Sentiments et ressentiments en politique

Publié le par Gilles Norroy

Par Gilles Norroy...

 

 

 

La politique disait le Général de Gaulle ce n’est pas autre chose que du sentiment.

C’est vrai que pour choisir un candidat la plupart des personnes ne procède pas par une construction logique -analyse du programme, évaluation des résultats- mais par un choix instinctif -on aime ou on n’aime pas-, ou bien encore on vote pour untel, non par affection pour ses idées ou sa personne, mais par rejet de son concurrent. 

Les politiques surfent sur cette situation en travaillant leur image plus que la qualité de leur action.

On arrive ainsi à la peopleisation de la vie politique.

Comment dès lors ne pas s’étonner que le désamour s’installe rapidement et que l’usure du pouvoir soit inexorable. Les politiques deviennent alors des gladiateurs des temps modernes et de sa politique médiatisée: s’ils ne meurent pas dans le spectacle en cours, le prochain leur sera souvent fatal et dans tous les cas leur carrière sera courte. La fonction de Premier Ministre a longtemps été instrumentée à cette fin. Condamné d’avance, il n’avait qu’une certitude, celle d’échouer ou  de ne pas durer très longtemps dès lors que les premiers sondages mesureraient le retournement de l’opinion.

Si le sentiment oscille c’est aussi que le ressentiment est un des autres moteurs de la politique.Il est ainsi tendance dans certains milieux d’être toujours mécontent de ce que peuvent faire les politiques.

En quelque sorte on est content d’être mécontent car c’est plus intello, plus esthétique d’être révolté, et à l’évidence plus facile bien sûr que de faire des propositions.

Dans la classe politique il y a ceux qui s’installent un fonds de commerce dans le ressentiment : faire naître et exploiter  du ressentiment devient alors un des petits métiers de la politique : confortable d’ailleurs, lorsque l’on a vocation à rester longtemps dans l’opposition.

Nous pouvons nous interroger, nous  Progressistes, sur cette dialectique sentiment- ressentiment qui nous a fait préférer Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal alors que notre engagement de gauche aurait du nous faire faire le choix inverse.

Je ne peux parler que de mon parcours, laissant à mes amis le soin de publier le leur.

C’est vrai qu’au départ Ségolène a suscité du ressentiment parce qu’elle sollicitait l’inverse avec cette outrance consternante qui la caractérise. On se sentait gêné, un peu comme dans ces réunions de famille où l’un des invités raconte des bêtises et fait le désespoir de ses proches, impuissants à l’arrêter. La diabolisation de Nicolas Sarkozy qu’elle a essayé de générer s’est retournée contre elle. Son dernier ouvrage montre d’ailleurs qu’elle ne regrette rien, et à la différence des trains, continue à avancer après avoir déraillé.

Est ce à dire que ce ressentiment s'est mué en sentiment pour le futur Président de la République?

Je ne crois pas, car c’est au contraire un effort de dépassement du sentiment, au nom de la raison, qui nous a fait faire ce choix, parfois dans le déchirement de quitter une famille politique qui était une partie de notre vie.

C’est sans doute ce dépassement de l’alternative sentiment / ressentiment en politique qui me paraît caractéristique de la période actuelle.

Nous venons de vivre près de 25 ans d'immobilisme intellectualisé avec François Mitterrand, compassionnel avec Jacques Chirac. Aujourd’hui la France a enfin un Président qui fait son métier avec énergie et souci de l’efficacité. Ceux qui le critiquent, au nom du ressentiment, le font souvent sur des sujets marginaux (les tests ADN), et ont du mal à trouver des prises politiques qui les aideraient dans leur escalade.

Nous sommes entrés dans l’ère de la Realpolitik (la visite de Kadhafi s’inscrit dans cette logique) comme la plupart des démocraties occidentales qu’elles soient de gauche ou de droite.

Ce changement de paradigme est important : le lieu du débat politique se déplace.

Ceux qui veulent, malgré tout, continuer à amener le débat dans le registre du sentiment vont avoir du mal, car, comme  Napoléon l’avait bien théorisé, la victoire s’obtient en amenant l’adversaire sur le terrain que l’on a choisi...

