Enseignement de l'économie au collège

Publié le par Jean-Louis Caccomo

par Jean-Louis Caccomo...

Michel Rocard propose de généraliser l’enseignement de l’économie au collège dès la classe de sixième. Sur le principe, j’aurais tendance à applaudir, militant moi-même à mon échelle et depuis plusieurs années pour une vulgarisation – et non une diabolisation – de la chose économique dès le plus jeune âge. D’ailleurs, les enfants ne sont pas les derniers à poser des questions sur l’argent ou à s'intéresser à l’échange, qu’ils pratiquent allègrement dans la cour de récréation. Et plus personne ne peut plus nier que nous, les français, soyons aussi arriérés que puritains en ce domaine, à collectivement croire qu’il existe une potion magique et un père Noël, incarné par l’Etat et ceux qui le dirigent, susceptible de distribuer des cadeaux à partir du moment où on les réclamera un peu plus fort que les autres.

 Mais c’est l’application de ce principe qui m’inquiète quelque peu. Car je constate déjà les dégâts occasionnés par l’enseignement de l’économie tel qu’il est actuellement pratiqué dans les lycées au point que les lycéens de filières scientifiques ont plus de chance de réussir dans les facultés de sciences économiques que les lycéens des filières baptisées « économiques et sociales ». A entendre le discours caricatural, et déjà pétris de préjugés et de poncifs grotesques, de certains lycéens, je me dis qu’il vaut mieux n’avoir jamais étudié l’économie dans les lycées plutôt que de l’étudier mal.

Je ne jette pas la pierre aux lycéens car ils sont victimes des programmes validés par les comités scientifiques d’ATTAC sur fond de dossiers signés « Alternative Economique » qui règnent désormais en maître dans nos lycées et dont la seule finalité consiste à dénoncer l’économie à défaut de l’enseigner. Alors, s’il s’agit de commencer ce travail de propagande et de lavage de cerveau dès la classe de sixième, permettez-moi d’exprimer ici de grandes inquiétudes. Surtout si cette recommandation provient malgré tout de Michel Rocard, qui reste à mes yeux un socialiste qui a inventé la C.S.G. (en guise de réforme de la sécurité sociale) et promu la cogestion.

On comprend vite l’économie à partir du moment où l’on échappe à l’assistanat car si on ne se rappelle pas les lois de l’économie, elles se rappellent bien vite à nous. Mais tout est fait, dans notre pays, pour nous rendre dépendant de la générosité publique de sorte que tout enseignement de l’économie apparait bien théorique pour celui qui peut vivre au crochet du système.

 A l’approche de mes 45 ans, je dois bien vous avouer que j’ai découvert les lumières en ce domaine à partir de mon doctorat (et depuis je ne cesse d’apprendre), le temps de me désintoxiquer de près de cinq années de conditionnement marxiste.  Mais c’est ce qui explique sans doute que certains mandarins de l’université française, affiliés aux puissantes corporations syndicales, ont déclenché les foudres de leur indignation lorsque j’ai voulu prétendre au rang de Professeur des universités en sciences économiques. En France, un libéral ne saurait être un économiste digne de ce nom…

 

Jean-Louis Caccomo

http://caccomo.blogspot.com/

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marc d Here 30/01/2008 08:27

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé lundi (28 01) à l'université Paris Sud XI d'Orsay (Essonne) que «si la France gagne la bataille de la recherche, elle gagnera la bataille de la croissance et la bataille de l'emploi».  «Pour moi, c'est absolument capital de donner des moyens très importants à la recherche en France» car «si la France gagne la bataille de la recherche, elle gagnera la bataille de la croissance et la bataille de l'emploi», a-t-il déclaré. «J'ai dit aux chercheurs  qu'ils auront des moyens supplémentaires mais qu'ils doivent accepter les réformes parce qu'il ne s'agit pas de mettre de l'argent dans des structures qui ont démontré finalement leurs limites», a-t-il ajouté. «On va s'inspirer des pays qui gagnent et ont choisi l'innovation pour porter des crédits supplémentaires et les réformes dont la recherche a besoin», a-t-il également affirmé.«C'est à une véritable refondation que j'appelle toute la communauté scientifique française», avait-il dit un peu plus tôt, devant Albert Fert et plusieurs centaines d'étudiants et de chercheurs. Selon M. Sarkozy, la difficulté à laquelle est confrontée la recherche en France «n'est pas un problème d'effort financier public» mais «une question d'organisation et d'allocation de ces moyens». «Oui, il faut un effort financier et je suis prêt à le faire. D'ici 2012, nous porterons à 3% du PIB notre effort de recherche, ce qui signifie 15 milliards d'euros supplémentaires dont 4 à la charge de la puissance publique», a-t-il rappelé. Mais «cet effort budgétaire massif est indissociable de la réforme. Il a notamment plaidé pour l'introduction d'«un peu de flexibilité - pardon pour le gros mot - dans un système qui souffre cruellement et depuis si longtemps de sa rigidité». «30% des chercheurs prendont leur retraite en 2012. N'est-ce pas l'occasion d'innover?», s'est-il interrogé. Autre réforme: «l'évaluation» des chercheurs. Selon M. Sarkozy, il revient à l'Agence de l'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur de porter «la responsabilité majeure de nous doter d'une évaluation professionnelle et irréprochable». Le Parisien.com et AFP

