Université: responsabilité et devoirs des étudiants

Publié le par Jean-Louis Caccomo

Par Jean-Louis Caccomo...

Le jour se lève sur un campus en désolation. Si le droit de grève n’a pas de prix, la grève a  un coût. A l’université de Perpignan, où les affrontements ont été particulièrement violents conduisant à un blocage du campus pendant plus de trois semaines et à une dégradation inimaginable des locaux, le président de l’université estime la facture à 200 000 euros (dont 40 000 euros en frais de vigiles privées et 160 000 euros de frais de remise en état des lieux). Voilà une performance dépensière que le contribuable appréciera. Mais au pays des avantages acquis, je dépense (l'argent des autres), donc je suis (solidaire et citoyen)...

Pourtant, la réforme des universités était annoncée dans le programme du candidat Sarkozy. Qu’il cherche à tenir ses promesses est une chose bien normale et parfaitement démocratique. On ne peut pas toujours rejeter le verdict des urnes sous le prétexte qu’il fâche une infime minorité car, par définition du jeu démocratique, il y aura toujours une minorité. Pourtant, une fois élu, le président de la République avait déjà bien édulcoré le projet initial de Valérie Pécresse, notamment après avoir rencontré les principaux syndicats étudiants, dans un souci d’apaiser les esprits. Mais encore faut-il avoir à faire à des esprits : on ne peut discuter qu’avec des interlocuteurs ayant un certain niveau d’éducation et un minimum d’ouverture d’esprit, ce qui devrait d’ailleurs constituer un préalable pour accéder à l’université. Avec l'autonomie à la Française, on est encore bien loin de la réelle autonomie de gestion des universités allemandes, espagnoles, anglaises, canadiennes ou américaines.

 

Plus fondamentalement, depuis quand les étudiants gèrent-ils l’université ? Les passagers d’un avion sont-ils aux commandes de l’appareil ? Les étudiants sont-ils les mieux placés pour savoir ce qui est bien pour l’université, et finalement pour eux ? Vont-ils bientôt décider eux-mêmes des contenus des cours et des notes qu’ils mettront à leurs propres copies ? Comme beaucoup d’enfants gâtés, certains étudiants veulent toujours moins d’évaluation, moins de sélection, pas de redoublement, plus de droits, autant de sirènes démagogiques auprès desquelles des adultes responsables ne doivent pas succomber. Les parents vont-ils demander à leurs enfants comment il convient de les éduquer ? Etre à l’écoute (des jeunes) n’est pas être aux ordres (des jeunes). Bien-sûr, ces étudiants vont me rétorquer qu’ils sont majeurs. Sans doute ! Mais ils sont tout de même à la charge de la collectivité nationale tandis qu’un bon nombre vit encore chez leurs parents.

Tant que la collectivité leur financera des études, ils devront rendre compte et ils devraient précisément rendre des comptes à cette collectivité, notamment en termes de résultats. C’est un devoir moral avant d’être une contrainte comptable et une exigence financière. Ainsi, non seulement les études ne sont pas un droit (car les enseignants doivent faut pouvoir exiger un certain niveau de la part des candidats aux études) ; mais les études constituent un devoir à partir du moment où chaque place à l’université est financée par la collectivité.

 

 Jean-Louis Caccomo

http://caccomo.blogspot.com/

Publié dans Education - recherche

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