La gifle

Publié le par Jean-Louis Caccomo

...par Jean-Louis Caccomo...

Il est un âge à partir duquel certains souvenirs que l’on croyait définitivement perdus refont surface en écho à une actualité par certains côtés aussi lamentable que désespérante. Je me souviens avoir pris la gifle de ma vie, dans tous les sens du terme il faut bien l’avouer. J’étais un tout jeune collégien et la scène se passait durant un cours de mathématique dans lequel j’avais plutôt tendance à m’ennuyer alors qu’un ancien militaire à la retraite devenu enseignant s’échinait à nous expliquer les bijections à l’aide de patates et de flèches. Je confesse avoir fait souffrir cet enseignant dont la pédagogie cependant n’était pas des plus alléchantes.

Ce jour là, j’écrivais des notes de musique sur mon cahier, ne prêtant plus attention à mon professeur qui avait interrompu le cours pour me regarder. Tout le monde avait les yeux fixés sur moi alors que je m’étais perdu dans mon monde, rêvant du concert que j’étais en train de composer en jetant sur le papier une ébauche de partition bien enfantine.

Le professeur s’est approché de moi et il m’a appelé. Au moment où je redressai ma tête, j’ai juste eu le temps de voir arriver sa main énorme dans ma face pour prendre une gifle retentissante, imprimant une trace persistance sur ma joue endolorie. Puis il a demandé à voir mon cahier ; il m’a regardé fixement dans les yeux pour me dire : « vous devriez écouter ce cours, il y a des mathématiques dans la musique ! ».

J’ai eu la honte de ma vie. Je me suis abstenu d’en parler à mon père qui aurait doublé le tarif.

Plus tard, bien plus tard, je me suis identifié au personnage du petit garçon mis en scène par Alan Parker dans le film musical « The Wall » du groupe Pink-Floyd, et qui se fait taper sur les doigts à l’aide d’une règle par son professeur parce qu’il écrivait des poèmes au lieu de suivre ses cours.

Pourtant, à aucun moment, je n’aurai insulté mon professeur. On tremblait déjà quand on voyait certains surveillants… Avec le recul, je me suis aperçu que j’avais pris goût aux mathématiques, découvrant Pythagore dans mes premières gammes majeures parsemées de seconde, tierce, quarte et autre septième. Aujourd’hui, je sais que l’on peut traquer les mathématiques partout, derrière le mouvement des planètes comme derrière les fluctuations boursières. J’ai même appris que ce professeur avait pris ma défense lorsque le conseiller d’orientation avait émis un avis défavorable à mon entrée dans le lycée…

 

Tout cela pour rebondir sur l’actualité de cette gifle qui a valu à un professeur d’être mis aux arrêts, tout cela parce que le collégien était fils d’un gendarme. Dans l’exercice de ses fonctions, j’imagine que le gendarme n’aimerait pas être traité de « connard » par un chauffard excédé d’être flashé à longueur de kilomètres. Si le pouvoir est nécessaire, l’abus de pouvoir est détestable. Il n’est pas sérieux de mélanger sa fonction professionnelle et son statut de parent. Un enfant attend de son père qu’il soit père et non un gendarme. Un parent gendarme n’a pas plus de droit que les autres. Le problème aujourd’hui, c’est que les parents portent plainte lorsque leur enfant redouble ou lorsqu’il est puni par le maître. Et l’on voudrait ensuite donner le pouvoir aux élèves de noter les professeurs ? Mais ces derniers seront terrorisés par les élèves, soumis à leurs caprices dans la peur d’être mal notés.

Pourquoi pas un parlement des enfants qui édicterait des lois qui s’imposeraient aux adultes ? L’idéologie du jeunisme consiste à croire que l’enfant est naturellement bon tandis qu’il se pervertit en grandissant, ce qui est un alibi commode à la démission des adultes dont le rôle est de rendre responsable des enfants qui, par définition, ne vivent que dans l’instant.

 

 Jean-Louis Caccomo,

http://caccomo.blogspot.com/

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marc d Here 25/02/2008 20:53

Ca ne s'arrange pas au PS.... Samedi vers 18 heures, une passante a été agressée par une miliante de Philippe Doucet, candidat PS aux municipales à Argenteuil. "D'après les informations que j'ai pu recueillir, la passante a refusé de prendre le tract, des insultes ont été échangées et les deux femmes se sont violemment battues", détaille Ali Romdhane, délégué national au tourisme au parti socialiste, qui a assisté à la scène.La passante a eu le nez cassé et a déposé plainte contre la militante socialiste. Le 9 février dernier, dans la même municipalité, une altercation avait déjà eu lieu entre deux militants socialistes, l'un soutenant Phillipe Doucet, l'autre Faouzi Lamdaoui. Les militants étaient appelés à choisir leur candidat pour l'investiture aux municipales. Source : Aziz Zemouri (Le Figaro Magazine) avec lefigaro.fr 

Jean-Pierre 20/02/2008 17:27

On peut donner plusieurs sens à la « Valse des étiquettes »... :-)

marc d Here 19/02/2008 21:59

Pire qu'à droite c'est extrême droite...Vous pensez donc que nous sommes  d'extrême droite?  J'ai peur que vous n'exagériez....beaucoup!Je précise une nouvelle fois à toutes fins utiles que ce blog donne la parole à des auteurs qui n'appartiennent pas à son mouvement et surtout qu'il n'y a pas une LIGNE IES....Cela sera difficile à admettre mais IES est un mouvement assez ouvert....Pour ma part, puisque c'est moi qui m'exprime le plus souvent, en articles et commentaires, je me considère évidemment au centre gauche, un centre gauche qui se revendique social, libéral et européen.....

Sébastien 19/02/2008 20:27

Je pensais que IES était au centre gauche.Je me rends compte que ce mouvement est franchement à droite, voir pire...Quel dommage!