marc d Here 25/01/2008 12:13

Première réaction devant la longueur et la "technicité" de vos commentaires, comme votre habitude de  "déplacer" le sujet: le découragement... le A quoi bon.....Et puis il faut tout de même répondre alors voilà, en reprenant vos affirmations:Pour revenir sur le commentaire des cotes... depuis le mois d'aout qui marque l'apparition de ces subprimes dans le débat économique et à la date d'aujourd'hui (cad en prenant en compte la remontée), le Nikkei a perdu 25% de sa valeur, le Dow Jones 13%, le CAC 20%. Je n'utilise nullement ces chiffres pour louer ou dénoncer quelque gouvenement que ce soit, je les interprète simplement comme un mouvement naturel de correction du marché par rapport à une surévaluation de la valeur des crédits à risque.Bon et alors! en quoi cela répond-il aux questions abordées plus haut: les bourses montent et baissent ce n'est pas nouveau, les subprimes ont plutôt provoqué des baisses... C'est évident Et alors?  Je n'appelle donc pas "krach" ce qui s'est produit lundi. J'appelle "krach" ce mouvement naturel de correction d'une bulle, dont l'on peut penser qu'il se prolongerait ou s'amplifierait sans apport volontariste de liquidités.Mais ce n'est pas le sens du mot krach, qui signifie " effondrement des cours à la bourse...débacle financière"....Donc ce n'est pas ce que vous dites...Si vous employez des mots en leur donnant un sens différent, ça ne va pas faciliter le dialogue.Je ne dis pas qu'il faut ou non empêcher ce krach d'intervenir, je constate simplement que cette préoccupation n'est pas libérale. Les vrais libéraux  seraient en effet en faveur d'une auto-régulation du marché, et constesteraient (sur la base de la théorie des anticipations rationnelles) l'efficacité de tout plan de relance (les acteurs devant épargner pour anticiper une correction nécessaire à un moment ou un autre). C'est là la critique de base des libéraux envers Keynes. Keynes était un libéral....Et vous devez admettre que le libéralisme c'est le contraire du sectarisme et du dogmatisme. Il  n'interdit pas d'être intelligent et de réagir à des crises ponctuelles, y compris par une intervention limitée de l'Etat....Voir ce qu'ont toujours fait les E.U.....qui ne sont pas à ma connaissance des étatistes.Je contaste également que vous vous réjouissez de ce plan de relance et de la réaction favorable des marchés, ce qui vous rend tout aussi keynesien que ces économistes "sociaux-démocrates" que vous fustigez. Voir réponse précédente. Oui je préfère que les marchés remontent, et je m'en réjouis donc...Pas vous?Pour vous donner mon sentiment personnel, je ne crois pas en la nature "libérale" ou "keynesienne" des analystes. Je les crois avant tout guidés par l'intérêt financier de leurs clients (cad les actionnaires), qui les conduit à défendre la plupart du temps des mesures d'inspiration libérale, et à d'autres moments des politiques volontaristes. Eh bien ça c'est un scoop...Les analystes seraient les premiers surpris....Cela dit que beaucoup d'entre eux varient en fonction d'intérêts politiques ou personnels, ce n'est pas impossible et pas contradictoire avec ce que je pense! Sur la BCE, j'ai déjà souligné mon incompétence à la juger. Est-ce utile d'aller plus loin?....Allons y tout de même...On ne peut ni ignorer le mouvement de fond inflationniste du à la pression des pays emergents sur les matières premières et l'énergie, ni ignorer le risque  déflationniste s'il y avait compression de la demande US. Entre deux abymes contradictoires, les autorités monétaires doivent naviguer à vue, et je doute que vous comme moi ayez les clés des initiatives de court-terme qui doivent être entreprises. OK. Je parlais des avis  de Fabius et du gouvernement ..Mais ous avez le droit de ne pas vous prononcer avant de connaître la position de DSK par exemple...Pardonnez-moi, là  je polémique... Mais je déplore que les politiques français de tous bords s'engouffrent pour dénoncer une nouvelle fois un euro fort qu'ils sont les seuls à regretter au nom de la compétitivité extérieure. Les autres pays de la zone ne rencontrent pas ce problême (qui n'est donc pas essentiellement monétaire), et se félicitaient jusqu'alors d'une parité qui amortit l'inflation sur nos importations, à commencer par le pétrole que nous achetons en dollars. Il n'y a sur ce sujet ni gauche ni droite, mais la France contre ses partenaires.Ni gauche ni droite vous avez peut-être raison et sur d'autres sujets encore...Pour ce qui nous occupe il ne s'agit pas de regretter l'Euro qui nous protège notamment de dévaluations et même pas un euro suffisamment fort qui  nous aide dans nos importations de pétrole notamment ...même si les fondamentaux de notre économie et les retard pris depuis 25 ans nous pénalisent plus que l'Allemagne...ll s'agit de souhaiter que sa parité avec le dollar soit plus juste et de regretter que Trichet et la BCE ne choisissent pas une politique monétaire plus favorable à la croissance, notamment au moment ou les EU baissent leurs taux.....Mais vous avez le droit de souhaiter l'inverse, ou même de ne rien vouloir du tout comme votre début de commentaire le laisse à penser!

