Une motion libérale de Gauche, au sein d'Alternative libérale

Publié le par Collectif Gauche libérale d'A.L.

Des amis d'Alternative Libérale m'adressent un texte qui révolutionne quelque peu ce parti en défendant des idées libérales de gauche, dans un  mouvement  jusque là franchement situé à droite.....
Je publie cette motion  et je propose, ainsi, aux membres d'Alternative Libérale  un espace de débat nouveau et ouvert
...


Chers libéraux, membres d'AL

 

Militants du parti et libéraux dans l'âme nous avons souhaité présenter à vos suffrages cette liste dénommée Gauche Libérale.

 

Pourquoi cette liste ? Pourquoi accoler le mot gauche au mot libéral ? Quel est notre programme ? Quels sont nos buts en créant cette motion au sein d'un petit parti naissant ?

 

C'est à ces questions que la présente profession de foi va tenter de répondre.

 

Disons-le d'emblée, notre liste ne cherche pas à promouvoir une quelconque "social-démocratie". Nous sommes des libéraux et nous le resterons. La gauche libérale n'est pas un libéralisme par défaut (Canto-Sperber,Valls etc.) qui voyant se décomposer l'idéologie socialiste dans l'opinion se replie sur le libéralisme pour le phagocyter. Le libéralisme n'est pas là pour sauver le socialisme.

 

La motion gauche libérale a en revanche plusieurs objectifs :

 

- "Dédroitiser" le courant de pensée libéral en lui faisant retrouver son positionnement originel.

- Rendre possible un recrutement de nouveaux militants venant de l'actuelle gauche, c'est à dire rappelons-le, de 50% de l'électorat.

- Promouvoir une alliance entre libéraux et démocrates et dénoncer l'alliance contre nature entre libéraux et conservateurs.

- Nous positionner sur plusieurs points du programme d'AL que par ailleurs nous approuvons dans ses grandes lignes.

 

La plupart des libéraux a beau affirmer que le libéralisme n'est ni de gauche ni de droite, il reste que le mouvement libéral a une forte connotation de droite dans l'opinion. Ce positionnement est une aberration  historique et idéologique. Historique puisque le terme de gauche provient de l'aile du château de Versailles occupée par les premiers libéraux dotés d'un pouvoir : les physiocrates. Idéologique, puisque la philosophie libérale est en opposition frontale avec celle des conservateurs sur tous les sujets : l'individu, la connaissance, le social, les lois, le progrès.

Que les usurpateurs socialistes aient réussit au fil du temps à déloger les libéraux de la gauche ne nous fera pas renoncer à quitter le ghetto dans lequel ils veulent nous confiner !

 

Nous sommes convaincus que le réservoir de voix ou d'adhérents potentiels est au moins aussi important dans l'électorat "de gauche" que dans celui "de droite". Il existe donc un potentiel de croissance inexploité pour notre parti. La méfiance vis à vis de l'Etat dirigiste et répressif est facile à  éveiller à gauche. Reste à combattre l'Etat-providence, cet État planiste qui par le jeu de la spoliation légale frappe et leurre avant tout les plus pauvres. Une motion Gauche Libérale forte au sein d'AL facilitera le recrutement de tous ces libéraux qui s'ignorent et qui n'attendent qu'une occasion pour s'intéresser à notre mouvement.

 

Gauche Libérale souhaite qu'AL se distingue clairement des "réformateurs" UMP qui n'ont à ses yeux aucune légitimité libérale. La voie de l'alliance ou la simple proximité affichée avec des conservateurs réformistes ne peut que saper la crédibilité du mouvement libéral. L'impasse politique à laquelle a aboutit feu Démocratie Libérale doit nous servir de leçon.

Nous souhaitons prendre exemple sur nos voisins libéraux et notamment le FDP allemand pour apparaître comme une troisième dimension de la vie politique, capable de trouver des alliances au centre, à droite ou à gauche suivant les circonstances.

Bien entendu nous ne négligeons pas le travail à accomplir. Nous avons conscience de la diversité des situations nationales et notamment du retard idéologique de la gauche française qui rend actuellement toute alliance improbable voire impossible, sauf au plan local.

 

La Gauche Libérale est foncièrement antiprogramme car un "programme politique" consiste à substituer une volonté oligarchique à celle de l'individu au nom de grand principes holistes (Nation, intérêt collectif, communauté, etc.). N'étant pas des "réformateurs", les "réformes" que nous proposons se bornent à garantir les libertés : enseignement, association, expression, assurance, solidarité, échange, etc.