Gilles Norroy

Commenter cet article

marc d Here 26/02/2008 12:45

La permanence de campagne d'Eric Besson, ancien socialiste et actuel secrétaire d'Etat à la Prospective et à l'évaluation des politiques publiques, a été saccagée dans la nuit de lundi à mardi à Donzère (Drôme), ont indiqué les gendarmes."Il s'agit d'actes de vandalisme purs et simples", a déclaré le commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Pierrelatte (Drôme), Patrice Chaix, après s'être rendu sur les lieux. "La porte d'entrée a été forcée, la vitrine brisée et, à l'intérieur, tout a été saccagé", a-t-il ajouté.Source : AFP 

marc d Here 26/02/2008 10:04

Ca continue à se "castagner" au PS......La rénovation se fait attendre!...«Mépris des règles», «délit d’opinion», «humiliation» : Jean-François Fountaine, premier vice-président (PS) du conseil régional de Poitou-Charentes, ne décolère pas contre… Ségolène Royal. Il faut dire que la présidente de la région vient de lui sucrer ses délégations aux finances, tout en le maintenant à son poste, lors d’une mini-session exceptionnelle convoquée hier à Poitiers. Ségolène Royal et Jean-François Fountaine, très proche de Jospin, n’ont jamais entretenu les meilleures relations du monde. Cette fois, le bât a blessé à l’occasion de l’examen du budget. La présidente, favorable au recours à l’emprunt, refusant d’entendre les arguments de son vice-président en faveur d’un ajustement des impôts. Une différence d’appréciation que Fountaine pensait réglée, à partir du moment où il avait voté le budget. Il s’étonne du coup qu’en cette période électorale, «alors que les socialistes ont besoin d’être rassemblés», Royal choisisse de régler ses comptes. «A moins qu’elle n’ait fait exprès, pensant que tout ça se ferait dans le calme.» Dans le journal Sud-Ouest, Ségolène Royal a justifié sa décision au nom «de la cohérence dans le pilotage de la région». (Libération)

marc d Here 23/02/2008 18:01

Que Sarkozy se revendique de De Gaulle me paraît tout à fait justifié et j'approuve so discours prononcé pour l'inauguration de l'historial.

CHARDON 23/02/2008 12:00

Je donne mon modeste avis sur la présence de M.Sarkosy qui pour ma part, bien que se soit "sa place", pour moi non, il devrait se souvenir que la Général De Gaulle pour lequel j'ai un immense respect, a toujours été le défenseur de la LIBERTE, et de l'indépendance de la FRANCE, le Général de Gaulle a toujours respecté les Français, et a respecté aussi sa parole donnée. Il n'a jamais bafoué la LIBERTE des Français, ce qui n'est pas le cas de M.Sarkosy, et celui-ci au lieu de s'octroyer des pouvoirs qui ne lui appartiennent en aucun cas devrait, au contraire faire preuve d'une grande humilité et de beaucoup plus de respect devant la LIBERTE, je pense que nous n'avons aucune leçon à recevoir d'un homme qui se livre à un théatre en plein air journellement, et nous pour la plupart nous arrivons à saturation, trop c'est trop!!

marc d Here 22/02/2008 15:01

Sarkozy inaugure l'Historial de Gaulle Nicolas Sarkozy a inauguré aujourd'hui à Paris l'Historial Charles de Gaulle, un monument aménagé sous les Invalides qui retrace l'itinéraire du chef de la France libre et du fondateur de la Ve République."Déjà, pour les 28 millions de Français nés après 1970, le gaullisme n'appartient qu'à l'Histoire", a déclaré le chef de l'Etat dans un discours prononcé après l'inauguration du monument, à laquelle assistait son prédécesseur Jacques Chirac."Puissions-nous ensemble apprendre à nos enfants pourquoi le gaullisme n'est pas une leçon d'histoire parmi d'autres, pourquoi cette histoire nous concerne encore, pourquoi elle a pour nous une signification profonde qui n'est pas seulement historique mais qui est aussi morale, pourquoi elle ne nous parle pas seulement du passé mais aussi de l'avenir", a-t-il ajouté.Source : AFP .