Initiative Européenne et Sociale (IES)
IES est un mouvement politique réformiste, social et libéral, qui veut
permettre à la liberté individuelle, la responsabilité et l'égalité des chances de se réaliser dans le cadre d'une société solidaire et
dynamique.
IES veut favoriser
l'approfondissement de la démocratie, la participation citoyenne, l'efficacité économique et la justice sociale, la modernisation du rôle comme du fonctionnement de l'Etat et des services
publics, la régionalisation, la construction d'une Europe politique, le développement durable.
Contact: ies1@hotmail.fr
Aujourd’hui la France a besoin d’un centre. Nous vivons à chaque élection nationale une alternance de la gauche à la droite, puis de la droite à la gauche.
Et à chaque fois, le balancier repart fortement dans un sens contraire, les lois précédemment votées et commençant à faire leur effet sont abrogées ou vidées de toute signification. Chaque camp,
sachant qu’il a toute chance de rester peu de temps au pouvoir se hâte de démolir ce qu’a fait le prédécesseur, d’imposer les quelques mesures souvent symboliques propres à satisfaire sa
clientèle, mais se garde de mettre en œuvre les réformes de fonds qui sont difficiles, provoquent l’inquiétude ou le mécontentement et ne feront effet que longtemps après leur départ du
pouvoir. Un centre capable de gouverner lui-même, en s’alliant si nécessaire et selon les moments ou les
sujets avec l’un ou l’autre camp, permettrait d’éviter les violents mouvements de balanciers comme les
retours en arrière et de réaliser les changements structurels nécessaires en inscrivant l’action
politique dans le plus long terme.
Mais il n’a jamais été possible sous la cinquième République, de faire politiquement exister le centre. Ceux que l’on appelle « centristes » et que l’UDF représente assez bien depuis près de trente ans se situent en réalité, par leurs traditions, leur manière d’agir et l’électorat qu’ils influencent au centre droit. Le centre gauche, pour sa part, n’a jamais pu s’affirmer, les radicaux de gauche, qui auraient pu le représenter étaient trop faibles idéologiquement et électoralement et surtout ne se sont jamais comportés comme tels, s’étant toujours considérés comme partie prenante de la gauche. Or, un centre véritable ne naîtra- mettant ainsi un terme à la bipolarisation rigide de la vie politique française - que s’il peut marcher sur ses deux pieds, regrouper ou fédérer les centristes des deux bords, permettre à ces deux sensibilités d’échapper à leurs camps respectifs.
Ce temps est peut-être venu aujourd’hui et on peut penser que la naissance de ce troisième pôle que constituerait un centre équilibré et attractif est possible. Les conditions qui le permettraient semblent pouvoir être réunies.
La chute du mur de Berlin et la fin du communisme, la reconnaissance largement répandue – quoiqu’en dise l’extrême gauche - qu’il n’y a pas d’alternative crédible au marché et au capitalisme, mais aussi la « socialisation » du libéralisme qui s’est éloigné de l’ « ultra libéralisme » thatchérien, ont rapproché les positions. Le centre gauche et le centre droit ne sont plus, sur un plan théorique, séparés comme ils pouvaient l’être il y a 10 ou 15 ans. Par ailleurs, et ce n’est contradictoire qu’en apparence, la gauche et la droite institutionnelles actuelles ont tendance à se radicaliser, à ignorer l’une l’efficacité économique l’autre l’exigence sociale, à se déporter vers leurs extrêmes et à préconiser l’une et l’autre des solutions excessives qui agissent comme des repoussoirs sur les modérés ou les réalistes des deux camps. Les pôles dominants perdent ainsi leur capacité d’attraction et de rassemblement ce qui rend les marges plus libres de leurs mouvements. Cela est évident à droite et l’UDF montre tous les jours son éloignement vis-à-vis de l’UMP. Cela commence à apparaître à gauche où la sensibilité de centre gauche, se reconnaît peu de choses en commun avec des partis de gauche qui hésitent à soutenir l’ambition européenne, se méfient du marché et des entreprises, négligent l’exigence écologique, choisissent l’assistance contre la responsabilité, le conservatisme contre la réforme. Le centre gauche a le plus grand mal à se considérer encore comme un élément de cette « union de la gauche », ou de cette « gauche plurielle » refermée sur elle-même et ses dogmes, qui n’a su s’adapter ni à l’évolution du monde ni aux nouvelles attentes sociales.
Si la polarité des extrêmes est moins forte, encore faut-il que l’attractivité du centre existe. Cela devient le cas, dans la mesure où aujourd’hui le centre gauche et le centre droit ne sont plus une gauche affadie ou une droite timorée. Ce n’est pas la gauche ou la droite en plus mou, en plus flou, mais une pensée affirmée, avec des lignes de force que sont : l’ouverture sur le monde, le choix du développement durable, la défense passionnée de la construction européenne, la mise en œuvre de l’autonomie et de la responsabilité individuelle, la solidarité et l’équité comme condition d’une réelle égalité des chances, la réforme d’un Etat qui doit être allégé et rendu plus efficace, la rénovation de services publics qui ne peuvent refuser une concurrence régulée, la régionalisation, la démocratie participative et l’extension des pouvoirs de la société civile, la lutte contre les privilèges et les statuts qui limitent toute possibilité de dynamisme et de mobilité de la société ….
Idéologiquement un centre réformateur et qui refuse la « pensée borgne » existe, doté de deux sensibilités compatibles qui ont trouvé lors de la récente campagne référendaire, des occasions de rapprochement et de coopération….Reste à créer la condition qui pourrait lui donner une existence politique. Cette dernière condition, comme on l’indiquait plus haut, c’est la création puis le renforcement d’un centre gauche, social, libéral et écologique, clair sur ses valeurs, appuyé sur les acteurs sociaux, décidé à échapper à l’orbite de l’union factice d’une gauche archaïque et sans projet, pour rechercher les moyens d’une coopération avec le centre droit. Un centre gauche qui soit assez fort pour oser s’émanciper de la tutelle du parti socialiste (qui ne peut assumer publiquement son social libéralisme) et ne pas craindre, en s’alliant au centre droit, de se faire phagocyter par lui. Assez fort aussi pour donner confiance à ce même centre droit, et lui donner le courage de couper les ponts avec l’UMP, parce qu’il saura pouvoir retrouver sur sa gauche ce qu’il perdra sur sa droite en terme de soutien électoral.
Voilà la feuille de route…S’y conformer sera bien difficile, et donner vie à ce nouveau centre, fort du regroupement de son aile gauche et de son aile droite sera certainement une tâche de longue haleine… C’est pourquoi nous devons nous y mettre sans attendre.
Gabriel COHN-BENDIT et Marc d’HERE
Bureau:
Marc d'Héré, président, Patrick Compte, Frédéric Coste, Gérard Doiret, Guillaume Fabre, Shona Hammonds, Gilles Norroy,
Nos principes fondateurs
Pour accompagner notre démarche et rejoindre Initiative Européenne et Sociale, envoyez votre nom, votre adresse, votre email, à ies1@hotmail.fr
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