Petite leçon d'instruction civique

Publié le par Jean-Louis Caccomo

Jean-Louis Caccomo....En complément de "l'APPEL à soutenir les réformes"...

Qu’il faille rappeler des notions aussi élémentaires, dignes des cours d’instruction civique dispensés autrefois dans les écoles de la République, témoigne de l’état de délabrement moral et intellectuel dans lequel nous sommes tous collectivement tombés. Mais à force de ne pas respecter les règles de la démocratie, on finit par perdre la démocratie elle-même, et finalement avec elle notre bien le plus précieux, la liberté et la dignité.

 Commençons par une petite leçon d’instruction civique aux Français. En démocratie, il appartient au peuple de désigner ses dirigeants, non de les supprimer ni de les empêcher de gouverner. Dans ce but, des partis désignent les candidats qui ont les meilleures chances de gagner puis ces candidats présentent leur programme durant les campagnes électorales. Enfin, le peuple décide dans l’intimité des urnes, puis le nouveau gouvernement en place se met au travail. Il appartient aux assemblées légitimes (assemblée nationale, sénat) de faire fonctionner le jeu démocratique institutionnel. Tel est le principe de fonctionnement normal et légitime d’une démocratie représentative. Dans ce contexte légal, les syndicats n’ont  aucun droit de prendre en otage le bien public ou l’espace public pour empêcher un gouvernement de travailler.

 Terminons par une leçon d’instruction civique et de citoyenneté à l’attention des étudiants. Les universités françaises sont gouvernées par les trois conseils légitimes que sont le conseil d’administration, le conseil des études et de la vie universitaire (CEVU) et le conseil scientifique dans lesquels sont représentés tous les acteurs de l’université. Ces conseils sont présidés par l’équipe dirigeante elle-même composée d’un président et de ses vice-présidents. Seules ces instances sont habilitées à prendre des décisions affectant le fonctionnement de l’université de sorte que les AG spontanément organisées par des étudiants en colère, quel que soit le motif de leur colère, ne sont ni légales ni légitimes.

 Si nous ne sommes plus capables de respecter ces règles minimales de vie en collectivité, inscrites et proclamées dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, alors nous allons vivre dans une véritable jungle dans laquelle vont sans cesse s’affronter les intérêts corporatistes, sur fond de dislocation de la cohésion sociale.

  Jean-Louis Caccomo

Docteur en sciences économiques de l'université d'Aix-Marseille II

Maître de conférences en sciences économiques à l’université de Perpignan

Directeur pédagogique du master

Le débat sur "l'APPEL à soutenir les réformes" et la collecte de signatures, continue sur ce Blog, le blog http://marcdhere.over-blog.com  et le mail:  ies1@hotmail.fr


Publié dans Réflexion politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

marc d Here 22/11/2007 09:41

La situation est meilleure jeudi matin pour les trains, avec 2 TGV sur 3 qui circulent en moyenne. Le trafic des métros et RER reste en revanche relativement perturbé, même si toutes les lignes sont assurées. (AFP).....Ca reprend  peu à peu....La position du gouvernement, fermeté et ouverture commence à payer.....Restent quelques irréductibles ultra minoritaires, mais dont le pouvoir de nuisance est grand.... 

marc d Here 21/11/2007 22:56

La phrase que vous citez n'est à l'évidence pas une condamnation.....Voici ce que dit l'AFP:La grande majorité des syndicats de la SNCF - CGT, Force Ouvrière, la CFDT, la FGAAC, l'UNSA- ont condamné ces actions qui ont provoqué d'importants retards sur les TGV, notamment en direction du Sud-Ouest réseau qui a été le plus touché par les détériorations, selon la SNCF.Sud s'est refusé à condamner....Je suppose  que comme nous vous êtes préssé de voir aboutir les enquêtes et de savoir qui a bien pu commettre ces actes, coordonnés,  qui demandaient à tout le moins de bien connaitre les installations

solidaires 21/11/2007 17:05

"Sud Rail ne condamne pas"Faux : Le secrétaire fédéral de Sud-Rail Christian Mahieux a démenti sur RTL toute implication dans ces actes, affirmant que "les questions de sécurité, les cheminots ne jouent pas avec ça". "A qui profite le crime?", s'interroge son syndicat.

marc d Here 21/11/2007 11:34

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a annoncé dans un communiqué avoir demandé à la police et la gendarmerie que "tout soit mis en oeuvre" pour "identifier les responsables" des "exactions" commises ce matin sur des infrastructures de la SNCF."Suite aux exactions commises sur les infrastructures de la SNCF", la ministre "a donné des instructions aux services de police et de gendarmerie pour que tout soit mis en oeuvre afin d'identifier au plus vite les responsables de ces actes et permettre à la justice de sanctionner comme il se doit les auteurs de ces agissements irresponsables, coupables et dangereux", selon le communiqué.Source: AFP 

marc d Here 21/11/2007 08:49

La SNCF indique que tous les TGV au départ de Paris sont bloqués ou retardés, "à cause de sabotages" qui ont eu lieu  sur les branches Est, Atlantique, Nord et Sud-Est du réseau à grande vitesse (source : lefigaro.fr). Voilà des méthodes bien peu démocratiques qui viennent prolonger bloquages, violences et mépris des usagers....Sud Rail ne condamne pas...La CGT déclare condamner.