L'opinion largement favorable à la rétention de sûreté

Publié le par Le Figaro.fr

Le Figaro.fr 25 02 2008

EXCLUSIF - Selon un sondage Ifop pour Le Figaro, 80 % des Français approuvent la loi sur la rétention de sûreté. L'opinion est également favorable à une appliccation immédiate du texte.

Après cinq jours de controverses politiques et judiciaires autour de la loi de rétention de sûreté, le premier sondage réalisé sur cette question amène une photographie sans équivoque de l'opinion : «On note une approbation massive qui transcende les clivages politiques traditionnels», explique Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département d'opinion publique à l'Ifop. «L'adhésion au texte est portée par la certitude que la mesure peut éviter des crimes.»

Avant même le débat sur la mission confiée par Nicolas Sarkozy au premier président de la Cour de cassation, 80 % des personnes interrogées se disent favorables à la loi en elle-même. Dans le détail, selon l'Ifop, «ceux qui ont voté pour Nicolas Sarkozy sont massivement pour. Les réserves les plus fortes viennent des électeurs du Parti socialiste et des Verts».

L'opinion estime que, dans l'ordre, la rétention de sûreté «va diminuer le taux de récidive en maintenant en détention les criminels toujours dangereux à l'issue de leur peine» (81 % des sondés) et qu'elle «va être dissuasive à l'égard des criminels» (56 % des sondés). Enfin, pour 39 % d'entre eux, l'instauration de la rétention de sûreté «est une atteinte aux libertés car elle condamne de nouveau des individus ayant déjà effectué leur peine de prison».

Concernant la censure partielle de la loi par le Conseil constitutionnel, l'opinion des Français interrogés montre que le principe de non-rétroactivité des lois apparaît comme un enjeu secondaire par rapport à l'urgence d'appliquer le texte pour éviter des cas de récidives. 64 % des personnes interrogées estiment, comme le président de la République, qu'«il faut appliquer dès maintenant la rétention de sûreté à ces personnes pour éviter qu'elles récidivent».

Sur cette question de la rétroactivité, les différences sont bien plus marquées selon les personnes interrogées : «Sur la question des principes supérieurs du droit, il y a un vrai clivage socio-culturel», souligne Jérôme Fourquet : «La non-rétroactivité de la loi est mise en avant par 52 % des artisans ou des commerçants mais par 31 % des ouvriers.» 

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marc d Here 27/02/2008 15:39

Cette polémique fournit déjà un premier argument de campagne pour 2012:  Si vous votez à gauche, la loi sur la rétention de sûreté sera abrogée....avec les conséquences que vous devinez....Merci la gauche!

marc d Here 27/02/2008 08:41

Des pays aussi évidemment démocratiques que L'Allemagne, la Grande Bretagne ou les Pays-Bas ont des réglementatins comparables à notre "rétention de sûreté"....On peut également noter les importantes garanties judiciaires apportées à l'application de cette loi, validée par le Conseil Constitutionnel et promulguée hier.

Gérard JAULIN 26/02/2008 18:42

D'accord avec vous Jean-Pierre sur la nécessité d'une "vraie" perpétuité... le problème est qu'en France, une certaine classe "bien pensante" se préoccupe davantage du sort des criminels que de celui des victimes (et victimes potentielles...) au nom de la sacro-sainte défense des droits de l'homme.... nous sommes les spécialistes toutes catégories de ce genre de débats...une "exception française" de plus.... GJ

Jean-Pierre 26/02/2008 16:45

Lu dans le Figaro :

Après plusieurs jours de délibérations, le jury du tribunal londonien de l'Old Bailey a reconnu coupable Levi Bellfield des meurtres de deux jeunes femmes, la Française Amélie Delagrange, 22 ans, tuée en août 2004 dans un parc de la capitale britannique, et la Britannique Marsha McDonnell, 19 ans. Il a également été reconnu coupable de tentative de meurtre sur une autre adolescente, Kate Sheedy, 18 ans. L'homme a été condamné a été condamné à trois peines de prison à vie incompressibles pour ces crimes, sans possibilité de libération anticipée.

Les Anglais, au moins, n'ont pas ces hésitations que nous avons, nous Français. Une peine de prison à vie nous éviterait bien des polémiques stériles. Les journaux pourraient consacrer leurs colonnes à débattre des réformes à engager pour améliorer notre quotidien économique et social.

marc d Here 26/02/2008 14:33

Quelles que soient les expressions utilisées par la presse et les opposants politiques (y compris juristes), je confirme que la loi a été déclarée constitutonnelle, c'est à dire conforme à la constitution et au préambule, donc incontestable, y compris par monsieur Badinter....Sarkozy ne s'est pas adressé au premier président de la Cour de Cassation pour violer une décision du CC, (!)   mais bien pour rechercher, dans le respect de la décision du Conseil, un moyen de permettre tout de même de faire  bénéficier, au plus tôt,  la société des bienfaits de cette loi. OK pour ne pas agiter la peur comme le font sans arrêt Bayrou et les socialistes (peur d'une crise économique. terrible..  d'un pouvoir d'achat qui va s'effondrer....peur d'une politique de rigueur à venir....agitation de l'épouvantail de la démocratie menacée....  de la prétendue monarchie élective...). D'accord avec Lenoir et toi assez de ce recours constant à la peur.... pour essayer d'engranger des voix. Restons sereins dans une démocratie qui fonctionne et que personne ne menace, dans une économie qui se maintient et qui obtient même des résultats. Je ne reprends pas mon couplet sur ta manière de décrire l'algarade du salon....Mais , tu aurais pu admettre qu'elle n'éatait pas très sereine.