marc d Here 25/01/2008 11:27

OUF.....merci....

Fred 25/01/2008 11:19

Je voudrais à mon tour apporter quelques précisions.Pour revenir sur le commentaire des cotes... depuis le mois d'aout qui marque l'apparition de ces subprimes dans le débat économique et à la date d'aujourd'hui (cad en prenant en compte la remontée), le Nikkei a perdu 25% de sa valeur, le Dow Jones 13%, le CAC 20%. Je n'utilise nullement ces chiffres pour louer ou dénoncer quelque gouvenement que ce soit, je les interprète simplement comme un mouvement naturel de correction du marché par rapport à une surévaluation de la valeur des crédits à risque.Je n'appelle donc pas "krach" ce qui s'est produit lundi. J'appelle "krach" ce mouvement naturel de correction d'une bulle, dont l'on peut penser qu'il se prolongerait ou s'amplifierait sans apport volontariste de liquidités.Je ne dis pas qu'il faut ou non empêcher ce krach d'intervenir, je constate simplement que cette préoccupation n'est pas libérale. Les vrais libéraux  seraient en effet en faveur d'une auto-régulation du marché, et constesteraient (sur la base de la théorie des anticipations rationnelles) l'efficacité de tout plan de relance (les acteurs devant épargner pour anticiper une correction nécessaire à un moment ou un autre). C'est là la critique de base des libéraux envers Keynes. Je contaste également que vous vous réjouissez de ce plan de relance et de la réaction favorable des marchés, ce qui vous rend tout aussi keynesien que ces économistes "sociaux-démocrates" que vous fustigez. Pour vous donner mon sentiment personnel, je ne crois pas en la nature "libérale" ou "keynesienne" des analystes. Je les crois avant tout guidés par l'intérêt financier de leurs clients (cad les actionnaires), qui les conduit à défendre la plupart du temps des mesures d'inspiration libérale, et à d'autres moments des politiques volontaristes. Sur la BCE, j'ai déjà souligné mon incompétence à la juger. On ne peut ni ignorer le mouvement de fond inflationniste du à la pression des pays emergents sur les matières premières et l'énergie, ni ignorer le risque  déflationniste s'il y avait compression de la demande US. Entre deux abymes contradictoires, les autorités monétaires doivent naviguer à vue, et je doute que vous comme moi ayez les clés des initiatives de court-terme qui doivent être entreprises. Mais je déplore que les politiques français de tous bords s'engouffrent pour dénoncer une nouvelle fois un euro fort qu'ils sont les seuls à regretter au nom de la compétitivité extérieure. Les autres pays de la zone ne rencontrent pas ce problême (qui n'est donc pas essentiellement monétaire), et se félicitaient jusqu'alors d'une parité qui amortit l'inflation sur nos importations, à commencer par le pétrole que nous achetons en dollars. Il n'y a sur ce sujet ni gauche ni droite, mais la France contre ses partenaires.

marc d Here 25/01/2008 08:55

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé la séance d'aujourd'hui en très forte hausse de 4,10%, les investisseurs saluant le plan de relance annoncé la veille aux Etats-Unis, selon les opérateurs.(Source : AFP)...Pour Fred.....certains, en contradiction avec ce que vous dîtes (et disent les économistes que vous répetez), croiraient-ils au plan de relance américain....Je n'ose l'imaginer!   A suivre...Au fait, pas d'optimisme béat, mais, c'est vrai, j'ai comme l'impression que les économistes (ceux dont je parle,  ce  qui vous  fait pouffe de rire!) ont essayé de nous entraîner dans une direction qui ne semble pas tout à fait la bonne.....Il faut bien vous souvenir ce qu'ils disaient le premier jour de la crise. ( qu'avec eux vous appelez krach, dans un commentaire précédent, )....