elle est portée par des hommes qui ne l aiment pas et qui ne s aiment pas. Triste constat.