Rigueur et dépenses publiques

Publié le par Jean-Louis Caccomo

Par Jean-Louis Caccomo...

Le débat en cours autour de la rigueur aurait de quoi faire rire s’il n’était pas si symptomatique du drame français qui se déroule sous nos yeux impuissants. Le mot même de « rigueur » fait partie de ces mots qu’il faudrait ne plus prononcer, entrant dans la famille des mots à rayer du vocabulaire français comme libéralisme, fonds de pension ou encore profit..

 

Notre pays est sans nul doute à l’image du paquebot « France » auquel Michel Sardou avait consacré une terrible chanson qui suscita tant de polémiques. D’ailleurs, ce chanteur réputé engagé à droite ne pouvait pas être quelqu’un d’estimable aux yeux de ceux qui font le bon goût dans l'hexagone. En France, il convient d’être un intellectuel et un artiste engagé à condition que cet engagement soit approuvé par les partenaires sociaux… Mais c’est une autre histoire. Tout le monde savait que le paquebot « France » était très mal géré, que l’on entretenait un personnel bien au-dessus des moyens du navire au nom de l’expérimentation sociale. Et le jour inévitable où survint la faillite, tout le monde hurla aux loups en se renvoyant la responsabilité tandis que le navire fait aujourd’hui une formidable carrière dans le secteur privé, exploitant le créneau très dynamique de la croisière de masse, sous pavillon étranger. Quand les gens veulent vraiment travailler pour s’en sortir, il n’y a pas d’affaires intrinsèquement non rentables : une affaire n’est pas rentable lorsque les frais d’exploitation sont mal ajustés, lorsqu’ils sont disproportionnés par rapport à l’activité générée par l’affaire en question. C’est un principe universel.

 

Notre pays est donc à l’image de l’emblématique paquebot : les frais d’intendance sont largement disproportionnés par rapport à l’activité du pays de sorte que les charges qui pèsent sur les actifs qui créent les richesses qui seront réparties entre tous en deviennent insupportables. Alors on camoufle la charge en déguisant l'impôt ou l'on reporte cette charge sur le futur, en laissant filer la dette, croyant ainsi éviter le désastre. De toute façon, il est connu que l'Etat français ne peut pas faire faillite, qu'il suffit de prendre l'argent là où il est. La gauche ne manque pas de culot d’ironiser sur la rigueur et il faut une certaine dose d’abnégation pour se laisser donner des leçons de gestion par des socialistes dont le seul réflexe consiste à dépenser l’argent gagné par d’autres. De toute façon, la rigueur n’est jamais un choix : on la subit à défaut de savoir gérer en toute responsabilité ses revenus. Et il est somme toute normal de gérer avec le plus de rigueur possible la cagnotte commune, c’est-à-dire l’argent des français.

Pourtant, à peine l’Etat cherche-t-il à faire des économies dont le montant reste homéopathique par rapport à l’ampleur de la dérive, et on assiste aux sempiternelles manifestations d’humeur et de colère tandis que les lycéens manipulés par des professeurs revanchards rêvent de rejouer à mai 68 à chaque printemps qui s’annonce [1]. Le budget de l’éducation nationale représente le premier poste budgétaire de l’Etat français, dépassant 80 milliards d’euros ce qui représente un montant supérieur au produit de l’impôt sur le revenu. Mais non contents d’être budgétivores, les lycéens dans la rue crient au manque de moyens…L'année dernière, les universités étaient bloquées ; aujourd'hui, les lycées déraillent. Rien de vraiment nouveau sous le soleil de France.

Il est certain que l’on manque cruellement de moyens en France, mais pas tellement de moyens financiers. Ce sont les moyens intellectuels, les compétences, le capital humain, l’intelligence qui nous font cruellement défaut au point qu’on en est réduit à importer les cerveaux pour remplir les filières universitaires réputées les plus sélectives. Pendant ce temps, nos cerveaux les plus médiatiques dissertent sur la fin proche du libéralisme [2].

 

Jean-Louis Caccomo

http://caccomo.blogspot.com/

 

 [1] LIQUIDER MAI 68 ? Les réponses de Denis Tillinac, Chantal Delsol, Jean Sévillia, Sarah Vajda, Patrice de Plunkett et votre serviteur : Cliquez ici.

 

[2] A ce propos Nicolas Hulot, devant lequel tous les candidats à l’élection présidentielle avaient l’obligation de s’agenouiller pour signer le pacte écologique, jette enfin le masque en ne cachant pas qu’il se sent proche de Besancenot ou Cohn-Bendit : vert en apparence et rouge à l’intérieur. Pour les plus avertis, ce n'est guère une surprise.