Toutefois nous nous engageons à défendre les grands axes du programme actuel d'Alternative Libérale avec quelques nuances et en insistant sur certains points.

Face à la société du contrôle construite par les conservateurs et les socialistes nous proposons la société de la confiance.

En France, en Europe et dans le monde, partout nous défendrons la démocratie comme le système le mieux à même de garantir la liberté individuelle, surtout lorsque cette démocratie est associée à un principe de subsidiarité partant de l'individu.

Nous défendrons le mutualisme contre le collectivisme. Nous puiserons dans l'héritage mutualiste, soutenu dès le XIXème siècle par les libéraux, pour mettre en avant la solidarité choisie et engagée contre le "tout-social" de l'Etat-providence.

En tant que relais politique de la société civile, nous entendons défendre les associations non pas à coup de subventions mais en libéralisant leur régime afin qu’elles soient enfin autonomes à l’égard du pouvoir politique et que, revenant à l’essence libérale de la loi de 1901, elles deviennent le premier vecteur de la réforme sociétale.

La laïcité que nous défendons n'est pas seulement la coexistence pacifique entre toutes les confessions présentes en France. C'est une laïcité active qui affirme la prééminence du pouvoir séculier sur les pouvoirs religieux, qui garantit la liberté des athées et des agnostiques sans sacrifier au culte de l'Etat, qui considère d'un oeil neutre toutes les religions et garantit leur libre pratique.

 

Conclusion

Chers libéraux, membres d'AL, il n'est pas besoin d'être "de gauche" au sens actuel de ce terme ni même d'en être issu pour voter pour notre liste. Certains de nos colistiers viennent de "droite", d'autres viennent de "gauche", mais tous, nous nous reconnaissons dans les valeurs fondatrices du libéralisme : abolition des privilèges, propriété individuelle commençant par celle du corps, libre disposition de ses facultés, refus du néo-colonialisme et paix obtenue par le libre échange des services et des biens.

 

En votant Gauche Libérale aux élections internes d'AL vous contribuerez à replacer notre jeune parti à sa juste place sur l'échiquier politique. Vous susciterez l'étonnement et l'interrogation de ceux qui croient encore que le libéralisme c'est la droite de la droite, vous faciliterez le recrutement de nouveaux militants venant de tous les horizons. Vous contribuerez à l'émergence d'un libéralisme moderne, décomplexé, capable de se réapproprier son positionnement à gauche et d'en chasser le coucou socialiste.

 

Loin d'affaiblir le parti en le divisant vous l'enrichirez d'une composante capable d'interpeller les médias, capable de faire douter ceux-là mêmes qui pensaient avoir réglé son compte au libéralisme en le dissolvant dans la mouvance néo-conservatrice.

 

Le 28 octobre votez Gauche Libérale.

 

 

FF, ML, SB, ACD

Publié dans Réflexion politique

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Michel Leter 25/10/2007 23:27

Merci à Marc d'Héré de me donner l'occasion de compléter utilement mon propos.Il est bien évidemment que la méta-réforme prônée par Gauche libérale dans cette motion ne concerne que les domaines non régaliens où l'intervention inconsidérée de l'Etat introduit des perturbations nuisibles pour l'ensemble de la société (économie, éducation, social, culture, etc.)L'Etat a toute légitimité et même le devoir de réformer, au sens classique du terme, dans les domaines pénitentaire et judiciaire, ce que seuls les libertariens lui contestent.Sur ce terrain, la gauche (la fausse gauche "socialiste") n'a pas de doctrine alors que la gauche libérale se penche sur cette question depuis le XIXe siècle. Mais attention toutefois aux effets d'annonce. Un Etat qui se mêle de tout aura-t-il les moyens de mener une politique pénitiaire ambitieuse ?

