Retraites: la loi, la logique, le contrat

Publié le par Jean-Louis Caccomo

Par Jean-Louis Caccomo...


La question récurrente du financement de la retraite ne trouvera pas une solution politique sous la pression de la rue. Les mathématiques nous enseignent d’ailleurs que l’on ne peut pas trouver une solution à un problème mal posé. La question de la retraite est avant tout un problème économique qui relève d’abord de l’arbitrage individuel. Mais si l’on reste dans le cadre strict d’un régime de pure répartition, le problème est alors mathématique, le financement des retraites en cours et futures dépendant du respect d’un certain rapport entre les actifs cotisants et les retraités bénéficiaires.

La solution sera donc économique ou ne sera pas. En économie de marché, l’Etat n’a pas le pouvoir d’imposer ses désirs à l’économie dans la mesure où les lois de l’économie ne se votent dans aucun parlement. Par contre, il appartient au gouvernement de rendre possible et rationnel les conditions de cet arbitrage économique à l’intérieur de nos frontières. En dehors de cela, le gouvernement n’est pas plus en mesure de distribuer du pouvoir d’achat que de garantir nos retraites (qui est du pouvoir d’achat différé dans le temps).

 

Quels sont les principaux enseignements de l’économie (et de la sagesse) en la matière ?

Pour assurer sa retraite, un individu doit d’abord investir dans son capital humain, notamment en réussissant ses études dans des formations porteuses de débouchés. Comme l’individu est généralement jeune dans cette période de la vie, il n’a pas une connaissance suffisante de lui-même pour faire seul les bons choix en ce domaine. De tout temps, il appartient aux parents d’accompagner l’enfant dans la découverte de ses propres capacités, et de l’orienter peu à peu en l’aidant à trouver la voie dans laquelle il sera le plus à même de s’épanouir. Quand il devient actif, l’individu doit veiller à épargner une partie de son revenu de manière à se constituer un patrimoine (immobilier, financier, culturel…). Ces différentes formes du patrimoine constituent à leur tour un capital qui n’est que le prolongement du capital humain initial positivement valorisé.

C’est ce patrimoine, correctement géré, qui permettra de générer un revenu lorsque la période d’activité sera terminée. Chaque individu est donc face à un arbitrage. S’il opte pour un plus grand niveau de consommation durant sa vie active, alors c’est au détriment de sa capacité d’épargne ce qui ne lui permettra pas de se constituer un patrimoine qui serait de nature à lui assurer une retraite confortable pour ses vieux jours. Il réalise ainsi un arbitrage en faveur du présent et au détriment du futur. Les experts disent que ces choix sont révélateurs d’une forte préférence pour le présent. S’il modère ses appétits de consommation courante, il peut accroitre sa capacité d’épargne en vue de se constituer un patrimoine plus solide, assurant ainsi un niveau de retraite plus important.

Dans cette optique, chaque individu peut se donner des objectifs personnels de patrimoine et atteindre ces objectifs avec des durées différentes de sorte que, dans une société de liberté et de responsabilité, chacun devrait être libre de décider du nombre d’années qu’il décide de consacrer à son activité professionnelle. Mais je vous parle là d’une insupportable liberté dont bien peu de personnes sont prêtes à assurer le fardeau. Car les individus qui ne supportent pas l’idée d’arbitrer, de choisir et qui veulent tout et son contraire, s’en remettent à l’Etat, attendant de lui un tour de passe-passe, comme s’il disposait d’une baguette magique lui permettant de supprimer la contrainte économique.

Jean-Louis Caccomo,

http://caccomo.blogspot.com/

 

 

Publié dans Economie et social

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