 

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marc d Here 15/05/2008 09:09

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a affirmé ce matin que la croissance de 2007 était révisée en hausse à 2,2% contre une précédente estimation de l'Insee à 1,9%.Source : AFPCe que l'on disait depuis plusieurs mois (malgré les affirmations de la presse d'opposition comme Le Monde, et les économistes, la croissance française a été forte en 2007: 2,2%, quand l'opposition nous affirmait qu'elle ne dépasserait pas 1,8%!les économistes de l'insee consentant à parler de 1,9 . Résultat 2,2% ! Christine Lagarde avait raison, et la politique du paquet fiscal a donc donné tous les résultats espérés.  Les résultats de la dette sont aussi bien meilleurs! Croissance, emploi, limitation de la dette...Les résultats sont très encourageants...Peut-on espérer que les professionnels du dénigrement , politiques et journalistes le reconnaîtront! 

marc d Here 07/05/2008 08:53

Le déficit budgétaire de la France s'élevait à 22,50 milliards d'euros au 31 mars, en amélioration par rapport à la même date en 2007 où il s'était établi à 24,93 milliards d'euros, a annoncé le ministère du Budget.Les comparaisons d'une année sur l'autre sont toutefois en général peu significatives à ce stade de l'exécution budgétaire.Fin mars 2006, le déficit de l'Etat s'élevait à 15,37 milliards d'euros.AFP

marc d HERE 12/04/2008 09:03

Intéressant commentaire qui montre d'abord qu'il n'y a plus, de la part des opposants systématiques,  de critiques sur le fond (reste le prix du gaz !), mais uniquement l'insulte,  la critique sur les attitudes réelles ou supposées  ....C'est normal, tous les réformateurs de Blum   à Mendès ou de Gaulle ont été soumis aux mêmes attaques personnelles et injurieuses émanant des conservateurs d'extrême droite ou d'extrême gauche, qui sont toujours bien présents.... Deuxième remarque: c'est parce qu'il réforme que Sarkozy est en butte non seulement aux attaques de l'opposition, mais aussi à celles de la presse du type Le monde, et  aux difficultés venant de sa propre majorité ....S'il ne changeait rien, il n'y aurait aucun problème! Mais il faut changer, c'est une necessité absolue.C'est pourquoi il est important qu'il garde le cap, même si il doit certainement accepter de dialoguer encore plus qu'il ne le fait avec les acteurs sociaux et les parlementaires...Cela ralentira certes l'action, fera perdre une part de leur efficacité aux réformes, mais l'état de notre pays l'exige...La réforme a tellement de mal à être acceptée qu'elle doit être plus progressive qu'il ne serait souhaitable....Le premier quinquennat ne pourra sans doute pas aller aussi loin que nécessaire, le second le permettra sans doute.

sarkostique 11/04/2008 22:21

Le gouvernement Sarkozy ressemble à une chorale atteinte de diarhée Ces derniers jours ont été fertiles en disputes en tous genres et règlements de comptes publics au sein du gouvernement et du parti populiste.Il faut dire que ce qui est bien partagé dans l'équipe de bras cassé qui entoure Sarkozy ce n'est pas la compétence mais l'ambition démesurée. Ils veulent tous plus, à l'image de leur mentor qui a profité d'argent, d'avions et de yatch pour ses petits plaisirs.Un jour c'est Nathalie au nom difficile à écrire qui se fait rabrouer parce qu'elle dit la vérité et en a marre d'assumer pour les pleutres.C'est interdit au gouvernement.Il faut accepter de manger des couleuvres transgéniques sinon on n'est pas ministre.C'est le Ché de Belfort qui disait : un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne. Il aurait dû ajouter, ça ferme sa gueule en s'excusant platement.Aujourd'hui c'est la cacophonie au sujet de la carte SNCF pour familles nombreuses. Déjà que la révolte n'est pas loin concernant la destruction du service public d'éducation, alors il faudrait pas en plus que les associations familiales se joignent à la grogne généralisée.On attendrait un geste sur le gaz, mais il ne viendra pas. Il manque suffisament de poids pour faire reculer le spécialiste de la marche arrière quand tout prend l'eau : Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa.La rupture c'est comme la confiture, moins on en fait, plus on l'étale !

marc d HERE 11/04/2008 14:31

Un commentaire qui a peu à voir avec le sujet (encore que...), mais il est, comment dire, amusant et surtout éclairant sur une certaine candidate donneuse de leçons!"Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a affirmé vendredi à l'AFP qu'"avec Ségolène Royal, c'est travailler plus pour gagner rien du tout", en commentant la condamnation en appel de Ségolène Royal (PS) dans un procès intenté par deux ex-collaboratrices."AFP