Blair devant les progressistes d'Eric Besson

Publié le par Judith Waintraub, Le Figaro.fr

Blair vante l'ouverture
devant Besson

Judith Waintraub Le Figaro.fr
31/01/2008 | Mise à jour : 22:42 |
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Organisé par Éric Besson, le colloque «la voie progressiste» s'est tenu jeudi à la Sorbonne en présence de Tony Blair et François Fillon.
Organisé par Éric Besson, le colloque «la voie progressiste» s'est tenu jeudi 31 janvier à la Sorbonne en présence de Tony Blair et François Fillon.

L'Élysée et Matignon veulent ancrer les sarkozystes de fraîche date à l'UMP.

Grâce à Tony Blair, le colloque d'Éric Besson sur «la voie progressiste» a fait le plein. L'amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne débordait même, jeudi, quand l'ex-premier ministre britannique est arrivé, suivi de près par François Fillon. À cinq semaines de municipales qui s'annoncent compliquées pour la majorité, Nicolas Sarkozy a sans doute lui aussi jugé utile de valoriser les acteurs de l'ouverture, puisqu'il l'a invité à finir la journée à l'Élysée avec tous les intervenants.

Tony Blair avait déjà apporté sa caution à la stratégie sarkozyste en se rendant devant le conseil national de l'UMP, il y a quinze jours. À l'époque, il avait glissé que s'il était Français, il serait «à gauche, mais avec ceux qui veulent la refonder» , sans citer de noms. Sa présence, jeudi, aux côtés d'anciens élus socialistes ralliés à la majorité montre où se situent, selon lui, les «refondateurs» de la gauche française. Pour le plus grand plaisir de l'auditoire, il a raconté comment il s'était heurté en Grande-Bretagne aux adversaires de sa propre démarche d'«ouverture». «Un jour, un sympathisant du parti conservateur me dit d'un ton accusateur : “J'ai compris votre manège ! Vous voulez que les conservateurs votent travailliste” ! Je lui ai dit : “Eh bien oui ! ”». La salle a explosé de rire. Tony Blair a ensuite évoqué le souvenir d'une manifestation de militants travaillistes «qui brandissaient des pancartes : “Pas de compromis avec l'électorat !”».

L'humour de l'ancien patron du Labour a inspiré François Fillon, qui y est allé de son anecdote : «En arrivant à la Sorbonne, je me demandais ce qu'auraient pensé les étudiants de Mai 68 s'ils avaient su que des progressistes de gauche allaient organiser dans cet amphi un colloque avec un ancien premier ministre travailliste, conclu par un chef de gouvernement issu du mouvement gaulliste. Qu'est-ce qui, d'ailleurs, aurait été le pire des deux pour eux ?» Plus sérieusement, le premier ministre a félicité Besson pour avoir eu le «courage de rester fidèle à ses convictions» en rejoignant Sarkozy. Selon lui, «on a tendance parfois à confondre homme lige et homme libre, et ceux qui sont fidèles longtemps au même clan et au même homme sont rarement fidèles à leurs convictions».

Pour Fillon, le «système binaire, droite contre gauche, conservateurs contre progressistes» est dépassé, et depuis longtemps. «Il faut en finir avec une gauche dogmatique dans la forme et parfois libérale dans le fond et une droite libérale dans la forme et parfois conformiste sur le fond».

Besson a applaudi des deux mains. En marge des tables rondes avec ses invités internationaux, il a expliqué qu'il réfléchissait, avec son collègue venu du PS Jean-Marie Bockel, «mais aussi avec d'autres», comme le président des radicaux valoisiens Jean-Louis Borloo, aux moyens de structurer l'ouverture : «Est-ce que l'on doit se réunir, se confédérer, trouver des systèmes d'alliances ? Les choses ne sont pas réglées. On n'a pas besoin de se précipiter, on pourra en parler après les municipales». Les questions d'architecture agitent la majorité. A Matignon comme à l'Élysée, on cherche comment ancrer les sarkozystes de fraîche date à l'UMP.

Judith Waintraub

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Patrick Joly 17/02/2008 11:39

Bravo à la gauche moderne d'oser soutenir les réformistes qui, aujourd'hui, sont au gouvernement.J'espère que ce mouvement prendra de l'ampleur, et qu'il sera un jour majoritaire au PS.