marc d HERE 20/10/2007 19:46

Michel Leter je répondrai plus complètement à votr envoi....Mais je tombe sur cette information sur Le Monde.fr:ncellulement individuel obligatoire, accès au téléphone, contrat de travail, visite des familles en quartier disciplinaire. Le comité d'orientation, installé en juillet par la ministre de la justice, Rachida Dati, pour préparer une loi pénitentiaire, devait présenter lundi 22 octobre une cinquantaine de propositions pour changer la prison. Les préconisations, dont Le Monde a eu connaissance, portent sur les régimes de détention, les droits et devoirs de la personne détenue et les alternatives à la prison. Le chapitre sur les "missions du service public pénitentiaire" devrait être rendu dans deux semaines et certaines dispositions affinées.Voilà une vraie réforme, qui n'a jamais intéressé la gauche (ne rapporte pas de voix) et que le gouvernement de Sarkozy va, espérons-le mettre en oeuvre....Pour vous c'est inutile?...Que faut-il faire? Supprimer la Prison ( une atteinte aux libertés.....)? Il me semble que les libéraux ne doivent pas être dogmatiques et accepter l'idée que certaines réformes sont nécessaires et y aider....

alcodu 20/10/2007 15:27

L'immigration est effectivement un problème. C'est un des (nombreux) problèmes créé de toutes pièces par l'Etat et que ce même Etat veut maintenant "résoudre" en augmentant ses pouvoirs et ses prérogatives. C'est une des grandes techniques de l'Etat. Créer des problèmes pour ensuite apparaître comme indispensable à leur résolution. L'Etat pompier pyromane est un grand classique.Car c'est parce que les marchandises et les services sont empêchées de circuler que les hommes émigrent.C'est l'exclusion du marché qui crée la misère et non le contraire.Le nationalisme et le patriotisme économique sont des incitations fortes à l'immigration. A chaque fois qu'une entreprise française ou européenne délocalise sa production elle "repousse" ou rend vaine l'immigration.Mais qui s'oppose aux délocalisations ? L'Etat patriotique et redistributeur voulu par les socialo-conservateurs. C'est ce même Etat qui tout en subventionnant ses exportations s'étonne d'être "envahi" d'immigrés. C'est ce même Etat qui, conséquence logique de sa politique nationaliste et protectrice, interdit aux étrangers de travailler Interdire à un homme de travailler pour gagner sa vie. Je ne sais pas si les hommes de bonne volonté qui participent à ce forum réalisent vraiment ce que cela veut dire !Interdire à un homme de travailler pour gagner sa vie et le rendre dépendant des aides de l'Etat, voilà ou nous a mené la politique des socialistes et des conservateurs de tous les pays (pauvres ou riches).C'est cette politique que nous combattons.GL

Michel Leter 20/10/2007 15:01

Je réponds sur notre critique des "réformes".La gauche libérale a toujours critiqué la volonté de réforme affichée par quelques-uns, doté d'une connaissance conçue comme supérieure, au profit de la masse qui n'auraient pas les lumières nécessaires pour choisir librement (Cf. l'ouvrage de Louis Reybaud intitulé Les réformateurs modernes, 1840, qui critique dans ce sens les doctrines socialistes d'Owen, de Saint-Simon, de Fourier, de Cabet, etc.).Indépendamment de la bonne volonté de ceux qui l'animent, le groupe des députés réformateurs, constitué autour de Novelli, dans ce sens n'est pas un groupe libéral car il entend réformer par la coercition et l'épreuve sociale au lieu de changer la société en donnant la liberté aux Français de décider  à la place des politiques (en rendant aux Français, notamment aux plus démunis, leurs liberté imprescriptibles - le libre choix notamment du régime d'assurance sociale, de la retraite, de l'école, etc.). Les plus riches trouvent toujours le moyen de contourner le système et de choisir à la marge.Une réforme libérale de gauche est une réforme qui fait l'économie de toutes les autres (une métaréforme). En libérant au lieu de réformer, on rend à nouveau possible la dynamique du progrès social par l'initiative individuelle et l'auto-organisation sociale qu'elle encourage.Pour la gauche libérale, dans l'esprit de 1789, on ne réforme pas un monopole, on le supprime; on ne réforme pas un privilège ou "un régime spécial", on le supprime - le prototype  de la métaréforme étant la nuit du 4 août.Michel LeterResponsable de la fédération de Paris d'Alternative libéraleCo-auteur de la motion Gauche Libérale

Stéphane 20/10/2007 04:57

pas mal de contradictions ...Ca sent l'ultralibéralisme ... car un projet collectif est un projet politique. Laisser les individus sans organisations, sans la politique, c'est l'immobilisme. L'extérieur nous ferait évoluer sans que nous meme ayons les moyens de réagir et réguler.Personnellement, moi choix est clair : des Régions autonomes régulatrices facilitant le développement ; et un Etat jouant la solidarité comme pacte politique et social.En France , nous avons trop de structures et pas assez d'organisations ...Stéphane