La redistribution: une vérité qui dérange

Publié le par Jean-Louis Caccomo

Par Jean-Louis Caccomo

On a coutume d’entendre que « les riches deviennent plus riches pendant que les pauvres s’appauvrissent ». C’est cette affirmation (jamais démontrée) sur laquelle s’appuyait déjà Karl Marx pour prophétiser un effondrement du capitalisme. Si cette affirmation avait été vraie, aucune croissance économique ne serait soutenable et l’économie de marché n’aurait pas survécu au XX° siècle. Pourtant, c'est le communisme et toutes les expériences collectivistes, fondées sur la terreur et la persécution, qui n'auront pas passé ce siècle. Mais admettons cette proposition dans la mesure où il existe sans doute quelque chose de cumulatif dans les processus humains qui ont une dimension évolutionniste [1].

Georges Brassens se plaisait à dire qu’un jeune con deviendra un vieux con. Il est vrai que si vous donnez la télévision ou Internet à un imbécile, il va s’abrutir pendant des heures devant l’écran, tendant à devenir un super-imbécile. A l’inverse, si vous confiez le même outil à une personne intelligente, elle va démultiplier les occasions d’apprendre, de découvrir, de se passionner, devant encore plus intelligente. Et l'on ne peut préveler de l'intelligence au second pour en distribuer au premier, histoire d'égaliser les situations.

Revenons alors à notre propos initial. Lorsque la redistribution des revenus aboutit à une pression de plus en plus forte sur ceux qui génèrent du revenu, dans le but de financer des aides ou autres droits sociaux pour les autres, que se passe-t-il à la longue ? Ceux qui doivent payer des prélèvements accrus et qui ne peuvent y échapper feront tout pour être plus efficace, pour optimiser l’usage de leur temps, trouvant finalement des gisements de productivité (en s’organisant mieux), développant encore plus leur talent initial ou leurs points forts et déléguant le reste. Bref, ils vont devenir encore plus performants, regagnant finalement d’un côté ce qu’on leur avait pris de l’autre côté.

A l’inverse, ceux qui sont assurés de recevoir une aide s’installe dans la dépendance, n’étant plus habitués à travailler, ne supportant plus parfois l’idée de travailler puisqu’ils n’auront développer aucune disposition particulière sur la base de laquelle ils pourraient construire une qualification. J’ai connu un chômeur qui se vantait d’aller au cinéma 50 fois par an, ce que je ne peux plus faire (faute de temps libre).

Ainsi, par certains côtés, les riches deviennent plus riches tandis que les pauvres sont plus pauvres. Mais ce n’est certainement pas le fait d’une loi inéluctable liée au fonctionnement du marché. C’est bien plus le résultat pernicieux – les fameux « effets pervers » de nos chers experts – d’une redistribution aveugle et qui s’inscrit dans la loi plutôt que le contrat. La redistribution fige les situations initiales en les accentuant, contrariant la mobilité inhérente et indispensable à toute société dynamique et ouverte.

 

* Je me permets, en guise de clin d’œil, d’emprunter son titre au film de Al Gore qui lui a valu un Oscar et le prix Nobel de la paix, mais pour tenter d’exposer une vérité vraiment dérangeante plutôt qu’un mensonge bien commode qui reprend tous les clichés lamentables de la pensée paillette.

 

Jean-Louis Caccomo,

http://caccomo.blogspot.com/

[1] Hodgson G.M. Economics and Evolution, Bringing life back into economics, Polity Press, Cambridge 1993.

Publié dans Economie et social

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marc d Here 18/12/2007 08:02

Eric Besson, secrétaire d'Etat à la Prospective, estime que la "journée de solidarité", qui permet de dégager deux milliards d'euros pour les personnes âgées, est un "succès", mais propose des "pistes" pour l'améliorer, dans un rapport remis au Premier ministre, présenté aujourd'hui.La "journée de solidarité pour la dépendance", qui a fait perdre au lundi de Pentecôte son statut de jour férié, a été instituée après le traumatisme causé par la canicule de 2003, qui avait causé la mort de 15.000 personnes et révélé les carences en matière de prise en charge des personnes âgées.Travaillée mais non rémunérée, elle permet de dégager, grâce à une contribution acquittée par les employeurs, environ deux milliards d'euros par an pour aider au financement de mesures en faveur des personnes dépendantes, âgées ou handicapées.(Reuters)

marc d Here 19/11/2007 08:46

Nicolas Sarkozy pourrait, dans les prochains jours, «annoncer des mesures fortes et lisibles pour le pouvoir d’achat», indique-t-on à l’Élysée où l’on prévient : «Ça peut arriver très vite.»En fait, tout dépendra de l’évolution du conflit sur les régimes spéciaux. L’idée consiste à passer à l’action dès que les grèves auront cessé, « pour réalimenter au plus vite la confiance des Français et montrer que nous avons toujours fermement l’intention d’accélérer notre plan de réforme », explique-t-on au sein du gouvernement. (Le Figaro.fr)

marc d Here 16/11/2007 10:00

Le salaire mensuel de base (SMB) a augmenté en France de 0,7% au troisième trimestre par rapport au précédent et de 2,6% sur un an, une hausse qui entraîné un gain de pouvoir d'achat pour les ménages, selon un indice provisoire diffusé ce matin par le ministère de l'Emploi.(Source: AFP).  Donc, contrairement à ce que prétend la gauche,  et les médias le pouvoir d'achat ne baisse pas. 

marc d Héré 12/11/2007 14:39

L 'Institut national de la satistique et des études économiques (Insee) a publié, lundi 12 novembre, les chiffres révisés de l'emploi portant sur les quatre dernières années. Si le taux de chômage est resté stable entre 2004 et 2006, à 8,8 % de la population active, ce taux a ensuite baissé régulièrement pour atteindre 8,1 % de la population active au deuxième trimestre 2007.  if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')} Ce taux de 8,1 % représente une baisse de 0,9 point sur un an, et correspond au niveau du chômage que la France a connu au tournant de l'année 2002-2003 (8 % au quatrième trimestre 2002). 2,2 millions de personnes étaient encore au chômage au deuxième trimestre, selon l'Insee qui s'appuie sur les résultats de son enquête Emploi, dont le report de publication, en pleine campagne présidentielle, avait nourri la polémique. (Le Monde.fr)Enfin on va sortir de la politique et on conviendra que le chômage est au plus bas niveau depuis 25 ans.....Et il continue à baisser (voir l'excellent résultat d'Octobre).......Même si cela fait de la peine aux socialistes, le plein emploi est en vue....

peaceonearth 08/11/2007 10:35

"Enfin, l'on sait tous que si l'économie de marché est tout à fait excellente pour ce qui relève du domaine professionnel, elle reste épouvantable et atroce à appliquer dans la vie privée, vis à vis de son conjoint, où de ses enfants par exemple." Pourtant, la famille reste la cellule de base de l'économie de marché. Je ne vois pas ce que signifierait appliquer l'économie de marché dans la vie privé ?"De même, dans la vie du citoyen, ce qui relève de l'intérêt public reste placé au dessus de l'économie de marché."Le problème est que l'intérêt public est souvent ce qui permet aux politiciens de justifier les dépenses inutiles, ou encore de favoriser leur réélection en favorisant telle ou telle partie de la population au nom de l'intérêt général.