La full tax machine

Publié le par Jean-Louis Caccomo

par Jean-Louis Caccomo...

Pourquoi faut-il que l’information économique soit toujours délivrée sur le ton du catastrophisme ? C’est que sans doute le manque de connaissance entretient le manque de sérénité de la même manière que l’ignorance est le terreau de la peur et la misère intellectuelle celui du terrorisme intellectuel.

Quand l’économie américaine est en croissance comme elle le fut durant au moins deux décennies consécutives, cette réalité est purement et simplement niée, notamment par ceux qui ont consacré leur vie à prophétiser l’effondrement du système capitaliste. Et quand elle n’est pas niée, elle est vue comme un danger pour notre planète, les américains étant présentés comme les plus gros pollueurs de la planète. Il ne vient jamais à l’esprit que les américains créent les richesses - notamment en innovant - dont ils sont les premiers consommateurs. Aujourd’hui, on montre du doigt le ralentissement de l’économie américaine comme le signe de la catastrophe annoncée.

 

Il est clair que le ralentissement ne peut provenir que d’une économie qui tourne à plein régime. C’est donc un vent de panique qui agite les marchés financiers qui ne manque pas d’inspirer nos régulateurs bienveillants ! Pourtant, on se place sur un seul côté du marché. Mais la période en cours peut être une formidable opportunité pour acheter des titres, prendre des positions et entrer sur des marchés financiers que d’aucuns laissent penser qu’ils sont réservés à une minorité de privilégiés. Aucune hausse ne peut être indéfiniment continuelle mais il en va de même pour la baisse dans la mesure où, en vertu d’une loi mécanique qui met en relation inverse le prix d’un actif et son rendement, tout mouvement de prix contient toujours les germes du mouvement inverse. Autrement dit, la hausse contient la baisse et la baisse contient la hausse dans un mouvement incessant dont la forme cyclique est somme toute normale. Mais voilà, les ignorants se lamentent lorsque les prix montent pour se lamenter de plus belle quand ils redescendent de sorte qu’à les entendre, l’économie est perpétuellement en crise. Il est certain que lorsque l’on ne comprend pas comment une chose fonctionne, on prétend qu’elle ne fonctionne pas.

 

Dans ce mouvement de panique générale, tout le monde de s’inquiéter sur le sort de l’économie mondiale si la récession américaine devait dégénérer. Cela tombe bien pour les dirigeants français toujours prompts à trouver des excuses à notre immobilisme structurel. On accuse tour à tour l’euro fort ou la montée du pétrole ; on invoque la conjoncture internationale pour retarder des réformes sans lesquelles pourtant aucune croissance endogène forte ne saurait revenir en France. Mais nous n’avons pas fait les réformes lorsque la croissance américaine et mondiale était forte, ou lorsque l’euro se dépréciait par rapport au dollar, ou lorsque le prix du pétrole était plus abordable.

Et en l’absence de ces réformes, nous restons tributaires de la croissance des autres pays, et notamment de l’économie outre-Atlantique. Pourtant, notre économie est plus sensible au ralentissement de l’économie U.S. qu’à sa vigueur, cette exposition asymétrique étant le signe d’une profonde désarticulation. Le plus grave, c’est que presqu’inlassablement, nous continuons ce travail de pressurisation de notre économie commencé depuis des décennies. Or, dans les moments de grande turbulence mondiale, les gouvernements américains savent baisser la pression fiscale pour rendre de l’initiative aux ménages et aux entreprises et refaire partir la machine. Chose que nous ne savons absolument pas faire. Quand la croissance revient, on taxe plus pour mieux « répartir les fruits de cette croissance ». Quand la crise pointe son nez, on taxe plus « pour protéger les plus faibles ». Les pays libéraux ont inventé la « flat tax » ; nous avons inventé en « full tax » [1]. En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées fiscales car il y aura toujours une bonne cause pour augmenter les taxes : l’écologie, le financement de la télévision publique ou l’entretien des monuments historiques comme le propose l’actuelle ministre de la culture. Là il s’agit non seulement de montrer du doigt les riches, mais de surcroît des étrangers riches, de mauvais étrangers, qui ont le mauvais goût de prendre des vacances luxueuses par les temps dures qui accablent le commun des mortels.

 

Finalement, les ministres de la république ont retrouvé les mauvaises habitudes des ministres des rois de France qui pensaient enrichir le royaume en taxant toujours plus la population au travail (et non les nobles protégés par leurs privilèges). On sait où cela a conduit.

 

[1] Dans le Monde du 26 mars 2008, Mr Sapin (PS) juge « inéluctable une augmentation des impôts ». Mais cela est inéluctable dans un esprit socialiste incapable d’envisager une diminution de la dépense publique.

 Jean-Louis Caccomo,

http://caccomo.blogspot.com/

Publié dans Economie et social

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